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Les facteurs en Alsace

Orgues d'Alsace

Crédits

 
SILBERMANN Les SILBERMANN, facteurs d'orgues 
à Strasbourg
Période d'activité:
1699-1781
(en Alsace)

-~André SILBERMANN (1678-1734)~-


Origine : Kleinbobritzsch (Saxe)
Formation : pas connue avec certitude (1). Complétée chez François THIERRY à Paris, de 1704 à 1706).
A apporté : beaucoup de choses. Certains disent "la facture d'orgues française en Alsace". Son fameux "tempérament" (façon d'accorder), qui a été par la suite aux facteurs d'orgues ce que le Théorème de Fermat a été aux mathématiciens.
A formé : son frère Gottfried SILBERMANN, (1683-1753) et ses fils : Jean-André (1712-1783) et Jean-Daniel (1717-1766).

Gottfried retourna en Saxe en 1709, comme il l'avait promis à son frère, et Jean-Daniel alla le rejoindre. Il y devint son héritier.

 

-~Jean-André SILBERMANN (1712-1783)~-


Origine : Strasbourg (France)
Formation : son père André, son oncle Gottfried en Saxe en 1741.
A apporté (entre autres) : la fameuse tourelle centrale trilobée
A formé : ses fils Jean-André SILBERMANN (1752-1794) et surtout Josias (1765-1786) et son contremaître Conrad SAUER (1735-1802). Son second frère Jean-Henri SILBERMANN (1727-1799).

Jean-André (deuxième du nom) ne s'intéressa pas la facture d'orgues. Jean-Henri préféra confectionner des pianos (avec succès). Josias mourut trois ans après son père. C'est donc au contremaître Sauer que revint l'affaire et l'entretien des orgues.


On a beaucoup écrit sur les Silbermann et leurs travaux. En 80 ans d'exercice, les Silbermann alsaciens on réalisé 91 instruments, et ont donné un élan à la facture d'orgue alsacienne qui se ressent encore aujourd'hui.

Jean-André Silbermann, en véritable passionné, est aussi le premier historien des orgues et des facteurs d'orgues (Elsässiche Orgeln, Von Orgelmacheren, ses fameuses "archives"...). Il notait les compositions, faisait des inventaires et notait ce qu'on lui racontait. Il évaluait bien bas tous ses concurrents, qu'il taxait bien volontiers de "bidouilleurs" ("pfüscher") (Louis DUBOIS, Johan Georg ROHRER, ...)

Il y a une généalogie des Silbermann dans Acta organologica, numéro 11. Marc SCHAEFFER y a consacré sa thèse de doctorat.

On entend souvent parler de "buffet Silbermann". S'ils les ont conçus, les Silbermann n'ont jamais construit de buffet. Ils confiaient ce travail a des sépcialistes comme Andréas BENDER de Strasbourg. Bender a beaucoup travaillé avec André Silbermann, mais après une "histoire" à Colmar (Bender avait refusé de construire le buffet pour l'orgue de l'hôpital, préférant travailler pour WALTRIN) les Silbermann confièrent plutôt leurs buffets à KETTERER, de Colmar.

-~Travaux (extraits)~-

1709Marmoutier, St EtienneAndré SILBERMANN
1716Strasbourg, St Etienne -> Bischheim, Eglise protestante André SILBERMANN
1721Collégiale St Léonard près de Rosheim -> Ottrott, Sts Simon et JudeAndré SILBERMANN
1730Altorf, St CyriaqueAndré SILBERMANN
1730Ebersmunster, St MauriceAndré SILBERMANN
1731Colmar, St MatthieuAndré SILBERMANN
1741Strasbourg, St ThomasJean-André SILBERMANN
1745Guebwiller -> Wasselone, église protestanteJean-André SILBERMANN
1750Sundhouse, église protestanteJean-André SILBERMANN
1760Hessenheim, St LaurentJean-André SILBERMANN
1762Soultz-les-bains, St MauriceJean-André SILBERMANN
1765Chatenois, St GeorgesJean-André SILBERMANN
1771Walbach, St JacquesJean-André SILBERMANN
1778Bouxwiller, Eglise protestanteJean-André SILBERMANN
1780Strasbourg, St Pierre-le-jeuneJean-André SILBERMANN
1781Molsheim, Trinité St GeorgesJean-André SILBERMANN
1781Gries, Eglise protestanteJean-André SILBERMANN

...il y en eut beaucoup d'autres, dont les plus célèbres sont :

  • le Temple-neuf à Strasbourg, 1749, (détruit lors de la guerre de 1870)
  • St Jean à Strasbourg, 1763 (déménagé en 1796 à Mannheim, détruit lors lors du bombardement de la ville en 1943),
  • la Collégiale St Martin à Colmar, 1755, (victime de la folie des experts en 1911, et achevé par un vent "nordique" en 1979).

Il y a aussi Arlesheim, en Suisse, Villigen, en Forêt-Noire, 1752, (le premier orgue de Jean-André, que Gaston KERN a reconstruit sur plans en 2002) et Lahr (Evangelische Stiftskirche), 1782, le dernier Silbermann (achevé par Josias), qui fut détruit dans l'incendie de 1877.

Citons aussi, à nouveau en Alsace :

  • Bischwiller, 1723-1729, complété par STIEHR-MOCKERS puis dénaturé par Frédéric HAERPFER
  • Blodelsheim, 1779
  • Griesheim sur souffel, 1746
  • les Dominicains de Colmar -> Niedermorschwihr, 1726
  • Marbach -> St Hippolyte, 1739, l'une des premières victime des "experts", en 1868
  • l'orgue des Soeurs Grises de Haguenau (1719) -> Sessenheim -> Palais des Rohans à Strasbourg
  • les deux positifs (l'un pour VIGERA, 1720, l'autre pour Barr, 1737, dont l'un des deux (lequel ?) est l'orgue de la chapelle St Odile du Mont St Odile (Ottrott).
  • et bien sûr le malheureux instrument de St Nicolas à Strasbourg, 1707, qu'André et Gottfried construisirent ensemble.

 
(1) Certains parlent de Friedrich RING (1666-1701), donc entre 1699, où André vint en Alsace, et 1701, l'année de la mort de RING. Il est quand même peu probable qu'André soit venu en Alsace sans formation. D'autres parlent de CASPARINI. D'autres, encore, racontent n'importe quoi.