Martin Wetzel posa ce petit orgue à Klingenthal en 1844. C'est un précieux témoin de l'approche adoptée à l'époque par ce facteur Strasbourgeois : l'orgue "pour tous", de petite taille, mais pour lequel aucune concession n'a été faite sur la qualité des matériaux ou de la réalisation.
Historique
C'est en 1844 que Martin Wetzel livra ce petit instrument. [IHOA] [PMSWETZEL76]
L'orgue est cité dans le "brouillon Wetzel", qui donne à la fois la date et le prix. L'instrument put être payé grâce au soutien de cotisations volontaires, dont certaines perçues à Boersch, et un don de la Duchesse d'Orléans. [PMSWETZEL76]
Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en 1917. [ITOA] [PMSWETZEL76]
En 1924, l'orgue a été réparé par Edmond-Alexandre Roethinger, qui remplaça les tuyaux de montre. [IHOA] [ITOA] [PMSWETZEL76] [Barth]
En 1927, il y eut un projet pour descendre l'orgue de la tribune et le placer dans la nef, sur le côté, légèrement surélevé et avec une console au sol. Georges Schwenkedel fut appelé pour faire un devis, mais l'opération ne se fit pas. [PMSWETZEL76]
En 1965, Xavier Silbermann (Thonon-les-Bains), à l'occasion d'une réparation, effectua une transformation : il étendit la pédale à 27 notes, remplaça le clavier, et plaça un Nasard neuf (l'original avait probablement été remplacé). Au lieu de placer un complément de pédale, un sommier neuf complet (en contreplaqué) a été construit, ce qui a conduit à la perte du sommier d'origine. [IHOA] [PMSWETZEL76] [Barth]
Malgré cela, cette extension a l'énorme avantage de rendre l'orgue vraiment jouable (13 ou 18 notes au pédalier sont symboliques, et ne peuvent être correctement utilisés qu'avec une longue habitude ou des talents de professionnel ; les pédaliers standards devraient être la norme, quitte à garder le petit pédalier d'origine quelque part dans l'orgue). Avec ses 27 notes à la pédale, ce petit instrument a accès à un répertoire beaucoup plus conséquent qu'avec les 13 d'origine.
Le buffet
Le "buffet-caisse" (façade rectangulaire) est ici muni d'une plate-face centrale en arc plein-cintre, comme à la chapelle du Willerhof, à la chapelle catholique de l'hôpital de Brumath ou à Offenheim.
Evidemment, en 1844, comme l'objectif était de réaliser un orgue au prix minimal mais sans concession sur la qualité, le buffet n'a pas reçu d'ornements. La ligne des bouches de la façade de 1924, un peu fantaisiste, a peu de chances d'être conforme à celle de la façade d'origine. Elle est toutefois plutôt réussie, et confère justement un peu de fantaisie à ce buffet qui, sinon, serait très austère. Cette façade est entièrement écussonnée.
Caractéristiques instrumentales
Console latérale, le le côté gauche, fermée par un couvercle basculant. Tirants de jeux de section carrée, à pommeaux noirs ornés d'un point central blanc (comme c'est courant chez Wetzel), disposés en ligne au-dessus du clavier (sauf celui du tremblant, placé à gauche un peu plus haut). Les tirants sont repérés par des étiquettes d'origine : de gauche à droite : "Fourniture.", "Doublette.", "Flutte.", "Nazard.", "Bourdon, 8 pieds.", "Salisisnal, 8 pieds.", "Prestant.", "Montre 8 pieds.". Clavier noir (20ème), pédalier concave (20ème).
Le banc d'origine a été conservé.
à gravures, d'origine au manuel (chromatique en "M"), et de 1965 pour la pédale. Il y a des postages en Westaflex.
Sources et bibliographie :
Photos du 26/07/2018
L'orgue y est attribué à Stiehr par erreur.
Localisation :