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Les orgues de la région de Niederbronn-les-Bains
Gundershoffen, église protestante
Gundershoffen, l'orgue Richard Dott, le 31/01/2010.
        Toutes les photos de la page sont de Roland Lopes.Gundershoffen, l'orgue Richard Dott, le 31/01/2010.
Toutes les photos de la page sont de Roland Lopes.

L'édifice, situé rue de la Paix, date de 1760. Le "simultaneum", c'est-à-dire le partage de l'église entre protestants et catholiques y dura jusqu'en 1909, non sans conflits (dont l'un finit au tribunal). Depuis cette date, l'église est protestante, et 4 ans plus tard, elle fut dotée de son premier orgue. Aujourd'hui, on y trouve un instrument enthousiasmant, digne représentant de la facture d'orgue du tout début de ce siècle. Cet instrument construit en 2001 par Richard Dott, de Sélestat, a pu être réalisé grâce à l'engagement de l'Association des Amis de l'Orgue de Gundershoffen. Depuis 1990, elle se mobilisait pour la construction d'un orgue neuf, et a tout lieu d'être fière de la réussite de son projet.

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Historique

En 1913, la maison Gebrüder Link posa à Gundershoffen son Opus 575. L'instrument était placé dans le choeur. [ITOA] [IHOA]

Quant aux catholiques, ils firent construire à la fin du Simultaneum une église neuve, consacrée à St-Jacques-le-Majeur, où un orgue fut installé dès 1909 : l'évêché leur fit en effet cadeau de l'ancien instrument du Mont Ste Odile (Joseph Stiehr, 1862).

En 1937, l'orgue Link fut modifié par E. Müller. En particulier, la console fut renouvelée à cette occasion, tout en gardant ses plaques d'adresse de Gingen-an-der-Brenz. [ITOA]

Il s'agit donc probablement d'un des premiers travaux d'Erwin Müller (1911-1999) facteur d'orgues d'origine alsacienne ayant travaillé chez Schwenkedel de 1927 aux années 30. Il entra ensuite chez Gonzalez, et fonda sa propre entreprise à Croissy-sur-Seine en 1950. Erwin Müller s'illustra par la réalisation de l'un des orgues de la Maison de la Radio à Paris, celui qui est installé depuis 2008 à Ste-Jeanne-d’Arc de Versailles. (L'autre ayant été remonté par Klais à la cathédrale de la Treille à Lille.)

En 1956, probablement suite à des dégâts de guerre, Georges Schwenkedel fut appelé pour procéder à des réparations, et surtout au déplacement de l'orgue à fleur de tribune. [ITOA]

Le déplacement vers la tribune s'accompagna d'une des plus épouvantables "baroquisations" jamais commises. Dans la mouvance "minimaliste" post-Vatican II (prétexte à de nombreux autodafés de mobilier religieux, Gundershoffen n'y a pas échappé), on supprima purement et simplement le buffet, laissant une rangée de tuyaux en zinc, postiches, constituer une façade de pur style "palissade". Après l'opération, la transmission était électro-pneumatique, la tuyauterie très disparate. Même si les sommiers à cônes étaient encore de Link, avec son buffet perdu, cet orgue ne présentait plus d'intérêt. Il était doté de l'une des compositions les plus hybrides jamais inventoriées (avec, en plus, les anciennes porcelaines en place):

Composition, 1986
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
Chape vide
Porcelaine: Gamba 8'
Porcelaine: Dolce 8'
Porcelaine: Spitzfloete 4'
En zinc. Porcelaine: Trompette 8'
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
En fait 4'
Porcelaine: Aeoline 8'
Porcelaine: Voix céleste 8'
1' ; porcelaine: Traversfloete 8'
Pédale, 30 n. (C-g')
Tuyaux de la Soubasse alimentés moins fort
Chape vide
Porcelaine: Prinzipal 4'
Extension de la 'Trompette' 16'
I/P
[ITOA]

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L'orgue Richard Dott,
2001 (instrument actuel)
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Historique

Dans les années 1990, l'instrument Link/Schwenkedel était à bout de souffle, et sa restauration en l'état de 1913 inenvisageable. Un projet de création d'un orgue neuf vit le jour grâce à l'engagement de l'Association des Amis de l'Orgue de Gundershoffen. La réalisation a été confiée à Richard Dott. L'orgue a été monté sur place de Mars à Mai 2001, et inauguré le 21/10/2001, par Nathalie Wagner et Marc Schaefer, avec des improvisations illustrant une présentation de l'instrument effectuée par Richard Dott, et la participation des chorales de Gundersoffen. [RDott]

L'idée directrice pour ce projet (sûrement en réaction à la complexité de l'orgue du 20 ème siècle) a été de faire simple et robuste. Contrairement à l'instrument Link / Schwenkedel, le nouvel orgue se devait d'être armé pour affronter les siècles. Les choix techniques sont en accord avec ce schéma, tout comme la très belle composition, épurée, et constituant un véritable cas d'école. A un grand-orgue très "principalisant" répond un positif intérieur très "flûté". Le positif contribue au plein-jeu avec son Larigot (et on a su résister à la tentation d'y ajouter un Nasard et une Tierce). Chaque plan sonore a son anche, la pédale étant munie d'un Basson 16' permettant de se fondre dans le plein-jeu (en registrant à la façon germanique). [RDott]

La couverture de cet événement pourtant si réjouissant, dans les Dernières Nouvelles d'Alsace (Mercredi 24 octobre 2001), fut une fois de plus désespérante. L'article détaille l'aspect financier (l'orgue, dans la presse, on sait combien ça coûte, mais absolument pas ce que c'est), mais ignore toute considération artistique ou esthétique.
L'article du 14 mars avait déjà amené pas moins de 6 montants financiers divers, sans aucun détail musical, esthétique ou technique. Mais au moins la photo qui l'accompagnait était intéressante : le buffet vide laissait voir la disposition en mitre des tuyaux de pédale. On sait que le financement reste une partie vitale d'un tel projet, mais, franchement, n'y a-t-il rien de plus intéressant à rapporter à ses lecteurs, une fois l'objectif atteint ?
On ne connaîtra donc par la presse ni la composition (ne rêvons pas), ni même le nombre de claviers, ni surtout à quoi servira cet instrument de musique. 10 ans d'efforts d'une communauté, et des mois de travaux d'artisans talentueux méritent mieux, surtout quand le résultat atteint ce niveau. A Gundershoffen, les acteurs de la vie religieuse, musicale et culturelle ont été très bien conseillés, et leur succès laissera une trace pérenne dans le patrimoine. Pour se faire une idée, on ira donc sur place, et ce n'est pas plus mal : ce genre de réussites mérite un déplacement.

Le buffet

Le très beau buffet, librement inspiré des instruments germaniques du 19 ème, a été réalisé en orme massif. Deux plates-faces encadrent une partie centrale prismatique, en encorbellement, constituée de 3 places-faces. Jouées et claire-voies à motifs végétaux. Le meuble est auto-porteur : c'est lui qui supporte les sommiers manuels. La clôture de pédale est en sapin. [RDottGund]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2001
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
C-Fs en sapin, ouvert, G-ds' en façade, e'-g''' sur le sommier
C–d en sapin, ds-g''' bouchés
C-H en façade, c-g''' sur le sommier
(c'-g''')
Positif intérieur, 56 n. (C-g''')
C-fs bouchés, en sapin, g-g'' à cheminée, gs''–g''' ouvert
conique
conique
Pédale, 30 n. (C-f')
I/P
Agissant sur les deux manuels
Console:
La console en fenêtre de Richard Dott.La console en fenêtre de Richard Dott.

Console en fenêtre, claviers noirs axés en queue, en épicéa, naturelles plaquées d'ébène, feintes plaquées d'os. Pédalier et banc en orme, en accord avec le buffet. Tirants à pommeaux tournés en orme, de section carrée.

Transmission:

Mécanique suspendue au grand-orgue, et à barres d'équerres pour le positif et la pédale. Abrégés en sapin. Le tirage des jeux est constitué de rouleaux octogonaux en fer pour le positif et le grand orgue, en sapin pour la pédale, avec des bras en chêne. Tirasses par balanciers.

Sommiers:

Sommiers en chêne. Les deux sommiers diatoniques des manuels sont placés sur la ceinture du grand buffet. La disposition est inversée entre le grand-orgue et le positif : le positif a son côté Cis du côté C du grand-orgue, et respectivement. Les deux sommiers de pédales sont également diatoniques, en mitre (basses au centre).

Soufflerie:

Un soufflet cunéiforme (1 côté commun articulé entre les deux tables), en sapin avec renforts en chêne, placé dans la clôture de pédale.

Tuyauterie:

Diapason : La 400 Hz à 15°.

La tuyauterie est en étain à très fort pourcentage pour les Principaux et les anches, alliage de plomb martelé pour les Flûtes et Bourdons.

[RDottGund]

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670176001P02
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