Hombourg, le buffet Verschneider contenant l'orgue Schwenkedel, le 26/10/2019.Cet instrument est parfois attribué à Jean-Frédéric II Verschneider, mais il est clair qu'il a été pratiquement totalement reconstruit, au moins à deux reprises. D'ailleurs, la console est munie d'une plaque d'adresse Schwenkedel. En 2025, l'architecture interne a été totalement modifiée, et un positif de dos a été ajouté.
Historique
Le premier orgue de Hombourg a été installé en 1780 : il venait des Trois-Epis, église de la Visitation, et avait été construit par Nicolas Boulay. On connaît le nom de son organiste en 1825 : Antoine Gerspacher. [IHOA]
Lors de l'inventaire de 1840, il y avait bien un orgue à Hombourg. [Barth]
Historique
En 1863, Jean-Frédéric II Verschneider, de Puttelange, construisit un orgue neuf doté de deux claviers et 19 jeux. Cet instrument n'avait pas de positif de dos : l'élément en balustrade a toujours été postiche.. [IHOA] [ITOA] [Visite]
Beaucoup de confusions
Il semble que l'historique de cet orgue ait eu à souffrir de beaucoup de confusions. Pour commencer, l'inventaire de François-Xavier Mathias (1932) attribue l'instrument à la maison Dalstein-Haerpfer, en précisant même qu'il y aurait eu une réparation par Berger. [Mathias]
Il s'agit d'une erreur, car l'orgue a été posé en 1863. Malheureusement, il n'y a pas de date associée à cette attribution, pour nous indiquer d'où venait la confusion. L'entreprise de Boulay a certes été fondée le 29/07/1863, mais il n'y a aucune chance qu'ils aient installé un orgue en Alsace en 1863. D'autre part, l'orgue est donné comme pneumatique. La maison Dalstein-Haerpfer a fait usage de ce type de transmission après 1893. Ce qui est sûr, c'est que l'instrument n'a jamais eu 25 registres, n'a jamais été pneumatique, et qu'il comprend bien des jeux Verschneider.
Médard Barth indique un orgue Verschneider, de 19 jeux, posé neuf de 1863. Ce que confirme l'enquête-inventaire de 1892-93 : "Hombourg: O. von 1863, 19 Reg., 2 Clav., Ped., gut, von Verschneider in Püttlingen.". Mais Barth reprend ensuite également la donnée de Mathias, situant à Hombourg un orgue de 25 jeux, construit par la maison Dalstein-Haerpfer, qui aurait alors remplacé le Verschneider. Or en 1956, l'orgue Verschneider était toujours là. [Barth]
Neuf, pas d'occasion
Il en ressort que l'instrument originel de Hombourg était bien un orgue Jean-Frédéric II Verschneider, de 1863, et qu'il a été acquis neuf : contrairement à ce qu'on a pu lire (à savoir qu'il serait "venu d'une autre église"), il a toujours été à Hombourg.
Sans positif de dos
Or, s'il a toujours été à Hombourg, il n'a jamais été doté d'un positif de dos : les études effectuées avant sa modification de 2025 indiquent clairement que le positif a toujours été postiche : le petit buffet ornemental, d'ailleurs réduit à une simple façade, était simplement accroché à la balustrade (sans l'interrompre, alors qu'un buffet complet l'aurait forcément interrompue). Il n'y avait pas non plus la moindre trace d'une mécanique de traction.
Historique
En 1957, Curt Schwenkedel reconstruisit l'instrument. [IHOA]
Curt Schwenkedel a visité l'orgue le 20/09/1956, et nota la belle composition suivante : [SchwenkedelDO]
Un fait est caractéristique de la fin des années 50 : directement sur le relevé de la composition apparaissent les inévitables changements de jeux "nécessaires" pour se conformer à la mode. (Suppression des jeux gambés, remplacé par de petits jeux aigus.) Il fallait décidément "corriger" tous les orgues, et cela allait de soi. Ainsi, en marge du relevé, on trouve une composition "améliorée" du positif : Salicional 8', Bourdon 8', Prestant 4', un 2' et Larigot 1'1/3. A part cela, l'étendue des travaux était plutôt limitée : réparations et relevage. L'instrument était plutôt en mauvais état, et trois jeux avaient été déposés et entreposés au presbytère : Gambe 8' P, Gambe 8' II et Trompette 8' II. Mais il n'est donc pas établi que c'est en 1957 que l'architecture de l'orgue a été chamboulée. [SchwenkedelDO]
Rappelons que cette décennie 1950 s'acheva par le désastreux congrès "international" de facture d'orgues de 1959, exigeant les pires démolitions au profit d'une "parisianisation" de l'orgue alsacien.
L'inventaire technique de 1986 ne trouva que 4 ou 5 jeux formellement attribuables à Verschneider dans l'instrument. [ITOA]
L'orgue a été relevé en 1986 par Christian Guerrier. [IHOA]
En 2019, Les sommiers (diatoniques) étaient... par terre. On se demandait où pouvait passer la mécanique. (En tous cas, la maintenance était quasiment impossible.) Cette disposition curieuse ne pouvait s'expliquer que par la volonté de réduire la hauteur de l'instrument. Le plafond a sûrement été abaissé. Il n'y avait pas tirasse. La traction du complément de pédale était électrique. [Visite]
La configuration entre 1957 et 2025 était la suivante :
Console en fenêtre frontale. Bien qu'intérieur, le positif répond au premier clavier (comme s'il s'agissait d'un positif de dos). Tirants de jeux de section ronde, à pommeaux tournés, munis soit de porcelaines (où le nom deux jeux figure en vert pour le positif, en rouge pour le grand-orgue, et en noir pour la pédale), soit de pastilles en plastique. Ils sont disposés en deux lignes de part et d'autre des claviers. Le tirant de l'accouplement est placé à gauche, un peu plus haut. Pas de tirasse. Claviers blancs, à frontons droits, probablement de Verschneider. Pédalier de 1957.
Les tirants qui l'ont pas été altérés semblent être de Verschneider. A Roderen, on trouve les mêmes porcelaines bombées, un graphisme analogue, et le même code de couleur.
Le banc de Verschneider (prévu pour un pédalier de 25 notes) est conservé à la tribune ; ses pieds figurent une lyre.
Plaque d'adresse noire à lettre blanches, placée au centre, entre les deux claviers, et disant :
Transmission mécanique à équerres, partiellement électrique à la pédale.
En 2025, l'instrument a été pratiquement reconstruit, par Michel Gaillard et une équipe de bénévoles. Logiquement, le projet initial consistait à restructurer l'architecture interne, en particulier pour soulever les sommiers. Et donc refaire la mécanique de transmission. Mais aussi de rendre le réservoir plus accessible. Finalement, un positif de dos a été ajouté, avec les jeux de l'ancien positif intérieur. [FMoser]
L'instrument a joué ses premières notes en public le 20/04/2025 (jour de Pâques). Au moins une partie de la tuyauterie a été allongée pour atteindre le diapason La=440 Hz. [FMoser]
Caractéristiques instrumentales
Les tirants de jeux (26/10/2019).
Sources et bibliographie :
Remerciements à Raymond Moebel.
Détails des travaux de 2025.
Photos du 26/10/2019 et données techniques.
128. Hombourg Dalstein et Haerpfer, rép. par Berger, 25 Jeux, 2 Clav., Péd., sommier pneu., traction pneu., soufflerie électr.
Deren Aufstellung erfolgte 1863 wie auch die für das östlich von Mülhausen gelegene Dorf Homburg. ; HOMBURG, Kt. Habsheim. - 1840, mit O., Liste. - Neue O. von 1863, mit 19 Reg. Verschneider. Siehe Visit.- Bericht 1892, wo Näheres. - Neue O. von Dalstein u. Haerpfer : 25 Reg., 2 Clav., Ped. MATHIAS 62.
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