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Les orgues de la région de Mulhouse
Mulhouse, église réformée St-Etienne
2010 proj > Projet
Projet de rénovation en cours, mené par l'association "Saint Etienne réunion".
Mulhouse, le 25/08/2005. L'orgue Walcker avant son
        démontage, avec ses buffets additionnels à droite et à gauche.Mulhouse, le 25/08/2005. L'orgue Walcker avant son démontage, avec ses buffets additionnels à droite et à gauche.

Depuis le 15 ème siècle, de nombreux orgues se sont succédés en ce lieu chargé d'histoire. Juste après sa reconstruction, en 1866, l'édifice fut doté d'un instrument somptueux, qui a profondément marqué l'Orgue alsacien. Il s'agissait d'un pur produit du romantisme allemand, construit par le maître incontesté de ce style : Eberhadrt-Friedrich Walcker.

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L'orgue de facteur inconnu (1487)
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Historique

Au tout début du 14 ème siècle fut achevé un édifice qui comprenait des éléments plus anciens encore, puisque le site semble avoir été occupé par un sanctuaire carolingien du 10 ème siècle. Un orgue y est attesté en 1487 : Vogleis rapporte que l'organiste s'appelait Bernardin Schmidt. A cette époque, il devait y avoir seulement une vingtaine d'orgues dans la région, dont une bonne moitié à Strasbourg. On ignore qui a construit le premier orgue de Mulhouse. Peut-être est-ce Conrad Sittinger, qui posa un instrument à Ensisheim en 1482. Sur le plan technique, cette période correspond à l'apparation des registres. Mais il n'est pas exlu que l'orgue de Mulhouse ait été un "Blockwerk" (orgue sans registre, dans lequel tous les jeux parlent simultanément). [Vogeleis]

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L'orgue de facteur inconnu (1616)
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Historique

Un orgue neuf fut posé en 1616 par un facteur de Fribourg. C'était donc probablement soit Hans Huodt, soit Hans Werner Mudderer (qui travilla jusqu'en 1622 et qu'on reverra à Amemrschwihr et Benfeld). [IHOA]

L'instrument fut réparé en 1706 par Samuel Beckher. [IHOA]

En 1727, un certain Nicolas Clady remonta cet orgue à ferrette, qui y resta jusqu'en 1778. [IHOA] [PMSAEA83]

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L'orgue Simon Burckhart,
1720
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Historique

En 1720, Mulhouse reçut en effet un orgue neuf construit par Simon Burckhart, de Jettingen (D). [IHOA] [HOIE]

L'instrument fut réparé en 1751 par Kasimir Kühlwein. [IHOA] [HOIE]

C'est cet orgue qui fut transféré par Christian Langes en 1766 à battenhe, où on peut encore en voir le buffet. [ITOA] [IHOA] [HOIE]

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Historique

Car c'est de 1766, que date l'orgue Jean-André Silbermann de Mulhouse. [IHOA] [HOIE]

Il se trouve aujourd'hui à l'église réformée St-Jean.

En effet, l'édifice fut détruit en 1859, et remplacé par la nouvelle église St-Etienne pour les catholiques, et l'actuelle église réformée St-Etienne, achevée en 1866. L'orgue Silbermann ne trouva pas tout de suite preneur : il avait été démonté par Bernhard Merklin le 02/11/1858, puis entreposé dans les combles de murfjean pendant 10 ans, car on y disposait déjà d'un orgue George Wegmann, 1835. Ce n'est qu'en 1867 que l'on montra de l'intérêt pour l'orgue Silbermann. En 1886, après une reconstruction par la maison Dalstein-Haerpfer, il n'y resta qu'un seul et unique tuyau Silbermann. [ITOA]

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Historique

Dans l'édifice neuf, on voulut un grand orgue romantique. Six ans plus tôt, l'église catholique avait acquis un Cavaillé-Coll, la référence dans le style romantique français. Ici, on s'adressa à son alter ego allemand, Eberhard Friedrich Walcker. Son Opus 218, une merveille de 62 jeux sur 3 claviers et pédale, avec une console en denêtre et une traction mécanique, fut posé en Août 1866. [ITOA]

En voici la composition :

Il y avait une expression spéciale pour la Physharmonica, ainsi qu'un crescendo et quatre combinaisons fixes. L'instrument était placé plus en avant sur la tribune qu'il ne l'est actuellement. [SBraillon] [Rupp]

La pédale avait une étendue relativement restreinte, et le récit n'était qu'en 8 pieds, sans même une Trompette ou un Hautbois : ce n'est pas un Cavaillé-Coll ! Une grande spécifcité de ce type d'esthétique, ce sont ces grandes mutations constituant des harmoniques en 16' et même 32'. Mais aussi et surtout l'incroyable richesse du choeur de jeux de fond.

Dès 1885, quelques jeux d’anches ont été remplacés par la maison Dalstein-Haerpfer : un Basson 16’, trois Trompettes 8’, un Basson-hautbois 8’, une Clarinette 8’ et une Voix humaine 8’. Le jeu de Bifra 8’ à 2 rangs fut à cette même occasion changé par une Voix Céleste 8’. Du point de vue de l'harmonisation, les jeux du récit ont été renforcés, et ceux du positif adoucis. [SBraillon]

Vers 1890, Albert Schweitzer étudia sur cet orgue, qui n'avait finalement que deux défauts pour l'époque : il était le représentant d'une esthétique très typée, et... il encombrait beaucoup la tribune.

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Historique

L'orgue fut reconstruit par la maison Eberhard Friedrich Walcker elle-même en 1905 : pneumatisation de la traction, modification des plans sonores, et probablement réharmonisation complète. [SBraillon] [ITOA]

L'organiste était Max Schlochow (qui avait succédé à Eugène Munch en 1899). C'est lui qui fut à l'origine de cette transformation. En 1902, il s'était fait construire un orgue de salon par la maison Roethinger. En 1904, cet instrument fut revendu et déménagé à Belmont où on peut encore en voir le buffet.

Le buffet de l'orgue Walcker a été reculé pour dégager de la place sur la tribune. Le positif et l'écho furent logés dans la tour, et devinrent du coup pratiquement inaudibles, alors qu'une augmentation de pression devait probablement rendre le grand-orgue et la pédale tonitruants. Pour faire bonne figure, on passa l'orgue à 67 Jeux, toujours sur 3 claviers :

[SBraillon]

Ces modifications n'étaient donc pas du tout anodines. Un Bourdon 16' du positif fut placé au récit, qui est le plan sonore ayant fait à l'évidence l'objet de la plus grande attention (donc de choix esthétiques importants). Du point de vue des jeux neufs, le grand-orgue reçut un Grossgedeckt 16' et une Viole d'amour 8', le positif un Quintaton 16' et une Flauto amabile 8', le récit une Gambe d'écho 8', une Voix céleste 8', un Principal 4' et une Trompette harmonique 8' (en plus du Bourdon 16' du positif), et la pédale une Flûte 4', ainsi que la possibilité d'emprunter le Bourdon 16' et la Gambe 8' du récit. L'ensemble de l'instrument avait beaucoup de Gambes, et le choeur d'anches lorgnait clairement vers une esthétique plus "romantique française" qu'à l'origine. Il y avait 2 combinaisons libres, un crescendo et un appel du tutti. [SBraillon]

Voici donc l'orgue Walcker avec un récit en 16', muni d'une Trompette harmonique, la pédale qui monte jusqu'au Fa. Une étape de convergence fort intéressante, qui sera encore appelée à évoluer.

L’entreprise Eberhard Friedrich Walcker changea tous les jeux d’anches en 1921 et remplaça, en 1922 par des tuyaux en zinc les tuyaux de façade, qui avaient été réquisitionnés par les autorités allemandes en 1917. [SBraillon]

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L'orgue Georges Schwenkedel,
1953 (instrument actuel)
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Historique

L'Opus 112 de Georges Schwenkedel consista à reconstruire l'instrument selon les canons de l'école néo-classique (donc dans une esthétique étrangère à l'orgue d'origine). Ce fut commis en 1953 : les instruments du 19 ème étaient impitoyablement modifiés pour devenir des machines "à tout jouer", munis de leur lot de Cymbales et de Cromornes, pour y jouer du Bach, la plupart du temps en Legato absolu. La restructuration interne fut impitoyable, et pour passer à quatre claviers, il fallut construire deux adjonctions au buffet (dans un style bien évidemment étranger au beau buffet de 1866). Le "buffet" supplémentaire de gauche servit à accueillir l'écho, et celui de droite le positif. Ces deux claviers reçurent des sommiers à gravures neufs. Le récit était logiquement placé en position centrale et en hauteur, tandis que le grand-orgue et la pédale se partageaient tant bien que mal l'espace restant dans le grand buffet, à coup de multiplication de sommiers et de postages. La traction retenue fut bien sûr électro-pneumatique. [ITOA]

L'esthétique sonore fut totalement repensée, et l'orgue complètement réharmonisé, à très basse pression comme c'était la mode dans les années 1950. L'orgue passa à 70 Jeux, sur 4 manuels et pédale. Les jeux d'anches, mutations et mixtures de Walcker ne furent pas conservées, ni même les Gambes. Une console entièrement neuve a été fournie.

Aujourd'hui (2010) l'asociation "Saint Etienne réunion" a pour projet de mener à bien une restauration de l'orgue Walcker dans son état de 1866. [SBraillon]

Le buffet

Le côté gauche du grand buffet, montrant les
                tuyaux donnant sur le côté. A gauche, l'adjonction de Schwenkedel contenant
                l'écho.Le côté gauche du grand buffet, montrant les tuyaux donnant sur le côté.
A gauche, l'adjonction de Schwenkedel contenant l'écho.

Le magnifique buffet néo-gothique date de 1866, et son dessin est dû à l'architecte Jean-Baptiste Schacre. Il a plus de 10 mètres de haut. Il comporte 3 tourelles en tiers-point, la centrale étant la plus grande. Elle est encadrée de deux groupes de plates-faces doubles, puis des tourelles latérales, et enfin de deux plates-faces placée en ailes, avec des semi-tourelles montrant chacune 5 tuyaux sur les côtés. Le tout est muni de riches couronnements, avec clochetons et crochets. Le soubassement est plus étroit que la superstructure, car il s'arrête au niveau des plates-faces extérieures. Les plates-faces figurent des oculus à 4 ou 6 lobes.

[Palissy]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2005
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
Walcker, 1866, sauf façade
Walcker, 1866, sauf façade
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
c'-g''', Walcker, 1866
I/I
Positif, 56 n. (C-g''')
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Echo, 56 n. (C-g''')
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Musette 8'
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Pédale, 32 n. (C-g')
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Récit
Walcker, 1866
Walcker, 1866
Walcker, 1866
part. Walcker, 1866
I/P
[ITOA] [SBraillon]
Console:
La console de 1953, est d'une grande
                    complexité, mais offre de nombreuses possibilités.La console de 1953, est d'une grande complexité, mais offre de nombreuses possibilités.

Console indépendante mobile. Les jeux sont commandés par "langues de chat", de couleur jaune pour le grand-orgue (premier clavier), rouge pour le positif (deuxième clavier), verte pour l'écho (troisième clavier), marron pour le récit (quatrième clavier), et bleue pour la pédale.

Les "langues de chat".Les "langues de chat".

Accouplements et appels d'anches disposés au-dessus des claviers, et doublées par pédales. Deux combinaisons libres, programmées par de petits taquets à bascule, blancs pour la première, rouges pour seconde. Autres commandes d'appels, situées sous les claviers, sous forme la forme de petits leviers, un par Clavier, et un général, que l'on peut enclencher soit à gauche, soit à droite, pour choisir l'une ou l'autre des combinaisons. A nouveau, ces appels sont aussi possibles par pédales (une duplication chère à Albert Schweitzer).

Autre vue de la console de 1953.Autre vue de la console de 1953.

Il y a un appel du tutti, deux combinaisons libres (déclinables en commun ou de façon particulière à chaque clavier). De même, l'appel des anches est général ou spécifique pour chaque clavier. Pédale de crescendo général, à 7 positions. Témoins d'expression à 9 niveaux pour le récit et l'écho (qui était expressif en 1953). L'écho n'est aujourd'hui plus expressif. Il y a un voltmètre. Plaque d'adresse en plastique noir, lettres en blanc:

MANUFACTURE DE GRANDES ORGUES
G. SCHWENKEDEL & FILS
STRASBOURG-KOENIGSHOFFEN
OPUS 112 1953
Transmission: Transmission électro-pneumatique.
Sommiers: Orgue démonté. Les (nombreux) sommiers du grand-orgue et de la pédale, à cônes, étaient logés dans le corps central (la pédale dans la niche constituée par la tour, donc dans une configuration acoustique très défavorable ; c'était pourtant un des objectfs de la transformation de 1953 de sortir un maximum de jeux de là). Ceux du récit, à cônes, étaient situés dans dans le corps central, en hauteur. Ceux du positif et de l'écho (Schwenkedel), à gravures mais à tirage électro-pneumatique, constituaient respectivement l'adjonction de droite et celle de gauche.
Tuyauterie:
Des tuyaux des jeux d'anches de pédale.
                    On remarque les pieds carrés. Les perçages, sur les sommiers, occupent le
                    fond de creusements carrés venant accueillir le bas du pied. Nous sommes au
                    centre du grand Buffet. Ces jeux de Schwenkedel (1953), sont de belle
                    facture.Des tuyaux des jeux d'anches de pédale.
On remarque les pieds carrés.
Les perçages, sur les sommiers, occupent le fond de creusements carrés venant accueillir le bas du pied.
Nous sommes au centre du grand Buffet. Ces jeux de Schwenkedel (1953), sont de belle facture.
Des tuyaux du Gedackt de Pédale (Bourdon
                    8'). Ils sont de Walcker, comme beaucoup de fonds de cet orgue.Des tuyaux du Gedackt de Pédale (Bourdon 8').
Ils sont de Walcker, comme beaucoup de fonds de cet orgue.

La pression ayant été fortement diminuée lors de la reconstruction de l'orgue en 1953, les fonds ont aussi été modifiés : les tuyaux anciens (fonds de 1866 et 1905) portent les stigmates d'une élévation des bouches. Une grande partie de l'espace jadis occupé par le Walcker de 1905 (tour) était vide, même avant le démontage, Schwenkedel ayant "ramené" les sommiers vers l'avant pour des raisons acoustiques. La façade est en zinc.

Dans l'instrument actuellement démonté, 40% de la tuyauterie provient de Walcker, 60% de Schwenkedel.

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Références Sources et bibliographie :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680224001P07
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