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Les orgues de la région de Soultz-sous-Forêts
Surbourg, abbatiale St-Jean-Baptiste
1917 degr > Dégâts
avant 1945 degr > Dégâts
Surbourg, l'orgue Franz Heinrich Kriess.Toutes les photos de la page sont de Martin Foisset, 25/10/2016.Surbourg, l'orgue Franz Heinrich Kriess.
Toutes les photos de la page sont de Martin Foisset, 25/10/2016.

L'endroit est chargé d'histoire : Surbourg, ce n'est rien mois que le premier monastère d'Alsace, celui que fonda Saint Arbogast au 6ème siècle. L'église actuelle comporte des éléments du 11ème siècle, en particulier des bas-reliefs carolingiens, au-dessus du portail nord. Il y a une fresque du 15ème et des stalles du 18ème. Mais le premier orgue n'arriva ici qu'en 1840, soit après la démolition de l'ancienne église paroissiale (1476 - 1835, où jamais la présence d'un orgue n'a été attestée). Il a été construit par Joseph Stiehr.

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Historique

C'est en 1840 que Joseph Stiehr posa le premier orgue de Surbourg. [IHOA] [ITOA]

L'arrivée si tardive d'un premier orgue s'explique peut-être par le fait que la collégiale fut transférée à Haguenau en 1738.

Ce fut l'un des projets de construction d'orgues qui fut "plombé" par irruption d'une Administration alors omnipotente. Surbourg eut droit à l'intervention d'un fonctionnaire qui allait rester célèbre pour son incompétence : le fameux Louis Martin Zégowitz, architecte-voyer attaché au service d'architecture départemental. Il rédigea un devis le 15/10/1838 : le "devis Zégowitz" avait été établi lors des projets pour Lembach (1836) et Climbach (10/08/1838). Les honoraires de ce personnage qui avait déjà voulu "standardiser" les orgues du Bas-Rhin se montaient quand même à 3,8% du prix prévu pour l'instrument ! C'était un petit instrument, à un seul manuel, donc probablement inadapté dès le début à l'édifice et à l'usage qu'on voulait en faire. Le conseil municipal approuva tout de même le devis, le 08/11/1838. Le compte-rendu de la séance note de façon pragmatique - la phrase semble issue d'une laborieuse élaboration - "que l'orgue décrit dans le devis est tel comme il désire en avoir un". Une deuxième considération donne à réfléchir sur les méthodes d'attribution des marchés publics : "la construction de cet orgue est un ouvrage d'art et de précision que l'on ne peut confier qu'à des personnes qui ont déjà fourni des preuves de leur savoir, [et donc] qu'il peut être nuisible de donner cette construction moyennant une adjudication, mais que le plus sûr d'avoir une bonne orgue est de traiter de gré à gré avec un facteur." [PMSSTIEHR]

Autrement dit, un appel d'offres est une chose dangereuse, et il vaut mieux sélectionner soi-même ses fournisseurs.

Lorsque le conseil donne mandat au maire de traiter avec la maison Stiehr, avec le montant total approuvé, il est rappelé que cette somme inclue les honoraires de l'architecte... nous confirmant que la pilule avait été amère. [PMSSTIEHR]

Hélas, en avril 1840, quand l'orgue fut achevé, Stiehr ne put le poser... car la tribune n'était pas prête ! Les services d'architecture auraient mieux fait de s'occuper de leur travail plutôt que de vouloir se mêler de facture d'orgues. L'architecte Albert Haas prit les choses en main. L'orgue Stiehr fut finalement reçu le 18/01/1841. [PMSSTIEHR]

Résultat de l'ingérence de l'administration : l'orgue Stiehr n'avait qu'un seul manuel, ce qui était à l'évidence insuffisant pour l'édifice.

L'orgue dut être réparé (en même temps que l'église) en 1867. [PMSSTIEHR]

En 1878, il y eut une nouvelle réparation, par Félix Mockers . [PMSSTIEHR]

En 1887, c'est cette fois Louis Mockers qui fit une réparation. [PMSSTIEHR]

En 1892, l'orgue nécessitait à nouveau des réparations. On décida (enfin !) de lui adjoindre un second clavier, et le travail fut confié à Franz Xaver Kriess. Le nouveau manuel fut installé, avec une traction mécanique (1892, c'était un peu tôt pour le pneumatique). [PMSSTIEHR]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en juin 1917. [IHOA]

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Historique

L'instrument fut reconstruit par Franz Heinrich Kriess en 1936. Cette fois, on opta pour une transmission électro-pneumatique. Les sommiers du grand-orgue restèrent à gravures (et à 54 notes, pour un clavier de 56). Celui du récit, à membranes et de 56 notes, date probablement de 1936. [IHOA] [ITOA]

Il est probable que l'orgue ait été endommagé avant 1945. [PMSSTIEHR]

En 1958-1960, Ernest Muhleisen transforma plusieurs jeux, dans le sens d'une néo-classisation. En 1960, la revue "Cecilia" parla de l'inauguration d'un "orgue neuf" et de "dommages de guerre". [ITOA] [PMSSTIEHR]

Suite aux changements de jeux, de simples étiquettes en papier ont été collées sur les dominos. Celles-ci ne recouvrant pas la hauteur en pied, on dispose encore de précisons sur l'orgue Kriess avant son altération :

[MFoisset]

Aujourd'hui (2016), l'orgue a l'air en ruine. Et pourtant, avant 1960, ce devait être fort un bel instrument. Il a l'air petit, vu d'en-bas, un peu perdu sur la tribune. Mais le buffet fait quand même 4m de large pour 5 de haut, et c'est un orgue de 21 jeux dont la composition laisse à penser qu'il serait plein de possibilités une fois relevé. Il est fort triste de trouver un orgue en aussi mauvais état dans ce qui constitue un des plus remarquables sanctuaires d'Alsace.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2016
Grand-orgue, 56(54) n. (C-f''')
Muhleisen ; chape d'un Salicional 4'
Muhleisen ; chape d'un 8'
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
Muhleisen ; chape d'un 8'
Muhleisen ; chape d'un Quintaton 16'
Pédale, 30 n. (C-f')
Muhleisen ; remplace un 16'
Muhleisen ; remplace un 16'
I/P
Incicateur circulaire
[ITOA] [PMSSTIEHR] [MFoisset]
Console:

Console indépendante face à la nef, fermée par un rideau coulissant. Tirage des jeux par dominos disposés en ligne au-dessus du second clavier. Les dominos sont jaunes pour la pédale, verts pour le grand-orgue, et blancs pour le récit. Ceux correspondant aux accouplements son bicolores pour respecter le code de couleur, sauf qu'il a été fait usage de bleu au lieu de vert pour repérer le grand-orgue. Les dominos sont sérigraphiés (pas de porcelaine), numérotés en haut de 1 à 27, tandis que la hauteur en pied des jeux figure sur la partie basse. Les dominos des jeux modifiés en 1958-60 ont reçu des étiquettes collantes, celle de la Tierce a disparu.

Claviers blancs. Appel des combinaisons libres par poussoirs blancs, situés sous le premier clavier : "Piano, "M Forte", "Forte, "Tutti", et "Auslöser" (retour à la registration manuelle). L'indicateur de crescendo est un cadran circulaire, interrompant la ligne des dominos au centre.

Plaque d'adresse vissée sur un chanfrein pratiqué sur le montant à droite du bloc-claviers, et disant :

FRANÇOIS KRIESS & FILS
MANUFACTURE DE GRANDES ORGUES
MOLSHEIM - ( BAS RHIN )
MAISON FONDEE EN 1886
Transmission: électro-pneumatique.
Sommiers: grand-orgue à gravures, récit à membranes.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670487001P02
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