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Les orgues de la région de Wissembourg
Lembach, église protestante
L'orgue Muhleisen de l'église protestante de Lembach.
Photo fournie par Jean-Noël Strasser.L'orgue Muhleisen de l'église protestante de Lembach.
Photo fournie par Jean-Noël Strasser.

Ernest Muhleisen réalisa ici en 1953 un instrument typique de l'esthétique néo-classique. L'histoire des orgues à Lembach commence en 1789 (!) et elle est extrêmement riche.

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L'orgue de facteur inconnu (1789)
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Historique

Un premier orgue est arrivé en 1789 ; on ne sait pas d'où il venait. [IHOA]

L'instrument a été repris par la maison Stiehr en 1838 ; on ne sait pas où il est allé. [IHOA] [PMSSTIEHR]

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Historique

En 1838, la maison Stiehr posa un orgue neuf. Celui-ci n'a pas fait que passer : il a même une place à lui dans l'histoire de l'orgue en Alsace. [IHOA]

Interventionnisme

Cet instrument n'existe plus, mais il reste un exemple édifiant de l'interventionnisme de l'administration - en l'occurrence des architectes d'arrondissement - dans la facture d'orgues du milieu du 19ème siècle. Et même du plus célèbre d'entre eux dans le monde de l'orgue : Louis Martin Zégowitz. Une vraie image d'Epinal du fonctionnaire tatillon et zélé, fayot et mesquin, soucieux de se rendre incontournable afin de maximiser ses émoluments et son pouvoir de nuisance. Gravement incompétent en matière d'orgues, il ne comprenait à l'évidence pas ce qu'il écrivait. Ce qui n'avait pas l'air de le gêner : à l'évidence, il n'écrivait pas pour être compris, mais pour impressionner les autres incompétents. Et donc avec un mépris total des gens du métier. [PMSSTIEHR]

La volonté de la préfecture de prendre le contrôle sur le marché de la facture d'orgues s'est exprimée en de nombreux endroits. Le plus proche de Lembach étant Climbach (1840), qui eut aussi son lot de tracasseries. Il s'agissait de normaliser la construction et la fourniture de ces instruments, en les considérant comme des biens d'équipement. Cet interventionnisme trouva son paroxysme en 1857-1858 (Urbeis, Preuschdorf, Schillersdorf, Gambsheim) et causa l'irruption d'une "Doctrine officielle" de la préfecture. Mais quand on se met à vouloir appliquer une doctrine absurde, on se rend compte qu'elle est absurde. Si sa publication a marqué sa fin, ce délire technocrato-normatif avait commencé à la fin des années 1830, à Lembach et Climbach.

Zégowitz, fonctionnaire ambitieux en recherche de "visibilité", intercepta l'accord passé entre la commune et la maison Stiehr le 16/08/1835, pour imposer son propre "devis", daté du 08/03/1836. (Ajoutant donc environ 7 mois de délai.) Il s'était octroyé 5% du prix de l'orgue (!). Notons qu'il appelait ça un devis, et pas un cahier de charges. [PMSSTIEHR]

Ce devis de Zégowitz se mêle de tout, en faisant usage d'un vocabulaire improvisé. C'est ainsi que les tourelles et les plates-faces deviennent des "compartiments". Il décrit en effet le buffet de la façon suivante : "Son élévation principale se composera pour la partie supérieure de cinq compartiments pour contenir les tuyaux tous séparés par des pilastres avec entablement et corniches de l'ordre corinthien." [PMSSTIEHR]

Fa Dies irae

Jusque là, ça va : on comprend, quand on sait à quoi ressemble un orgue d'habitude. On ne va pas mettre un pilastre entre chaque tuyau de Montre. Mais son devis cesse rapidement d'être une spécification opérationnelle, pour sa lancer dans le fonctionnel. Le voilà qui explique comment on doit constituer une façade : "Tous ces tuyaux auront leur bouche sur la même ligne ; ceux du milieu seront tirés du registre Montre, le reste des tuyaux des registres Prestant et du restant du registre Montre depuis le Fa Dies jusqu'au Do ; le centre de leur bouche d'une forme arrondie, devra être placé à 0 m 32 de distance du dessus du tailloir sur lequel les tuyaux reposent. Les tuyaux des 4 compartiments d'extrémité seront choisis alternativement à droite et à gauche parmi les plus grands et pour moitié entre les deux registres ci-dessus." Il explique même qu'il faut mettre des postages pour les tuyaux de façade : "les tuyaux placés sur le devant recevront le vent séparément à l'aide des conduits isolés de tuyaux de métal de mélange d'une forme courbée". [PMSSTIEHR]

Notre Dom Bédos de sous-préfecture explique alors comment il faut faire une bonne soufflerie. C'est facile, il suffit de bien l'écouter : "les joints seront couverts par des bandes en cuirs doux de peau de mouton blanchies et bien appliquées sur tous les joints au moyen de la colle forte répandue uniformément sur une faible épaisseur". Puis c'est le tour de la clôture de pédale et la délicate gestion de l'accès à l'orgue : "L'entrée de ce passage sur les deux côtés sera fermé par des portes dont l'une avec une serrure et une clef, et l'autre avec deux verrous pour empêcher d'y entrer de côté." Il fallait y penser. [PMSSTIEHR]

Pour la tuyauterie, il y a des tableaux de référence : "Tous les métaux doivent être de bonne qualité ainsi qu'il est indiqué au tableau. La composition se fera d'une partie de plomb sur deux parties d'étain. Le coulage se fera en présence de l'architecte ou de son délégué." Puis : "Le jeu de l'orgue sera composé y compris la pédale de vingt registres et d'un tremblant doux présentant un ensemble de 1205 tuyaux soufflant y compris les dix tuyaux muets placés dans la façade de l'orgue, le tout confectionné dans les matières qui seront indiquées dans le tableau à la fin du devis." [PMSSTIEHR]

Balles de plomb, trumeaux d'enfoncement, et cerisiers polis

On passe à la console : [PMSSTIEHR]

- sa géométrie : "A la partie inférieure de l'orgue dans un renfoncement de 0 m 15 à une hauteur de 0 m 64 du plancher sera adapté un clavier du do bas au fa haut ; en-dessous sera placé le clavier de la pédale du do bas au deuxième fa."

- le pupitre : "Au-dessus du clavier sera établi un cadre en bois pour placer les cahiers de musique avec une ficelle munie d'une balle de plomb à une des extrémités."

Tant pis pour ceux qui pensaient que ces dispositifs destinés à essayer d'immobiliser les photocopies de Caecilias résultent de la sollicitude de quelque organiste-pêcheur qui sacrifia, un jour de pluie, deux lignes de fond au bénéfice de la musique et de la liturgie. En fait, il s'agit de la démarche normative d'un fonctionnaire zélé. Notons qu'on a échappé de justesse au dimensionnement des pinces à linge adaptées aux consoles d'orgues. Notons aussi, à la décharge de Zégowitz, que les dénominations des éléments d'un orgue changent : dans les années 1970, le pupitre s'appelait "porte-duprés".

- le rétroviseur : "La partie supérieure du trumeau d'enfoncement au-dessus des claviers sera garnie d'un miroir de 0 m 28 de côté avec un cadre en bois de cerisier poli."

Cet orgue n'existe plus. Mais on sait que le cadre de son rétroviseur était en cerisier poli.

Le projet de buffet pour Lembach.
Projet de Zévowitz. (ABR OPJ)
Tous les tuyaux ont la même largeur,
et les écussons semblent avoir été dessinés par quelqu'un
qui n'a jamais vu un tuyau de façade de près.Le projet de buffet pour Lembach.
Projet de Zévowitz. (ABR OPJ)
Tous les tuyaux ont la même largeur,
et les écussons semblent avoir été dessinés par quelqu'un
qui n'a jamais vu un tuyau de façade de près.

Candélabres et Chimères

Pour revenir à ce qu'on attendait vraiment d'un architecte, il y a la description des ornements du buffet : "Au milieu et au-dessus des deux compartiments d'extrémité, il sera établi un groupe de deux chimères soutenant entre elles une espèce de candélabre d'après la forme indiquée par le dessin. Au-dessus du compartiment du milieu sera placée une grande lire avec feuillage. Tous ces ornements de sculpture seront faits en bois de tilleul avec proportions bien conservées et vernis au laque blanc excepté la Lyre qui sera dorée."

Des lyres

On ne comprend pas bien si l'exception de la lyre concerne sa dorure ou sa facture. La précision aurait, cette fois, été importante, car s'il y a encore des ornements sculptés, cette lyre annonce une tendance forte pour la suite : de plus en plus, les buffets seront munis d'ornements rapportés, en "carton-pierre" (mastic). En effet, cette lyre apparaît sous le numéro 236 dans le "Catalogue Beunat". Il est donc probable que l'intention ait été de faire copier cet ornement par un sculpteur ("avec proportions bien conservées") à partir d'une pièce en tilleul. [JBeunat] [CMCaaah1991]

Ornement N°236 du catalogue de Joseph Beunat.
En 1825, maison a été reprise par Jacques Joseph Heiligenthal (1786-1870),
et transférée à Scharrachbergheim.Ornement N°236 du catalogue de Joseph Beunat.
En 1825, maison a été reprise par Jacques Joseph Heiligenthal (1786-1870),
et transférée à Scharrachbergheim.

Outre le mépris total pour la propriété intellectuelle de Joseph Beunat et Jacques Joseph Heiligenthal, s' "inspirer" d'un catalogue d'ornements architecturaux, en copier le dessin pour éliminer la traçabilité, et exiger de le faire sculpter en tilleul est curieux : le résultat est une copie probablement plus coûteuse que l'original. (Le "carton-pierre" était censé ne revenir "qu'à la vingtième partie de la sculpture".) D'ailleurs, Zégowitz a dû s'en rendre compte, puisque dans le cas de Climbach (1838), l'ornement "emprunté" au catalogue Beunat (numéro 427), est désigné par "chimère en mastic". [JBeunat] [CMCaaah1991]

Notons que ce n'est pas Zégowitz qui est a été le premier à s'inspirer d' "ornements d'architecture" pour les buffets orgues. L'architecte Samain avait élaboré en 1837 un projet pour Weitbruch (le buffet se trouve aujourd'hui à Kaltenhouse) comprenant la frise numéro 441 (planche 19) du catalogue Beunat de 1823. [JBeunat] [CMCaaah1991]

On est donc en présence d'une évolution en deux étapes : 1) les catalogues d'ornements architecturaux sont utilisés par les facteurs puis les architectes comme "source d'inspiration" et sculptés en bois 2) les ornements en "mastic" sont directement achetés, et placés sur les buffets d'orgue. Le passage d'une étape à l'autre (et donc la première utilisation d'ornements en mastic en Alsace) semble avoir eu lieu en 1835 à Willgottheim. [CMCaaah1991]

Métrage de réception

L'orgue a été reçu le 27/06/1838 par Jean François Vollmar (instituteur à Aschbach, nommé par la maison Stiehr), Louis Hess (instituteur à Woerth, nommé par la commune de Lembach), et le maire Knoll. Le procès-verbal prend quelques lignes, dont "après plusieurs essais faits par nous soussignés organistes experts [avons reconnu] que les tons des registres correspondent bien aux noms qu'ils portent, que les accords sont justes et parfaits et qu'aucun défaut ne s'est présenté pendant les essais." On peut le résumer par : "Bah, c'est un orgue ; y marche."

Mais Zégowitz, lui, n'en resta pas là. Il a dû estimer qu'il était de son devoir de leur montrer, aux instituteurs et au maire, là, comment on fait une Vraie Réception. Il fournit un "Métrage de réception Zégowitz du 2 juillet 1838". Et là, il se surpasse : "Tous les tuyaux des registres trompette, clairon ont reçu une languette en laiton au moyen de laquelle ils s'engagent dans le cône." On comprend enfin à quoi sert vraiment la languette d'un jeu d'anche. Et aussi : "Les touches du clavier du manuel et celui de la pédale sont confectionnés d'après les prescriptions du devis ; la première en bois de sapin léger, plaquées extérieurement en ébène noir de 0 m 0025 d'épaisseur, le seconde au-dessus en os bien poli d'une couleur blanchâtre."

C'est vrai que "0 m 0025", ça en jette beaucoup plus que 2,5mm.

Honoraires ou vacations ?

Mais en échange de cet incontournable métrage, Zégowitz exigea des honoraires exorbitants. Le préfet, conscient de l'abus, ordonna d'en limiter le montant. Le Chef de Bureau, lui, commenta que l'architecte perçoit des vacations, et pas des honoraires. Le tout eut pour effet de suspendre la réception, et donc de retarder le payement à la maison Stiehr-Mockers. Plusieurs semaines plus tard, le 09/08/1838, Stiehr en était encore à écrire au préfet pour obtenir une approbation officielle. [PMSSTIEHR]

Si le ramage vaut le métrage

Avec tout ça, on avait oublié un détail : il s'agit d'un instrument de musique. Et d'un orgue en particulier. En voici la composition :

La maison de Seltz était tellement conservatrice... qu'elle en vient à livrer des compositions atypiques : 20 jeux pour un orgue à un seul manuel ! Tout cela parce que la logique de la composition était totalement rigide, et que se lancer dans l'aventure d'un orgue à 2 claviers, c'était "Ouh-là-là... à éviter absolument si on peut". Il en résulte 15 jeux - dont la plupart extrêmement sonores - pour le manuel unique ; et une pédale limitée à 18 notes (donc, pour arrêter la langue de bois, inutile en pratique, si ce n'est pour lourdement marquer les cadences). Cette pédale, qu'on espérait donc entendre le moins possible, était quand même dotée de 5 jeux, dont deux anches, qu'on devine très sonores... Vraiment, 20 jeux sur I/P, c'était juste absurde !

D'ailleurs, lors de l'enquête-inventaire de 1893, le curé de Lembach (l'église était alors utilisée par les deux cultes) répondit : "eine gute Orgel, zu stark für die kleine Kirche." ("Un bon orgue, trop fort pour cette petite église"). [Barth]

Pourtant, en répondant à ce genre d'enquête, on fait généralement dans le consensuel, le diplomatique, le nuancé. En cas de critique, le tact était d'usage. Il est probable que "zu stark" était un euphémisme, car avec 4 rangs de Principaux (8', 4', 2', 1') et 6 de Mixtures, plus Trompette et Clairon, et Cornet, il devait être proprement assourdissant dans une telle acoustique. Et avec en plus une pédale équipée d'une Trompette et d'un Clairon pour appuyer lourdement certaines notes, c'était totalement dé-raisonnable. Surtout, le manuel unique privait l'organiste de toute registration non "basique" : quand on ajoute des jeux, c'est tout, tout de suite. On était arrivé au bout d'une certaine logique : "C'est comme ça qu'on fait, parce qu'on a toujours fait comme ça, et donc on continue"... appliquée indépendamment du contexte. Et on acceptait le résultat, même quand il défiait le bon sens.

Notons qu'encore souvent, à l'époque, la Trompette manuelle était coupée en basse+dessus. Ce qui est plutôt gênant dans un orgue à deux manuels, mais apporte un vrai bénéfice pour un instrument à clavier unique. Et là, justement, malgré le clavier unique, la Trompette n'est PAS coupée...

Il n'est donc pas étonnant qu'au début du 20ème siècle, ces instruments, bien que "bons" (du point de vue de la qualité de fabrication) étaient considérés comme de vrais repoussoirs. On imagine ce que devait éprouver un instituteur (très) bien formé à l'Ecole normale, avec un répertoire et des ambitions musicales, quand, fraîchement nommé, il se trouvait face un orgue à un seul manuel, avec des anches de combat et une pédale inutilisable...

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Historique

En 1909, la maison Dalstein-Haerpfer reconstruisit l'instrument. Il y avait alors 22 jeux (2 manuels). [IHOA]

Le "simultaneum" avait pris fin le 07/04/1907, ce qui fut probablement le déclencheur de la reconstruction de l'orgue. [IHOA]

On ne sait malheureusement pas grand-chose de cet orgue Dalstein-Haerpfer. Il est probable que les travaux, pour l'essentiel, ont consisté à répartir les 15 jeux de l'unique manuel de 1838 sur deux claviers, et compléter la pédale pour la rendre jouable. Ce qui était du pur bon sens. La composition ne semble jamais avoir été publiée.

Georges Schwenkedel alla le voir le 27/02/1941. Il nota "Orgel Haerpfer 21 Reg." Cet orgue (bien sûr à transmission pneumatique) ne nécessitait que les interventions banales dans le cadre d'un relevage : traitement contre une attaque du ver à bois, nettoyage, et réglage de la transmission. [SchwenkedelNB]

L'orgue a été détruit par faits de guerre en mars 1945. [IHOA]

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Historique

En 1953, Ernest Muhleisen construisit un orgue néo-classique neuf. [IHOA] [ITOA]

C'est un instrument caractéristique de son temps, un néo-classique "tardif", dans le sens qu'il tourne déjà résolument le dos à l'esthétique post-romantique alsacienne. Le récit était expressif à l'origine, et on y trouve Trompette et Clairon. Par contre, l'instrument est dépourvu de Gambe, de Hautbois et de Violoncelle. Il reste juste un Salicional au grand-orgue. Ce pauvre Salicional doit se sentir bien seul, et rêver de rejoindre un jour un beau récit, où il y aura une Voix céleste. (Ça arrivera, c'est sûr, mais sûrement plus dans ce monde.) En dehors des deux anches et d'une Flûte 8', le récit actuel n'en est plus un : il est essentiellement là pour fournir un Jeu de Tierce (Cornet décomposé) et un "petit plein-jeu". Les changements qu'on observe ici en 1953 annoncent le désastreux congrès "international" de facture d'orgues de 1959, et la "parisianisation" complète de l'orgue en Alsace, qui allait durer des décennies.

En 1980, il y eut un relevage, par Christian Guerrier. Malheureusement, et de façon tout à fait inexplicable, l'expression du récit a été supprimée. [ITOA]

Du coup, les anches du "récit" n'ont plus qu'un choix : se taire ou hurler.

De fait, depuis 20-30 ans, ces instruments n'ont "plus la cote". (Le fait d'avoir été été mutilés n'arrange pas les choses.) Les Baroqueux les détestent (transmission électrique, vous pensez...) ; pour les autres, il manque les jeux fondamentaux. C'est dommage, car ils ont d'indéniables qualités. L'élimination, sous les applaudissements, de celui de Wissembourg, église luthérienne St-Jean (Muhleisen, 1961) en est le parfait exemple. Il devait beaucoup ressembler à celui de Lembach, mais en plus grand. Après sa destruction, quelques centaines de milliers d'Euros, et plusieurs années de "donnage de leçons" nous expliquant qu'on avait là-bas le Taj-Mahal de la facture d'orgues, certains s'autorisent quand même parfois à imaginer ce qu'on aurait pu faire avec la vraie fortune qu'il a coûté. Et à se dire que le résultat, malgré son incontestable succès comme lampe d'ambiance, est fort peu alsacien.

On a entendu dire, il y a quelques années, que Lembach avait pour projet d'acquérir l'orgue Eberhard Friedrich Walcker de l'église protestante St-Pierre-le-Vieux de Strasbourg. Hélas, les bonnes idées modestes, contrairement aux projets prestigieux, manquent souvent des soutiens nécessaires pour les concrétiser. Ça, c'est vraiment dommage.

Caractéristiques instrumentales

Console:

Console indépendante face à la nef.

Transmission:

Electrique.

Sommiers:

Sommiers à cônes. L'expression du récit a malheureusement été supprimée en 1980.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670263001P04
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