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Les orgues de la région de Haguenau
Weitbruch, église protestante
Weitbruch, église protestante, l'orgue Théodore Stiehr.Photo de Victor Weller, 07/2016.Weitbruch, église protestante, l'orgue Théodore Stiehr.
Photo de Victor Weller, 07/2016.

Le joli buffet néo-gothique de cet instrument est celui de l'orgue construit par Théodore et Auguste Stiehr en 1875. Car c'est eux qui prirent la tête de la "seconde Maison Stiehr" ("Stiehr Frères" par opposition à Stiehr-Mockers) après la mort de Ferdinand (1872) et Xavier (1873) Stiehr. Fait remarquable : cet orgue avait encore un positif de dos en 1875 (alors qu'à peu près plus personne n'en avait l'usage).

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Historique

C'est en 1875 que Théodore et Auguste Stiehr posèrent un orgue dans la nouvelle église protestante de Weitbruch. L'édifice et son orgue sont contemporains. [IHOA] [PMSSTIEHR]

En 1874 à Weitbruch, on savait "voir grand" : le conseil presbytéral note que l'édifice et l'orgue "auront des proportions de cathédrale" (séance du 29/11/1874). L'instrument fut livré dans une église à peine achevée : il fallut même recoller des ornements du buffet qui s'étaient détachés à cause de l'humidité. [PMSSTIEHR]

De façon anachronique, l'instrument n'avait qu'un pédalier limité à 18 notes, pas de tirasse, et un positif de dos. Alors que le répertoire en usage - et les organistes - demandaient un récit expressif et une pédale complète. Les deux maisons Stiehr avaient décidément du mal à sortir de leur routine... L'instrument aurait certes comblé un instituteur des années 1830-40, mais en 1875, les standards et la façon de former les organistes avaient fortement évolué. Aussi, n'est il pas étonnant que :

Dès 1892 (01/12/1892), on demanda à Charles Wetzel un projet de transformation. En même temps, Wetzel fournit une proposition pour rénover l'orgue de l'église catholique (d'un montant quasiment identique), ce qui est logique puisque les deux instruments étaient pratiquement identiques. Evidemment, là-bas aussi, le projet Wetzel inclue la transformation du positif de dos en un récit. [IHOA] [PMSRHW] [PMSSTIEHR]

Les deux orgues de Weitbruch, celui-ci et celui de l'église St-Gall (1872) sont à la fois contemporains et très similaires. Cela démontre une approche très "égalitaire" de la municipalité de Weitbruch entre les deux confessions.

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Historique

L'instrument a finalement été reconstruit en 1932 par Georges Schwenkedel, et doté d'un récit expressif. [IHOA]

Pie Meyer-Siat visita l'orgue pour documenter son ouvrage sur Stiehr paru en 1972. L'instrument était mal entretenu et très encrassé, ce qui lui permit d'accentuer les propos désobligeants alors d'usage pour commenter les orgues des années 30 à transmission pneumatique. Il note toutefois que "Cornet, Bourdon, Contrebasse sont beaux et sûrement anciens." (Dans la logique fin-20ème, quand c'est beau, c'est forcément que c'est ancien ou tout neuf !) Las, la belle Contrebasse 16' était de Schwenkedel, et fut supprimée peu après, puisque avérée non-ancienne, et donc forcément moins belle.

Notons que Georges Schwenkedel était parvenu à conserver les sommiers du grand-orgue et de la pédale (en complétant ces derniers), ainsi que la quasi intégralité de la tuyauterie, en y ajoutant des éléments (Voix céleste, Flûte traversière, Trompette de récit) dont la qualité est connue par l'étude de ses instruments conservés.

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L'orgue Georges Heintz,
1976 (instrument actuel)
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Historique

L'instrument a été à nouveau reconstruit en 1976 par Georges Heintz, de Schiltach (D). [IHOA]

Une inscription dit : "Orgue reconstruit à l'ancienne, Georges Heintz, Schiltach 1976.". [Palissy]

Une approche logique, vu que l'édifice et l'orgue Stiehr étaient contemporains. Notons que le mot "restauration" n'a pas été utilisé, ce qui est vraiment à l'honneur de Georges Heintz. Le retour à la cohérence orgue/édifice compense la perte des éléments supprimés (Voix céleste, Contrebasse, Flûte traversière, récit expressif, 2 notes aux manuels, 3 notes de pédale, et la belle console "années 30" avec accouplements à l'octave et aides à la registrations). Même si la nouvelle disposition limite considérablement le répertoire qu'autorisait l'orgue de 1932. L'autre orgue de Weitbruch (celui de l'église catholique) a gardé un récit expressif, mais ne peut en rien témoigner de ce qu'à pu être l'instrument de Georges Schwenkedel : là-bas, la transformation du positif en récit a été menée par Kriess dès 1924, mais il fallut refaire la transmission en 1954. C'est Curt Schwenkedel qui officia, en optant pour une version beaucoup plus néo-classique que le post-romantisme pratiqué par son père.

Reste que ces Stiehr "tardifs" (après 1870), délicieusement pré-romantiques à l'époque post-romantique, ne manquent pas d'intérêt et de personnalité. Leur côté exagérément "conventionnel", à force, finit par devenir une forme d'originalité !

En juillet 2016, l'instrument a bénéficié d'un relevage, mené par Rémy Mahler. [VWeller]

Le buffet

Il s'agit du buffet de l'orgue Stiehr (1875). Il est, aux couronnements et à des détails d'ornementation près, identique à celui de l'église catholique St-Gall de Weitbruch et à ceux de Leutenheim (1877) et d'Uhlwiller (1878). Il est en chêne, de style éclectique, plutôt néo-gothique, et en deux corps. Le grand mesure 4m50 de haut pour 3m60 de large. Ce grand buffet est constitué d'une grande tourelle centrale et de deux tourelles latérales plates, avec deux plates-faces. La ceinture est ornée de cannelures d'inspiration romane, et le haut des tourelles de tympans triangulaires ornés de quadri-lobes, de frises et de pinacles (les deux supérieurs étant munis de crochets, donc beaucoup plus gothiques). Les claires-voies sont en ogives et les plates-faces surmontées d'une frise dentelée. Le positif de dos est constitué de deux tourelles plates (sans couronnement) encadrant une plate-face que la claire-voie sépare en deux jusqu'à mi-hauteur ; elle porte un visage sculpté (figuration faisant plus référence au roman qu'au gothique). Le soubassement aussi est ouvragé d'ogives et de pilastres. La façade du petit buffet (postiche de 1932 à 1976) est d'origine, mais le reste date de 1976.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 1986
Positif de dos, 54 n. (C-f''')
Stiehr, entièrement sur le vent (c'est le Prestant qui est en Montre) ; C-H bouché
1976 ; C-H en façade
1976
1976 ; étain
Grand-orgue, 54 n. (C-f''')
Stiehr, sauf façade E-c'
Pas d'origine
Stiehr, sauf façade C-H
(c'-f''')
Posté
Schwenkedel, 1932
Tirant
Pédale, 27 n. (C-d')
1976
Schwenkedel, 1932
Schwenkedel, 1932
Pédale
[ITOA] [IHOA]
Console: en fenêtre, 1976.
Transmission: mécanique, 1976
Sommiers: à gravures, de Stiehr pour le grand-orgue (diatoniques) et la pédale (C-f). Complément de pédale et sommier du positif (chromatique à ravalement) de Heintz (1976)

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670523003P03
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