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~ Les orgues de la région de Molsheim ~

Molsheim, Trinité St Georges
Jean-André SILBERMANN, 1781
Partie instrumentale classée Monument Historique en 2003
Buffet classé Monument Historique le 15/11/1977
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SILBERMANN
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L'orgue de Molsheim, posé en 1781 par Jean-André SILBERMANN est l'un des tout derniers Silbermann d'Alsace.
Au cours des ans, il a été fortement remanié.
L'Echo original était déjà complet (4 octaves ; fait unique en Alsace), et la composition actuelle est très probablement l'originelle. |
Molsheim, le 25/04/2004.
L'orgue Silbermann trône sur sa tribune, dans son environnement gothique.
L'église dite des Jésuites est un endroit remarquable, à visiter absolument.
Les vitraux du choeur ont été récemment restaurés. |
 (Photo du 09/07/2005) |
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La première église paroissiale de Molsheim (si l'on fait exception du fameux Dompeter) a été construite en 1530.
Consacrée à St-Georges, elle était située Place du marché, et a été démolie à la Révolution.
Elle a abrité un orgue avant 1615.
L'église dite des Jésuites date de 1615-1617.
Elle a été construite dans l'enceinte du Collège par Christophe WARMSER, et devint église paroissiale en 1791.
Elle est consacrée à St-Georges et à la Trinité.
Du premier orgue qui avait été placé dès 1618 dans l'église des Jésuites, on ne sait pas grand-chose, sinon qu'il aurait été joué par Georges MUFFAT, élève du Collège de Molsheim en 1668.
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Jean-André Silbermann plaça son instrument à Molsheim en 1781.
Les Jouées, ornées d'instruments de musique, sont probablement celles de l'orgue de l'ancienne église St-Georges (celle de la Place du marché) : elles ne sont pas dans le style Silbermann.
L'instrument a été inauguré le 17/06/1781 par NEUMEYER (Strasbourg, cathédrale), originaire de Molsheim.
L'orgue Silbermann, de 22 jeux sur 2 claviers complets et Pédale, disposait d'un Plein-jeu très fourni.
Jean-André s'était écarté, vers la fin, du style d'orgue classique Français.
Au Sifflet du Grand-orgue, véritable rang séparable du Plein-jeu, répond le dessus de Flageolet de l'Echo.
Ce second clavier, complet, constitue l'originalité de l'instrument.
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 (Photo du 09/07/2005) |
La Soufflerie était logée dans la partie droite de la Tribune.
L'endroit, servant aujourd'hui de débarras, est encore fermé par une clôture, dans laquelle on peut voir :
- le trou pour laisser passer le Porte-vent principal.
(Au-dessus et à gauche de la porte.)
- La "fenêtre" en forme de passe-plats, permettant au Souffleur et à l'organiste de se voir.
Il y eut de petites réparations en 1816 (STIEHR), ainsi qu'en 1838 et 1854.
En 1886, arriva à Molsheim un nouveau facteur d'orgue : Franz Xaver KRIESS.
Dès lors, c'est à lui, en tant que voisin, qu'on confia tous les travaux.
Puis à son fils Franz Heinrich et son petit fils Robert.
Et les modifications furent nombreuses.
Cela commença en 1887, où l'Echo de Silbermann fut transformé en un Récit expressif.
La pression, et malheureusement le diapason ont été changés, ainsi que la composition.
Cela continua régulièrement jusqu'en 1941 (changement de jeux en 1910, autres changement de jeux, puis des Sommiers en 1941.
La tuyauterie a été très malmenée lors de ces modifications, les Bourdons étant même découpés pour rendre les Calottes mobiles.
De 1969 à 1971, Alfred KERN reconstruisit enfin l'instrument de Silbermann.
Il fallut refaire les Sommiers et la Mécanique, et reconstruire toutes les Mutations et Mixtures, que les trois générations de Kriess avaient supprimées : Nasard, Tierce, Sifflet, Fourniture et Cymbale du Grand-orgue.
Kern a reconstruit l'Echo selon une composition supposée.
Bourdon, Flûte et Nasard sont quand-même de Silbermann.
L'Echo est en fait constitué de deux demi-Claviers, sur deux plans sonores différents :
- les dessus se trouvent à la place habituelle, dans le Soubassement de orgue
- les basses sont à l'arrière, entre la Pédale et le Grand-orgue (plus exactement entre la Trompette et les Fonds de Pédale).
Une Basse de Basson servait à marquer la Basse continue.
Au cours de cette restauration, d'énormes efforts visant à l'authenticité ont été produits : mécanique, console, diapason, mais aussi tempérament.
Même les couronnements du Buffet (tourelle centrale) ont été reconstitués.
L'orgue de Molsheim peut donc être considéré comme l'un des (trop rares) témoins de ce qu'à réellement dû être le son d'un Silbermann en 1781.
Diapason : Sib 400 Hz (La 415 Hz).
Tempérament : réalisé selon le document d'Ignace BRUDER (1829), sensé décrire la réelle Partition utilisée par Silbermann.
Mécanique : Suspendue, de Kern, à Balanciers pour l'Echo.
Il y a un Tremblant fort.
Il n'y a ni Tirasse, ni Accouplement.
Molsheim, le 03/11/2001.
Photos Jean-Luc BATAILLARD.
(Cliquer sur les images pour les visualiser en taille normale dans une nouvelle fenêtre.) |
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Sources :
- Remerciements à Marie-France HECKMANN.
- Remerciements à Thierry GRETHEN.
- Remerciements à Jean-Luc BATAILLARD.
- E.
ESCHBACH, "Eglise des Jésuites, Molsheim" (Plaquette en vente sur place.)
- Plaquette réalisée par l'Association des Amis de l'Orgue Silbermann à l'occasion de la restauration de 1971.
- Orgues Silbermann d'Alsace - Itinéraire commenté, ARDAM, 1991, ISBN 2-909371-01-8
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