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Haut-Rhin
  Ribeauvillé
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An2000
An2001
~ Les orgues de la région de Ribeauvillé ~

Ribeauvillé, St Grégoire-le-Grand
Friedrich RING / Claude LEGROS, 1702

Partie instrumentale classée Monument Historique le 09/04/1976
Buffet classé Monument Historique le 09/11/1976
Orgue reconstruit par Alfred KERN, 1984.


 

Composition, 1991
Positif de dos
51 notes
Grand-Orgue
51 notes
Oberwerk
39 notes
Echo
32 notes
Pédale
27 notes
Bourdon 8' Bourdon 16' Bourdon 8' Bourdon 8' Principal 16'
Prestant 4' Montre 8' Prestant 4' Prestant 4' Soubasse 16'
Nasard 2'2/3 Bourdon 8' Cornet 3 rgs Cornet 3 rgs Octavebasse 8'
Doublette 2' Prestant 4' Trompette 8'   Quinte 5'1/3
Tierce 1'3/5 Flûte 4' Hautbois 8'   Prestant 4'
Larigot 1'1/3 Nasard 2'2/3 Voix humaine 8'   Fourniture 6 rgs
Fourniture 2 rgs Doublette 2'     Bombarde 16'
Cymbale 2 rgs Tierce 1'3/5     Trompette 8'
Cromorne 8' Cornet 5 rgs (D)     Clairon 4'
  Fourniture 3 rgs     II/P
  Cymbale 3 rgs      
  Trompette 8' (B+D)      
  Clairon 4' (B+D)      
  Voix humaine 8'      
  I/II (Tiroir)      
     L'orgue de St-Grégoire de Ribeauvillé est l'un des plus célèbres d'Alsace. Magnifique à tous point de vue, il est chargé d'Histoire. Celle-ci n'a pas toujours été très clémente envers le vénérable instrument que Friedrich RING commença en 1700. C'est le premier orgue d'esthétique classique française construit en Alsace.

Ribeauvillé, photo Hugo JACOBS.

     Friedrich Ring destinait son orgue au Temple Neuf à Strasbourg (l'église des Dominicains). Il était alors l'un des seuls (ou même le seul) facteur d'orgues installé en Alsace : c'était juste avant "l'ère Silbermann".
L'orgue que prévoyait de construire Ring devait avoir 25 Jeux sur 3 claviers et Pédalier. La Composition prévue était tout-à-fait germanique, avec un Oberwerk et un Bourdon 32' à la Pédale.

Malheureusement, Ring (Jean-André Silbermann écrivait "Rinck") mourut le 14 Mars 1701. Il fallut donc faire appel à un autre facteur. C'est Claude LEGROS, de Metz qui termina l'instrument, mais dans un autre style : le style classique français.

     Justement, la Pédale de Legros - peut-être jugée trop "française" (pas assez de graves pour accompagner les chants) - a été refaite par André SILBERMANN et son frère Gottfried, et ce dès 1707. (On dit qu'André Silbermann avait travaillé chez Ring : cela explique qu'il ait eu ce marché. André Silbermann était au tout début de sa carrière.)

En 1749, Johann Georg ROHRER a déménagé l'orgue à Ribeauvillé, car le Temple Neuf avait passé commande à Jean-André Silbermann de son chef-d'oeuvre de 45 jeux sur 3 claviers (dont l'un en couronnement). Celui-ci fut malheureusement détruit (avec l'inestimable bibliothèque du lieu) pendant la guerre de 1870.

     A Ribeauvillé (que l'on appelait alors "Rappoltsweiler"), il y avait un orgue au 15 ème siècle : l'Histoire s'en souvient parce qu'il y a eu un accident : ses tuyaux de Montre se sont renversés. Le facteur s'appelait Ruppert (Rubertus) ECKSTETTER, de Constance. Il construisit aussi un orgue pour Kaysersberg. En 1657, Johann GEUSSLER, de Lucerne, répara cet orgue.

A l'époque de l'arrivée de l'orgue Legros, cet instrument existait encore : Jean-André Silbermann en a laissé une description et un dessin : le Buffet était en deux corps, le Grand-orgue à trois tourelles, la plus petite au milieu. L'ensemble était de style gothique, très rectangulaire et avec des angles marqués.


Essai de reconstitution, (d'après dessin Silbermann).

Composition du Grand-orgue : Principal, Bourdon, Flûte, Quinte, Octave, Superoctave, Mixture, Cymbale.
Le Positif avait encore deux Jeux, mais Silbermann ne put même pas les identifier.
Il y avait aussi une Pédale d'étendue réduite. Les claviers étaient à Octave courte (mais avec Fa# et Sol# à la place de Ré et Mi).
L'orgue ne servait plus depuis longtemps, et était dans un très mauvais état. Silbermann releva la signature de l'auteur sur la tourelle centrale.
Les "ailes" son bien-sur les panneaux destinés à recouvrir la façade, pour la protéger. Les orgues étaient fermés pendant le Carême. On retrouve ces panneaux sur le nouvel orgue de choeur de Colmar, St-Matthieu.

     Près de 75 ans après son déménagement à Ribeauvillé, en 1824, l'orgue Legros n'était plus en bon état, et fut confié à Joseph CALLINET. Le travail dut être de même nature que ce qu'on lui demanda à Turckheim : entre autres, passage des claviers à 51 notes, mais aussi une remise en état générale et pas mal d'augmentations. Le Hautbois de Callinet est toujours là.
Emile WETZEL fit une petite intervention en 1893 (passage du Pédalier à 27 notes) (est-ce lui qui a amené la Trompette Rinckenbach ?).

Après la réquisition des tuyaux de façade par les autorités allemandes en avril 1917, l'irréparable fut commis en 1933 : Pneumatisation, par Adolphe BLANARSCH, bien sûr sur l'avis d'"experts" éclairés. De nombreux Jeux furent toutefois conservés.

     Après avoir souffert lors de l'incendie de 1975, l'orgue a été entièrement refait par Alfred KERN en 1984, dans un grand respect du style classique original.
Le Buffet a été conservé mais entièrement restauré. Les jeux de Legros se trouvent surtout au Grand-Orgue.

     Les jeux du 18 ème (Legros ou partiellement Silbermann) sont :

Au Grand-orgue :

Au Positif :

  • le Bourdon
  • une partie du Nasard
  • une partie de la Doublette
A la Pédale :
  • une partie de la Grosse Quinte 5'1/3 et de la Fourniture (et sûrement du Prestant)

     Le Récit a été ajouté par rapport à la Composition originale de 1708 (ainsi que deux Jeux de Pédale). Il est étranger à l'esthétique originelle de l'instrument, mais cet adjonction a été très bien faite et apporte vraiment quelque chose : placé dans le couronnement du buffet, en "Oberwerk" (donc avec un nouveau plan sonore), il contient un Hautbois de Callinet, une Trompette de Rinckenbach et la Voix humaine de Blanarsch.

Le Positif est presque entièrement de KERN, comme l'Echo. Ce dernier clavier (commençant au Sol2) dispose de 3 jeux installés dans le soubassement de l'orgue (Bourdon, le Prestant de KERN et le Cornet).

Les restes du travail de Legros, à qui cet orgue est souvent attribué, sont finalement limités à ce Positif (puisque sa Pédale a disparu). Il peut paraître plus légitime d'attribuer l'instrument à Ring et à Kern.
C'est la dernière restauration (après la Cathédrale de Strasbourg) que mena le regretté Alfred Kern.

Mécanique : Suspendue. Sommiers à Gravures, de KERN.
Il y a un Tremblant doux et un Tremblant fort, commun aux 4 claviers.
Diapason : Sib 440 Hz.

Sources :
  • Remerciements à Hugo JACOBS.
  • Remerciements à Jacques ROMON.
  • Orgues Silbermann d'Alsace - Itinéraire commenté, ARDAM, 1991, ISBN 2-909371-01-8
  • P. MEYER-SIAT "Historische Orgeln im Elsass"
  • Archives Silbermann (p108 de "Von elsassichen Orgeln...")
  • M. BARTH, "Elsass, 'Das Land der Orgeln' im 19. Jahrhundert", AEA XV (1965-66)
  • M. VOGELEIS, "Quellen und Bausteine zu einer Geshichte der Musik und des Theaters im Elsass, 500-1800" F.C. LE ROUX, Strasbourg, 1911
  • "Musique et tourisme", plaquette de la DOHA, 2002

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Dernière mise à jour : 07/03/2004 21:44:26

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