> Accueil du site
Les orgues de la région d'Ensisheim
Hirtzfelden, St-Laurent
1917 degr > Dégâts
Hirtzfelden.Toutes les photos de la page sont de
        Roland Lopes, 27/08/2012.Hirtzfelden.
Toutes les photos de la page sont de Roland Lopes, 27/08/2012.

C'est un instrument fort intéressant que l'on peut découvrir à Hirtzfelden, dans son édifice chargé d'histoire dont certaines parties remontent au 13 ème siècle (le clocher est authentiquement roman). Dans une région très riche en instruments passionnants, cette localité ne fait pas exception. Souvent attribué de façon incompréhensible à Joseph Rabiny (alors qu'il ne renferme que deux jeux de cet organier du 18 ème qui reste décidément assez difficile à cerner), cet orgue est en fait un témoin méconnu de la belle facture pratiquée lors du dernier tiers du 19 ème siècle.

---
L'orgue Joseph Rabiny,
1790
---

Historique

En 1790, Joseph Rabiny construisit un petit orgue pour Hirtzfelden. [IHOA] [ITOA] [HOIE]

La construction d'un instrument par Rabiny est attestée par la présence de sa signature au dos du buffet actuel. Le dessin, avec ses entablements ondulants ("en harpe") sur les grandes tourelles est fort voisin de celui de Zimmersheim. [ITOA]

L'affaire déboucha sur un mémorable procès entre Rabiny et Joachim Henry. La cause fut une première réception, le 11/01/1790, au cours de laquelle l'instrument fut évalué bien bas. Weinbert Bussy et Martin Bergäntzel furent ensuite convoqués comme contre-experts. [HOIE]

Il y eut une réparation en 1805. [HOIE]

Puis une autre en 1836, par Antoine Herbuté. [ITOA] [HOIE] [PMSAEA69]

On tient du conseil de fabrique que "la réparation des orgues était d'une nécessité absolue". Une Flûte 4' et un Clairon furent ajoutés à la pédale (qui, rappelons-le, n'avait que 15 notes...), et un Salicional remplaça la Tierce. La liste des éléments à réparer ou a refaire est impressionnante. [PMSAEA69]

L'instrument a été transformé en 1855 (3 changements de jeux attestés). [ITOA] [HOIE]

Caractéristiques instrumentales

---
---

Historique

En 1879, Martin Rinckenbach reconstruisit l'orgue en conservant le buffet et quelques tuyaux de l'instrument précédent. [IHOA] [ITOA] [HOIE]

Il s'agissait d'abord de doter l'instrument d'un second clavier complet (un récit). Mais le grand-orgue devait aussi être totalement repensé. Il y avait une Flûte douce ("Fauto dolce") au grand-orgue, et probablement une Trompette de pédale (car il n'était pas du tout dans les habitudes de Rinckenbach de placer un 4 pieds de pédale dans un si petit instrument).

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités allemandes en mars 1917. [HOIE]

En 1917, Jules Besserer électrifia la soufflerie. [HOIE]

En 1976, Christian Guerrier transforma l'instrument. [ITOA] [HOIE]

Il compléta la pédale de 15 à 27 notes et posa deux tirasses, mais remplaça malheureusement la Flauto dolce du grand orgue par... une Rauschquinte 2 rangs !

C'est certainement le jeu d'orgue le plus incongru que l'on puisse imaginer dans ce contexte... L'équivalent d'une cornemuse dans un quatuor romantique. C'est peut-être aussi à cette occasion (et à cause de l'irruption de cette effrayante Rauschquinte) que la Mixture du grand-orgue fut transformée pour en faire quelque chose de bien trop aigu (et elle n'est aujourd'hui plus progressive).

Le buffet

Il s'agit du buffet de l'orgue Rabiny (1790), évidemment modifié pour être plus ouvert. Trois tourelles, la plus petite au milieu étant ronde (les grandes sont plates), sont séparées par deux plates-faces à claires-voie courbes, ornées de motifs floraux. L'entablement des grandes tourelles, ondulant "en harpe" (ou "volutes"), est d'un dessin commun en Souabe ou en Suisse occidentale. Le buffet ressemble beaucoup à celui de Zimmersheim, et une version moins ornée se trouve à Katzenthal. En 1764, Karl-Joseph Riepp avait utilisé cette disposition à la cathédrale de Besançon (le buffet de l'orgue de choeur actuel). Jean-Frédéric I Verschneider réalisa aussi des buffets très semblables : à Oermingen, église protestante (1826), puis en Moselle à de nombreuses reprises : Mittersheim St-Hubert. (57), Fénétrange luth. (57), Henridorf Ste-Croix (57) (l'instrument venait de Rohrbach-lès-Bitche), Brouviller St-Remi (57), Dolving St-Martin (57).
Les jouées sont ici très développées, tout comme les frises à dards. Claires-voies en lambrequins pour les tourelles. Deux angelots sont placés sur la tourelle centrale, assis sur une nébulosité : l'un joue de la trompette et l'autre du tambourin et agite un grelot (référence au Psaume 150 ; ils sont trois à Zimmerbach, dans une position plus cocasse, où celui du centre s'affaire sur deux timbales alors que les deux autres lui jouent de la trompette directement dans les oreilles...) [IOLMO]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2012
Récit expressif, 54 n. (C-f''')
(c-f''')
Grand-Orgue, 51 n. (C-f''')
Rabiny
1976 ; sur la chape de la Flauto dolce (!)
C c c' c'' c'''
1/2' 1' 1'1/3 2' 2'2/3
1/3' 2/3' 1' 1'1/3 2'
Altérée : 3-4 rgs à l'origine
C c c' c''
1' 1'1/3 2' 4'
2/3' 1' 1'1/3 2'2/3
1/2' 2/3' 1' 2'
(c-d')
Rabiny
Tirant
Pédale, 27 n. (C-d')
I/P
[ITOA] [RLopes]
Console:
La console en fenêtre.La console en fenêtre.

Console en fenêtre frontale, avec de nombreux éléments Rinckenbach (bloc-claviers, tirants). Tirants de jeux de section carrée à pommeaux tournés munis de porcelaines, situés en deux fois deux colonnes de part et d'autre de la fenêtre. Porcelaines typiques de Rinckenbach, y-compris le code couleur : lettres noires pour le grand-orgue, rouges pour le récit, et bleues pour la pédale. Pastille blanche muette pour le 4' de pédale. Pastille à lettres gothiques (autre provenance ?) pour l'accouplement des claviers. Pastille sur fond rose (récupération sur un Rinckenbach plus tardif ?) pour la Mixture. Commande des deux tirasses par cuillers à accrocher (récentes). Pédalier de Guerrier (1976). Plaque d'adresse ovale, en lettres gothiques noires sur fond blanc, en Français et d'un modèle original chez Rinckenbach :

Martin Rinckenbach.
Facteur d'orgues
Ammerschwihr.
Ht Alsace.

Ordre et orthographe des étiquettes à la console (rappel: le récit est en bas (I)) :

Liebl.
Gedackt
8'
Geigen
principal
8'
Salicional
8'
Fugara
4'
Voix
céleste
8'
Kopel.
 
Bourdon
16
Flute
8
Violoncello
8'

 
Montre
8'
Prestant
4'
Doublette
2'
Mixture
3-4 fach
Bourdon
8'
Gamba
8'
Floete
8'
Rausch-
quinte
2 fach
Cornet
Trompette
8'
[RLopes]
Transmission: mécanique suspendue pour le grand-orgue, à équerres pour le récit et la pédale.
Sommiers: un sommier diatonique de 51 notes, avec basses aux extrémités pour le grand-orgue (Rabiny). Pour loger la chape double de la "Rauschquinte", une autre chape (actuellement vide) semble avoir été sacrifiée. Un sommier de Rinckenbach de 54 notes pour le récit (d'une facture comparable à ceux de valentin Rinkenbach). Deux sommiers (diatoniques) pour la pédale originelle, probablement de Rabiny (chapes clouées), et un complément de pédale récent (postages en Vestaflex) sous le récit. [RLopes]
Tuyauterie:
La tuyauterie du grand-orgue.De gauche
                    (façade) à droite (accès) : les postages du Cornet, la Montre (avec ses
                    entailles de timbre), le Prestant, le Bourdon 8', l'incongrue Rauschquinte (dont
                    les tuyaux ne sont pas adaptés au faux-sommiers), un morceau de chape vide
                    (peut-être trop étroit pour être utilisé), la belle Flûte 4' (qui parait même
                    être de 8' ou octaviante dans les aigus !), la Doublette de Rabiny, la Gambe 8',
                    la Mixture (qui a l'air récente et beaucoup trop aiguë), puis la
                    Trompette.La tuyauterie du grand-orgue.
De gauche (façade) à droite (accès) : les postages du Cornet, la Montre (avec ses entailles de timbre), le Prestant, le Bourdon 8', l'incongrue Rauschquinte (dont les tuyaux ne sont pas adaptés au faux-sommiers), un morceau de chape vide (peut-être trop étroit pour être utilisé), la belle Flûte 4' (qui parait même être de 8' ou octaviante dans les aigus !), la Doublette de Rabiny, la Gambe 8', la Mixture (qui a l'air récente et beaucoup trop aiguë), puis la Trompette.

Bien que très empoussiérée, cette tuyauterie est la bonne surprise de l'instrument : elle a l'air de bien belle facture ! (sauf le Cornet). Le Bourdon 8' a des aplatissages en ogive et des dents sur les biseaux. La Trompette est de toute beauté. Le Violoncelle de pédale dispose de freins harmoniques ; il est placé sur la chape avant. Entailles de timbre, bourdons à calottes mobiles, bouches arquées à la pédale : si on fait abstraction des deux Mixtures, l'ensemble fait preuve d'une belle cohérence.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

© 1999-2015. Tous droits réservés, textes et illustrations, qui restent la propriété des auteurs. Si vous recopiez des éléments ou des photos de cette page (pour des articles, plaquettes, sites internet, etc...) merci de bien vouloir demander l'autorisation et citer vos sources (y-compris cette page!). D'abord par simple honnêteté intellectuelle, mais aussi pour pouvoir pister d'éventuelles erreurs. Les données ici présentées peuvent contenir des erreurs. N'en faire aucune utilisation pouvant porter à conséquence.
Immatriculation de l'orgue actuel : F680140001P02
Pour l'intégrer à des plaquettes ou des affichettes, et donner accès à cette page, vous pouvez imprimer l'image suivante (cliquer pour en obtenir de version grand-format) :
Code-barre pour téléphone
                                portable