Accueil
Candide
Jeux
Architecture
Esthetiques
Facteurs
Avant18
Bergantzel
Callinet
Dubois
Herbute
Moeller
Rinckenbach
Silbermann
Stiehr
Waltrin
Repertoire
Haut-Rhin
  Guebwiller
Bas-Rhin
Credits
An2000
An2001
Photo
~ Les orgues de la région de Guebwiller ~

Guebwiller, Notre Dame
Charles MUTIN, 1908


Avant... MUTIN Après...

Composition, 2002
Grand-Orgue
56 notes
Positif expressif
56 notes
Récit expressif
56 notes
Pédale
32 notes
Bourdon 16' Principal 8' Quintaton 16' Basse acoustique 32'
Montre 8' Bourdon 8' Diapason 8' Principal basse 16'
Bourdon 8' Flûte harmonique 8' Cor de nuit 8' Basse ouverte 16'
Flûte harmonique 8' Salicional 8' Flûte traversière 8' Soubasse 16'
Violoncelle 8' Flûte douce 4' Viole de gambe 8' Violon basse 8'
Prestant 4' Nasard 2'2/3 Voix céleste 8' Flûte 8'
Doublette 2' Flageolet 2' Flûte octave 4' Bourdon 8'
Cornet 5 rgs Trompette 8' Octavin 2' Violoncelle 8'
Plein-jeu 4 rgs Clarinette 8' Plein-jeu 5 rgs Flûte 4'
Bombarde 16'   Basson 16' Tuba major 16'
Trompette 8'   Trompette harmonique 8' I/P
Clairon 4'   Basson/Hautbois 8' II/P
I/I (16')   Voix humaine 8' III/P
II/I   Clairon harmonique 4'  
III/I (16', 8')   Trémolo  
    II/III  
    III/III (16', 4')  

     La tribune de l'église Notre-Dame de Guebwiller est un de ces lieux d'exception qu'il faut visiter pour comprendre. On y trouve un instrument qui fut sûrement un des plus beaux de son époque. Ce n'est pas un CAVAILLE-COLL : Aristide Cavaillé-Coll est mort en 1899, et son dernier instrument est celui de Paris, St-Ferdinand (à l'origine aux concerts Lamoureux), et date de 1898. Mais il y a tellement de Cavaillé-Coll dans ce superbe instrument, que son nom apparaît de façon tout-à-fait légitime sur la plaque de Console.


Le Buffet, datant de 1785. Photo Gilles RITZ.

     Charles Mutin est de successeur de Cavaillé-Coll, dans le sens où il reprit la prestigieuse entreprise après le décès d'Aristide Cavaillé-Coll, fin 1899. Il continua "sur la lancée" pendant quelques années, et l'instrument de Guebwiller fait encore partie de la grande époque : la tuyauterie est de très bonne facture, en matériaux nobles, et il est vrai que bon nombre des artisans ayant oeuvré à sa construction ont été formés par Aristide Cavaillé-Coll.


La Plaque de Console (14/07/2002).

     Le Chapitre de l'abbaye de Murbach était installé à Guebwiller depuis 1759.
Après la sécularisation de l'abbaye (1765), il fit construire l'église Notre-Dame de Guebwiller (avec les matériaux de l'abbaye).

L'imposant buffet de cet instrument a été construit par Gabriel Ignace RITTER et Joseph SPORER, pour l'orgue de 46 Jeux sur 4 claviers (+ Pédale) que Joseph RABINY posa à Guebwiller en 1785. Ritter, architecte et sculpteur ayant en charge le mobilier de l'église est certainement à l'origine de l'essor du style néo-classique dans le Haut-Rhin.

L'instrument était tellement réussi qu'il fut probablement à l'origine du déménagement de Rabiny de Dijon à Rouffach, en 1787. Son installation définitive en Alsace fut suivie de celle de son gendre François CALLINET.

     L'orgue Mutin a été inauguré le 28/08/1908 par Charles Marie WIDOR.

En octobre 1917, les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités allemandes. C'est encore plus dommage ici, car cette Montre datait certainement de Rabiny.
Il y eut des réparations, par la maison SCHWENKEDEL, en 1946, 1966 et 1973 (remplacement de
soufflets, remise en etat de la machine Barker, accord).

     Cet orgue d'exception qui sonnait encore de façon magnifique il y a quelques années (à condition d'économiser le Vent de façon drastique) est à présent très fatigué.
Il devrait prochainement être restauré, et il le mérite beaucoup.


La Tribune, à la fois spacieuse et intime,
baigne dans une ambiance qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

Mécanique : à Equerres, Sommiers à gravures. Machine Barker pour le Grand-orgue et le Récit, ainsi que pour les Accouplements.

Les tuyaux de façade du Buffet du Grand-orgue ne sont pas ceux de la Montre, comme il se doit, mais:

  • ceux du Principal basse 16' de la Pédale (sur la Plate-face centrale et les Tourelles extrêmes, munis de freins harmoniques)
  • ceux du violoncelle, et en partie de la Montre du GO pour le restant.

Une pédale "forte" appelle plusieurs jeux de la Pédale.
Il y a aussi une Pédale de Tonnerre, faisant sonner les 7 tuyaux les plus graves de la Pédale pour produire un effet de tonnerre.
Le Positif est postiche.

Comme souvent sur ce type d'instrument, il faut "Appeler" les claviers munis de l'assistance pneumatique (donc ici le Grand-orgue et le Récit). Voici l'ordre des Pédale à la Console:

  • Tonnerre
  • Tirasses I/P, II/P, III/P, TUTTI (=action des 3)
  • Pédale "Forte" (appel des Jeux de Principal Basse, Basse ouverte et Violon basse)
  • Appels Mutations/Anches I,II,III,Ped, TUTII (=sur les 4) (sauf Clarinette du Positif, Basson/Hautbois et Voix Humaine du Récit)
  • Accouplements II/I, III/I, III/II, III/I 16', III/I 8', III/III 8', I/I 16', III/III 16'
  • Appel du Grand-orgue
  • Appel du Récit
Deux pédales d'expression commandent les boîtes à jalousies du Récit et du Positif.

     L'instrument était, début 2006, pratiquement muet. En 2000, malgré une utilisation quelque peu délicate, il avait encore un timbre prodigieux. En 2002-2003 avait été monté un projet de restauration... financé, mais qui a été remis en question pour des raisons incompréhensibles. Conséquence immédiate : les subventions nationales ont été irrémédiablement supprimées.

Mais un Relevage (presqu'un Sauvetage) a été mené en Avril 206, par la Maison MUHLEISEN. Ce n'est pas l'intégralité des travaux de restauration qui ont menés (celle-ci est aujourd'hui que 'occasion a été ratée, bien au-delà des possibilités actuelles), mais l'action témoigne de l'engagement des décideurs et de l'intérêt que porte Guebwiller à cet orgue exceptionnel. Il est donc du meilleur augure !

Charles (Carl) KIENTZL (Autriche 1797, Guebwiller 1874)

     Le compositeur, violoniste et organiste autrichien Charles Kientzl s'est installé à Guebwiller sur le conseil de Jean-Jacques BOURCART. Kientzl participa très activement à la vie musicale, en fondant notamment l'Ecole de Musique de Guebwiller, un choeur mixte, un orchestre et une harmonie, tous très réputés. Auteur de nombreuses oeuvres musicales religieuses, il tint les prestigieuses orgues (Joseph Rabiny, 1785) de Notre-Dame.
En 1879, son orgue de salon fut vendu à Brinckheim, où on peut encore le voir.
Kientzl est l'auteur d'un Requiem, de plusieurs Messes, d'une quantité de Cantiques et d'une étude historique sur la musique en Alsace, parue en 1868.

Sources :

  • Remerciements à Cyril PALLAUD
  • Remerciements à Gilles RITZ
  • M. BARTH, "Elsass, 'Das Land der Orgeln' im 19. Jahrhundert", AEA XV (1965-66)
  • P. MEYER-SIAT, "Les Callinet, facteurs d'orgues à Rouffach, et leur oeuvre en Alsace" ISTRA, 1965
  • Saisons d'Alsace No 69, "La Musique et l'Alsace".
  • "L'orgue en Alsace" - Coll. "Images du patrimoine", édité par "La Maison d'Alsace".
  • "Anthologie des compositeurs de musique d'Alsace", René MULLER, 1970

Si vous recopiez des éléments de cette page pour des articles, plaquettes ou pages Web, citez vos sources. D'abord par simple honnêteté intellectuelle, mais aussi pour pouvoir pister d'éventuelles erreurs.
Dernière mise à jour : 08/07/2008 18:33:42

F680112005P02