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Photo
~ Les orgues de la région de Molsheim ~

Dorlisheim, Eglise protestante
Rémy MAHLER, 2006


Avant... MAHLER

Composition, 2006
Hauptwerk
56 notes
Positiv (intérieur)
56 notes
Pédale
30 notes
Principal 8' Violon 8' Subbass 16'
Floeth 8' Floethen 8' Violonbass 8' (G.O)
Gross gedackt 8' Solicional 8' Floetenbass 8' (G.O)
Viola di gamba 8' Solicet 4' Solic-bass 8' (G.O.:Travers 8')
Travers 8' (Les Basses sont Empruntées au Grand-orgue) Violon Solo 4' (G.O.:Travers 4')
Octav 4'   Posaune 16'
Travers 4'   I/P
Quint 3'    
Octav 2'    
Sechquialtera II fach    
Hoernlein III fach    
Cimbeln III fach    
Mixtur III fach    

     Ce projet d'instrument neuf, inspiré par l'esthétique de l'Orgue alsacien du 17 ème siècle a enfin pu voir le jour. La rareté des constructions d'orgues neufs et l'originalité du projet ont fait de son inauguration un événement marquant.

Orgue de l'église protestante de Dorlisheim

Dorlisheim, le 14/05/2006.
Toutes les photos de la page sont de Roland LOPES.

     L'ancien orgue était l'Opus 856 d'Eberhard Friedrich WALCKER, un orgue romantique allemand construit avec les techniques qui ont fait le succès de la Maison : Sommiers à Cônes, Console indépendante dirigée vers la nef. Un instrument directement comparable (dans l'esprit) aux petits CAVAILLE-COLL, mais tellement différent dans l'esthétique. Et déjà une transmission pneumatique.

     L'orgue a été livré en 1899. Il avait à l'origine été construit pour la Suisse, et venait, à Dorlisheim, remplacer un orgue Nicolas TOUSSAINT de 1789 (1 Manuel de 9 Jeux et Pédale de 3).

Voici la Composition d'origine :

Composition, 1899
Grand-orgue
54 notes
Récit
54 notes
Pédale
27 notes
Bourdon 16' Geigenprincipal 8' Violoncelle 16'
Principal 8' Lieblich gedeckt 8' Soubasse 16'
Flûte 8' Salicional 8' Violoncelle 8'
Salicional 8' Voix céleste 8' I/P
Gambe 8' Aéoline 8' II/P
Octave 4' Flauto dolce 4'  
Mixture 4 rgs (2'2/3)    
II/I    
L'orgue était pneumatique (Sommiers à Cônes) avec une Console indépendante.

En 1938, à l'occasion du remplacement des tuyaux de façade réquisitionnés en 1917, Georges SCHWENKEDEL procéda malheureusement à un changement de Composition affectant 3 Jeux (recoupages pour donner les Jeux aigus : Quinte Doublette et Flageolet).

Composition, 1986
Grand-orgue
54 notes
Récit
54 notes
Pédale
27 notes
Bourdon 16' Geigenprincipal 8' Violoncelle 16'
Principal 8' Lieblich gedeckt 8' Soubasse 16'
Flûte 8' Aéoline 8' Violoncelle 8'
Salicional 8' Flauto dolce 4' I/P
Octave 4' Flageolet 2' II/P
Quinte 2'2/3    
Doublette 2'    
Mixture 4 rgs (2'2/3)    
II/I    
Transmission : pneumatique, Sommiers à Cônes.
Il y avait deux Combinaisons fixes (Piano, Forte).

     Le 26/06/1998, le conseil municipal a pris la décision de remplacer l'ancien orgue par un instrument neuf, disposé "à la Lorraine", c'est-à-dire à fleur de tribune avec une Console latérale. La Composition prévue par le projet était dès le début particulièrement originale, et marquée par une esthétique très particulière, puisqu'il s'agissait de recréer un orgue "pré-classique" alsacien, correspondant au 17 ème siècle.

     Evidemment, "pré-classique" ne veut rien dire. Au cours de la période allant de la Renaissance à l'arrivée d'André SILBERMANN (1699), l'Alsace connut une période très féconde, dont il ne reste... à peu près rien. Le 18 ème siècle vit la genèse d'instruments prodigieux, mais il est clair qu'à l'époque, on avait pas beaucoup d'égards pour les "vieilles choses". Les Silbermann, lorsqu'ils posaient un instrument neuf, faisaient d'abord place nette.
Les Facteurs se nommaient Dietrich WAGNER, Matthias TRETZSCHER, Hans Jacob et Christoph AEBI, Hans Jacob BALDNER. Il reste de ce dernier quelques souvenirs à Bouxwiller, mais ressusciter une telle période n'est assurément pas une chose facile.

Commencement d'un motet de Gregor AICHINGER, 1622

Commencement d'un motet de Gregor AICHINGER, 1622

C'est surtout par la littérature musicale que l'on connaît la fécondité du 17 ème siècle alsacien, même si l'époque a été terriblement marquée par la Guerre de Trente ans. (Cf. Jean-Luc GESTER, "La musique religieuse en Alsace au XVIIe siècle").
Heureusement, les tendances esthétiques de la période sont connues, et c'est donc le résultat de ce voyage dans le temps que l'on pourra entendre à Dorlisheim.

Début Août 2001, suite à l'approbation de la "Commission des orgues non classés" (laquelle a été supprimée en 2005 : peut-être qu'en pratiquant des délais plus raisonnables elle eut été jugée plus utile ?), le plan de financement a été approuvé. Mais les crédits ont longtemps été gelés.

Les travaux ont été confiés à la Maison Rémy MAHLER (qui reprit l'orgue Walcker, et en intégra certains éléments dans l'orgue neuf), et l'instrument put enfin voir le jour en 2006.

     L'inauguration a eu lieu en 2 temps :

  • Dimanche 14/05/2006 à 16h00 : fête inaugurale officielle, avec la participation d'Isabelle Hermanns-Plaisant (orgue), Lionel Haas (orgue et direction), Thierry Spiesser (saqueboute), la chorale Moderato Cantabile et Claude Mourlam (récitant).
  • Samedi 27/05/2006 à 20h30 : concert inaugural (récital à 2 orgues), avec Benjamin Alard au nouvel orgue ”Rémy Mahler” en tribune, et Christoph Keggenhoff (Allemagne) à l'orgue ”Schweickart”, datant de 1784, restauré par Rémy Mahler (première audition publique) et mis en place à l'église pour l'occasion. Oeuvres des XVIIème et XVIIIème siècles.

Console de Dorlisheim

Voici un détail de la Console. C'est... peu commun.
On n'ose bien sûr pas dire "baroque", mais on est bien loin de Laukhuff...
A raison : un orgue est un tout, et que l'attention portée aux détails est toujours fondamentale.
Les Tirants sont d'un format et d'une graphie vraiment originaux.

     La Composition est logiquement complétée par un Tremblant doux. Certains Jeux sont en Emprunt, pour pouvoir être joués sur les autres plans sonores.

     Deux soufflets Cunéiformes, superposés derrière l’orgue, en hauteur, assurent la production en vent. Ils sont levés mécaniquement, et il n'y a pas de ventilateur électrique.
Toutes les flûtes sont en bois, ce qui représente environ la moitié de l’orgue.
L’orgue ne possède pas d’Anche manuelle. La Posaune 16', en bois, Anches à larmes n'était pas posée à l'origine.
Tuyaux en métal à fort taux de plomb, martelés, non raclés. Boursettes en plomb.
La Console est latérale (côté gauche), avec Mécanique à Equerres
Les Claviers sont axés en queue, naturelles plaquées d’ébène, feintes plaquées d’os.
Evidemment, une Pédale de 30 notes ne devait pas être courante au 17 ème siècle... mais paraît aujourd'hui indispensable sur un orgue neuf.

Webographie :

Sources :
  • Remerciements à Lionel HAAS
  • Remerciements à Roland LOPES
  • M. BARTH, "Elsass, 'Das Land der Orgeln' im 19. Jahrhundert", AEA XV (1965-66)
Activités culturelles :
  • Inauguration : cf texte.
  • 13/05/2001 : Frédéric SCHIEL, André SCHMUTZ (trompette), Régine ANSTOZT, Stéphane RIEFEL (trombone), Lionel HAAS (cor), Laure CHAUVIN (euphonium) et Isabelle PLAISANT-HERMANNS à l'orgue.

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Dernière mise à jour : 18/08/2010 13:12:59

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