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Les CALLINET

     Entre la fin de la période dite "Classique" (i.e la Révolution), et le début de l'âge Romantique (on considère souvent que son commencement est marqué par la construction du CAVAILLE-COLL de St-Denis) s'étend une période extrêmement féconde pour la facture d'orgues française. Une époque de progrès, de compromis et de synthèses, féconde en innovations, mais respectueuse des enseignements du passé.
On y adopta un style, une esthétique - visuelle et sonore - qui sont à présent qualifiés "de transition", ou "post-classique" ou "pré-romantique".

Une famille de facteurs marqua indéniablement cette époque, en rédigeant des devis originaux, concrétisés par des orgues d'exception. L'ensemble (devis, ornementation, compositions...) fut allègrement copié par leurs concurrents, ce qui contribua à forger ce style particulier. Il s'agit des CALLINET, qui étaient établis à Rouffach, dans le Haut-Rhin.

     Le nom de Callinet a longtemps été célèbre du seul fait de Louis (1786-1846). S'il fut connu, c'est parce qu'il était Parisien. De fait, les docteurs de l'Organologie française ont longtemps oublié - voir méprisé à dessein - ce qui s'est passé en Alsace, cette province éloignée dont on ne sait pas tout à fait, si elle est vraiment bien française.

L'injustice fut réparée par la thèse de Pie MEYER-SIAT, qui a été publiée en 1965 aux éditions ISTRA, sous le titre "Les Callinet, Facteurs d'orgues à Rouffach, et leur oeuvre en Alsace". Elle présente les résultats d'une étude minutieuse, et - pour l'époque - absolument novatrice dans l'esprit et la méthode.

Il était longtemps difficile de trouver quoi que ce soit - à quelques exceptions notables près - sur les Callinet d'Alsace qui ne fut pas directement issu de cet ouvrage. Mais depuis, l'analyse de la tuyauterie de certains instruments a fait faire des progrès à la connaissance de l'oeuvre extraordinaire de ces facteurs. De plus, un ouvrage fondamental sur le sujet est aujourd'hui celui de Roland GALTIER "La facture d'orgues en France de 1800 à 1870".

     En Alsace, il reste plus de 60 orgues que l'on peut objectivement attribuer aux Callinet (dont quelques uns pratiquement entièrement authentiques), ce à quoi il faut ajouter une bonne dizaine de Buffets.
François, Joseph, Claude-Ignace et Louis-François construisirent plus de 150 instruments, jusqu'à Moulins, Beaume-les-Dames, St-Etienne, Le Puy et même Marseille ou Soliès-Pont.

Période d'activité

     Si l'on prend en compte les travaux de Maison Callinet entre l'installation de Joseph RABINY à Rouffach (1787) et la fin des activités de Louis François (vers 1884), on couvre donc pratiquement un siècle, qui fut marqué par plusieurs périodes bien distinctes.

Les Callinet, chacun à sa façon, ont été à la fois des héritiers et des pionniers. C'est leur trait caractéristique : ils ont dû, pour tout, choisir entre la tradition et le progrès. Ils l'ont fait avec un génie certain, même si l'époque était économiquement bénie pour la facture d'orgues.

On décomposera ici ce siècle d'activité en quatre périodes :

Les origines : Karl Joseph RIEPP (24/02/1710 - 05/05/1775)
et Joseph RABINY (08/03/1732 - 16/05/1813)

     Il est dit que les Callinet ont hérité de la tradition Karl Joseph RIEPP, à travers Joseph Rabiny. Cela doit vouloir dire que leur formation a été marquée par les traits techniques dominants de l'orgue classique "nordique" et "classique français" qui en est, finalement, une évolution : des Anches "franches" et sonores, des Cornets, des Positifs de dos, des étagements de Principaux bien "charnus".

De Souabe, qu'il quitta après la mort de son père, Riepp garda un héritage authentiquement baroque. Il passa par Strasbourg, où il travailla avec Georg Friedrich MERCKEL, puis s'installa à Dijon.

On structure parfois - et paradoxalement - l'oeuvre de Riepp en deux périodes : Française et Germanique, la période charnière s'étalant entre 1757 et 1769.

     L'orgue de Riepp le plus célèbre reste, avec Salem, celui de Saint-Esprit d'Ottobeuren. En France, il a travaillé à Notre-Dame de Beaune (1753-1775) ou Salins-les-Bains, St-Anatoile (1738, il reste le Buffet), mais il reste surtout de lui ses orgues des Cathédrales St-Bénigne de Dijon (1740-1745, restauré en 1996 par Gerhard SCHMID) et St-Jean de Besançon (1764, restauré par KERN en 1982). A la Collégiale de Dôle (1750-1754), on trouve l'une de ses oeuvres les plus intéressantes. (Cf liens en bas de page.)

     Il faut ensuite s'intéresser à cet incontournable "figure" de la facture d'orgues qu'est Joseph Rabiny.
Il fut sûrement un artisan qui est encore, au moins dans l'esprit, à ranger dans les "itinérants" de la facture d'orgues. Il a laissé l'image d'un personnage haut en couleurs, beaucoup plus proche de l'aventurier que du chef d'entreprise. Il avait un frère nommé Grégoire (1740-1821), établi à Langres puis Toulouse, et qu'il ne faut pas confondre avec son fils du même nom.

Après avoir travaillé un peu partout, de Tarbes à Ottobeuren, de Sens à Perpignan, ce neveu de Riepp rejoignit son oncle en 1775 à Dijon, et prit sa succession à sa mort, en 1775. En 1777, il obtint le Marché pour l'orgue de Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand, mais aussi celui de Schuttern (Bade, D).


Guebwiller, Notre-Dame, Buffet Rabiny de 1785.
Photo Gilles RITZ.

     Tout sa vie, Rabiny continua de voyager. Peu après la réalisation de son grand orgue de Guebwiller, Notre-Dame (1785), il sentit l'essor qu'allait prendre la facture d'orgues en Alsace ("Dô esch ebs loos" ? - i.e. "Là-bas, ça bouge"), il vint s'installer à Rouffach en 1787, laissant ses ateliers de Dijon à son contremaître, François Callinet. On peut raisonnablement en conclure (cela se vérifie ailleurs) que le propre fils de Joseph, Grégoire Rabiny (Gray, 08/05/1766- Metz, 17/03/1837), était bien moins doué (et motivé).

On retrouve Grégoire militaire à Colmar et Epinal, puis épicier. Il retourna à la facture d'orgues pour assister François Callinet dans les toutes premières années de 19ème siècle. Il s'établit ensuite comme facteur d'orgues à Epinal jusqu'en 1812 et à Colmar, où il s'associa avec Jean WIDOR (c'est le grand-père de l'organiste et compositeur Charles-Marie Widor). En 1818, ils allèrent s'établir à Metz (en raison de l'obtention du Marché de St-Vincent). Mais Widor quitta Rabiny pour retourner chez Callinet. Grégoire fit encore quelques travaux dans la région de Metz (essentiellement des réparations).

En 1821, pour Metz, St-Martin, il rédigea un devis tenant du parfait charabia. Il s'agissait de réparer l'orgue R.B. NOLLET de 1773 qui comportait au Positif un très Rhénan Jeu de Carillon, joliment appelé Tintinnabulum. Grégoire Rabiny "maître facteur d'orgues résidant actuellement à Metz" propose, pour 15 Francs, de réparer et nettoyer le Tintin Nabalam. On peut donc le considérer, au premier quart du 19 ème siècle, comme le père fondateur de l'Ecole belge de Bande Dessinée.

     Bien vite, l'établissement à Rouffach connut le succès. François Callinet, qui avait travaillé pendant 10 ans à Paris, épousa en 1794 Marguerite, la fille aînée de Joseph Rabiny, puis ferma les ateliers de Dijon pour rejoindre Rouffach en 1798.

     De Rabiny, on ira voir le Buffet de Guebwiller, Notre-Dame, mais aussi les orgues de Hirtzfelden (dont le Buffet ressemble vraiment à un J.F. VERSCHNEIDER père) et surtout Niederentzen, le plus authentique, et pour lequel on souhaite ardemment une restauration réussie. De son orgue de Zimmersheim, 1787, il ne reste pratiquement rien : il ne fait pas que ressembler à un Verschneider, c'en est un, puisqu'il a été reconstruit par Jean-Frédéric en 1880. Mais l'énigme reste entière. Ce style de Buffet pourrait venir d'Allemagne, et il est possible que Verschneider s'en soit inspiré, soit directement, soit justement via Rabiny.

Le prénom de l'épouse de François explique - au moins en partie - le succès des marguerites dans les frises ornementales des premiers Buffets Callinet. Elles sont souvent situées au-dessus des Plates-faces. Elle ont été plus tard remplacées par des roses.

François CALLINET (Ladoix, 01/10/1754 - Rouffach, 21/05/1820),
et ses fils avant leur association.
(1798-1836)

     A Rouffach, malgré la Révolution, les affaires ne manquaient pas. Mais c'était différent à Dijon, où il n'y avait plus lieu de garder des ateliers. François Callinet rejoignit donc son beau-père à Rouffach. Si l'essentiel de la charge de travail consistait en des entretiens, des déménagements et des réparations, François et Joseph signèrent un orgue neuf à Willer-sur-Thur en 1806.

Joseph Rabiny ne prit pas vraiment de retraite. Il est probable qu'il continua à travailler avec François Callinet, au moins jusqu'en 1810.

Entre 1800 et 1806, Louis Callinet, neveu de François, vint prêter main forte à Rouffach.

     François Callinet s'intitule lui-même "Facteur d'orgues de Paris". De fait, il y a travaillé 10 ans, et il est évident que toute sa formation n'est pas due à Rabiny, loin s'en faut.
François revendique donc explicitement, et d'abord, le style "classique français", caractérisé par :

Qu'hérita-t-il donc de Riepp via Rabiny ? Essentiellement :

  • Des idées en matière de Buffets. Des Plates faces à la partie supérieure recourbée vers le haut. Des ornementations spécifiques. Et surtout l'idée d'une disposition à 4 Tourelles pour le Grand-orgue, avec les deux grandes sur les côtés.
  • Un caractéristique Dessus de Flûte "traversière" de 8 pieds, en métal, sonore, jouant un rôle de Montre 8' (ceci rejoint donc l'héritage parisien de François). Ce Dessus est complété par une Basse de Bourdon de 4 pieds. Riepp estimait beaucoup ce Jeu, et François aussi. Son fils Joseph ira jusqu'à construire des 3-claviers avec cette Flûte traverse 4'8' à chaque clavier (Brunstatt, St-Georges).


Obermorschwihr, le 07/08/2000.
Le Buffet est caractéristique des orgues Callinet de l'époque,
à la fois par son architecture et son ornementation.


     Un point reste marquant dans la recherche sonore : c'est cette obsession de vouloir rééquilibrer l'orgue entre ses Basses et ses Dessus. Puisqu'il aime les Anches à la Françaises, François Callinet se trouve avec des compositions très sonores dans les Basses. On ajoute pour compenser de façon classique un dessus de Cornet. François privilégiera des Trompettes "coupées" (en Basse+Dessus), mais aussi d'autres Jeux plus sonores dans les Dessus.

     François et Joseph travaillèrent à Hunawihr en 1803, puis en 1804 sur le SILBERMANN (de Marbach) à St-Hippolyte. La même année, ils placèrent à la Cathédrale de Saint-Dié l'orgue de Moyenmoutier (auteur inconnu, 1777). En 1806, François fut chargé d'un déménagement d'importance : placer à Lons-le-Saunier (Jura) l'ancien orgue de l'Abbaye de Gigny (Jura).
Au grand dam des habitants, il avait été réquisitionné par le préfet lors du rétablissement du culte catholique dans la Ville Préfecture.
Agrandi par les Frères Callinet peu de temps avant qu'ils n'installent l'orgue actuel (dans lequel ils ont réemployé les Jeux "placés par nous dans l'orgue précédent"), il a ensuite été transféré à Sirod (Jura). Il n'en subsiste qu'un sommier, sans chapes ni registres, des tuyaux de bois et des débris du buffet.

Il travailla peut-être à Ungersheim vers 1811, et à la même époque, François répara l'orgue J.B. WALTRIN d'Eguisheim, là où ses fils construiront 27 ans plus tard la merveille qu'on peut entendre aujourd'hui. Il alla aussi faire des réparations sur l'orgue de son beau-père à Vesoul, St-Georges, en 1810. En 1812, il fit de même à Dijon, Ste-Bénigne (mais il est probable qu'il n'y posa qu'un Accouplement P/P 4').

En 1812, à l'occasion de la reconstruction de François de l'orgue de Valence (Drôme), il posa le premier pédalier à l'allemande de la France non-alsacienne (avec un argument fort curieux : [ce pédalier] "qui est la manière pour empêcher la tenue des touches causé par les ordures qui y tombent des pieds"). Il travailla aussi à Pontarlier (Doubs) pratiquement en même temps. Là aussi, ses fils reviendront travailler aux deux endroits.

A la fin de la vie de François, le projet de reconstruction de l'orgue de Besançon (4 claviers sur une nouvelle tribune) ne se concrétisa pas. Joseph, on le verra par la suite, fut indemnisé pour cette affaire.

     Voici quelques uns des travaux marquants de François Callinet, avec leur destin :
Auxonne Côte d'Or Notre-Dame François CALLINET 1789 Actuel. Restauré par Laurent PLET.
Mâcon Saône-et-Loire Cathédrale St-Vincent François CALLINET 1792 Hypothèse. Sinon, Frères, 1841.
Willer-sur-Thur 680372 St-Dizier Joseph RABINY et François CALLINET 1806 Remplacé par Merklin, 1866.
Lons-le-Saunier Jura (déménagement) Fraçois CALLINET 1806 Déménagement à Lons de l'ancien orgue de Grigny.
Mackenheim 670277 St-Etienne François CALLINET 1808 Déménagé à Richtolsheim, Partie Instrumentale remplacée par Kriess en 1926.
Sélestat 670462 Ste-Foy Joseph RABINY et François CALLINET 1808 Remplacé par Callinet, Frères, 1843.
Vesoul Haute-Sâone St-Georges François CALLINET 1810 Travaux.
Valence Drôme Cathédrale François CALLINET 1812 "Reconsruction. Premier pédalier à l'allemande en ""France"". Remplacé par Mutin."
Pfaffenheim 680255 N.D. du Schauenberg François CALLINET 1815 Vendu par KOENIG à René KIENTZI (Obermorschwihr), 1966.
Ruelisheim 680289 St-Nicolas François CALLINET 1818 Repris et remplacé en 1867 par C.I.Callinet.
Obermorschwihr 680244 Sts-Philippe et Jacques François CALLINET avant 1820 Actuel
Munwiller 680228 St-Arbogast François CALLINET avant 1820 Actuel
Rumersheim-le-Haut 680291 St-Gilles François CALLINET? avant 1820 Hypothèse
Autun Saône-et-Loire Cathédrale St-Lazare François CALLINET 1820 Remplacé par Merklin, 1876 (restent certains éléments intégrés et déposés).

     De François Callinet, on ira voir les orgues d'Obermorschwihr et de Munviller. Ils datent tous deux de la dernière période d'activité de François.

En tous cas, c'est le Buffet Obermorchwihr qui est le plus significatif du style Callinet. On y retrouve les traits qui seront déclinés de différentes façons jusqu'en 1843. Après, Joseph, l'aîné de François, restera fidèle à ce style, et Claude-Ignace, le cadet, n'aura de cesse d'innover.

On peut voir le Buffet de son orgue, encore pus ancien (1808) de Mackenheim, à Richtolsheim, et il existe un François Callinet (celui construit pour Notre Dame du Schauenberg en 1815) qui est privé.

     Le 21 Mai 1820, à la mort de François Callinet, ses deux fils avaient été proprement formés, et Joseph, l'aîné, bien que n'ayant que 24 ans, était tout à fait en mesure d'assumer la responsabilité de l'entreprise (aussi bien techniquement que fonctionnellement).

Louis, peu enclin à travailler sous les ordres de son cousin Joseph, se rendit à Paris, où il gagna une notoriété certaine. Après un premier travail, probablement à St-Pierre de Chaillot, il s'associa avec Jean-Antoine SOMER en 1821 (Oratoire du Louvre : 1825) et jusqu'à la mort de celui-ci (1830).
A l'évidence doué mais assez instable psychologiquement, son histoire est fertile en rebondissements, coups de tête, brouilles et mini-scandales. Il connut les affres de hybridation de la Facture d'Orgues avec le Capitalisme. Associé à Félix DANJOU et DAUBLAINE en 1838, il fut écarté en 1843. La Maison fondée en 1838 a une belle histoire : elle devint devint "Ducroquet & Cie" en 1845, puis en 1855 "Merklin, Schütze & Cie".


Bouxwiller (HR), le 08/05/2003.
Joseph Callinet, 1823.

     Joseph était visiblement un personnage d'exception. Par son sens moral, sa rigueur et son sens des valeurs très "Vieille France". Meyer-Siat en fit un parangon de vertu et de droiture. Ce qui est sûr, c'est qu'il aimait les orgues, et préférait "y mettre de sa poche" plutôt que de construire quoi que ce soit "au rabais".
Garant de la fidélité aux traditions, il donne l'image d'un homme engagé, persévérant, qui a su forger un style, puis s'y tenir pour le parachever et le faire parvenir à la perfection.

En 1823, le Préfet du Doubs voulut annuler un traité passé en 1819 avec François Callinet pour la "reconfection" de l'orgue de la Cathédrale de Besançon.
Le seul souci, c'est qu'aucun fonctionnaire local n'osa aller l'annoncer à Callinet, preuve de sa force de caractère peu commune.
Ce fut au point que les Frères Callinet firent quand-même à Besançon des travaux plutôt conséquents (pour 7000 Frs de l'époque).

     En fait, ce qui le distingue, c'est une approche qu'on qualifierait aujourd'hui d' "orientée client". Plus exactement vers sa satisfaction. Il ne demandait pas d'acompte, offrait des garanties longues, et s'engageait à ce que ses instruments soient aptes à remplir l'usage qu'on allait en faire. Une obligation de résultat, donc. En fait, il vendait un Service plutôt qu'un orgue. Il avait une horreur absolue des "appels d'offres" (probablement parce qu'il voyait en eux une obligation de moyens !), leur préférant les marchés de gré à gré.

     Joseph (comme peut-être déjà François) organisa son entreprise en ateliers, en spécialisant certains ouvriers. Tous ses employés n'étaient donc pas facteurs d'orgues, loin s'en faut. Il a travaillé à la cathédrale de Moulins en 1821. De ses deux orgues neufs posés en Lorraine dans les années 20, il ne reste malheureusement pas grand-chose. Une étape marquante fut la construction de l'orgue de Bouxwiller (Ferrette), archétype de l'orgue "de campagne", de taille limitée, mais soigné (le même Buffet se trouve à Aurillac).

Son premier 3-claviers fut construit à Brunstatt (1826), mais cet orgue disparut malheureusement pendant la première guerre mondiale. De nombreux instrument suivirent, qui menèrent Joseph jusqu'à l'étape déterminante de Mollau (1833). C'est plus qu'un orgue, mais une véritable profession de foi, arrêtant la définition de son style, et parvenant visiblement au résultat même qu'il voulait atteindre.

     Claude-Ignace, très différent de son frère, est par certains côtés plus attachant, en raison de ses défauts. Plus instable, plus innovant, beaucoup moins patient que son frère, il ne pouvait pas s'entendre longuement avec lui. Et leurs relations furent de fait parfois assez orageuses.

Mais, à l'évidence, Claude-Ignace était extrêmement doué, et doté d'un instinct particulier qui lui fit sentir la révolution "romantique" qui allait secouer la facture d'orgues. Il avait 17 ans à la mort de son père, et c'est donc bien à Joseph qu'il doit l'accomplissement de sa formation technique.

Dès 1827, Claude-Ignace quitta son aîné ("sur un coup de tête" ?) et alla travailler à Paris, chez son cousin Louis. Il revint à Rouffach avant 1833. En 1830, la Maison Callinet de Rouffach est la plus grande entreprise de facture d'orgues de France.

Voici à coup sûr la raison pour laquelle les spécialistes parisiens de la fin du 20 ème siècle ont qualifié la première moitié du 19 ème siècle de "période décadente".

A partir de 1833, année de son mariage avec Anne-Marie MOSSER, on trouve des orgues signés par Claude-Ignace (Aubure).

     L'année 1834 fut aussi un jalon marquant dans la vie des frères Callinet : c'est celle de la mort de leur mère Marguerite Rabiny, et celle de la naissance de Louis-François, fils et futur successeur de Claude-Ignace. C'était peut-être le facteur de stabilité qui manquait au frère cadet.

Quoi de plus naturel que les deux frères s'associent - au moins temporairement ?

     Voici les orgues neufs qui ont marqué la période 1822-1836 :
La Bresse Vosges St-Laurent Joseph CALLINET 1822 Transformé par Roethinger, 1853.
Ban de Laveline Vosges Assomption de la B.V.M. Joseph CALLINET 1822 Remplacé par un Merklin, 1906.
Ballersdorf 680017 St-Jean Joseph CALLINET 1823 Déménagé à Neubois, 1879.
Bouxwiller-HR 680049 St-Jacques Majeur Joseph CALLINET 1823 (4/4/1823) Actuel
Aurillac Cantal N.D. aux Neiges Joseph CALLINET 1823 Réparé en 1963. Buffet identique à celui de Bouxwiller. A l'origine : 12+4 Jeux.
Village-Neuf 680349 St-Nicolas Joseph CALLINET 1824 (10/10/1824) Remplacé par Berger, 1902.
Hirsingue 680138 St-Jean-Baptiste Joseph CALLINET 1825 P.I. inondée, remplacée par J.Rinckenbach, 1922, reconstruit par Guerrier, 1983.
Brunstatt 680056 St-Georges Joseph CALLINET 1826 (2/4/1826) "Incendié le 27/12/1916
Obersaasheim 680246 St-Gall Joseph CALLINET 1826 Actuel
Fellering 680089 St-Antoine Joseph CALLINET 1827 (16/4/1827) Remplacé par Roethinger, 1942.
Illfurth 680152 St-Martin Joseph CALLINET 1828 (15/5/1828) Remplacé par Schwenkedel, 1929, puis Guerrier.
Hartmannswiller 680122 St-Blaise Joseph CALLINET 1828 Endommagé en 1914-1918. Remplacé en 1929.
Guebwiller 680112 Eglise protestante Joseph CALLINET 1828 PI remplacée par Koulen, 1884, restauré A.Kern, 1976.
Le-Puy-en-Velay Haute-Loire Cathédrale N.D. Joseph CALLINET 1828 C'était une réparation. Devis 1823.
Bergholtz-Zell 680030 St-Benoît CALLINET 1830 Actuel
Hagenbach 680119 Sts-Pierre-et-Paul Joseph CALLINET 1830 (26/8/1830) Actuel
Elsenheim 670121 St-Jacques-Majeur Joseph CALLINET 1831 Remplacé par Schwenkedel, 1934.
Reiningue 680267   Joseph CALLINET 1831 Détruit le 10/08/1914.
Oderen 680247 St-Nicolas Joseph CALLINET 1832 Actuel
Soultzbach-les-Bains 680316 St-Jean Baptiste Joseph CALLINET 1832 Actuel
Kertzfeld 670233 Sts-Pierre-et-Paul Joseph CALLINET 1832 Déménagé à Wildenstein, 1838.
Aubure 680014 St-Jacques-Majeur Claude-Ignace CALLINET 1833 (30/5/1833) Bombardé en 11/1944.
Mollau 680213 St-Jean Baptiste Joseph CALLINET 1833 (2/9/1833) Actuel
Morschwiller-le-Bas 680218 St-Ulrich Joseph CALLINET 1833 Détruit en 1917.
Ste Croix-aux-Mines 680294 St-Nicolas Joseph CALLINET 1834 (10/8/1834) Actuel
Mulhouse 680224 Ste-Marie Joseph CALLINET 1834 P.I. remplacée par Rinckenbach, 1912.
St-Chamond Loire St-Pierre Claude-Ignace CALLINET 1834 Actuel, Buffet type Mollau. MH(PI 1970, Buf 1985).
Riom Puy-de-Dôme St-Amable Joseph CALLINET 1834 Buffet de type Mollau. Fondamentalement transformé en 1896 par Anneessens. Injouable en 2003.
Hattstatt 680123 Ste-Colombe Claude-Ignace CALLINET 1834 (7/10/1834) Actuel
Bourg-en-Bresse Ain Notre-Dame Claude-Ignace CALLINET 1835 (15/4/1835) Marché obtenu via Augustin ZEIGER.
Merxheim 680203 Sts-Pierre-et-Paul Joseph CALLINET 1835 (10/8/1835) Actuel
Issenheim 680156 St-André Joseph CALLINET 1835 Actuel
Villefranche-sur-Saône Rhône N.D. des Marais Joseph CALLINET 1835 Actuel. Il a été inauguré par François Widor.
Bizot Doubs ? Joseph CALLINET 1835 ?
Sermersheim 670464 St-Jean Baptiste Joseph CALLINET 1836 (15/9/1836) Actuel
Thannenkirch 680335 Ste-Catherine Claude-Ignace CALLINET 1836 PI remplacée par J.Rinckenbach, 1913.
Galfingue 680101 St-Gangolphe Claude-Ignace CALLINET 1836 PI remplacée par Roethinger, 1927.
Heidwiller 680127 Sts-Pierre-et-Paul Claude-Ignace CALLINET 1836 PI pillée en 1917, remplacée par J.Rinckenbach, 1920.
Hochstatt 680141 Sts-Pierre et Paul Claude-Ignace CALLINET 1836 Actuel

L'orgue de La Bresse inspira beaucoup... les concurrents locaux de Joseph Callinet. On trouve dans les Vosges (par exemple à Bussang, où Callinet fut honteusement plagié suite à un "appel d'offres" douteux) bon nombre de Buffets reprenant l'architecture à 3 Tourelles et Plates-face en ailes avec courbure rompue.

Voici des Compositions de Callinets (hors Alsace) correspondant à cette époque :

Ban-de-Laveline, Joseph Callinet, 1822 :

Bizot, Joseph Callinet, 1835 :

  • Manuel (54 notes) : Bourdon 16' (D), Montre 8', Bourdon 8', Salicional 8', Prestant 4', Flûte 4', Nasard 2'2/3, Doublette 2', Cornet 5 rgs, Fourniture 3 rgs, Sifflet 1', Trompette 8', Basson/Hautbois 8' (B+D).
  • Pédale (18 notes) : Bourdon 16', Flûte 8', Flûte 4', Trompette 8', Clairon 4'.

Il faut aussi citer, en plus, des travaux cités le 02/06/1831 lors de la délibération du conseil municipal d'Elsenheim :

  • la Cathédrale de Moulins (?),
  • Dijon, St-Michel,
  • Annonay,
  • Lyon (?) (c'est probablement sa réparation à l'Hôpital de la Charité, sur l'ancien orgue Riepp des Bernardines de Dôle. L'instrument se trouve actuellement à Thisy (Rhône). Le grand 4-claviers Callinet ne fut construit à St-François de Sales qu'en 1838.),
  • Colmar (2 instruments (?); l'un doit être l'augmentation à 4 claviers du SILBERMANN de St-Martin en 1828 - l'autre est peut-être celui de Bâle),
  • Thann,
  • Soultz,
  • Bâle (c'est sûrement l'orgue qui revint en 1833, et fut placé par Joseph à l'Ecole Normale de Colmar)
  • et Besançon (2 orgues (?) - celui de la Madeleine n'avait pas été construit).

     Le marché de Lyon, hôpital de la Charité, fut obtenu par Claude-Ignace via Augustin ZEIGER. Il joua probablement le rôle de mandataire pour l'orgue de Bourg-en-Bresse (1835).

Zeiger, né en 1805 à Hartmannswiller, était instituteur et organiste. Ami d'enfance de Claude-Ignace, il lui procura des relations dans le Jura et le Rhône. Zeiger n'était pas facteur d'orgues, mais fonda son entreprise, suite à son association avec Michel CÔTE (ancien compagnon de... François Callinet). Zeiger était excellent organiste et bon commercial. Les orgues Zeiger ont été produits à partir de 1837, et cette Maison connut un grand succès lorsque son chef d'atelier fut Jean-Mechior VOEGELI.

Le passage de Joseph au Puy est important. Il entra en relation avec Mgr de BONALD, alors évêque au Puy, qui devint Cardinal de Lyon en 1841... à une époque où, en matière d'orgues, tout restait à faire ! De beaux marchés en perspective...

Autre curiosité, à ranger parmi les orgues "baladeurs", celui de Lure (Joseph Callinet, 1846). Il avait 13 Jeux, et était conçu pour un pensionnat. Il commença par retouner où il avait été construit : François Antoine BERGER le déménagea à Rouffach, pensionnat St-Joseph en 1897. En 1979, Laurent STEINMETZ le démonta et l'entreposa à la Maison St-Michel d'Issenheim (on y trouvera sa Composition).
Il partit en 1988 pour Merlebach, où il fut remonté par Willy MEURER et une équipe de volontaires dans la chapelle de la Mission Slovène.

Enfin, pour les amateurs de mystères, signalons le Buffet Joseph Callinet (vers 1830) de Pouilly (Moselle). Il contient un orgue DALSTEIN-HAERPFER, que la Maison de Boulay avait placé dans un Buffet d'occasion qui était, selon la tradition orale, revenu d'Algérie. On ne sait pas à quel instrument neuf de Callinet correspond ce joli Buffet.

Callinet, Frères

Joseph CALLINET (Dijon, 15/11/1795 - Rouffach, 13/07/1857)
Claude-Ignace CALLINET (Rouffach, 12/06/1803 - Rouffach, 24/07/1874)
(1837-1843)

     Cette période fut l'apogée de la Maison Callinet. Quarante ouvriers spécialisés s'affairaient à construire des orgues. Un instrument neuf sortait de l'atelier environ toutes les six semaines. Et pourtant, Joseph marquait un point d'honneur (et il en avait) à finaliser lui-même chaque instrument, pour être capable d'assumer la garantie qu'il proposait.

     De cette époque date la rédaction des fameux Devis imprimés. Il ne s'agissait pas, loin s'en faut, de rationaliser la production : chaque Callinet est unique. Mais, une fois le "style" acquis et consolidé, les techniques éprouvées et le savoir-faire répandu dans l'entreprise, Joseph souhaitait réduire le temps nécessaire à "l'avant-vente" (il était organier, pas commercial ; de toutes façons, si l'orgue prévu par le devis ne lui donnait pas totale satisfaction, Joseph le modifiait ou le complétait à ses frais).
Les Devis imprimés (un par taille d'instrument) pouvaient être ajustés au gré des spécificités de chaque projet (et ils l'étaient, parfois un peu de façon artificielle : la Flûte 4'8' et le Sifflet 1' étaient pratiquement systématiquement ajoutés à la main...). Ces devis furent allègrement recopiés (avec leurs fautes d'orthographe), plagiés, imités, et de facto à l'origine d'une esthétique bien particulière.

Les devis précisent que l'harmonie des Principaux sera flûtée dans les dessus et tranchante dans les basses. Très intéressants sont les adjectifs qualifiant chaque Jeu du point de vue de la couleur sonore :

Les :auront une harmonie :
Bourdonsveloutée
Cornetsvive
Gambestranchante, imitant le coup d'archet
Trompettessoit "prompte éclatante", soit "ronde et agréable"
Salicionauxdouce et champêtre
Doublettes, Mixturesargentine
Siffletsbrillante
Flûtes de pédaleforte et tranchante

Notons que, là aussi, les concurrents essayèrent de s'aligner, avec plus ou moins de bonheur. Parfois, cela deviendra un obscur verbiage qui n'engage à rien. On se souviendra de Jean-Nicolas JEANPIERRE et de son devis de Taintrux (Vosges, 1848), où la Gambe 4' devra être d'une "Harmonie argentine et douce, quoique sur le point d'octavier et très agréable", et le Bourdon 16' d'une "Harmonie douce quoique forte".


Eguisheim, le 28/05/2000.
Callinet, Frères, 1839.

     Quant aux Buffets (par exemple le plan à 4 Tourelles), ils seront imités par pratiquement tous leurs concurrents (à moins que ce ne fut les clients qui l'exigeaient ainsi), même les plus féconds et les plus doués (Joseph STIEHR, Valentin RINKENBACH). La présence d'un arrière corps, derrière les tourelles, est elle aussi caractéristique (cela a bien sûr aussi fait école).

     Mais les étapes les plus marquantes de cette période extrêmement féconde, c'est dans les orgues qu'il faut les chercher : on pense à Eguisheim (1839), Ste-Croix-en-Plaine (1840), Beaume-les-Dames (voir Webographie, ci-dessous), Montbrison (3 Manuels dont un Récit expressif, Pédale de 25 notes, 39 Jeux avec Bombarde et deux Trompettes au Grand-orgue, Cornet de Positif à 4 rangs, sans Tierce!) viennent tout de suite à l'esprit, mais il y en a déjà plus d'une dizaine avant que Claude-Ignace n'achève, en 1842, le montage de leur chef d'oeuvre de Masevaux. De 1842 date aussi l'orgue de Megève, qui, rappelons-le, était alors située hors des frontières françaises.

     De 1843 date un autre chef d'oeuvre, plus petit, mais où la facture des Anches atteint des sommets : l'orgue d'Oltingue. A cette date correspond en effet aussi l'introduction des anches libres.

     Dans tous ces instruments d'exception, c'est peut-être à Guémar que Claude-Ignace fut pris de l'envie d'innover, et de se forger un style à lui. Car il aimait les Jeux flûtés (pas les Cornets, et en tous cas pas les Tierces indépendantes), les Gambes (pas les Pleins-jeux très fournis). Il voulait aussi innover en matière de Buffets ; il désirait consacrer encore plus de ressources aux sculptures et ornements de ses Buffets.

     Voici une liste d'orgues neufs réalisés par les deux frères durant leur association. Il doit en manquer ; cette période fut incroyablement féconde.
Hirtzbach 680139 St-Maurice CALLINET Frères 1837 Actuel mais à l'abandon.
Soultzmatt 680318 St-Sébastien CALLINET Frères 1837 Actuel, restauration prévue.
St-Etienne Loire Notre-Dame CALLINET Frères 1837 Actuel, restauré par G.KERN, 1995 (MH).
Besançon Doubs Ancien Temple CALLINET Frères 1837 Actuel, dans l'église du St-Esprit. Joseph a aussi travaillé sur le RIEPP de la cathédrale St-Jean.
Riom Auvergne N.D. du Marthuret CALLINET Frères 1838 (14/7/1838) Actuel. Buffet Néo-gothique.
Pfaffenheim 680255 St-Martin CALLINET Frères 1838 (8/1838) PI remplacée par Schwenkedel, 1934.
Lyon Rhône St-François de Sales CALLINET Frères 1838 (9/1838) 4 claviers joué par Liszt en 1844. Aujourd'hui à Voirin (Isère), St-Bruno (depuis 1883) (MH 1994).
Loches-en-Tourraine Indre-et-Loire St-Antoine CALLINET Frères 1839 Actuel. Restauration en cours.
Eguisheim 680078 Sts-Pierre et Paul CALLINET Frères 1839 (21/1/1839) Actuel
Gundolsheim 680116 Ste-Agathe CALLINET Frères 1839 (14/3/1839) Actuel
Baume-les-Dames Doubs St-Martin CALLINET Frères 1839 Actuel
Manonville Meurthe-et-Moselle St-Laurent CALLINET Frères 1839 Il reste le Buffet.
Roppentzwiller 680284 St-Jean Baptiste CALLINET Frères 1840 Actuel
Ste Croix-en-Plaine 680295 St-Barthélémy CALLINET Frères 1840 (22/1/1840) Actuel
Rorschwihr 680285 St-Michel CALLINET Frères 1839 Actuel
Steinsoultz 680325 St-Nicolas CALLINET Frères 1840? Remplacé par Roethinger. Buffet Dubois?
Froeningen 680099 Ste-Barbe CALLINET Frères 1841 (22/6/1841) Actuel
Spechbach-le-Bas 680319 St-Augustin CALLINET Frères 1841 (1/9/1841) P.I. remplacée par Schwenkedel, 1932.
Mâcon Saône-et-Loire Cathédrale St-Vincent CALLINET Frères 1841 4 claviers. Buffet actuel. Remplacé par Charles Didier/Van Caster, 1897.
Montbrison Loire N.D. d'espérence CALLINET Frères 1842 (06/01/1842) Actuel. Restauré en 1983, composition d'origine.
Masevaux 680201 St-Martin CALLINET Frères 1842 (24/10/1842) A brûlé le 27/6/1966.
Raedersheim 680260 Sts-Projet et Amarin CALLINET Frères 1842 (9/11/1842) Actuel
Nambsheim 680230 St-Etienne CALLINET Frères 1842 (10/11/1842) Actuel
Megève Haute-Savoie ? CALLINET Frères 1842 ?
Oltingue 680248 St-Martin CALLINET Frères 1843 Actuel
Bourbach-le-Bas 680045 St-Apollinaire CALLINET Frères 1843 (11/9/1843) Actuel
Guémar 680113 St-Léger CALLINET Frères 1843 (14/9/1843) Actuel
Blotzheim 680042 Notre-Dame du Chêne CALLINET Frères 1843 Actuel
Hésingue 680135 St-Laurent CALLINET Frères 1843 Remplacé par Roethinger, 1922.
Strasbourg 670482 Ste-Barbe CALLINET Frères 1842 Déménagé à Schiltigheim, St-Charles, remplacé par Kriess, 1907.
Sélestat 670462 Ste-Foy CALLINET Frères 1843 Remplacé par J.Rinckenbach en 1892.
Lons-le-Saunier Jura Cordeliers CALLINET Frères 1843 Actuel, restauré par Pascal Quoirin, 1984 (III/P, 43j).
Pontarlier     CALLINET Frères 1844? ?
Chambéry Savoie Dames du St-Sacrement CALLINET Frères 1844? Aujourd'hui à Nancy, St-Pierre, chœur.
Salins Jura Ecole normale? St-Anatoile? CALLINET Frères ? ?
Wegenstetten CH ? CALLINET Frères ? ?
Villaz-St-Pierre CH   CALLINET Frères 1843 Actuel. Restauré en 1990.

Les Frères Callinet ont aussi travaillé à Frouard (Meurthe-et-Moselle), où ils placèrent en particulier une de leurs célèbres Voix Humaines. L'orgue de Lyon, St-François de Sales (1838) avait 48 (41?) Jeux, avec 4 Manuels et un Salicional de Récit s'appelant pour la première fois "Jeu céleste". Ce sera l'orgue de François WIDOR (fils de Jean), mais en 1879, le père et le fils demanderont un Cavaillé-Coll à la place de leur Callinet. Ce dernier fut déménagé à Voiron, St-Bruno (Isère) en 1881, par Hugues BEAUCOURT. L'instrument y perdit son Buffet, et fut peu à peu transformé puis abandonné, jusqu'à ce qu'en 1992, en fut décidée la restauration. L'orgue Callinet de Voiron a été restauré par Daniel KERN de 1999 à 2002. La Pédale a été complétée à 30 notes, et la disposition interne a été adaptée au Buffet de Beaucourt.

Les frères après leur séparation, jusqu'à la maladie de Joseph
(1844-1852)

     En Octobre 1843, Claude-Ignace se sépara de son frère. Joseph signa "Callinet aîné" sur ses devis de Bettlach et Lutter. A Bettlach, Joseph Callinet proposa sa première Tirasse. Dans son devis pour Chambéry (1845) il proposera une Flûte harmonique (4' pieds, à l'Echo) et une Pédale de 27 notes. En 1855, il reconstruisit l'orgue de choeur de Lyon, St-Bonaventure (avec un Dessus de Bombarde au Grand-orgue).


Ste-Marie-aux-Mines, la Madeleine, le 28/05/2000.
Joseph Callinet, 1849.

     Quant à Claude-Ignace, il (re-)commença petit : il posa à Wentzwiller un curieux petit orgue qui semble être le premier de sa production "d'après l'association" (mais il était sûrement déjà "en route" : les deux frères ne s'étaient donc pas quittés en trop mauvais termes).

Il commença sûrement sa carrière solo à Leimbach par un travail qui fut peut-être une reconstruction (il n'en reste rien : l'orgue a été complètement détruit en 1917). L'ouvrage cité par Hamel à Berrwiller (1845) n'est qu'une reconstruction du BERGÄNTZEL de 1784.

Mais bien vite, Claude-Ignace, sans délaisser le marché "local", connut un franc succès en dehors de l'Alsace : Besançon, Bourg, Chênes, Liverdun, Lyon... C'est bien lui qui obtint dès lors les plus gros marchés (Besançon, Madeleine).

Il y eut la reconstruction de l'orgue de Rouffach en 1855, et le Buffet Néo-gothique de Moosch la même année.
A Besançon, Hamel cite aussi un petit orgue Claude-Ignace Callinet, d'1 Manuel aux Dames du Sacré-Coeur.

     Voici une liste d'orgues neufs réalisés durant cette période :
Lutter 680194 St-Léger Joseph CALLINET 1844 (3/10/1844) Actuel
Wentzwiller 680362 St-Martin Claude-Ignace CALLINET 1844 (10/10/1844) Actuel
Bettlach 680034 St-Blaise Joseph CALLINET 1844 (25/10/1844) Actuel
Montbéliard Doubs Temple St-Martin Joseph CALLINET 1844 Actuel, reconstruit par Alain SALS en 1988. Buffet J.L.Perny.
Wolxheim 670554 St-Etienne Claude-Ignace CALLINET 1844 Actuel. Buffet type Mollau.
Clermont-Ferrand Puy-de-Dôme St-Genès les Carmes Joseph CALLINET 1842-45 Actuel. Buffet Néo-gothique.
Thoissey Ain Collège CALLINET 1845 Aujourd'hui à Trévors, St-Symphorien, MMK 1920, restau. Simon et Nicolle (Lyon), 1981.
Solliès-Pont Var St-Jean-Baptiste Joseph CALLINET 1846 (04/1846) Actuel, classé, II/P, 21j Buffet comme à Ste-Marie-Mines, église lutherienne.
Hegenheim 680126   Joseph CALLINET 1846 Pneumatisé par Rinckenbach, 1913.
Wattwiller 680359 St-Jean-Baptiste Claude-Ignace CALLINET 1846 (16/7/1846) Détruit en 1914-1918.
Dannemarie 680068 St-Léonard Joseph CALLINET 1846 (26/11/1846) Actuel
Soppe-le-Haut 680314 Ste-Marguerite Claude-Ignace CALLINET 1846 Actuel
Lure Haute-Saône Pensionnat Joseph CALLINET 7/1846 Actuel à Merlebach, Mission Slovène.
Ribeauvillé 680269 Couvent de la Providence Joseph CALLINET 1846 Remplacé par M&J Rinckenbach, 1906.
Chênes (Genève) CH ? Claude-Ignace CALLINET avant 1847 ?
Ste Marie-aux-Mines 680298 Eglise Luthérienne Joseph CALLINET 1847 Actuel
Mouthe Doubs ? Joseph CALLINET 1847 Actuel. Très bien conservé.
Walheim 680356 St-Martin Claude-Ignace CALLINET 1847 P.I. pillée en 1914-1918.
Ste Marie-aux-Mines 680298 Temple réformé Joseph CALLINET 1847 Actuel
Balgau 680016 St-Nicolas Claude-Ignace CALLINET 1847 (29/10/1847) Transféré à Appenwihr, 1874?, disparu 1898
Steinbach 680322   Claude-Ignace CALLINET ? Détruit en 1914.
Marseille Bouches-du-Rhône St-Joseph intra muros Joseph CALLINET 1847 Remplacé par Cavaillé-Coll en 1868.
Liverdun Meurthe-et-Moselle St-Pierre Claude-Ignace CALLINET 1847 I/23 (projet), I/16 à l'origine. MH 1984. Néo-gothique. Restauré par Laurent Plet, 1999.
Lyon Rhône Lycée Ampère Claude-Ignace CALLINET 1847 ?
Montet (Friboug) CH Dames du Sacré-Cœur Claude-Ignace CALLINET avant 1847 ?
Norroy-lès-Pont-à-Mousson Meurthe-et-Moselle St-Rémy Claude-Ignace CALLINET 1847 P.I. remplacée suite à réquisitions.
Belfort Territoire de Belfort Cathédrale St-Christophe Joseph CALLINET 1848 Actuel. Il s'agi d'un agrandissement du Valtrin de 1749. CIC 1870. MH 02/1980. Intégrale de Jehan Alain par M.C. Alain.
Ste Marie-aux-Mines 680298 Ste-Madeleine Joseph CALLINET 1849 (21/5/1849) Actuel
Clermont-Ferrand Puy-de-Dôme N.D. du Port Joseph CALLINET 1849 Petit orgue d'accompagnement. Remplacé. Une partie de la tuyauterie peut-être à StPierre de Vaise.
Urbès 680344 St-Wendelin Joseph CALLINET 1850 Actuel
Sallanches Haute-Savoie Collégiale St-Jacques Joseph CALLINET 1850 (9/12/1850) Actuel
Dompierre Vosges St-Etienne ?Claude-Ignace CALLINET vers 1850 Actuellement à Dompierre, on en ignore la situation à l'origine.
Lapoutroie 680175 Ste-Odile Joseph CALLINET 1851 PI remplacée par M&J Rinckenbach, 1913.
Moulins Allier St-Pierre Joseph CALLINET 1851 (25/5/1851) François en 1821. MMK. Mérite restauration.
Rimbach-Zell 680276 Sts-Pierre-et-Paul Joseph CALLINET 1852 (5/3/1852) PI pillée en 1917, remplacée par Schwenkedel, 1928
Muespach-le-Haut 680222 St-Georges Joseph CALLINET 1852 P.I. remplacée par Schwenkedel, 1968.
Rimbach-près-Masevaux 680275 St-Augustin Joseph CALLINET 1851 Actuel
Pfetterhouse 680257 St-Géréon Joseph CALLINET 1853? Détruit en 1914-1918.

Mouthe, Joseph Callinet, 1847 :

  • Manuel (54 notes) : Bourdon 16' (D), Montre 8', Bourdon 8', Salicional 8', Prestant 4', Flûte 4', Nasard 2'2/3, Doublette 2', Fourniture 4 rgs, Cornet 5 rgs, Trompette 8' (B+D), Clairon 4'/Hautbois 8' (B+D).
  • Pédale (18 notes) : Bourdon 16', Flûte 8', Flûte 4', Trompette 8', Clairon 4'.

Sallanches (royaume du Piémont), Collégiale St-Jacques, Joseph Callinet, 1850 :

  • Positif de dos (54 notes) : Montre 8' (Gis), Bourdon 8', Dulciane 8' (D), Prestant 4', Flûte 4', Doublette 2', Basson/Chalumeau 8', Trompette 8'.
  • Grand-orgue (54 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Bourdon 8', Gambe 8', Flûte 8', Prestant 4', Flûte 4', Nasard 2'2/3, Doublette 2', Cornet 4 rgs (résultantes de 16'), Fourniture 5 rgs, Trompette 8', Euphone 8', Clairon 4'.
  • Récit expressif (42 notes) : Bourdon 16', Flûte traverse 8', Jeu céleste 8', Flûte octave 4', Cor anglais 16' (anches libres), Hautbois 8', Voix humaine 8'.
  • Pédale (18 notes) : Contrebasse 16', Flûte 8', Violoncelle 8', Flûte 4', Ophicléide 16', Trombone 8', Clairon 4'.

     Pour ce qui est de la musique jouée par les organistes de l'époque, il est probable qu'elle consistait essentiellement en des improvisations. L'"Ecole Jacques VOGT" (1810-1869) faisait fureur : on improvisait des scènes champêtres en marquant la cadence avec le pédalier (d'où les 18 notes seulement). Il fallait des Flûtes bucoliques. Des épisodes mystérieux étaient réalisés grâce à la Voix humaine (expressive), et débouchaient ordinairement sur un orage, à grand renfort de Trompettes et d'effets (l'Orage ou Tonnerre, justement, qui enfonçait plusieurs notes de la Pédale en même temps, et la Pluie ; les clochettes étaient aussi assez prisées). Beaucoup d'orgues étaient munis de ces dispositifs, et parfois même d'une engageante grosse caisse.

Si cela porte à sourire aujourd'hui, et si beaucoup d'organistes se damneraient plutôt que de faire ne serait-ce qu'une fois quelque chose dans le genre, rappelons-nous que la musique d'orgue était, en ce temps, populaire. C'est ce qu'aimaient les gens qui ont payé ces orgues, et à qui ont doit donc aujourd'hui le plaisir de les entendre.
Et que l'on construisait, à l'époque, dans une région comme l'Alsace, plusieurs dizaines d'orgues neufs par an. A comparer aux 2 par an (si tout va bien) de notre époque, que l'on juge très instruite et très cultivée.



"Je ne demande aucune avance.
Le paiement d'une somme quelconque n'est fait qu'après parfaite confection et réception.
[...]
Je me soumets à la garantie de mes ouvrages, pour autant de temps qu'on le peut désirer.
La moindre deffectuosité qui serait trouvée dans l'ouvrage, lors de sa vérification, suffirait pour qu'il reste pour mon compte, sans autre formalité.
"

Callinet aîné, devis pour Bettlach, 29/10/1843.

L'après-Joseph : Claude-Ignace
et Louis-François (1834-1884)
(1853-1884)

     Louis-François Callinet s'établit avec son père à Vesoul en 1872. Avant cela, ils posèrent encore dans le Récit de l'orgue de Masevaux des Flûtes harmoniques (1866).

François-Antoine BERGER (1816-1883), ancien contremaître de Joseph, prit la direction de l'atelier de Rouffach après la maladie de son patron. Mais il ne construisit pas beaucoup d'instruments neufs. Sa période d'activité s'étend de 1856 (il était donc concurrent de Claude-Ignace jusqu'en 1872) à sa mort 1883.
Son fils Joseph Antoine Berger prit sa succession jusqu'en 1911.
Puis ce fut Alfred Berger, fils de Joseph Antoine qui continua à faire vivre les atelier de Rouffach jusqu'en 1940, date de leur fermeture définitive. Alfred Berger mourut le 26/06/1949.

     A Vesoul, Louis-François ne retrouva pas la dynamique nécessaire pour continuer la grande Maison Callinet. Il y a à Widensolen (1872) le testament organistique de Claude-Ignace, dans lequel on distingue clairement un "retour aux sources". A presque 70 ans, le facteur sent proche sa fin, mais aussi celle de l'esthétique qui fit son succès. L'orgue deviendra symphonique.

     Après avoir construit à Fréland une merveille qui est révélateur du potentiel qu'il avait acquis, Louis-François disparut peu à peu du monde de l'orgue : on le revit travailler en 1877 à St-Amarin sur l'orgue DUBOIS, en 1879 à Mulhouse, Ste-Marie sur l'orgue de son oncle, puis en 1882 à Guewenheim. Il revint parfois de Vesoul : par exemple pour construire son orgue de Largitzen (1884), dont il ne reste rien, l'église ayant été détruite pendant la guerre de 1914-18.

     En 1885, Louis-François fit paraître une publicité dans Caecilia. Il revint encore en 1886 pour accorder l'orgue de Mollau - presque un pèlerinage -, et une dernière fois en 1887 pour toucher la "caution de garantie" de Guewenheim. Pendant 70 ans, les orgues des Callinet sombreront alors peu à peu dans l'oubli. Beaucoup furent victime des guerres. D'autres, au détour du "mauvais âge" pour un orgue (dans les 50 ans), ont été radicalement transformés, surtout dans les villes. Mais, finalement, assez peu : la plupart donnaient satisfaction. Ils sont à présent redécouverts relevés et appréciés, chacun à son tour. Au moins deux sont encore démontés, et attendent qu'on se donne les moyens de les sauver.

     Le 18/06/2003 s'est constituée l'association pour la mise en valeur de l'orgue de Fréland, le dernier en date des Callinet d'Alsace à pouvoir encore - si l'auditoire et l'organiste le souhaitent - jouer une "scène champêtre" alla Vogt. Mais aussi (la Pédale a 25 notes) Boëly ou Franck.

     Voici une liste d'orgues neufs réalisés par Claude-Ignace et son fils :
Fraize Vosges St-Blaise Claude-Ignace CALLINET 1852 Actuel
Oberhergheim 680242 St-Léger Claude-Ignace CALLINET 1853 (15/6/1853) Actuel
Artzenheim 680009 St-Jacques-Majeur Claude-Ignace CALLINET 1853 (22/11/1853) Détruit en 1945.
Réguisheim 680266 St-Etienne Claude-Ignace CALLINET 1854 (27/6/1854) Actuel
Besançon Doubs Ste-Madeleine Claude-Ignace CALLINET Entre 1848 et 1855 Restauré par Jean Deloye en 1985
Villersexel Haute-Saône St-Nicolas Claude-Ignace CALLINET 1854 Transformé par Jules Bossier (Dijon) vers 1937, puis restauré par Gaston Kern en 1979-81.
Rouffach 680287 Notre Dame Claude-Ignace CALLINET 1855 Actuel
Rombach-le-Franc 680283 Ste-Rosalie Claude-Ignace CALLINET 1856 (21/10/1856) Remplacé par Schwenkedel en 1835.
Bollwiller 680043 St-Charles Borromée Claude-Ignace CALLINET 1857 (15/1/1857) Actuel
Aspach-le-Bas 680011 St-Pierre Claude-Ignace CALLINET 1857 (26/5/1857) Détruit en 1914-1918.
Burnhaupt-le-Haut 680060 St-Boniface Claude-Ignace CALLINET 1858 (10/1858) Incendié le 16/7/1915.
Balschwiller 680018 St-Louis Claude-Ignace CALLINET 1859 (27/9/1859) Incendié le 22/6/1915.
Bitschwiller-lès-Thann 680040 St-Alphonse Claude-Ignace CALLINET 1861 (31/1/1861) Actuel
Vieux-Ferrette 680347 St-André Claude-Ignace CALLINET 1861 (20/5/1861) Actuel
Moosch 680217 St-Augustin Claude-Ignace CALLINET 1863 (1/8/1863) Actuel
Habsheim 680118 St-Martin Claude-Ignace CALLINET 1859 Actuel / Buffet pas de Callinet.
Badonviller Meurthe-et-Moselle St-Martin Claude-Ignace CALLINET 1865 II/P, 22 Jeux. Détruit en 1914.
St-Léonard Vosges St-Pierre Claude-Ignace CALLINET 1865 Incendié en 1944.
Ruelisheim 680289 St-Nicolas Claude-Ignace CALLINET 1867 (19/6/1867) Remplace un F.Callinet 1818
Geiswasser 680104 St-Fridolin Claude-Ignace CALLINET 1867 (6/9/1867) Actuel
Issoire Puy-de-Dôme St-Austremoine Claude-Ignace et Louis-François CALLINET 1870 Actuel
Widensolen 680367 St-Nicolas Claude-Ignace CALLINET 1872 (20/5/1872) Actuel
Wintzfelden 680909 Ste-Odile François-Antoine BERGER 1873 Actuel
Fréland 680097 Assomption de la B.V.M. Louis François CALLINET 1877 (8/9/1877) Actuel
Largitzen 680176 St-Georges Louis François CALLINET 1884 Détruit durant la 1ere Gurre mondiale.

Fraize, Claude-Ignace Callinet, 1852 :

  • "Récit" (54 notes) : Bourdon 8', Flûte traversière 8', Salicional 8', Flûte 4', Basson/Hautbois 8'.
  • Grand-orgue (54 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Bourdon 8', Gambe 8', Prestant 4', Flûte 4', Doublette 2', Cornet 5 rgs (D), Fourniture, Trompette 8', I/II.
  • Pédale (18 notes) : Bourdon 16', Flûte 8', Trombonne 8'.
Il y a avait un Tremblant doux, et la mécanique était à Equerres pour le Récit.

Saint-Léonard, Claude-Ignace Callinet, 1865 :

  • Manuel (54 notes) : Montre 8', Bourdon 8', Salicional 8', Prestant 4', Flûte 4', Doublette 2', Fourniture 3 rgs, Trompette 8' (B+D).
  • Pédale (15 notes) : I/P accrochée.
L'orgue a été incendié par les Allemands en Novembre 1944.

     A Dompierre, fin 1876, on inaugura le placement d'un orgue d'occasion placé par Louis-François Callinet. Il avait été construit vers 1850 par son père ou son oncle. C'était sûrement à l'origine un orgue de salon, ou alors le Récit d'un plus grand instrument, placé dans un "cabinet d'orgues" alla Dom Bédos. Le journal "Le Vosgien" présente ainsi le Louis-François : "ce facteur en renom chez les Alsaciens qui, lui aussi, par amour de la mère patrie, a quitté Rouffach pour venir prendre sa résidence à Vesoul.".

Webographie :

Sources :

  • Remerciements à D. LALMAND (ancien orgue de l'Abbaye de Gigny)
  • P. MEYER-SIAT, "Les Callinet, facteurs d'orgues à Rouffach, et leur oeuvre en Alsace" ISTRA, 1965
  • Roland GALTIER "La facture d'orgues en France de 1800 à 1870", Presses universitaires du Septentrion.
  • P. MEYER-SIAT "Rinkenbach, Hérisé, Wetzel" ISTRA, 1979 (Elsenheim, p240, liste de travaux Callinet en Juin 1831)
  • Auvergne : Remerciements à Bernard VAU
  • Lorraine : Christian LUTZ et Paul FARINEZ, Inventaire des Orgues de Lorraine, Vosges (pour Ban-de-Laveline, La Bresse, Fraize et Saint-Léonard).
  • Lorraine : Christian LUTZ et René DEPOUTOT, Inventaire des Orgues de Lorraine, Meurthe-et-Moselle (pour Badonviller, Manonville, Nancy St-Pierre (Chambery), Liverdun et Norroy-lès-Pont-à-Mousson).
  • Lorraine : Christian LUTZ et François MENISSIER, Inventaire des Orgues de Lorraine, Moselle (pour Pouilly, Merlebach, Metz).
  • Autres : Ph. CICCHERO, "Les orgues des Cathédrales de France", EMA

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Dernière mise à jour : 14/10/2007 17:02:57