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Les orgues de la région de Haguenau
Haguenau, chapelle des Annonciades
1968 degr > Dégâts
Haguenau, l'orgue Aloïse Lorentz de la chapelle des Annonciades.
Photo de Franck Lechêne, 15/09/2012.Haguenau, l'orgue Aloïse Lorentz de la chapelle des Annonciades.
Photo de Franck Lechêne, 15/09/2012.

L'ancien couvent des Annonciades a été construit en 1717 sur la base de bâtiments plus anciens, datant pour partie du 14ème siècle, qui hébergeaient des pénitentes de Ste-Catherine. Les Annonciades sont arrivées en 1621, et la chapelle a été restaurée vers 1755 ; elle était encore consacrée à Ste-Catherine. A la Révolution, le couvent a été confisqué et vendu. La ville de Haguenau l'a racheté en 1804 pour en faire un collège. C'est pourquoi on appelle parfois sa chapelle "chapelle du collège Foch". Vandalisée en 1968, et désacralisée, elle a longtemps été abandonnée et fermée. Elle a été convertie en 1998 en salle d'expositions, trouvant ainsi une mission culturelle.

Le petit orgue de la chapelle des Annonciades de Haguenau est particulièrement intéressant. Il n'a pourtant jusqu'ici pas beaucoup retenu l'attention. Il faut dire que les sources disponibles - à l'exception de l'inventaire des orgues de 1986 - ont fait fausse route en tentant absolument d'y voir ce qui reste d'un instrument "du 18ème siècle", "modifié" par la suite. Mais l'analyse de l'existant révèle sans aucun doute possible un instrument post-romantique, clairement daté du début du 20ème siècle, même s'il comporte quelques éléments plus anciens.

Il s'agit en fait du seul orgue construit par un facteur alsacien au parcours fort original, et qui mériterait vraiment d'être mieux connu : Aloïse Lorentz. Même si ce pauvre instrument a été très endommagé lors des événements de 1968, il semble avoir encore un grand très potentiel, et un intérêt à la fois historique et musical. En tous cas, il a une belle histoire à raconter, qui passe, on le verra, par Rome.

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L'orgue de facteur inconnu (1862)
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Historique

L'histoire commence en 1862, quand Martin Wetzel installa à la chapelle (de ce qui était alors un orphelinat) un petit orgue venant de Gunstett, St-Michel. [IHOA] [ITOA]

C'est l'aumônier Schuster du "Knabenlyzeums" qui est à l'origine de cette acquisition. Il fit une collecte, et parvint même à obtenir une subvention du ministère de l'Instruction publique. [Barth]

Le 21/06/1862, le journal "L'Indicateur de Haguenau" rapporte que : "M. le Ministre de l'Instruction publique vient d'accorder une somme de 400 fr. pour l'achat d'un orgue destiné à la chapelle du collège de Haguenau. Il y a dans cet acte une preuve de la sympathie que M. le ministre porte à notre établissement universitaire." [IndicateurHaguenau]

Le petit instrument n'avait pas été construit pour Gunstett : il y avait été acquis d'occasion. Ni pour Froeschwiller (catholique), qui a été un moment sa destination mais où il n'a jamais été remonté. Son origine est inconnue, même si des spéculations ont été faites. Le nom de Joseph Waltrin est cité par certaines sources, mais l'hypothèse n'est pas suffisamment étayée. L'étendue de son sommier (48 notes, soit 4 octaves sans le Do# grave) indique que cet élément date du 18ème siècle. Des ornements du buffet aussi. [EtudesHagu80] [ITOA]

Disons-le tout de suite : certains de ces éléments du 18ème sont de piètre qualité : gravures trop étroites, tuyaux à soudures maladroites. Tous les orgues du 18ème n'étaient pas des chefs-d'œuvre, loin s'en faut... [ITOA]

Ce qui est sûr, c'est qu'en 1854, le petit orgue était à vendre à Gunstett en raison de l'acquisition d'un instrument construit par la maison Stiehr. Il y eut un projet pour l'installer à Froeschwiller : le curé Riegel l'avait acheté en entreposé à cette intention. Mais en raison d'une incroyable "querelle de clochers", le projet capota. C'est ainsi que le petit instrument partit pour Haguenau. Le "Brouillon Wetzel" confirme ce déménagement : "Im april 1862 eine alte orgel rebarirt und aufgestelt in dass Colehs nach Haguenau für 665 fr. ; darauf erhalten 400 fr. en 20. Decemper 1862. Ganz bezalt"." [EtudesHagu80]

Lors du transfert, Martin Wetzel dota l'orgue d'un Salicional, ce qui était très pertinent, car ce jeu était sûrement beaucoup plus utile que le jeu d'anche qu'il remplaçait probablement. Un "Cornet" de 3 rangs est en fait constitué de tuyaux de Fourniture. Le buffet a été modifié, soit en 1862, soit plus tard : clairement, seules les tourelles et les claire-voies datent du 18ème. Le buffet actuel fait 2,90m de large pour 4m de haut. [ITOA] [EtudesHagu80] [Palissy]

C'est l'organiste Ducret qui assura la réception, le 13/07/1862, et l'instrument avait alors la composition suivante : [Barth]

En 1902, le petit orgue était en si mauvais état qu'on dut louer un harmonium. [Barth]

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L'orgue Aloïse Lorentz,
1905 (instrument actuel)
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Historique

En 1905, Aloïse Lorentz, de Souffelweyersheim, construisit un nouvel instrument, avec 2 manuels et pédale indépendante, en utilisant des éléments existants. [IHOA] [ITOA] [Barth]

Un orgue atypique mais de style alsacien

Le résultat fut un orgue fidèle à la tradition locale, initiée rappelons-le par les organistes très bien formés après 1870, en particulier par les dynamiques écoles normales : les restrictions issues du "pré-romantisme" (pédale limitée, piètre ergonomie de la console, manque de tirasses...) étaient devenues des défauts rédhibitoires. Deux claviers complets (l'Alsace est restée attachée à la musique polyphonique) sont la norme, comme le pédalier allant jusqu'au troisième Ré. La présence de Gambes et de Flûtes ouvertes est indispensable, même s'il faut pour cela renoncer à tout jeu d'anche. L'orgue Lorentz de Haguenau, malgré sa taille limitée, comporte un récit expressif doté d'une Voix céleste, du Salicional pour aller avec, et d'une Flûte 4' (ancienne) qui trouve ici une "seconde vie" très pertinente. La pédale ne porte que l'indispensable Soubasse : on se dit que l'instrument aurait été encore plus "alsacien" avec un Violoncelle 8', jeu emblématique de cette esthétique. Mais évidemment, il devait y avoir des contraintes de coût et de place. Le grand-orgue de 6 jeux porte 3 fonds de 8' (il n'y a pas de Montre 8'). La Mixture, par la suite tantôt appelée "Cornet", tantôt "Fourniture", est encore constituée de tuyaux de Principaux (pas de Flûtes) anciens, et il est probable qu'elle était conçue à ce moment comme une "Mixture-tierce" ("Mixture-Cornet").

Déterminer quel jeu a été par la suite remplacé par une Doublette est plus difficile : la Gambe et la Flûte 8' sont toujours là. Une Montre 8' aurait été très encombrante. Une anche paraît peu probable dans le contexte.

De nombreuses possibilités

On avait là un instrument doté de nombreuses possibilités. A commencer par l'accompagnement, que ce soit de la voix ou d'autres instruments. (Grâce à son récit expressif.) Avec deux manuels et pédale complète, les Trios sont accessibles, comme une bonne part du répertoire de l'époque : Rheinberger, ou les premières œuvres de Karg-Elert...

Un instrument finalement peu transformé

En 1921, il y eut une légère transformation, menée par Franz Xaver Kriess : le conseil municipal de Haguenau a approuvé le devis le 04/11/1920. Au cours de cette opération fut malheureusement placée une Doublette, étrangère à l'esthétique d'origine de l'orgue de 1905 par son côté néo-classique. [IHOA] [ITOA]

En 1929, l'orgue Lorentz reçut la visite de Georges Schwenkedel. [SchwenkedelNB]

Déjà le 15/03/1926, Schwenkedel avait prit quelques notes : il trouva la composition actuelle, mais la Doublette avait été décalée en 4' ("ist auf 4' fuss gesetzt"). La Flûte 4' (ancienne) est notée "schlecht aber brauchbar" ("mauvaise mais utilisable"). Il nota les réparations à faire. Il apparaît que les composants hérités du 18ème étaient de mauvaise qualité : outre la Flûte 4', le Bourdon 8' est aussi noté "zimml. schlecht" ("plutôt mauvais"). Schwenkedel devait produire trois devis : un pour un simple relevage, un pour une transformation avec de nouveaux jeux, et le dernier pour un remplacement par un orgue neuf de 13 registres environ. [SchwenkedelNB]

Rien ne fut fait - à part peut-être un petit nettoyage - car une seconde visite est datée du 29/11/1929. Schwenkedel nota que la façade de 36 tuyaux est postiche. Le projet consistait en un relevage de la mécanique et des 10 jeux, avec remplacement de la Flûte 8' par un Dolce 8', la pose d'un ventilateur électrique, et éventuellement un complément de 7 notes pour le premier clavier (cis'''-g'''). [SchwenkedelNB]

Finalement, aucune modification n'a été apportée, car au début des années 1960, l'instrument était encore dans sa configuration d'origine (1905) à la Doublette près. C'est aussi la configuration actuelle. Une petite réparation après 1945 est probable, car des postages en flexibles ont été posés. [Barth] [EtudesHagu80]

Sous les tuyaux, la plage ?

Malheureusement, l'instrument fut vandalisé pendant les événements de 1968. [FLHaguenau]

On ignorait que saccager un instrument de musique est une démarche "progressiste"... L'inventaire de 1986 donne d'affligeantes photos montrant la tuyauterie du premier clavier dans l'état laissé par les vandales.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2015
Grand-orgue, 56 n. (CD-c''')
Lorentz ; dessus en poirier
Ancien
Lorentz
Lorentz ; C-H en bois
Kriess
Parfois appelée Cornet
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
Wetzel ; C-H en bois, bouché
(c-g''')
Ancienne
Pédale, 27 n. (C-d')
Lorentz
I/P
[IHOA] [FLHaguenau]
Console:
La console d'Aloïse Lorentz.
Photo de Quentin Blumenroeder, 12/12/2024.La console d'Aloïse Lorentz.
Photo de Quentin Blumenroeder, 12/12/2024.

Console indépendante face à la nef. Tirants de jeux de section ronde munis de porcelaines. Claviers blancs, le second avec des frontons biseautés. Accouplement et tirasse repérés par des porcelaines blanches placées en haut de la console : à gauche "Pedal koppel", à droite "Manual koppel".

L'expression du récit se fait par pédale à cran.

Plaque d'adresse blanche à lettre noires, ronde, disant :

Aloise Lorentz
Suffelweyersheim i/Els
Orgelbauer.

Une étoile figure au bas de la plaque.

Transmission:

Mécanique à équerres.

Sommiers:

Le sommier du premier manuel est à gravures, ancien (première moitié du 18ème ?), et n'a que 48 notes. (Il y en a 56 au clavier). Il est chromatique avec ravalement. Le récit expressif est doté d'un sommier à cônes, chromatique, de 56 notes. La pédale a également un sommier à cônes.

Sites Aloïse (Aloyse) Lorentz, horloger et facteur d'orgues

Aloïse Lorentz (18/04/1858 - 13/01/1910) ne compte certes pas parmi les facteurs d'orgues alsaciens les plus célèbres. Mais il était fort probablement beaucoup plus doué que la moyenne. Il était avant tout un horloger. Et - nous le verrons - un horloger d'exception. Il était également attiré par la musique, puisqu'il se mit très tôt à construire des automates musicaux. [FSHAA]

Comme souvent, Médard Barth a été un des seuls historiens des orgues alsaciens à relever la portée de l'œuvre de Lorentz. Il l'identifie comme étant un homme qui, sans être réellement un facteur d'orgues, a bénéfiquement contribué à l'entretien de nombreux instruments en Alsace. Il entretenait les horloges des églises, ainsi que leurs orgues, et d'autres instruments de musique, en pratiquant des prix très abordables : "Zahllose Kirchen des Elsass und Lothringens wandten sich um technische Hilfe an den Wunderdoktor." ("D'innombrables églises d'Alsace et de Lorraine ont bénéficié de l'assistance technique de ce docteur-miracle.") Barth insiste aussi sur le fait que - contrairement à d'autres - Lorentz ne se "payait pas sur la bête", en repartant avec des tuyaux en échange d'une réparation. (Une pratique qui, malheureusement, était plus commune que l'on croit, et encore bien répandue à la fin du 20ème siècle.) [Barth]

Une réplique miniature de l'horloge astronomique de la Cathédrale

Mais ce qui semble avoir le plus marqué les esprits (et témoigne irréfutablement du génie technique de Lorentz), c'est qu'il construisit une réplique de l'horloge astronomique de la Cathédrale de Strasbourg. Bien sûr, en plus petit, et, du coup tous les mécanismes et automates du chef-d'œuvre de Schwilgué n'étaient pas reproduits. En particulier, il n'y a pas le fameux "Comput ecclésiastique" (implémentant l'algorithme pour déterminer la date de Pâques et des fêtes mobiles qui en dépendant), ni le planétarium. Mais il s'agit quand même d'une œuvre prodigieuse : une bonne partie des calculs est réalisée, y-compris le calendrier perpétuel avec gestion des années bissextiles, et les données astronomiques sur le soleil et la lune (avec le cadran des phases). Il y a bien les deux "carrousels" avec la Mort et le défilé des apôtres. Et bien sûr le coq.

Cette œuvre d'exception était tellement enthousiasmante que l'évêque de Strasbourg, Mgr Stumpf, s'en porta acquéreur pour en faire don au pape Léon XIII à l'occasion de son jubilé (1888). L'horloge astronomique de Lorentz - promue cadeau pontifical - partit donc pour Rome après être passée par Paris et Bruxelles ! Elle a été exposée en 1888 au Vatican, comme en témoigne le catalogue de la manifestation, qui en donne une longue description. Encore aujourd'hui, elle est conservée au Musée du Vatican.

L'article du catalogue de l'exposition raconte que Lorentz (ici nommé "Ludwig" et non Aloïse) a eu l'idée de faire une copie de l'horloge pendant le siège de Strasbourg, en août et septembre 1870, quand un incendie à la Cathédrale lui fit prendre conscience de la fragilité l'original, qui aurait très bien pu être anéanti. A 12 ans, Lorentz aurait déclaré : "Wenn der Dom in Flammen aufgeht und die astronomische Uhr zerstört werden sollte, so will ich später versuchen, eine andere zu bauen."

L'horloge de Schwilgué ne fut heureusement pas détruite ! Mais le projet d'en réaliser une copie fit son chemin dans la tête de Lorentz. Il réalisa un prototype à l'âge de 17 ans. L'œuvre définitive fut le résultat de 2 années de travail.

"Die Strassburger Domuhr
Reproduction von L. Lorentz. - Geschenk des Bischofs und Clerus von Strassburg."
Image tirée du catalogue de l'exposition de 1888 au Vatican :
"Die Vaticanische Ausstellung in Wort und Bild, Wien
Druck u. Verlag der "St. Norbertus" Buch- u. Kunstdruckerei , 1888""Die Strassburger Domuhr
Reproduction von L. Lorentz. - Geschenk des Bischofs und Clerus von Strassburg."
Image tirée du catalogue de l'exposition de 1888 au Vatican :
"Die Vaticanische Ausstellung in Wort und Bild, Wien
Druck u. Verlag der "St. Norbertus" Buch- u. Kunstdruckerei , 1888"

L'orgue de la chapelle des Annonciades témoigne donc - un peu - de ce moment de gloire que connut l'artisanat alsacien en 1888.

Travaux répertoriés

On imagine facilement que dans ce contexte, Lorentz a entretenu beaucoup d'orgues à l'occasion de son passage pour l'horloge de l'église, sans trop laisser de traces. On ne connaîtra donc sûrement jamais tous ses travaux. Mais parfois, son passage a été relevé, et la liste - qui n'a aucun caractère exhaustif - est plutôt impressionnante :
- En 1888, il fit probablement une réparation au Stiehr de Durningen, peut-être complétée par la pose d'un Bourdon 16' manuel et d'un Violoncelle de pédale.
- Vers 1890, probables travaux à l'orgue Stiehr de Huttenheim.
- En 1896, déménagement de l'orgue de l'église du cimetière (St-André) d'Andlau à Harskirchen catholique.
- En 1895, réparations au Rinkenbach d'Innenheim.
- En 1895, réparation à l'orgue de Soultz-les-Bains.
- En 1897, réparations au Stiehr du couvent des Rédemptoristes de Bischoffsheim.
- En 1897, accord du Stiehr de Lingolsheim, prot.
- En 1897, réparations au Stiehr de Saessolsheim.
- En 1898, réparations au Chaxel de Bischwiller. (Inscription à la craie.)
- En 1899, transformation (4 jeux, et déplacement du buffet) et réparation (soufflerie) à Aspach-le-Haut. (L'instrument a été détruit par faits de guerre vers 1916.)
- En 1899, réparations au Stiehr de Lichtenberg.
- En 1902, remplacement du Clairon du G.O. par une Voix céleste 8 au Callinet de Neubois.
- En 1904, ajout d'une Voix céleste à Hochstett. (Celle-ci a malheureusement remplacée en 1978... par une Trompette d'occasion.)
- En 1904, transformation du Stiehr de Kuttolsheim. Un article du Nouvel Alsacien, daté du 07/11 est très élogieux : "In den Spalten dieses Blattes ist dem Orgelbauer Lorenz aus Suffelweyersheim wiederholt schmeichelhaftes Lob für seine Arbeiten gespendet worden. Hierdurch veranlasst, wurde genanntem Meister dir umfangreiche Reparatur der hiesigen Orgel übertragen. Wie ferne möchten auch wir unser Scherflein zur Vermehrung des guten Rufes des Herrn Lorenz beisteuern !" (A plusieurs reprises, notre journal a commenté de façon flatteuse les travaux du facteur d'orgues Lorenz de Souffelweyersheim. Le maître en question s'est vu confier une importante réparation de l'orgue local. Nous souhaitons contribuer à renforcer la bonne réputation de Monsieur Lorenz !"). Car bien sûr, on se doute que les interventions d'un horloger n'étaient pas toujours bien vues par les facteurs "traditionnels"... [NAlsacien]
- En 1905, construction d' un orgue pour la chapelle des Annonciades de Haguenau, en reprenant des éléments de l'instrument précédent. Le seul orgue attribuable à Lorentz.
- En 1905, relevage du Wetzel d'Otterswiller.
- En 1907, ajout une console indépendante mécanique à Singrist. (Elle a malheureusement été supprimée en 2005, au bénéfice d'une console... latérale.)
- En 1908, accord du Wetzel de Knoersheim. (Inscription à la craie.)
- En 1908, nettoyage et réparations au Stiehr de Littenheim.

Comme ces travaux ne sont souvent connus que par une inscription à la craie dans l'orgue (ce qui est quand même une trace "volatile"), on peut estimer qu'il y en a eu bien d'autres.

Plutôt que leur nombre, ce qui est parlant, c'est la fort probable grande qualité des réparations effectuées : après le passage de Lorentz, on ne note pas de "réparation corrective" : ses travaux étaient réalisés sérieusement. Par exemple à Hochstett, après son passage en 1904, aucune intervention n'a été nécessaire pendant 20 ans. Bien sûr, en d'autres endroits, il y a eu des transformations, mais là, la décision est d'une autre nature.

Et Souffelweyersheim ?

Lorentz n'a probablement jamais travaillé à l'orgue de Souffelweyersheim. Il est vrai qu'en matière d'orgue il est fréquent de ne pas être prophète en son pays... L'église St-Georges était dotée depuis 1828 d'un orgue de Joseph Stiehr. En 1880 - donc avant la période d'activité de Lorentz - on y avait fait intervenir Charles Wetzel, essentiellement pour remplacer la soufflerie. Mais en 1891, on confia un projet de transformation à un facteur "établi", dont la notoriété était alors en pleine ascension : Edmond-Alexandre Roethinger. De toutes façons, en 1970, l'instrument a été violemment néo-baroquisé / parisianisé / "nordicisé", avec Sesquialtera et Cromorne obligés. Il ne serait donc a priori rien resté de Lorentz s'il avait effectué des travaux en 1891...

Mais à Souffelweyersheim, on se souvient de lui d'une autre façon : en 1928, un incendie ravagea un quartier, mais s'arrêta au pied d'une chapelle en grès. Cette chapelle avait été construite par le facteur d'orgues Aloïse Lorentz. On peut la voir près de la ferme Lorentz (4, rue des Tonneliers). Sa porte d'entrée porte encore la marque des flammes qui s'y arrêtèrent.

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670180008P02
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