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Les orgues de la région de la Petite-Pierre
Tieffenbach, église protestante
L'orgue de l'église protestante de Tieffenbach. (Illustration.)L'orgue de l'église protestante de Tieffenbach. (Illustration.)

Cet orgue a probablement été construit par la maison Dalstein-Haerpfer en 1904 pour l'école normale de Phalsbourg. A sa fermeture, les orgues (a priori 4 sur les 5 encore présents à cette date) furent transférés dans des paroisses d'Alsace et de Moselle. Tieffenbach a eu la chance d'en avoir un.

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Historique

C'est en 1925 que Frédéric Haerpfer amena à Tieffenbach un orgue venant de Phalsbourg, construit en 1904, probablement par la maison Dalstein-Haerpfer (même si cela n'est pas formellement établi). [IHOA] [ITOA]

L'église protestante de Tieffenbach a été inaugurée le 13/09/1925 (l'église St-Barthélemy servait avant cela pour les deux confessions). Lors de l'inauguration de celle de Soultzeren, en 16/12/1923, l'orgue était tenu par un jeune organiste de Tieffenbach, qui est sûrement le pasteur (Charles-)Edouard Berron (1898-1983). Berron est allé s'installer en 1935 à Oberhoffen-sur-Moder. Sa biographie le décrit plus comme un grand amateur de musique qu'un organiste. Son ex-libris comporte de fait des tuyaux d'orgue. (Il fait partie de la collection rassemblée par Robert Kugel, et publiée en 1986 dans "Pays d'Alsace") : [PaysAlsace134]

L'ex-libris de Charles-Edouard Berron.
Dessin de Henri Bacher, 1930.
L'église en arrière-plan est celle de Tieffenbach.
				L'ex-libris de Charles-Edouard Berron.
Dessin de Henri Bacher, 1930.
L'église en arrière-plan est celle de Tieffenbach. [PaysAlsace134]

Dans le monde protestant alsacien, les orgues étaient souvent inaugurés en même temps que leurs églises. Il fallait donc en trouver un dès 1925. On fit le choix d'acquérir un des orgues de l'école normale de Phalsbourg : les Domaines en avaient mis plusieurs en vente, suite à la fermeture de l'école normale en 1923. L'instrument, construit en 1904, comportait des éléments Weigle. Il avait 3 jeux au grand-orgue, 4 au récit expressif, et 1 à la pédale. C'est Frédéric Haerpfer qui s'est chargé du déménagement. Cela ne signifie pas forcément que l'orgue de 1904 était sorti des ateliers de Boulay, mais c'est tout de même très probable.

Le fait qu'au moins la console ait été réalisée avec des composants Weigle laisse en effet penser qu'il s'agit soit d'un orgue Franz Xaver Kriess (mais les archives de la maison Kriess semblent indiquer que ce n'est pas le cas), soit d'un orgue Dalstein-Haerpfer, car les deux se fournissaient chez Weigle pour certains composants.

La nature du quatrième jeu du récit expressif (malheureusement disparu ultérieurement) n'est pas connue. (La porcelaine à la console a été supprimée aussi.) Comme il y a déjà un 4', c'était fort probablement un 8' : un Quintaton 8' ou un Bourdon 8'.

Le 28/10/1949, Georges Schwenkedel alla visiter l'instrument (ainsi que celui de Weislingen) pour faire un rapport au pasteur Bicking. A Tieffenbach, il proposait un relevage complet (avec démontage), mais on envisageait aussi de remplacer l'instrument par un neuf. [SchwenkedelNB]

Fin 1949 ou début 1950, Georges Schwenkedel note une composition de 3+3+1 jeux, ce qui ne fait que 7 : le quatrième du récit avait disparu. Le reste de la composition est identique à l'actuelle, sauf que l'accouplement à l'octave est noté en 4' (octaves aiguës) et non en 16' (octaves graves). [SchwenkedelDO]

En 1959, Ernest Muhleisen électrifia malheureusement la transmission, et plaça comme 4ème jeu du récit une Quinte 2'2/3, vraiment fort peu pertinente dans ce contexte, et désignée de façon étrange par "Fortissional". [ITOA]

Il y eut un relevage, en 1993, par Yves Koenig. [IHOA]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 1986
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
Octaves aiguës à l'origine ?
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
1959, remplaçant un jeu disparu avant 1950
Pédale, 30 n. (C-f')
I/P
[IHOA] [ITOA] [SchwenkedelDO]
Console:

Console indépendante face à la nef, fermée par un rideau coulissant. Tirage de jeux par taquets à accrocher, probablement fournis par Weigle, du même type qu'à l'orgue de chœur de Strasbourg, St-Thomas. Ils sont repérés par une porcelaine ronde placée juste au-dessus.

Transmission:

Electrifiée en 1959.

Sommiers:

Sommiers à membranes.

Sites Les orgues de l'école normale de Phalsbourg

Phalsbourg est en Moselle, mais l'interaction des orgues de son école normale avec les instruments alsaciens n'a pas été négligeable. Surtout que ces instruments d'enseignement - comme les orgues des conservatoires - ont forcément eu un impact sur le répertoire des élèves qui y sont passés. Il est donc utile de rassembler quelques données à leur sujet.

L'école normale de Phalsbourg a été fondée en 1876, à l'emplacement de l'actuel lycée Erckmann-Chatrian. (Dans les bâtiments de l'ancien couvent des Capucins, puis du collège dit "la Capucinière", de 1803 à 1875.) C'était un établissement plutôt conséquent, puisqu'il pouvait accueillir plus de 80 élèves enseignants. A St-Avold, il y avait une école préparatoire, et il y avait aussi une école d'institutrices à Metz.

Cela faisait déjà bien longtemps que l'organiste, dans les villages, était l'instituteur. Souvent, c'était le seul à savoir lire la musique. Bien sûr, la fonction d'organiste n'était pas forcément, pour eux, une vocation en soi. Mais plutôt une charge annexe, certes rétribuée, qu'il fallait assumer. D'où, souvent, on l'imagine, un niveau un peu "minimal". Mais en Alsace - et en Moselle - les choses ont radicalement changé après 1870 :

- Par une volonté clairement affirmée (dans les programmes) de promouvoir l'enseignement de la musique.

- Parce que des musiciens et pédagogues très compétents et motivés sont venus enseigner dans les écoles normales. Henri Wiltberger ou Friedrich Wilhelm Sering en sont de parfaits exemples.

- Par une solide dotation en moyens adaptés. Donc, ici, des orgues. Ces instruments pouvaient, comme les autres, aussi servir à l'accompagnement musical ou même pour de petits concerts. C'est sûrement pourquoi, comme dans les conservatoires, on en avait de tailles différentes.

A l'école normale de Phalsbourg, l'histoire des orgues semble avoir commencé vers 1882, avec un devis (non réalisé) de la maison Dalstein-Haerpfer pour un instrument de 15 jeux (II/P 15j). Charles Wetzel se manifesta un peu plus tard, en 1884, avec un devis (II/P 14j) incluant le déplacement d'un orgue d'étude pré-existant. [IOLMO]

(A) un orgue d'étude, de facteur inconnu, présent en 1882

Il y avait donc un orgue d'étude en 1884, mais on en ignore l'origine.

(B) II/P 16j, de facteur inconnu, 1885

En 1885, l'école normale finit par acquérir un instrument de 16 jeux, mais on ne sait pas qui l'a construit. A priori pas Wetzel, qui n'aurait pas manqué de consigner ça dans ses archives. Mais le buffet est fortement apparenté à celui (de Wetzel) qui abrite l'orgue Dalstein-Haerpfer de Benfeld (les pilastres divisant les plates-faces sont une adjonction de 1976 ; la plate-face centrale a été transformée en 1904) : l'hypothèse n'est donc pas à écarter complètement. La composition de cet instrument en 1903 est connue par un devis de la maison Kriess visant à le doter d'une transmission pneumatique.

L'orgue de 1885 (B'), à Oberbronn, avant sa reconstruction en 1976. (Restitution.)
Les plates-faces ne sont pas divisées. (Elles l'ont été en 1976.)
Il n'y avait qu'une plate-face centrale avant 1903.L'orgue de 1885 (B'), à Oberbronn, avant sa reconstruction en 1976. (Restitution.)
Les plates-faces ne sont pas divisées. (Elles l'ont été en 1976.)
Il n'y avait qu'une plate-face centrale avant 1903.

(C) Martin Rinckenbach, 3j?, op.21, 1888

En 1888, Martin Rinckenbach livra le premier d'une série de 3 petits orgues. C'était l'opus 21 de la maison d'Ammerschwihr, noté à 3 jeux dans la liste de 1907. Les deux opus précédents (19 et 20) étaient eux aussi des "Übungsorgeln" de 3 jeux pour des "Lehrerseminar" : respectivement les écoles normales de St-Avold et de Colmar. Vu qu'ils sont d'avant 1899, a priori tous ces petits instruments étaient à traction mécanique. [LR1907]

(D) Martin Rinckenbach, I/P? 5j, op.57, 1897

En 1896, Martin Rinckenbach posa un orgue (somptueux !) à Phalsbourg : celui de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption. Est-ce grâce à la réputation acquise par l'opus 21 ? Ou, au contraire, était-ce cette merveille qui lui premit d'obtenir le marché pour les deux suivants de l'école normale ? Toujours est-il qu'en 1897 eut lieu la livraison à l'école normale de l'opus 57 de Martin Rinckenbach, de 5 jeux, mécanique. On apprend par la suite qu'un des trois orgues Rinckenbach n'avait qu'un manuel, et il est probable que ce soit celui-là. [LR1907]

L'opus 57 de Rinckenbach, I/P 5j, 1897 (D). (Restitution.)L'opus 57 de Rinckenbach, I/P 5j, 1897 (D). (Restitution.)

(E) Martin Rinckenbach, 3j, op.67, 1901

En 1901 eut lieu la livraison du troisième Rinckenbach : l'opus 67, noté à 3 jeux dans les listes originelles. Et, au vu de ce qui va suivre, on déduit qu'il était muni de 2 claviers : II/P 3j, B8 / Sal8 / S16. Ce qui n'est pas étonnant pour un orgue d'enseignement. [LR1907]

L'opus 67 de Martin Rinckenbach, II/P 3j, 1901, (E),
à Weiterswiller en 1924. (Restitution.)L'opus 67 de Martin Rinckenbach, II/P 3j, 1901, (E),
à Weiterswiller en 1924. (Restitution.)

Dans la plaquette Lapresté de 1939, il y a deux orgues Rinckenbach pour l'école normale de Phalsbourg. (Au lieu de trois.) Et ils sont notés à 6 jeux. Plus exactement la ligne du tableau est "Phalsbourg Moselle Ecole Normale 2 orgues 6 jeux" : les caractères constituant "2 orgues" sont d'une autre fonte, et paraissent avoir été ajoutés. Le 6 paraît être une erreur : c'était probablement 5. Il est bien sûr possible qu'un des petits de 3 jeux, (C) ou (E), a été agrandi à 5. Mais (C) à 5 jeux reste l'hypothèse la plus simple. [PlaquetteRinckenbach1939]

En 1903, on s'adressa à Franz Kriess pour entretenir les 4 orgues de l'école normale. A priori le grand de 16 jeux 1885 (B), et les trois Rinckenbach (C), (D) et (E). Comme on l'a vu, il a proposé d'installer une transmission pneumatique sur le grand (B) : à l'époque, la mécanique n'était pas adaptée à l'enseignement. [IOLMO]

⇒ (A) a donc disparu avant 1903.

(B'), reconstruction de (B) par Kriess en 1904

Mais finalement, en 1904, Kriess livra une quai-reconstruction de l'instrument, avec aussi une composition revue. Et des composants Weigle. [IOLMO]

(F), II/P 8j, 1904, de facteur inconnu, composants Weigle

Toujours en 1904, un orgue d'étude est apparu, avec des composants Weigle, de 8 jeux. Il n'a sûrement pas été fourni par Kriess. Mais on sait que la maison Dalstein-Haerpfer utilisait, comme Kriess, des composants (sommiers, éléments de console) d'origine Weigle. C'était donc probablement un orgue de la maison Boulay. [IOLMO]

L'orgue II/P 8j de 1904 (F), à Tieffenbach.
Pour un "orgue d'étude", c'est un bel orgue d'étude !
On peut dire qu'à l'époque, on ne se moquait ni des élèves, ni des enseignants...L'orgue II/P 8j de 1904 (F), à Tieffenbach.
Pour un "orgue d'étude", c'est un bel orgue d'étude !
On peut dire qu'à l'époque, on ne se moquait ni des élèves, ni des enseignants...

En 1913, Kriess répara un orgue de 3 jeux, et en note la composition : II/P 3j, B8 / Sal8 / S16. C'est fort probablement (E), l'opus 67 de Rinckenbach. Eventuellement (C), s'il avait vraiment 3 jeux et non 5 jeux. [IOLMO]

Le mois suivant, Kriess proposa de reconstruire en pneumatique l'orgue de 5 jeux, donc a priori (D) l'opus 57 de Martin Rinckenbach. (II/P 5j : GP8, B8 / Sal8, FO4 / S16), mais il n'est pas exclu que ce soit (C). [IOLMO]

Fermeture de l'école normale

En 1923, l'école normale de Phalsbourg a été fermée, et trois des quatre orgues ont été mis en vente par les Domaines : [IOLMO] [PMSCS130]

Le conseil presbytéral de Weiterswiller fut apparemment le premier intéressé, et eut le choix entre trois orgues. A priori, deux deux convenaient, comme nous en informe le compte-rendu de sa délibération du 30/07/1923, qui inclut le montant des deux offres proposées : "Der Vorsitzende hat heute die 3 Orgeln im früheren Lehrerseminarzu Pfalzburg besichtigt. Der Rat beschliessit, sich an die Submission zu beteiligen mit 6020 fr. fur Orgel Nr.1, und 3200 fr. für Orgel Nr.2."
Weiterswiller fit donc une offre de 6020 Fr pour l'orgue "numéro 1", et 3200 Fr pour le numéro 2. [PMSCS130]

Deux mois plus tard, le 30/09/1923, une autre délibération indique que : "Zu Nr.1 lag in 50% hoheres Angebot vor ; bei Nr.2 blieb unser Angebot unter dem Wert (6500fr.). Der Rat macht ein 2. Angebot: 4500 fr. für Nr.2 (Schätzungswert 6500fr.) ; 6000 fr für Nr.3 (Schätzungswert 10.000 fr.)."
Quelqu'un avait donc (fortement) enchéri sur le numéro 1, et Weterswiller lâcha l'affaire. Pour le numéro 2, aucune contre-offre à celle de de 3200 Frs n'avait apparemment été faite, mais comme l'instrument était estimé à 6500 Frs, la préfecture négocia à la hausse. Weiterswiller proposa 4500 Frs. Et fit aussi une offre pour le troisième orgue, à 6000 Frs, alors qu'il était estimé à 10000. [PMSCS130]

Le compte-rendu du 09/01/1924 relate le dénouement de l'affaire : "Nachricht, dass Nr.2 uns zugeschlagen wurde (approbation du préfet de Metz 27/12/1923). Preis : 4500 + 10% + 1fr = 4951 fr. in 8 Tagen zu bezahlen. Kosten der Aufstellung auf 1000fr. geschätzt: durch Collecten und aus dem Verkauf des jetzt gebrauchten Harmoniums. Aufstellung durch Roethinger (Haerpfer hat abgelehnt: zu viel Arbeit)."
L'affaire porta donc sur l'orgue numéro 2 - le moins cher des trois, et aux 4500 Frs de l'offre s'ajoutèrent les taxes et droits, pour un total de 4951. (Mais on espérait pouvoir vendre l'harmonium.) Il fallait aussi prévoir 1000 Frs pour le déménagement de l'instrument, confié à la maison Roethinger, car Haerpfer avec décliné, arguant qu'il avait trop de travail. [PMSCS130]

- Ce "numéro 2", lors de la vente, était (E), l'opus 67 de Martin Rinckenbach, de 3 jeux (B8, Sal8, S16). (Le plus petit, c qui explique qu'il était le moins cher). Il n'avait pas de tuyaux de façade. Edmond-Alexandre Roethinger l'amena en 1924 à Weiterswiller, pour la paroisse protestante, et une photo des années 20 montre sa console et son banc, qui datent clairement de 1899-1903. En 1938, il y a été reconstruit par Edgard Wetzel.

⇒ C'est (E), l'opus 67 de Martin Rinckenbach, 1901, II/P 3j, qui est allé à Weiterswiller.

- Le "numéro 1" lors de la vente, un peu plus cher que le 2, était (D), l'opus 57 de Martin Rinckenbach, 1897, I/P 5j. C'est presque à coup sûr celui qui a été vendu à Lagarde (57). Portant une plaque "Martin et Joseph", ce ne peut être l'opus 21 (C). [IOLMO]

⇒ (D), l'opus 57 de Martin Rinckenbach, 1897, I/P 5j, est allé à Lagarde.

- Le "numéro 3", le plus cher, était donc (F), l'orgue de 8 jeux, celui qui a été vendu à Tieffenbach (ou il se trouve encore). A son déménagement, il avait 3 jeux au grand-orgue, 4 au récit expressif, et 1 à la pédale. C'est Frédéric Haerpfer qui s'est chargé du déménagement, mais cela ne signifie pas que l'orgue de 1904 ait été un Dalstein-Haerpfer. Même si cela reste probable. [IHOA]

⇒ (F), II/P 8j de 1904, comportant des éléments Weigle, est allé à Tieffenbach.

En 1926, Georges Schwenkedel vint à Phalsbourg, et trouva un orgue II/P 17j, 56 notes aux claviers et 30 à la pédale, 8 jeux au grand-orgue, 6 au récit, 3 jeux à la pédale, 5 accouplements, 4 combinaisons, et tout en boîte expressive. Il y avait des tuyaux qui manquaient à la façade.
Il s'agissait clairement de (B'), l'orgue de 1885 reconstruit par Kriess en 1904. La dernière ligne des notes est : "1 Orgel von Weigl, durch Kries erstellt." [SchwenkedelNB]

En 1926, cet orgue (B') faillit aller à Ribeauvillé, mais a finalement été déménagé à Oberbronn, où il a malheureusement subi en 1976 une impitoyable "mécanisation", qui l'a laissé sans style, et sûrement sans avenir.

⇒ (B'), l'orgue de 1885 reconstruit par Kriess en 1904 et vu par Schwenkedel en 1926 est allé à Oberbronn.

En 1934, l'inventaire de Mathias fait encore figurer un orgue à l'ancienne école normale : un instrument de Rinckenbach, II/P 5j. Le souci, c'est que (C), le premier orgue Rinckenbach, dont on a pas gardé la trace de vente, était censé n'avoir que 3 jeux. Soit il a été agrandi, soit il y avait une erreur dans les listes Rinckenbach (3 au lieu de 5 jeux). Ceci rend le tout plus cohérent. On a perdu toute trace de cet instrument après 1934. L'église luthérienne de Phalsbourg avait un orgue depuis 1844, et n'a donc pas accueil cet instrument. [Mathias] [IOLMO]

⇒ (C), l'opus 21 de Martin Rinckenbach, 1888, a disparu après 1934, et avait peut-être 5 jeux, et pas 3.

(Ce n'est pas lui qui est allé à Lagarde, car à Lagarde, il y a une plaque d'adresse "Martin & Joseph Rinckenbach". En 1888, Joseph avait 12 ans.) [IOLMO]

L'orgue Koulen du collège St-Antoine

On pourrait se dire que le dernier orgue de l'école normale, non vendu, a pu être acquis par les Franciscains juste après 1934, pour le collège St-Antoine, ouvert en 1933.

Il s'agit ici de l'établissement situé Chemin des Dames, à l'Est de Phalsbourg, et pas du collège Erckmann-Chatrian, rue de l'Arsenal, sur le site de l'ancienne école normale ; le souci, c'est que le collège St-Antoine s'est autrefois appelé Erckmann-Chatrian... On a pu lire que les élèves du collège étaient "initiés au chant choral, à la musique instrumentale, au théâtre, mais aussi à l'entretien de la maison et même à l'épluchage des pommes de terre." Ce qui, surtout dans le contexte de l'époque, rend un orgue très utile. (Et des éplucheurs de pommes de terre adaptés à l'enseignement absolument indispensables.)

Les dates s'alignent parfaitement, mais ce n'a pas été le cas :

De fait, la chapelle dispose d'un orgue de Jean-Georges Koenig, placé en 1952-1953. Et il y en avait un avant : dans une lettre de 1952, le père Guy écrit à Jean-Georges Koenig que "le collège Erckmann-Chatrian veut se débarrasser de son petit orgue de 4 jeux." Mais c'était un orgue Heinrich Koulen, mécanique (pédale pneumatique), avec des sommiers à cônes. (Donc construit à la fin du 19ème.) Il était précisé qu'il était dans un état pitoyable. [IOLMO]

...ce qui est souvent le cas pour les orgues de collèges.

Ce n'était donc pas un de ceux de l'école normale. Reste qu'on ne sait pas où était cet orgue Koulen avant 1933 (ouverture du collège), ni où il est allé.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670491002P01
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