Colmar, St-Matthieu, l'orgue Richard Dott dans le buffet d'Anton Ketterer.L'édifice est l'ancien couvent des Franciscains, et devint en 1575 l'église protestante St-Matthieu (ou église de l'hôpital).
Historique
Il y a peut-être déjà eu un orgue avant 1541, mais c'est en 1588 qu'un instrument est attesté formellement par sa réception le 02/06/1588 et son inauguration le jour de l'Ascension. Il a été transféré en 1695 de l'entrée de la nef vers le jubé. [IHOA] [AC1938] [ITOA]
Historique
En 1732, André Silbermann fournit un orgue de 24 jeux. [IHOA] [ITOA] [AC1938] [Mathias] [Barth] [PMSSTIEHR]
Comme on s'en doute, la composition est sans surprise :
En 1795, il y eut un relevage, par Joseph Rabiny. [AC1938] [IHOA] [Barth] [PMSSTIEHR]
Cet agrandissement d'une gravure de RothmullerUne intervention des Callinet ?
Il est probable que les Callinet ont travaillé dans cet instrument. Des tuyaux du Clairon du grand-orgue et de l'Ophicléide 16' viennent des ateliers de Rouffach, ainsi que des éléments de soufflerie. (Deux soufflets sur 3 semblent être de Callinet.) Or, autant on sait que des jeux peuvent voyager, autant c'est plus surprenant pour des soufflets.
Il faut sûrement situer cette intervention avant 1861, car la composition laissée par Joseph Stiehr comporte déjà un Ophicléide de pédale, mais l'indice reste maigre. Surtout qu'on ne voit pas trop où les Callinet auraient pu poser ce 16', vu que le sommier de pédale ne faisait que 3 chapes, et que les 3 autres ne sont venues qu'en 1862, grâce à un sommier supplémentaire. Il est toujours possible qu'il y ait eu les deux : des travaux à la soufflerie, puis l'importation de jeux.
L'orgue transformé par Stiehr
En 1861, suite à des travaux à l'édifice (plafond, chauffage), on demanda une (lourde) transformation de l'orgue à Joseph Stiehr. Les claviers ont été étendus à 54 notes. Le positif, le récit et la pédale ont été dotés de sommiers neufs. (Supplémentaires pour la pédale, les anciens ayant été conservés.) Le buffet a été peint, et une tourelle centrale a été ajoutée au buffet du positif de dos. [IHOA] [ITOA] [AC1938] [Barth] [Mathias] [PMSSTIEHR]
Le 12/10/1881, l'organiste G. Kern adressa au Consistoire une nouvelle requête pour demander différentes réparations, incluant des travaux à la soufflerie. La réparation a été confiée en 1882 à Martin Rinckenbach. L'orgue a été accordé au diapason normal et le pédalier a été remplacé. Il y eut encore des travaux en 1887 et en 1898. Les Trompettes actuelles de l'orgue sont de Rinckenbach, ainsi qu'une partie du Basson/Hautbois. Un ventilateur électrique a été posé en 1909. [AC1938] [ITOA]
Historique
L'orgue a été reconstruit en 1926 (et non 1913) par Frédéric Haerpfer. La traction est devenue pneumatique, le récit a été doté d'un sommier neuf de 56 notes. L'orgue a alors 44 ou 45 jeux. [IHOA] [ITOA] [AC1938] [Barth]
Ce projet avait été lancé avant la guerre. On avait consulté Albert Schweitzer, René Muller (Strasbourg) et Adolphe Hamm (Bâle, cathédrale). Schweitzer et Hamm recommandèrent la maison Dalstein-Haerpfer, et un accord fut conclu le 11/07/1914, mais il est devenu caduc quand le conflit éclata. Lorsqu'il s'acheva, il fallut d'abord faire des travaux à l'édifice. Frédéric Haerpfer rédigea un nouveau devis le 22/03//1924, présenté à une commission et à l'organiste Edouard Hütt, qui fit un rapport. [AC1938]
Mais entre temps, on avait envisagé de profondes restructurations architecturales, en particulier d'avancer la tribune vers la nef, pour ménager de la place pour le chœur mixte et l'orchestre. Il fallait donc déplacer le positif de dos, et revoir la transmission, qui, de toutes façons, ne donnait pas satisfaction : "Le mécanisme défectueux et suranné doit être remplacé par un moderne qui, en supprimant les défectuosités dont souffre actuellement l'orgue, en garantira un fonctionnement silencieux, sûr et aisé." Et : "De nouveaux registres doivent en embellir, améliorer et en renforcer la sonorité et lui donner une grandiose ampleur sans rien lui prendre de son précieux cachet d'origine, qui lui vient de son créateur André Silbermann." Frédéric Haerpfer rédigea un nouveau devis. [AC1938]
Les travaux ont été reçus le 01/07/1926 par Charles Muller (Strasbourg, conservatoire). [AC1938]
La nature exacte de ces travaux est difficile à cerner. Apparemment, la composition en 1926 n'a jamais été publiée. (Alors que les autres l'ont été à de nombreuses reprises...) On sait qu'un nouveau récit de 14 chapes a pris la place du récit de 1861 de 9 chapes. [ITOA]
De plus, les changements de jeux autres plans sonores ont été documentés :
- la Gambe du positif et le Salicional ("Jeu céleste") du récit ont été échangés ;
- le Basson/Cor anglais du positif a été remplacé par une Cymbale 3 rangs ;
- au récit, la Clarinette a été remplacée par une Trompette 8'. [RDott]
Ce qui donne 9 jeux au récit d'identifiés, sur 14. Les 5 supplémentaires posés par Frédéric Haerpfer peuvent être déduits de la composition relevée par l'inventaire technique de 1986 : Geigenprincipal, Voix céleste, Basson 16', Clairon et sûrement Quinte 2'2/3. (Sans accouplements ni tirasses - qui devaient être au complet, ni accessoires) :
En 1947, Ernest Muhleisen a remplacé des jeux au récit. [ITOA]
La traction a été électrifiée en 1951 par la maison Ernest Muhleisen. L'instrument était doté de 46 jeux (il y avait un Larigot au positif, posté sur une chape supplémentaire) et toujours 3 manuels, ainsi que d'une console mobile. Il y eut une autre intervention en 1963, visant à ré-harmoniser certains jeux par suppression des entailles de timbre. [IHOA] [ITOA]
En 1986, il y avait... un Cromorne 4' de pédale ! [ITOA]
Historique
L'orgue a été reconstruit en 1999 par Richard Dott. [IHOA] [RDott]
Ces travaux ont été réalisés en même temps qu'une importante restructuration architecturale. L'avancée de la tribune a été supprimée. Le positif de dos a été rapproché du grand buffet. Le récit néo-classique a été supprimé, et remplacé par un récit "de transition" (pré-romantique), avec sommiers neufs, dont l'expression est simplement commandée par une pédale à cran. De nombreux jeux neufs ont été réalisés.
Les couronnements du positif et du grand-orgue ainsi que les jouées du positif manquaient depuis longtemps. Mais des traces incontestables de leur présence ont été relevées sur les tourelles du grand corps et les deux tourelles latérales du positif. Les couronnements et les jouées ont été reconstitués en utilisant des parties conservées, et, pour ce qui manquait, en s'inspirant des ornements de Waldolwisheim et d'Altorf. [RDott]
Caractéristiques instrumentales
Sources et bibliographie :
Compositions, état de l'orgue avant 1999, nature des travaux.
Photo de 06/2006.
41. (Egl. prot.) (Franciscains) Dernier organiste Hans Müller, + 1541.; {S A I}, Silbermann 1732, Stiehr 1860 ; Dalstein et Haerpfer, 43 Jeux 3 Clav., Péd., sommier pneu., tract. 1. à 2. Clav. méc. 3. Clav. pneu., soufflerie électr.
Franziskaner. - Hans Müller, der letzte Organist t 1541. MATHIAS 59. - Deren Chor in der heutigen Spitalkirche = kathol. Kapelle, mit O. von Rinckenbach, von 1842. Vgl. I. BEUCHOT, Die ehemalige Franziskaner-, jetzige Spitalkirche zu Colmar, Colmar (um 1910), 59. Evangel. Kirche (ehemal. Spitalkirche). - Die protestant. Kirchenordnung von 1648 spricht von Organist u. Orgelu. der Einstellung des Orgelspiels von Laetare bis Ostern. Siehe E. GRAFF, in : Annuaire de Colmar 3 (1937), 125. - 1695 : Versetzung der O. zwischen Schiff u. Chor. HORNING, GK 44. - Silbermann 1732. MATHIAS 58. - Vertrag 29. I. 1729. Aufstellung der O. am 30. VII. 1732 vollendet, mit Hauptwerk (12 Reg.), Positiv (8 Reg.), Echo (1 Reg.) u. Ped. (3 Reg.). WÖRSCHING 149 f. - Zum 21. VI. 1795 erwähnt Birkel, Stadtarchivar von Colmar (Tagebuch), dass die Wiederherstellung der O. geplant sei, da 6 Pfeifen gestohlen u. 2 zertreten waren. Laut Bericht vom August 1795 (Birkel) übernimmt Rapini, Orgelmacher zu Rufach, die Rep. der O. Siehe Jahrbuch des Geschichtsvereins für Stadt u. Tal Münster 3 (1929), 78 u. 80. - Zur O. im Juni 1795 siehe auch J. RATHGEBER, Colmar u. die Schreckenszeit, Stuttgart 1873, 102. - Im J. 1860 veränderte Stiehr einige Reg. Die O. verschwand 1913, als Dalstein und Haerpfer eine neue O. mit 43 Reg. aufstehen. WÖRSCHING 150.
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