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Les orgues de la région de Ribeauvillé
Illhaeusern, Sts-Pierre-et-Paul
1917 degr > Dégâts
L'orgue Curt Schwenkedel d'Illhaeusern.
Photo de Roland Lopes, 08/11/2003.L'orgue Curt Schwenkedel d'Illhaeusern.
Photo de Roland Lopes, 08/11/2003.

Cet orgue de Curt Schwenkedel marque la transition entre les esthétiques néo-classique et néo-baroque, qui eut lieu dans les années 1960. Ici, la tendance "baroque" (plus exactement "classique parisienne") touche surtout la composition et la transmission mécanique (pas encore suspendue, toutefois), et pas vraiment l'architecture.

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L'orgue Claude-Ignace Callinet,
1868
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Historique

L'histoire commença par cinq projets - non réalisés - proposés par les frères Wetzel à partir de mars 1865. Quatre devis concernaient des orgues neufs (de prix croissant) et le cinquième, sûrement rédigé en désespoir de cause, consistait à fournir un orgue d'occasion. De façon peu surprenante, c'est finalement Claude-Ignace Callinet qui livra un orgue, en 1868. Le devis est daté du 29/09/1867. [IHOA] [Barth] [PMSRHW]

L'épisode est révélateur de l'état de la maison Wetzel de Strasbourg, qui devait certainement ne pas avoir de calendrier à sa disposition, vu qu'en 1865, elle semblait encore vivre dans le monde de l'orgue des années 1830-1840. Le premier de ces devis proposait un orgue à un seul manuel (54 notes) et une pédale inutilisable, puisque limitée à 13 notes seulement. Et pourtant, cette pédale "décorative" était prévue avec trois jeux (16', 8', 4'). Heureusement, la maison Wetzel trouva une seconde jeunesse vers 1887.

Notons que dans les années 1850, il y avait un facteur d'orgues établi à Illhaeusern : Sébastien Thomann. Il ne dut pas avoir beaucoup de succès, car ses seuls travaux connus sont des réparations à Marckolsheim (en 1854) et Guewenheim (en 1859). [PMSCALL]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en 1917. [IHOA]

L'instrument a été détruit par faits de guerre en 1945. [IHOA]

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Historique

En 1961, Curt Schwenkedel construisit un orgue neuf, reçu le 12/11. [IHOA]

La composition d'origine est la même que celle ci-dessous. Ce qui est frappant, c'est l'extrême "standardisation" des compositions qui a commencé à s'imposer depuis la fin des années 1950.

Le grand-orgue est essentiellement un empilement de Principaux, commençant en 8' et finissant... très aigu avec une Fourniture de 4 rangs (alors que les fondamentales ne sont pas assurées). Il n'y a pas de 16' manuel, et seulement un jeu de fond de 8' ! Cet étalage de Principaux, même pas accompagné d'une Flûte ou d'une Gambe, est complété par un Trompette, que l'on conçoit - évidemment - comme "française" (ou plutôt l'idée qu'on s'en faisait). Il n'y a pas de grand (dessus de) Cornet.

Le second clavier n'est plus expressif. C'est clairement un positif intérieur, constitué d'un Jeu de Tierce (8', 4', 2'2/3, 2' et 1'3/5), complété par une Cymbale, qui fait "petit plein-jeu". Et toutes ces harmoniques "explicites" ne sont soutenues que par un malheureux Bourdon 8'. Comme le grand-orgue, ce second clavier est complètement dépourvu de Gambes et fortement déséquilibré vers l'aigu.

La seule originalité se trouve à la pédale : un Quintaton 4', intéressant car le pédalier est doté de 32 notes. L'idée a fait son chemin, puisqu'en 1964, on trouve un tel Quintaton 4' à la pédale de l'orgue Roethinger du Mont Ste Odile. Pas de Violoncelle.

Enfin, la console est en fenêtre. Après des décennies de belles consoles indépendantes, très ergonomiques, les organistes allaient devoir recommencer à devoir jouer avec la tête dans une armoire. Et d'où venait ce "progrès" ? Soit-disant parce que la mécanique "suspendue" est la seule capable de transmettre le génial phrasé des Vrais Virtuoses. C'est donc clairement un choix destiné à faciliter la vie du facteur... au détriment des organistes, qui, en plus, étaient censés trouver ça génial. Et en plus, ici, la mécanique n'est même pas suspendue, mais à équerres... c'était bien la peine...

Cet instrument n'a plus grand-chose d'Alsacien ; il tourne même ostensiblement le dos aux traditions romantique et post-romantique alsaciennes : ce style "néo-baroque" (en fait plutôt "classique parisien") s'est déjà totalement imposé en 1961. Clairement, la définition d'un orgue, à l'époque, c'était "Un instrument à vent, sur lequel on joue Couperin".

D'un point de vue historique, cet instrument illustre aussi une étape "néo-baroque" définie avant l'irruption des marottes "nordiques" qui ont sévi plus tard. On a donc ici échappé aux Sesquialteras et autres aberrations issues du culte de Schnitger. Notons aussi l'apparition des jeux coniques, qui feront recette durant les années 60. Mais le plus déterminant, c'est l'adoption de la fameuse harmonisation à plein vent.

Il y eut un relevage, en 1993, mené par Richard Dott. [IHOA]

Caractéristiques instrumentales

Console: Console en fenêtre frontale.
Transmission: Mécanique à équerres.
Sommiers: Sommiers à gravures.
Tuyauterie:

Pressions : grand-orgue : 43 mm, récit : 30 mm, pédale : 60 mm.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680153001P02
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