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Les orgues de la région de Marmoutier
Marmoutier, St-Etienne
Partie instrumentale classée Monument Historique, 24/09/1971.
Buffet classé Monument Historique, 06/12/1972.
Marmoutier, l'orgue André Silbermann, 1709-1710.Photo
        de François Comment, 09/2005.Marmoutier, l'orgue André Silbermann, 1709-1710.
Photo de François Comment, 09/2005.

L'orgue de Marmoutier est, à juste titre, l'un des plus célèbres d'Europe. Avec celui d'Ebersmunster, il est l'un des seuls instruments des Silbermann d'Alsace à avoir traversé les siècles sans avoir été modifié. Comme l'orgue d'Ebersmunster, Marmoutier est dû à Silbermann "père", c'est à dire André, ou Andreas.

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L'orgue de facteur inconnu (1623)
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Historique

Un orgue est attesté à Marmoutier dès 1623, par la présence d'un organiste : Martinus Stegmann. [CMuller]

?Etait-il apparenté au compositeur Josua Stegmann (1588-1632) ?

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L'orgue Christoph Aebi,
1669
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Historique

Ce premier instrument fut renouvelé par Christoph Aebi en 1669. [IHOA]

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Historique

L'orgue de Marmoutier a été construit par André Silbermann de 1709 à 1710. Comme à son habitude, Silbermann ne garda rien de l'instrument précédent. [ArchSilb]

"Anno 1709 ist diese orgel gesetzt worden
Damahl war des Weyn erfrohren Und Muste
Man sich des Schobbens vor eine Halbe
Mass bedienen. Es Mangels auch sonst
Nirgents als an allen orden."

Inscription retrouvée dans la tourelle gauche du positif

Cet instrument faillit coûter la vie à André Silbermann : l'un de ses ouvriers s'était enivré lors d'une livraison de vin au monastère. Lorsque Silbermann vint le réprimander, l'ouvrier l'agressa à l'aide d'un outil tranchant. Ramené à Strasbourg, André passa plusieurs semaines à l'hôpital. [ArchSilb]

André avait signé le marché avec l'abbé Anselme Moser en 1707, et construisit cet orgue dans la plus pure tradition du style d'orgue classique français. Son commanditaire voulait en effet résolument un orgue dans le "goût français", ce qui explique qu'il ait retenu un facteur qui ne pouvait donner comme références que 3 orgues :

L'essentiel était donc son expérience (de 1704 à 1706) chez François Thierry "Facteur d'orgues du Roy". L'idée était d'associer ce style français (composition et buffet) à la pédale indépendante, plus allemande, fondée sur 16 pieds. (Ici, il s'agit d'une Flûte ouverte 16', en bois.) Cette idée allait faire recette, et fonder un véritable style d'orgue.

L'instrument était placé sur un jubé (dans le transept sud). Il avait 20 jeux sur 2 claviers et pédale : c'est le premier "grand 8 pieds" construit par André Silbermann. Nul doute qu'il mit tout son coeur à l'ouvrage, sur lequel allait reposer toute sa réputation. C'est aussi le premier instrument qu'il construisit sans son frère Gottfried. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [ArchSilb]

Jean-André Silbermann, fils d'André, vint en 1743 avec son frère Daniel pour réparer les soufflets. [ArchSilb]

Comme il le faisait souvent (et sûrement parce qu'Anselme Moser avait dû modérer les dépenses en 1710 pour faire face aux travaux dans le choeur), André Silbermann avait laissé des chapes vides (une au positif et quatre à la pédale) en vue de compléments ultérieurs. Jean-André Silbermann posa les jeux correspondants, en 1746, et, pour enrichir encore un peu plus l'instrument, il ajouta un nouveau clavier, qui était fort logiquement un écho de 25 notes (constitué d'un Cornet 5 rangs, non décomposable à l'origine). [IHOA]

Vue transversale de la console avant
                    restaurationPhoto de François Comment.Vue transversale de la console avant restauration
Photo de François Comment.

Jean-André Silbermann revint en 1755 pour remplacer la soufflerie, et en 1765 pour faire un nettoyage rendu nécessaire par la poussière venant des travaux menés dans le choeur. [ITOA]

Il y eut encore une réparation de la soufflerie en 1772 : cette fois, Silbermann y envoya son contremaître Conrad Sauer. [ArchSilb]

Jean-André attribue ces mauvais fonctionnements au fait que les souffleurs étaient des gamins qui s'amusaient avec les soufflets plutôt que de les faire fonctionner régulièrement. [ArchSilb]

En 1789, l'orgue fut déplacé du jubé à sa place actuelle en tribune. D'abbatiale, l'église devint paroissiale, l'ancienne église paroissiale fut abandonnée. [RSA]

Il est à noter que sur le jubé, les sommiers de pédale étaient placés plus bas qu'actuellement (par rapport au niveau du soubassement), ce qui fait que la Flûte 16' de pédale était moins en évidence. Cette opération de relèvement de la pédale, pour dégager la tribune, a bien été menée au 18 ème, bien qu'elle soit souvent datée de 1915. Elle profite sans nul doute à l'acoustique de la pédale. [MThomann]

Vue sur le massif de pédale depuis la gauche
                    du buffet (15/08/2003).Vue sur le massif de pédale depuis la gauche du buffet (15/08/2003).

En 1805, croyant que l'orgue de Marmoutier était démonté et ne servait donc pas, la paroisse St-Jean de Strasbourg (sûrement motivée par d'autres "aubaines" faites par les paroisses aux dépends des institutions supprimées par la révolution) voulu le "récupérer". Le maire de Marmoutier dut rétablir la vérité. [ITOA]

Il y eut encore une réparation en 1872. [ITOA]

Le 23/11/1876, on fit accord avec Charles Wetzel pour un nettoyage. En même temps, Wetzel proposa les "améliorations" suivantes (portant évidemment sur le des Mutations, à l'époque passées de mode). [PMSRHW]

Heureusement, à part le simple décalage du Nasard en Flûte 4', tout ceci ne fut pas commis : à part la Tierce du grand-orgue (probablement enlevée en échange d'un accord - c'est dire si la paroisse devait être pauvre !) (de fait Rupp note dans son ouvrage paru en 1929 que la chape de la Tierce du positif est vide), tous ces jeux sont restés en place. Charles Wetzel revint accorder l'orgue le 17/10/1882, une petite réparation en 1887"/>, un devis Wetzel pour une nouvelle soufflerie en 1888, et en 1889, c'est le jeune Edgard Wetzel accompagné de Jacques Boehler qui accordèrent l'instrument. [RSA] [ITOA]

En 1915, le pédalier a été remplacé. L'ancien a été conservé. Il est actuellement exposé au Centre Européen de l'Orgue devant le banc d'origine. Ce dernier a l'air d'être en sapin, ce qui expliquerait son état incompatible avec une utilisation. De plus, il est prévu pour un pédalier de 25 notes. Il y eut encore des travaux, par Edgard Wetzel, en 1930, 1936 et 1937 (accord). [ITOA] [Rupp]

Le banc et le pédalier Silbermann.Exposés
                    au Centre Européen de l'Orgue (02/04/2006).Le banc et le pédalier Silbermann.
Exposés au Centre Européen de l'Orgue (02/04/2006).

Ce dernier accord de Wetzel ne fit visiblement pas l'unanimité : l'inscription "Gestimmt am 10-12 mai 1937 Edgard Wetzel", placée dans l'orgue a été "corrigée" en replaçant "gestimmt" par "verstimmt", ce qui donne "[L'orgue a été]dés accordé du 10 au 12 mai 1937 par Edgard Wetzel".

L'instrument a donc passé le cap des années Néo-classiques sans encombre. Rappelons que cette époque (1920-1939), qui vit un retour à la mode de l'esthétique classique, fut beaucoup plus nuisible à l'authenticité de ces instruments que l'âge Romantique (1870-1914). De partout, on n'avait de cesse que "d'améliorer" les instruments du 18 ème siècle. A Marmoutier, peut-être par manque de moyens, peut-être aussi parce que les différents intervenants avaient conscience d'avoir à faire à un chef-d'oeuvre, l'instrument resta à peu près intact.

L'ancien ventilateur, vestige des travaux du
                    début du 20 ème (photo prise le 15/08/2003).Bien qu'hors fonction, celui-ci
                    est encore accompagné de son fidèle bidon d'huile.L'ancien ventilateur, vestige des travaux du début du 20 ème (photo prise le 15/08/2003).
Bien qu'hors fonction, celui-ci est encore accompagné de son fidèle bidon d'huile.

C'est en 1955 qu'eut lieu la restauration, exemplaire, menée par les Amis de l'Orgue Silbermann de Marmoutier, et confiée conjointement à Ernest Muhleisen et Alfred Kern. [ITOA] [Marmoutier1955]

Alfred Kern s'était mis à son compte dès 1952, mais fit quand même ce travail pour Muhleisen.

Voici en quoi consistèrent ces travaux :

L'inauguration eut lieu le 16/10/1955 par André Marchal (L. et F. Couperin, Grigny, J.S. Bach), mais aussi Jean-Joseph Rosenblatt (accompagnant la "partie liturgique"). [ITOA] [Marmoutier1955]

A l'arrière plan, les pavillons de la Bombarde
                    de Silbermann.La photo a été prise au Centre Européen de l'Orgue
                    (CEO),le jour de l'inauguration de ce dernier, le 02/04/2006.Figurent
                    aussi sur cette photo deux autres piècesnotables du patrimoine organistique
                    alsacien :le pianoforte organisé de François Antoine Pesseuxet la
                    sacoche authentique de Michel Chapuis.A l'arrière plan, les pavillons de la Bombarde de Silbermann.
La photo a été prise au Centre Européen de l'Orgue (CEO),
le jour de l'inauguration de ce dernier, le 02/04/2006.
Figurent aussi sur cette photo deux autres pièces
notables du patrimoine organistique alsacien :
le pianoforte organisé de François Antoine Pesseux
et la sacoche authentique de Michel Chapuis.

François Antoine Pesseux (le même qui reçut l'orgue de Gertwiller) construisit des pianoforte à Blienschwiller pendant 10 ans, à partir de 1820. L'instrument figurant sur la photo a été méticuleusement restauré par la maison Muhleisen en 1999.

L'orgue Silbermann de Marmoutier a été relevé en 2009-2010 par la maison Quentin Blumenroeder. [RLopes]

Pour ce qui est de la soufflerie, aucun soufflet d'André Silbermann ne nous est parvenu intact. Le soufflet cunéiforme de Soultz-les-Bains est de Jean-André, et il est adapté à un petit instrument. Après l'expérience menée à Wasselonne il était clair que l'utilisation de soufflets cunéiformes restera difficile, surtout sur le long terme (leur maintenance est problématique). L'alimentation en vent reste un point fort délicat de l'orgue classique.

Le tremblant fort n'avait jamais été supprimé, mais il n'était plus fonctionnel (et surtout plus à la mode tant au 19ème qu'au 20ème siècle). Sa commande était cachée par une baguette de bois. Celui-ci doit être le seul tremblant fort (i.e. à vent perdu : une soupape lestée d'un ressort ouvrant le porte-vent pour le décharger régulièrement) de Silbermann conservé. L'accessoire est avant tout conçu pour animer le grand-jeu.

L'orgue a été inauguré le dimanche 20/06/2010 par Gustav Leonhart.

Cet instrument a donc gardé une authenticité extrêmement rare. Les tuyaux de façade, en étain, ont échappé à la réquisition de 1917. Les biseaux des tuyaux à bouche n'ont que rarement été retouchés, ce qui prouve que l'harmonisation n'a presque pas été revue. L'orgue de Marmoutier, juste après sa restauration de 1955, servit aux enregistrements de l'organiste américain Melville Smith. Ces enregistrements eurent un fort retentissement sur la facture américaine, et Marmoutier servit plusieurs fois de modèle. Même si, en 1955, le terme "restauration" n'avait pas la même signification qu'aujourd'hui, les travaux menés à l'époque font exception du point de vue du respect des éléments historiques. Dans toute la mesure du possible, les quelques concessions faites à l'époque ont été corrigées par les travaux de 2010. [RSA]

Ce type de facture est vraiment faite pour traverser les siècles ! D'un point de vue financier, ceci fait sûrement d'un orgue ainsi construit, malgré son prix conséquent, l'instrument de musique polyphonique le plus économique qui soit...

Il est intéressant de constater à quel point cet orgue - l'un des premiers d'André Silbermann - est différent de celui d'Ebersmunster - l'un de ses derniers -. Les deux sont résolument "classiques français", directement issus de l'école parisienne de la fin du 17 ème. Si André Silbermann est allé se former chez François Thierry, c'est parce que le lorrain Claude Legros avait introduit et promu ce type de facture en Lorraine germanophone et en Alsace avant lui. André Silbermann est probablement venu en Alsace "pour voir", et a été enthousiasmé par ce style : il travailla avec Friedrich Ring sur l'orgue du Temple-neuf de Strasbourg (aujourd'hui à Ribeauvillé), mais à la mort de Ring, cet orgue a été essentiellement réalisé par Claude Legros, qui ne voulut pas de Silbermann comme collaborateur. Le "stage" à Paris directement chez Thierry était alors la seule solution. L'orgue de Ribeauvillé reste donc l'acte fondateur de l'orgue alsacien, qui allait être une synthèse entre le style parisien de la fin du 17 ème (anches, Cornets) et le style germanique (pédale, fonds). Ces instruments sont donc fondamentalement différents des orgues de Gottfried Silbermann (le frère d'André). Quand à la synthèse entre les deux styles (André et Gottfried) qu'opéra Jean-André (fils d'André) à deux reprises, au Temple-neuf de Strasbourg (1749) puis à l'abbaye de Sankt-Blasien (D) (1775), elle nous restera à jamais inaccessible, puisque ces deux chef d'oeuvres ont été victimes de la folie des hommes, respectivement en 1870 et en 1944. Seuls les célèbres angelots de Sankt-Blasien (tout ce qui reste de l'instrument) sont là pour témoigner.

Le buffet

La guirlande de Marmoutier.Photo de Roland
                Lopes.La guirlande de Marmoutier.
Photo de Roland Lopes.

Le buffet, en chêne, date de 1709 et a été construit par Andreas Bender. Contrairement à Gottfried, André et Jean-André ne construisaient jamais leurs buffets (mais en dessinaient les plans). L'ébéniste Bender, installé à Strasbourg, fut le sous-traitant préféré d'André, jusqu'à ce qu'un différent, en 1730, mit un terme à leur collaboration.

Le grand buffet a 7,30 m de haut pour 4,20 m de large et 2,60 m de profondeur, et le petit 2,70 m de haut pour 1,83 m de large et 80 cm de profondeur. Les proportions de l'ensemble sont dictées par des principes géométriques simples. Le style, promu en Alsace par Friedrich Ring, est clairement "classique français", mais moins "parisien" qu'Ebersmunster (5 tourelles). Les tourelles sont rondes, à 5 tuyaux, avec entablement, les plates-faces se terminent horizontalement. Le grand buffet se rétrécit à la ceinture, de façon à ce que le soubassement soit nettement plus étroit (de la largeur d'une grande tourelle de chaque côté) que les superstructures. Celles-ci sont constituées de 3 tourelles, la petite au milieu, et 2 plates-faces. Pour le positif de dos, c'est le modèle à 3 tourelles (la plus petite au milieu) qui a été retenu. On trouve à Marmoutier toute l'ornementation traditionnelle : jouées, rinceaux, claires-voies, frises, culots, copieusement ornés de feuilles d'acanthe. Les couronnements sont des pots à fleurs au grand-orgue, le positif en étant dépourvu. Plus originale est la guirlande de fleurs (ornée d'un ruban) qui descend depuis la tourelle centrale jusqu'à la console : cela n'a été rendu possible que par la hauteur peu commune du soubassement.

Façade en étain, d'origine. Aplatissages en triangle, sauf pour les grandes tourelles du grand-orgue (écussons rapportés en plein cintre) ainsi que pour les tuyaux centraux des plates-faces du grand-orgue, et des autres tourelles.

A l'origine prévu pour être placé sur un jubé, ce buffet a été placé en tribune peu avant la Révolution. La pédale fut relevée à cette occasion (et pas du tout en 1955 comme on peut le lire parfois). Ceci permet de montrer la Flûte 16' entre les tourelles du grand-orgue, et donne toute sa personnalité à l'orgue de Marmoutier, en constituant un arrière plan boisé en forme de mitre. Depuis 2010, ces tuyaux sont à nouveau ceux d'André Silbermann (1710) ; ils correspondant au seul jeu de pédale installé à l'origine (qui n'avait même pas de tirant).

[ITOA] [ArchSilb] [MThomann] [Palissy]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2010
Positif de dos, 49 n. (C-c''')
C-fis en montre
Basses à cheminées, dessus ouvert
C G g c' g' c''
2/3' 1' 1'1/3 2' 2'2/3 4'
1/2' 2/3' 1' 1'1/3 2' 2'2/3
1/3' 1/2' 2/3' 1' 1'1/3 2'
Jean-André (1746)
Grand-orgue, 49 n. (C-c''')
Ouvert
Blumenroeder (2010)
Dessus, posté.
C c g c' g' c''
1'1/3 2' 2'2/3 4' 5'1/3 8'
1' 1'1/3 2' 2'2/3 4' 4'
2/3' 1' 1'1/3 2' 2'2/3 2'2/3
C G c g c' c'' g''
1/2' 2/3' 1' 1'1/3 2' 2'2/3 4'
1/3' 1/2' 2/3' 1' 1'1/3 2' 2'2/3
1/4' 1/3' 1/2' 2/3' 1' 1'1/3 2'
Tiroir, par déplacement III+II
Echo, 25 n. (c'-c''')
Jean-André (1746). Sans tirant
Jean-André (1746). Tirant de 1955
Jean-André (1746). Appelé 'Echo' à la console
Pédale, 27 n. (C-d')
Jean-André (1746). Tirant à pommeau de Wetzel
Jean-André (1746). Etain (sic). Tirant à pommeau de Wetzel
Jean-André (1746)
Jean-André (1746), pavillons de Blumenroeder (2010)
Jean-André (1746)
[ITOA]
Console:
La console avant restauration (15/08/2003). Le
                    banc n'était pas conforme à l'original. Notons que Jean-André Silbermann a
                    conservé dans ses archives un dessin montrant, de flanc, le banc (construit par
                    son père) et les cotes du pédalier.La console avant restauration (15/08/2003). Le banc n'était pas conforme à l'original. Notons que Jean-André Silbermann a conservé dans ses archives un dessin montrant, de flanc, le banc (construit par son père) et les cotes du pédalier.
Le console après les travaux (photo Roland
                    Lopes). On distingue la commande de l'accouplement à tiroir : ce sont les deux
                    pommeaux verticaux. Ils permettent de déplacer le groupe grand-orgue + écho
                    (deuxième et troisième clavier). Les touches du grand-orgue (deuxième clavier)
                    reposant alors sur celles du positif (clavier du bas), ces dernières sont
                    enfoncées quand on joue au grand-orgue. C'est pour cette raison (et aussi un
                    passage rationnel de la mécanique) que le positif d'un orgue "classique" se
                    trouve en bas, alors qu'il est au au-dessus du grand-orgue dans un orgue
                    romantique (dans lequel les accouplements sont commandés par pédales).Le console après les travaux (photo Roland Lopes). On distingue la commande de l'accouplement à tiroir : ce sont les deux pommeaux verticaux. Ils permettent de déplacer le groupe grand-orgue + écho (deuxième et troisième clavier). Les touches du grand-orgue (deuxième clavier) reposant alors sur celles du positif (clavier du bas), ces dernières sont enfoncées quand on joue au grand-orgue. C'est pour cette raison (et aussi un passage rationnel de la mécanique) que le positif d'un orgue "classique" se trouve en bas, alors qu'il est au au-dessus du grand-orgue dans un orgue romantique (dans lequel les accouplements sont commandés par pédales).

Console en fenêtre d'André Silbermann (1710), avec claviers en ébène, feintes plaquées d'os. Frontons sculptés en demi-cercles. Tirants de section carrée avec pommeaux noirs (deux de Wetzel ont un point blanc). Claviers replaqués en 2010 pour rattraper l'usure. Pédalier et banc de Blumenroeder (2010).

Le pédalier neuf, de 27 notes, avec les
                    feintes à bec comme l'original (photo Roland Lopes).Le pédalier neuf, de 27 notes, avec les feintes à bec comme l'original (photo Roland Lopes).
Les étiquettes après les travaux (photo Roland
                    Lopes). Les deux tirants du bas (un seul est visible ici), appelant les Flûtes
                    de pédale viennent Wetzel (avec leur point blanc central, ils sont
                    caractéristiques de ce facteur), mais n'ont été posés qu'en 1955. Au niveau du
                    tirant de la Doublette, contre la paroi du fond, on distingue le levier
                    permettant d'actionner le Tremblant fort. Avant 2010, une réglette de bois
                    parcourait toute la hauteur de la console à cet endroit.Les étiquettes après les travaux (photo Roland Lopes). Les deux tirants du bas (un seul est visible ici), appelant les Flûtes de pédale viennent Wetzel (avec leur point blanc central, ils sont caractéristiques de ce facteur), mais n'ont été posés qu'en 1955. Au niveau du tirant de la Doublette, contre la paroi du fond, on distingue le levier permettant d'actionner le Tremblant fort. Avant 2010, une réglette de bois parcourait toute la hauteur de la console à cet endroit.

Disposition et orthographe (après les travaux de 2010) des tirants, dans et à droite de la console en fenêtre:

 
Bourdon
16
Prestant
Cymbale
Clairon
Dessus
Supbass
Tremblant
Bourdon
8
Doublette
Trompette
Basses
Echo
Octavenbass
 
Nazard
Tierce
Trompette
Dessus
Voix Humaine
Cornet
Montre
Fourniture
Clairon
Basses
Prestant
D'Echo
Trompette
Bomparte
Prestant

Et du côté droit du positif (derrière le bras gauche de l'organiste):

Cromorne
Fourniture
Tierce
Doublette
Nazard
Bourdon
8
Prestant
 (Les tirants du positif sont dans le petit
                    buffet, donc dans le dos de l'organiste(comme à , mais ici seulement du côté gauche.) (Les tirants du positif sont dans le petit buffet, donc dans le dos de l'organiste
(comme à Soultz-Haut-Rhin, mais ici seulement du côté gauche.)
Les étiquettes des tirants de pédale
                    correspondant aux jeux Jean-André Silbermann 1746, le 15/08/2003.Les étiquettes des tirants de pédale correspondant aux jeux Jean-André Silbermann 1746, le 15/08/2003.
Les mêmes après les travaux (photo Roland
                    Lopes).Les mêmes après les travaux (photo Roland Lopes).
Transmission: Mécanique suspendue. Grand abrégé pour le grand-orgue, pas d'abrégé à l'écho (vergettes en éventail), balanciers pour la pédalier. [ITOA]
Sommiers: Sommiers à gravures, d'origine (1746 pour l'écho). Positif et Echo chromatiques, grand-orgue et pédale diatoniques. [ITOA]
Soufflerie: L'alimentation est constituée de trois soufflets cunéiformes (dimensions Stiehr). Il y en avait 4 à l'origine, d'après les montants. On peut s'en servir comme pompes manuelles ou au moyen de moteurs qui tirent des cordes et recréent le mouvement d'un souffleur. On peut bien sûr aussi s'en servir de réservoir, et ils sont alors remplis au moyen d'un ventilateur électrique. [RLopes]
Tuyauterie:

Toutes les Mixtures sont en étain, les Cornets en Etoffe. L'ensemble de l'orgue a des tailles assez étroites. Les Silbermann plus tardifs (même ceux d'André) deviennent plus "flûtés" (c'est-à-dire qu'à hauteur égale, les tuyaux sont construits plus larges). Cela se sent très nettement lorsque l'on compare Marmoutier à Ebersmunster. Construire une Flûte 8' de Pédale en étain et non en sapin est tout à fait inhabituel. Cela ne peut s'expliquer que par le manque de place.
Diapason : Si 440 Hz (La 395 Hz) (ton français). [ITOA]

Taille de certains jeux (en mm), relevées par Georges Schwenkedel et publiées par Rupp (la Flûte 4' a été retirée, car il s'agissait du Nazard 2'2/3 décalé en 4' par Wetzel):

Grand-orgue C c c' c'' c'''
Bourdon 16' 180 110 60 48 30
Sapin Chêne Etoffe Etoffe Etoffe
Bouché Bouché Bouché Bouché Bouché
Principal 8' 145 97 52 36 21
Etain Etain Etain Etain Etain
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Bourdon 8' 110 60/54 47 28 20
Chêne Chêne ->d dis-> Etoffe Etoffe Etoffe
Bouché Bouché Cheminées Cheminées Cheminées
Prestant 4' 86 50 31 19 12
Etain Etain Etain Etain Etain
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Nazard 2'2/3 70 48 31 20 14
Etoffe Etoffe Etoffe Etoffe Etoffe
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Doublette 2' 44 26 16 12 8
(pieds en Etain Etain Etain Etain Etain
étoffe) Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Tierce 1'3/5 51 33 21 15 9
Etoffe Etoffe Etoffe Etoffe Etoffe
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Cornet: 8' 40 26 20
Cheminées Cheminées Cheminées
Cornet: 4' 39 25 16
Cornet: 2'2/3 30 20 13
Cornet: 2' 25 17 11
Cornet: 1'3/5 21 15 11
Positif C c c' c'' c'''
Bourdon 8' 110/105 61 40 26 18
Chêne ->cis d-> Etoffe Etoffe Etoffe Etoffe
Bouché Bouché cis'-> Cheminées Cheminées Cheminées
Prestant 4' 80 50 28 17 12
Etain Etain Etain Etain Etain
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Doublette 2' 40 24 14 10 7
Etain Etain Etain Etain Etain
Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert Ouvert
Pédale C c c'
Flûte 16' 270/210 150/110 80/50
Sapin Sapin Sapin
Ouvert Ouvert Ouvert
Flûte 8' 160 100 53
Etain Etain Etain
Ouvert Ouvert Ouvert
Flûte 4' 105 61 40
Etoffe Etoffe Etoffe
Ouvert Ouvert Ouvert
[Rupp]

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