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An2000
An2001
Photo
~ Les orgues de la région d'Obernai ~

Obernai, Sts Pierre et Paul
Joseph MERKLIN, 1882

Partie instrumentale classée Monument Historique le 26/06/1991
Buffet classé Monument Historique le 30/12/1982
Orgue restauré dans son état d'origine par Daniel KERN en 2001.


Avant... MERKLIN Après...

Composition, 2001
Grand-Orgue
56 notes
Positif intérieur
56 notes
Récit expressif
56 notes
Pédale
30 notes
Principal 16' Bourdon 8' (G.O.) Quintaton 16' Contrebasse 16'
Bourdon 16' Flûte harmonique 8' (G.O.) Principal 8' Soubasse 16' (G.O.)
Montre 8' Gemshorn 8' Rohrfloete 8' Violoncelle 16'
Bourdon 8' Gambe 8' Gambe 8' Octavebasse 8' (G.O.)
Flûte harmonique 8' Salicional 8' (G.O.) Voix céleste 8' Bourdon 8'
Salicional 8' Flûte 4' (G.O.) Flûte octaviante 4' Violoncelle 8'
Prestant 4' Quinte-flûte 2'2/3 Flageolet 2' Flûte 4'
Flûte octaviante 4' Doublette 2' Cornet 5 rgs Posaune 16'
Octavin 2' Clarinette 8' Trompette harmonique 8' Trompette 8'
Grand Cornet 5 rgs   Basson/Hautbois 8' I/P
Fourniture progressive 4-5 rgs   Voix humaine 8' II/P
Bombarde 16'   Trémolo III/P
Trompette 8'      
Clairon 4'      
II/I      
III/I (16', 8')      
     L'orgue d'Obernai est le témoin d'une époque : celle des années 1870, où, après l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne, un certain nombre d'Alsaciens ont voulu faire exception dans tous les domaines possibles pour prouver leur attachement à la France.
Sur le plan musical, cette période marque l'apogée d'un style d'orgue romantique, orchestral - "symphonique" dira-t-on - pour lequel les orgues étaient construits avec des matériaux de grande qualité, et harmonisés tout en finesse.


Obernai, le 14/09/2001

Les orgues d'Obernai avant 1870

     Pour les Obernois, le choix de l'orgue a donc été un acte politique délibéré. Il faut dire que la tradition organistique était déjà profondément ancrée dans la cité.

  • Le premier orgue d'Obernai est attesté dès 1450 : il a été réparé par Meister HEINRICH qui en était peut-être l'auteur. C'était sûrement un Blockwerk, placé en nid d'hirondelle. Il a aussi été réparé en 1460, puis certainement profondément modifié par Meister Mathias KERN en 1485 (changement des Sommiers ?), 1488 (tuyaux graves) et 1496 (Buffet ?). Bien-sûr, à l'époque, toutes les interventions devaient aussi concerner la Soufflerie, partie la plus fragile de l'instrument.
  • Le deuxième était l'oeuvre de Jacob SUNELLER de Haguenau, et datait de 1512. C'était un Plein-jeu décomposable (Principal, Bourdon, Fourniture, Cymbale, avec un Pédalier d'une vingtaine de notes et sûrement des claviers de 3 octaves. Il y avait peut-être aussi un Jeu d'Anche.
    Retouché en 1515 (Composition), il fut profondément modifié en 1583 par Johann (Hans) Peter RUETSCH de Bâle. Réparé en 1603 par Hans KLEIN de Donauwörth, il a été démonté et remonté en 1616 (et peut être déplacé) par Dietrich WAGNER de Strasbourg, à l'occasion de travaux à l'église?
    Après la guerre de Trente ans, au cours de laquelle Obernai fut occupée par les Suédois, c'est Hans Jacob BALDNER qui répara l'instrument (1655). On apprend qu'il y avait alors un Positif de dos.Vers la fin du 17 ème siècle, il y avait certainement un orgue de choeur à Obernai, acheté en 1669 par la Confrérie de la Visitation. En 1676, Hans Heinrich PFORTHMÜLLER répare le "grand orgue". En 1685, le Positif est fortement réparé ou remplacé, et en 1708, un facteur itinérant, Joseph MEYENBERGER répare les "trois orgues" d'Obernai.

En 1844, l'ancienne église d'Obernai est déclarée "insuffisante" par RINGEISEN. Obernai avait à cette époque 5000 habitants. Ringeisen fit la même constatation 11 ans plus tard, en 1855. En 1866, l'ambitieux projet de l'architecte Eugène PETITI fut accepté. Pour le mener à bien, la ville dut recourir à l'emprunt, ce qui était une des premières fois de l'histoire. La vieille église mise fut en adjudication pour démolition. Mobilier excepté.
Et ce mobilier comprenait l'orgue André SILBERMANN, 1713, alors entretenu par STIEHR.

Cet orgue d'André Silbermann était le sixième qu'il construisit en Alsace.
On en trouvera le détail de l'histoire à Niedernai, où se trouve actuellement son Buffet.

De 1867 à 1872 on construisit donc la nouvelle église Sts-Pierre-et-Paul d'Obernai, spacieuse, à deux tours, en style Néo-gothique. Celle-ci achevée, il fallut y installer un orgue. Le moindre petit village ne pouvait concevoir d'office sans orgue : une paroisse "aisée" comme Obernai se devait de posséder un instrument digne d'elle et de ce superbe édifice.

Pourquoi n'a-t-on pas décidé de simplement garder le Silbermann ? Il y a sûrement plus d'une raison. Mais il est sûr que les arguments suivants avaient du poids :

  • à cette époque, on aimait guère les instrument anciens. Peu avant la dernière intervention de Stiehr, en 1859, le conseil municipal avait qualifié l'instrument de "discordant", et son état de "très affligeant". Mais après ladite intervention, le maire d'Obernai déclara que "par cette réparation, l'orgue a obtenu un parfait accord dans l'ensemble de son jeu et une puissance de son, auquel on ne s'était pas attendu, malgré sa réputation comme l'un des chef-d'oeuvre du célèbre facteur Silbermann." (Rapporté par Louis GINTER, "Les orgues de Niedernai", P. MEYER-SIAT, Annuaire de Dambach-Barr-Obernai, 1972)
  • un autre argument de poids vint du fait que le Silbermann d'Obernai avait un buffet à deux Plate-Faces et trois Tourelles, avec la plus grande au milieu. Or, dans la nouvelle église, au fond de la tribune, il y avait... une rosace. Avec les plafonds des églises, les rosaces ont toujours compté parmi les pires ennemis de l'Orgue. Il fallait que le buffet s'accomode de la rosace ou disparaisse de là.

L'organiste de l'époque, du nom de Joseph MOCKERS (1802-1878), voulut pour Obernai un orgue d'exception. Si possible en deux Buffets, un de chaque côté de la rosace. Il veut une console indépendante, et camouflée derrière un Positif postiche. Il veut du moderne, un orgue neuf, au besoin en revendant l'ancien. Mais il propose aussi une composition hétéroclite (un "orgue à tout jouer" de 55 Jeux) reprenant les jeux Silbermann.

Donc, les qualités du Silbermann étaient avérées. Et tout le monde reconnaissait que Stiehr, qui entretenait le Silbermann travaillait très bien. (C'est Félix Mockers qui avait démonté le Silbermann, en Août 1867). Stiehr fit donc une proposition pour donner à la nouvelle église l'orgue qu'elle méritait. En fait, deux propositions, à l'image des desiderata de l'organiste :

  • l'une en reprenant des éléments de l'orgue Silbermann (qui était quand même un 3 Claviers/Pédalier)
  • l'autre pour un instrument neuf de 36 jeux pour 30700 Frs, buffet compris.

Mais au beau milieu de la construction de la nouvelle (et somptueuse) église, l'Alsace était devenue allemande.

Alors, Obernai voulut un orgue "de Paris".

Et on vit grand.
On pensa à CAVAILLE-COLL, bien sûr. Aristide Cavaillé-Coll avait fourni l'orgue de Mulhouse en 1863.

Mais un autre facteur parisien avait encore meilleure réputation en Alsace à cette époque : en même temps qu'elle recevait les propositions Stiehr (1872), la ville s'adressa à Joseph MERKLIN "Facteur d'Orgues de Paris" : sa première proposition fut présentée le 07/06/1872. Merklin avait fourni l'orgue de Ranspach (1860). Mais le devis s'élevait à 40000 Frs, sans buffet (à comparer à l'offre de Stiehr). On avait pas les moyens. On attendit... Avec le Positif de dos de l'orgue Silbermann transformé par le sculpteur J. MULLER en orgue de choeur.


Le positif de l'orgue Silbermann d'Obernai, aujourd'hui à Niedernai, et le croquis de Muller le montrant transformé en orgue de choeur.

Un orgue d'exception

     En 1879, Obernai avait eu des propositions de Cavaillé-Coll (38 Jeux), des Frères STOLTZ (31 Jeux), de Heinrich KOULEN (45 Jeux), et deux nouveaux devis de Merklin ("Devis n°3 et 4"). Joseph Merklin les rédigea lorsqu'il passa à Obernai à l'occasion du montage de l'orgue du Temple-Neuf. Le 02/06/1879, Gustave SIEBER, maire d'Obernai, présenta les projets au Conseil municipal.

L'attachement alsacien pour l'Orgue, allié à un élan de patriotisme clairement affiché poussa la ville d'Obernai à commander à Joseph Merklin, le 21/10/1879, l'instrument décrit par le "Devis n°3" : 43 jeux, sur 3 claviers / pédalier (à l'époque, les facteurs parisiens disaient "4 Claviers"), pour 45000 Frs sans Buffet.

Le Buffet fut commandé à Théophile KLEM, de Colmar. De style Néo-Gothique, parfaitement adapté à l'édifice, il coûta quand même 10500 Frs. On accéda à la demande de l'organiste qui voulait un Positif de dos postiche (dans l'imagerie populaire, un orgue digne de ce nom avait un petit buffet...), et ce malgré le surcoût. (De plus, on va le voir, personne n'avait pensé à ses tuyaux de façade...)

Bien sûr, dans une telle affaire, tout prit du retard. En raison de la fameuse rosace, il fallut abaisser la tribune. On en profita pour l'agrandir, afin de pouvoir y loger les chantres et l'orchestre. Ce fut fait en catastrophe en 1881, alors que l'orgue était pratiquement prêt à être livré.

Puis on se rendit compte que personne n'avait prévu les tuyaux de façade pour le Positif de dos. Le surcoût fut finalement négocié en même temps qu'une plus-value pour la Machine Barker (complète, au récit et à la Pédale).

L'orgue Merklin fut officiellement reçu le 06/03/1882. Avec son Buffet, l'instrument coûta 57000 Francs, soit presque le double de la proposition de Stiehr. Les habitants d'Obernai savaient ce qu'ils voulaient, et ils l'ont eu en y mettant le prix.

Et le Silbermann de 1713 dans tout cela ? La maison STIEHR-MOCKERS ne détruisait pas les orgues Silbermann. Les Stiehr ont toujours eu un profond respect pour leur illustre prédécesseur. Le curé REYS de Niedernai (originaire d'Obernai) racheta l'orgue Silbermann en 1884. Mais son église neuve ne fut achevée qu'en 1891. En 1892, Martin RINCKENBACH proposa de remonter l'orgue et de reconstruire la mécanique, mais l'affaire traîna. En 1898, finalement, "grâce" à une subvention, on demanda à Rinckenbach un orgue neuf dans le Buffet Silbermann. Aujourd'hui, ce Buffet, Classé et situé à Niedernai, ne contient plus un seul tuyau Silbermann.


La plaque de l'orgue d'Obernai

De la splendeur à l'abandon (1901 - 1965)

     A partir de 1901, l'entretien du Merklin fut confié à Franz KRIESS, de Molsheim.

Il y eut des travaux de soufflerie en 1906 (réparée à nouveau en 1921).

En 1911, l'orgue eut à souffrir de la canicule, et bien-sûr, en 1917, les autorités allemandes ne se privèrent pas de réquisitionner les tuyaux de façade de cet instrument "parisien". Franz Kriess remplaça la Montre en 1923 (la plupart des tuyaux de façade sont muets).

Après un entretien en 1934, l'instrument fut expertisé par Edmond Alexandre ROETHINGER, qui trouva que cet "orgue construit avec un matériel remarquable a été bien négligé de la part du facteur d'orgues qui a assuré son entretien". La pression avait été augmentée en dépit du bon sens.

En 1950, on pensa à faire des travaux, et peut-être à électrifier la traction. Il y eut plusieurs propositions, des Maisons "MICHEL, MERKLIN et KUHN" (l'une des entreprises qui reprit la suite de celles de Joseph Merklin), Roethinger bien sûr, Georges SCHWENKEDEL, ADAM, et Ernest MUHLEISEN.

En 1951, c'est à ce dernier que l'on fit faire les travaux suivants :

La composition de la Fourniture du Grand-orgue fut modifiée, et les Anches de la Posaune retouchées par changement des Rigoles. Les entailles de timbre des deux Cornets ont aussi été ouvertes pour les transformer en entailles d'accord.

Mais le coup de grâce fut donné à cet instrument en 1955, par des infiltrations d'eau. Partiellement démonté, l'instrument fut abandonné, et resta muet de 1965... à 2001.

En 1967, Alexander BARON installa dans le transept nord un orgue WALCKER, 1907, sans Buffet, provenant de Hochemmerich.

L'orgue à l'abandon (1965 - 1996)

     Ce témoin de l'âge d'or facture d'orgues française était alors dans un triste état, à moitié démonté et injouable. Les Sommiers étaient très abîmés, car ils avaient souffert des infiltrations d'eau et d'un démontage peu scrupuleux. Bon nombre de Chapes, Registres et Faux-sommiers avait été brisés ou volés.

Quant au Buffet, il avait été mutilé lors de modifications apportées à la Soufflerie, mais aussi lors du démontage de la partie instrumentale. Les clochetons avaient été déposés à l'occasion des travaux à la voûte, et jamais remontés.

L'esthétique sonore de l'instrument "symphonique" n'était vraiment plus à la mode. On ne jurait que par Silbermann, et les orgues neufs étaient teintés de "Néo-baroque". Si on commençait à s'intéresser - un peu - aux orgues "de Transition", les instruments romantiques, pour leur part, étaient encore totalement déconsidérés et assimilés à de la "facture industrielle".

Mais, peu à peu, une prise de conscience apparut. D'abord, cet l'orgue n'avait jamais subi de réharmonisation générale, et la tuyauterie était, contrairement aux Sommiers, dans un relatif bon état : seuls trois Jeux avaient été transformés, et trois autres retouchés : il était tout à fait possible de lui rendre la splendeur de ses premiers jours.

Ensuite, la valeur des instruments symphoniques de la fin du 19 ème siècle fut enfin reconnue. Grâce à la redécouverte des instruments de Cavaillé-Coll, on comprit que ces orgues, loin d'être des produits industriels, étaient des instrument de grande qualité réalisés sans faire de concession à l'objectif sonore.
Les compositeurs romantiques retrouvèrent leur place au répertoire des plus grand interprètes.

Mais le Merklin d'Obernai avait encore une valeur cachée. Il n'est pas tout à fait comme les autres.
L'explication tient peut-être aux origines germaniques de Joseph Merklin, et en tout cas à sa grande connaissance de la synthèse de styles qui a été faite en Alsace.
L'instrument comporte en effet plusieurs particularités intéressantes, parmi lesquelles il faut noter :

  • les deux Cornets. Les Cornets sont l'âme de l'orgue alsacien. Ils sont ici au nombre de deux, et munis d'une Tierce très "piquante".
  • Pédale forte. La pression de la Pédale est plus élevée, plus proche de la conception germanique que de l'esprit de Cavaillé-Coll (qui cherchait au contraire à renforcer les dessus). Cet équilibre particulier fait de cet instrument un Merklin "spécial Alsace".
  • Les Jeux de Combinaison sont alimentés de la même façon que les autres.

Bon nombre de personnes oeuvrèrent alors pour sauver cet orgue de l'abandon : le Dr HARTLEYB, le chanoine LAPP, l'abbé SPITZ, Lucien MAURER et Jean-Marie STINTZY, relayés ensuite par Bernard THIEBAUT et Christine MULLER.


Obernai, le 06/05/2000

La résurrection (1996 - 2001)

     C'est ainsi que l'orgue fut Classé Monument Historique le 26/06/1991. Il fit en 1996 l'objet d'une étude réalisée par Marc SCHAEFER. Le programme, approuvé en 1999, était on ne plus simple dans l'objectif : pure restauration (retour complet à l'état d'origine).

Mais la réalisation de cet objectif était beaucoup plus complexe. Elle fut confiée aux bons soins de Daniel KERN (Maison Alfred KERN et Fils), qui réalisa les travaux entre Mai 2000 et Avril 2001. La Maîtrise d'Ouvrage fut assurée par Ministère de la Culture (DRAC), et la Maîtrise d'Oeuvre par Christian LUTZ.

Le travail sur les Sommiers fut extrêmement important (dégâts d'eau, disparition de matériel...) : avec les Jeux par Emprunt, ils sont très complexes.
Les peaux ont été changées, le Buffet restauré, ainsi que la Console.
La Transmission a dut être réparée (pièces oxydées, tout comme les axes de la Boîte expressive), ainsi que les Machines Barker.

Pour la tuyauterie, le travail commença par un énorme puzzle destiné à regrouper et inventorier tous les tuyaux, qui étaient complètement dispersés. Les Jeux ont tous été restaurés, en touchant le moins possible à l'embouchage pour conserver l'harmonisation d'origine. Les deux Jeux du Positif qui avaient disparu (Gambe et Gemshorn) ont été copiés sur l'orgue de Bourgoin-Jallieu.

L'harmonisation sur place a été confiée à Richard STURNY.

L'orgue a été inauguré du 8 au 23 Septembre, avec un programme de plusieurs manifestations, dont une présentation de l'instrument par Marc SHAEFER et Christian LUTZ, ainsi que le grand concert inaugural, donnée par Pierre ASTOR, le 16/09/2001.




La Console Merklin.
Pressions : 115 mm à la Pédale, 90 mm pour les trois claviers, identique pour les Jeux de Combinaison et les autres.
Mécanique : à Equerres, avec Machine Barker au Grand-orgue, au Récit et à la Pédale. Console indépendante tournée vers la nef. Sommiers à Gravures (Layes doubles) d'origine.
Il y a un Appel du grand-orgue, des Appels d'Anches pour le Positif et la Pédale. Les "Jeux de Combinaison" (par Registres superposés) sont ici appelés "Voix mixtes". Il s'agit ici du Grand Cornet, de la Fourniture et des Anches du Grand-orgue, de la Doublette et de la Clarinette du Positif, du Cornet et des Anches du Récit, ainsi que des Anches de Pédale. Ces Jeux dits de Combinaisons sont appelables indépendamment par Clavier, ou par un Appel général.
Il y a aussi un effet de Tonnerre (Pédale enfonçant plusieurs notes graves du Pédalier).

Les Basses du Principal 16' du Grand-orgue sont réalisées avec des tuyaux de 8 pieds et de 5'1/3 (sa Quinte) de façon a obtenir la résultante (16 pieds) par battements.



     Mais qui était donc ce Joseph Merklin, "facteur d'orgues à Paris et à Bruxelles", vers qui s'orientèrent les Patriotes d'Obernai ?

Joseph Merklin est né le 17/02/1819 à Oberhausen, dans le pays de Bade, en Allemagne. Il acquit la nationalité Française après la guerre de 1870.


Ce fait avait-il été connu des édiles d'Obernai ? S'ils l'ignoraient, l'histoire ne manquerait évidemment pas de sel...
Mais cela paraît fort improbable. Plus probablement, les décideurs d'Obernai accordaient plus d'importance au choix que chacun fait (qui sont de sa propre responsabilité) qu'à son lieu de naissance.
Face à Cavaillé-Coll, Merklin avait eu l'avantage du prix (légèrement moins déraisonnable), mais aussi celui de la réputation des 11 instruments qu'il avait déjà posés en Alsace entre 1860 et 1878 :

L'orgue d'Obernai a donc été le plus grand, mais aussi le dernier orgue que Joseph Merklin a construit pour l'Alsace.
Webographie : Sources :
  • Plaquette éditée à l'occasion de l'inauguration : "Obernai, église Saints-Pierre-et-Paul, la restauration de l'Orgue Merklin", Patrimoine Restauré en région Alsace N°6, Août 2001
  • P. MEYER-SIAT, "Les orgues de Niedernai", Annuaire de Dambach-Barr-Obernai, 1972
  • P. MEYER-SIAT, "Stiehr-Mockers", AEA XX (1972-73)
  • P. MEYER-SIAT, "Joseph Merklin, Facteur d'orgues", AEA XLVI (1987)
  • Christine MULLER (Archiviste de la Ville d'Obernai) : plaquette "Un Monument historique à sauver"
  • "Joseph MERKLIN, facteur d'orgues européen", Michel JURINE, édité par l'Association CAVAILLE-COLL, diffusion : Klincksieck
  • M. BARTH, "Elsass, 'Das Land der Orgeln' im 19. Jahrhundert", AEA XV (1965-66)

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Dernière mise à jour : 16/05/2005 16:05:52

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