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Les orgues de la région de Rosheim
Ottrott, Sts-Simon-et-Jude
1917 degr > Dégâts
Buffet inscrit à l'Inventaire Supplémentaire, 19/01/1995.
Ottrott, l'orgue Jean-Georges Koenig, dans le buffet d'Andreas Bender venant de l'ancienne Collégiale de St Léonard.
Photo du 13/05/2000.Ottrott, l'orgue Jean-Georges Koenig, dans le buffet d'Andreas Bender venant de l'ancienne Collégiale de St Léonard.
Photo du 13/05/2000.

Cet instrument de 1968, œuvre de Jean-Georges Koenig, occupe un buffet originellement construit pour le petit orgue André Silbermann qu'il livra en 1721 aux Chanoines de la Collégiale St-Léonard.

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Historique

En 1793, Conrad Sauer amena à Ottrott l'ancien orgue André Silbermann, de Boersch, collégiale St-Léonard, qui faisait partie des spoliations opérées par la Révolution. [IHOA] [ITOA] [PMSAM83CRosheim] [MSDBO1970]

La maison bénédictine de St-Léonard datait du tout début du 12ème siècle. A la Révolution, les bien capitulaires ont été confisqués, revendus et dispersés. Les pierres de l'église servirent à reconstruire celle de Benfeld, et le bulbe du clocher chapeauta celle d'Ergersheim. Le petit orgue - plutôt un commencement d'orgue d'ailleurs, car il était inachevé - fut transféré à Ottrott-le-Haut.

En 1721, André Silbermann avait livré à St-Léonard la 1ère tranche de construction de cet instrument. Il n'y avait que 7 jeux sur un unique manuel, ainsi que deux chapes vides destinées à être complétées plus tard.

Composition, 1721
Manuel, 49 n. (C-c''')
Chape vide
Pour un Cornet
Chape vide
Pour une Trompette
[MSDBO1970]

L'instrument est célèbre pour une des facéties dont les Silbermann (père et fils) étaient friands quand il s'agissait de se moquer ou de décrédibiliser un collègue : sur la cloison arrière, Georg Friederich Merckel, auquel on avait demandé d'accorder l'instrument, avait fort honnêtement noté "Ich Georg Friedrich Merckel habe diese Orgel gestimbt" ; André Silbermann ajouta, en 1733, "und verderbt" ("et esquinté"). Jean-André fut un peu plus explicite, et accusa Merckel d'avoir accordé les tuyaux sans les avoir dépoussiérés (donc effectué des corrections à l'accordoir bien au-delà de ce qui aurait été nécessaire sur un tuyau propre). [ArchSilb] [MSDBO1970]

Sûrement vers 1890 (mais l'incertitude est grande, cela peut aller de 1871 à 1917), l'instrument - qui était alors toujours inachevé - a été complété, probablement par Martin Rinckenbach. Une petite pédale (de 18 notes seulement) de 4 jeux a été mise en place, et le sommier manuel remplacé par un neuf, de 54 notes et 12 chapes. [MSDBO1970] [IHOA] [ITOA]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en 1917. [MSDBO1970]

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Historique

En 1931, l'instrument a été reconstruit par Franz Kriess de Molsheim. Il le dota d'une transmission pneumatique (pour les notes seulement), mais en gardant les sommiers de Rinckenbach. La pédale, logiquement, a été complétée à 27 notes. La console, de façon surprenante, resta en fenêtre, et le tirage des jeux mécanique. [MSDBO1970] [ITOA]

Et surtout, l'orgue était doté de la très belle - et très alsacienne - composition suivante :

Elle est alsacienne, parce qu'il y a un Salicional, un Cornet, un récit expressif doté d'une Voix céleste, et un Violoncelle de pédale. Et que tous les claviers sont complets. Et l'ensemble est très équilibré : une Montre 8' au grand-orgue lui donne l'assise nécessaire.

Un article du Nouvel Alsacien relate l'inauguration du 09/01/1933. La fête commença dans les rues, avec la société de musique Ste-Odile, et une participation des chorales de Boersch et de St-Nabor. L'intérieur de l'église était entièrement décoré de végétaux. C'est Joseph Kuntz (Obernai) qui était aux claviers. La partie musicale commença par un "Veni Creator". Après le dicours du chanoine Brunissen, ce fut "O Deux ego", Jesus dulcis", un Ave Maria et le "Cantatibus". Bien que se limitant apparemment à une fonction d'accompagnement, l'orgue a été loué : "Dank der sachkundigen Hand des H. Kriess von des bekannten Orgelbauwerkstätte Kriess in Molsheim, hat dir Kirche von Ottrott ein hervorragendes Orgelwerk." ("Grâce au talent de M. Kriess, de la célèbre manufacture d'orgues Kriess à Molsheim, l'église d'Ottrott dispose d'un orgue de premier plan.") Puis ce fut le "Tantum ergo", le "Salut" des pompiers, et, bien évidemment puisqu'on est en Alsace, le "Grosser Gott" final. L'arrivée d'un orgue était décidément un très grand événement à l'époque. [NAlsacien]

Mais bien sûr, cet orgue plein de possibilités, aux couleurs post-romantiques affirmées, était bien plus que ce que les années 1960 ne pouvaient supporter... Il fallait l'éliminer. Ce qui fut facile à faire : il n'y avait qu'à prétexter qu'on "restaurait" un Silbermann.

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L'orgue Jean-Georges Koenig,
1968
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Historique

En 1968, en pleine époque "néo-baroque", Jean-Georges Koenig fournit un instrument neuf, logé dans l'ancien buffet Bender de St-Léonard. [MSDBO1970] [ITOA]

De nouveaux sommiers ont été construits, limités à 49 notes pour les manuels et 25 pour la pédale, et une partie de la tuyauterie récupérée. [MSDBO1970]

On a pu lire qu'il restait 244 tuyaux "Silbermann". On veut bien le croire. Ça fait peu, et encore faudrait-il s'entendre sur ce qu'on appelle "tuyaux Silbermann". Totalement ré-harmonisés plusieurs fois, raccourcis, puis rallongés en 1968 pour obtenir le fameux diapason "au ton français ancien" (Si 440Hz, soit un ton plus bas que le diapason normal), ils n'ont plus aucun caractère authentique... Tout on plus peut-on dire que ce sont des tuyaux qui ont été réalisés avec du métal ou du bois qui a jadis servi à réaliser les jeux Silbermann. Ils peuvent sonner complètement différemment, selon les choix de l'harmoniste.

L'instrument n'a donc pas grand-chose à voir avec un orgue Silbermann, à part son buffet : la composition n'a aucun caractère authentique, et l'ensemble doit bien plus à la mode "nordique" qui sévissait à l'époque qu'aux Silbermann : Fourniture de pédale... Bien sûr, à l'examen des faits, attribuer cet instrument "à Silbermann" est totalement absurde. Il convient toutefois de le faire dans les salons (sous peine d'expulsion), mais on sait bien qu'il s'agit d'une attribution de totale complaisance. Non, les petits orgues inachevés ne se transforment pas en instruments authentiques après une "restauration". Il faudrait vraiment être bien naïf pour croire ça.

L'orgue Koenig a été inauguré le 27/10/1968. [MSDBO1970]

En juin 2002, il y eut un relevage, mené par Yves Koenig et Emmanuel Uhry. [RLopes]

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2013
Manuel, 49 n. (C-c''')
C-cis en bois
C-cis' en montre, puis sur le vent
1968 ; C-h à chemionées
1968
(c'-c''')
1968
C c c'
1' 2' 4'
2/3' 1'1/3 2'2/3
1/2' 1' 2'
C c c' c''
1/2' 1' 2' 2'2/3
1/3' 2/3' 1'1/3 2'
1968
Echo, 49 n. (C-c''')
1968 ; sans tirant
1968
1968
1968
Coupe vent d'écho
Pédale, 25 n. (C-c')
1968
1968
1968
1968
C
1'1/3
1'
2/3'
1/2'
1968
1968
[RLopes]
Console:

Console en fenêtre, de 1968.

Transmission:

Mécanique entièrement de Koenig. Suspendue au grand-orgue, à équerres pour l'écho, et à balanciers pour la pédale.

Sommiers:

Sommiers à gravures, de Koenig. Grand-orgue diatonique en M, écho chromatique avec deux ravalements de 6 notes chacun, pédale diatonique en M.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670368001P01
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