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Les orgues de la région de Kaysersberg
Kientzheim, Notre-Dame des 7 Douleurs
avant 1612 atte > Orgue attesté
1917 degr > Dégâts
Buffet inscrit à l'Inventaire Supplémentaire, 21/09/1982.
Kientzheim, l'orgue Valentin Rinkenbach.
Toutes les photos sont de Martin Foisset, 15/09/2018.Kientzheim, l'orgue Valentin Rinkenbach.
Toutes les photos sont de Martin Foisset, 15/09/2018.

Cet orgue de Valentin Rinkenbach avait à l'origine 31 jeux sur 3 claviers et pédale : c'est l'un des plus grands instruments de son œuvre, et surtout l'un des plus significatifs. Pendant longtemps, on a cru que les différentes modifications qui lui ont été apportées au cours du 20ème siècle lui ont enlevé toute authenticité. Mais une étude récente a permis de réviser ce jugement : la plupart de ces travaux ont été menés en conservant du matériel d'origine et sont réversibles. Même si "sur le papier", l'instrument a l'air d'avoir été considérablement altéré, le récent bilan technique est fort enthousiasmant : il est tout à fait envisageable de retrouver l'instrument laissé par Valentin Rinkenbach, qui fut non seulement l'un des sommets de sa carrière, mais un des jalons déterminants de l'évolution de l'orgue alsacien au cours du 19ème siècle.

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L'orgue de facteur inconnu (avant 1612)
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Historique

L'histoire des orgues de Kientzheim commence juste avant la guerre de Trente ans, puisque la présence d'un instrument est rapportée avant 1612. Il y eut une réparation vers 1650. [IHOA] [HOIE]

Notons que deux églises étaient en usage à Kientzheim : il est donc possible que les trois premiers instruments se soient trouvés dans deux édifices différents. Il est ici question de l'église paroissiale, dite "Obere Kirch", mais il y avait aussi l'église du pèlerinage, Sts-Félix-et-Regula (Untere Kirch). A priori, la seconde n'a été dotée d'un orgue qu'en 1765. [HOIE] [PMSRHW]

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L'orgue de facteur inconnu (vers 1706)
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Historique

L'instrument du 17ème fut remplacé vers 1706. [IHOA]

Il y eut une réparation dès 1718, et une autre, menée par Daniel Cräner en 1730. [PMSRHW]

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L'orgue Daniel Cräner,
1736
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Historique

Ce deuxième orgue ne dura pas longtemps, car dès 1736, Daniel Cräner le remplaça. [IHOA] [HOIE] [PMSRHW]

L'instrument qu'il fournit était soit un orgue neuf, soit le Joseph Waltrin venant d'Ebersmunster (qu'il était allé examiner après 1732). Selon Jean-André Silbermann, en juin 1736, l'orgue Waltrin aurait été déménagé par Daniel Cräner à "Kinnsheim". Cela pouvait signifier "Kintzheim" ou "Kientzheim". Mais un abbé d'Ebersmunster, Etmund Fronhoffer, était originaire de Kientzheim, ce qui tend à faire penser qu'il s'agissait bien de Kientzheim. En fait, il est probable que Cräner ait repris le petit orgue comme "geste commercial", pour ne rien en faire, et qu'il construisit un orgue totalement neuf pour Kientzheim, tout simplement parce que le Waltrin n'avait plus aucun intérêt ni valeur. Quoiqu'il en soit, il fallut déjà effectuer des réparations en 1744. [IHOA] [HOIE] [PMSRHW]

Après 1780, l'orgue était "hors d'état de servir". Il y eut une réparation de grande envergure ("considérable"), qui fut menée en 1782 par Martin Bergäntzel, d'Ammerschwihr. [IHOA] [HOIE] [PMSRHW]

Après la Révolution, l'instrument a été réparé par Joseph Bergäntzel (le fils de Martin), en 1817. [HOIE]

Ces travaux permirent de faire durer l'instrument jusque vers 1845, date à laquelle son remplacement fut décidé. On connaît le nom de son organiste en 1833 : Joseph Gloess. [IHOA] [PMSRHW]

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Historique

En 1847, Valentin Rinkenbach construisit pour Kientzheim un de ses plus grands instruments : 31 jeux (34 registres) sur 3 claviers et pédale. [IHOA] [HOIE] [PMSRHW] [ITOA]

Il y eut trois propositions : une de chaque frère Callinet (Joseph et Claude-Ignace, qui se faisaient alors concurrence), et une de Valentin Rinkenbach, datée du 15/03/1846. Voici la composition au devis, qui fut également celle réalisée en 1847 :

Composition, 1847
Positif de dos, 54 n. (C-f''')
C-dis en bois, puis Mélange
C-H en sapin, puis étain
Etain
Mélange
Mélange
Mélange
(C-h)
Etain
(c-f''')
Etain
Grand-orgue, 54 n. (C-f''')
C-h' en bois, puis Mélange
C-Dis en bois, puis étain ; façade écussonnée
C-h en bois, puis étain
C-dis en bois, puis Mélange
C-Dis en bois, puis étain
Etain ; façade écussonnée
Etain
Mélange
Etain
Etain
(c'-f''')
Mélange
(C-h)
Etain
(c-f''')
Etain
Etain
Echo, 54 n. (C-f''')
(c'-f''')
Mélange
(c'-f''')
Mélange
(c'-f''')
Etain
(c'-f''')
Mélange
(C-f''')
Pédale, 18 n. (C-f)
Sapin
Sapin
Sapin
Sapin
Sapin
Etain
[HOIE] [PMSRHW]

Valentin Rinkenbach était un "voisin", puisque ses ateliers étaient situés à d'Ammerschwihr. Pour lui, cet orgue constituait sans nul doute un "show-room".

Rinkenbach utilise le mot "mélange" pour désigner l'alliage (étoffe) constituant les tuyaux métalliques flûtés. La coupure des anches manuelles en basse+dessus est une habitude chez lui, et ne se limite donc pas aux petits instruments. (Sur un orgue à un seul manuel, la coupure permet de jouer le dessus en solo.) Le Clairon est toutefois à un seul tirant. Il ne semble pas y avoir eu de modification entre le devis et la réalisation.

L'orgue fut reçu le 06/10/1847 par Martin Vogt (Colmar, St-Martin, expert choisi par Kientzheim) et Léopold Lumpp (Fribourg, choisi par Rinkenbach, qui fit également participer son fils). Lumpp était chanoine de la cathédrale de Fribourg, inspecteur des orgues du grand duché de Bade. Le fait qu'il accepte de participer à cette réception indique qu'il devait représenter un sérieux soutien pour Rinkenbach. La réception fut approuvée avec éloges. [PMSRHW]

L'instrument a été entretenu par Martin Rinckenbach, vers 1895. Il ne fit aucune modification. [ITOA] [Visite]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités le 26/05/1917. [HOIE]

C'est probablement Jean Lapresté qui transforma l'instrument vers 1930. Les jeux du positif ont été déplacés à l'arrière de l'orgue, sur un sommier à cônes muni d'une traction pneumatique. Ce positif fut complété de 2 jeux (Voix céleste et Cromorne, passant à 9), et sa Montre 4' décalée pour devenir un Principal gambé 8'. La pédale a été complétée à 27 notes, et la console resta en fenêtre. Le grand-orgue est resté totalement inchangé. Malheureusement, la Physharmonica (à l'époque plus du tout à la mode, car souvent perçue comme un "jeu d'harmonium", et rendue moins utile par l'expression du récit) a été supprimée, et remplacée par une Flûte 4'. Le reste du récit n'a pas été transformé. [ConfCL] [IHOA] [PMSRHW]

L'analyse de la facture, révélant que les techniques utilisées sont les mêmes que pour les ajouts à Ammerschwihr permet d'attribuer de façon presque sûre ces travaux à Lapresté (qui avait repris la maison Rinckenbach d'Ammerschwihr, après la faillite de Joseph). [ConfCL]

C'est Alfred Berger qui fut chargé des réparations après le second conflit mondial, en 1947. [HOIE] [ITOA]

Curt Schwenkedel nota la composition en 1955 :

Composition, 1955
Récit expressif, 56 n. (C-f''')
Lapresté/1846
1846
1846
Lapresté
1846
1846
1846
1846
Venant peut-être de la chapelle de pèlerinage
Grand-orgue, 56 n. (C-f''')
Dessus de positif de dos, 56 n. (c'-f''')
Lapresté ; remplace la Physharmonica
Pédale, 27 n. (C-d')
[PMSRHW]

En 1960 (la plaque dit 1959), Curt Schwenkedel plaça une console électrique neuve, et effectua de nombreuses modifications. [IHOA] [HOIE] [PMSRHW] [ITOA]

En 1955, les experts de l'âge néo-classique étaient en effet entrés en scène. Ils exigèrent le remplacement de plusieurs jeux romantiques par des "petits jeux". Raymond Gérédis et Jean Joseph Rosenblatt demandèrent les calamiteuses transformations suivantes : [PMSRHW]

- (G.O.) remplacement de la Gambe 8' par une Tierce (! ; rappelons qu'à l'exception de 4 tuyaux graves en bois, cette Gambe était toute en étain)

- (G.O.) remplacement du Dolce 4' par... un Sifflet 1'

- (G.O.) remplacement de la Flûte traverse 8' par une Flûte conique 4'

- (Pos.) remplacement du Salicional 8' par un Principal 4'

- (Pos.) remplacement du Flageolet 2' par une Doublette

- (Pos.) remplacement du Hautbois 8' par une Cymbale (!)

- (Pos.) remplacement de la Voix céleste 8' par une Tierce (encore une...)

- (Réc.) remplacement de la Flûte 8' par une Sesquialtera (!)

- (Ped.) remplacement du Violoncelle 8' par un Principal 2'

- (Ped.) remplacement d'Ophicléide par une Bombarde

Sur ces 10 jeux, 9 étaient d'origine.

Le devis de Curt Schwenkedel est daté du 28/12/1955 (la trêve des confiseurs ne s'appliquait pas quand il s'agissait de détruire des jeux romantiques). Il n'a été accepté que le 23/04/1958, et, malheureusement, personne n'a tiré profit de ce délai pour accorder une seconde chance à l'orgue Rinkenbach/Lapresté. Au démontage, on découvrit que beaucoup de tuyaux graves en bois du grand-orgue et de la pédale étaient vermoulus. Schwenkedel rédigea un avenant, et proposa une console électrique neuve. Evidemment, les remplacements de jeux n'ont pas été effectués "un pour un" sur les chapes, car il y a souvent loin des élucubrations des théoriciens à la réalité des sommiers. Le procès-verbal de réception de cette opération fut signé le 18/05/1960 par Raymond Gérédis. [PMSRHW]

Une fois de plus, on mesure les dégâts commis par les années 50-60, liés à l'émergence d'une "pensée unique" exigeant la suppression de Fonds de 8' au profit d'assourdissants "petits jeux". On appliquait ces principes réducteurs à tous les instruments, indépendamment de leur esthétique d'origine, sans se soucier des dégâts causés, ni du répertoire perdu pour les organistes. Et, surtout, sans se soucier du public. La seconde moitié du 20ème siècle était vraiment la période noire de la facture d'orgue.

La pédale passa de 27 à 32 notes, et un quatrième rang fut ajouté à la Fourniture du grand-orgue. Tant qu'à faire dans le "néo-baroque", Schwenkedel proposa de sortir le dessus d'écho ("récit" originel) pour le placer en positif de dos. Il semblerait que le facteur ait effectué ce transfert gratuitement. Le buffet de positif, postiche depuis les années 20-30, retrouva donc des tuyaux, mais comme il ne s'agissait que de dessus (à l'exception du Bourdon 8'), il n'a pas été restitué dans toute sa profondeur. [ITOA] [Visite]

Pour clarifier la position des claviers :

- le positif de dos de Rinkenbach est devenu un récit expressif dans les années 20-30,

- le "récit" (ou plutôt dessus d'écho) de Rinkenbach est resté en place jusqu'en 1959, quand il est devenu un (dessus de) positif de dos.

Avant cette opération, l'orgue n'avait finalement été que très peu modifié : le positif a été déplacé, et la seule perte regrettable avait été celle de la Physharmonica. La transformation de 1959, conçue en application des principes fortement réducteurs de l'époque, et sans aucune considération pour le style ou la qualité de l'existant, a été beaucoup plus grave. "Sur le papier", elle signifiait la mort de l'instrument. Et il est probable que, livré à un facteur moins scrupuleux que Schwenkedel, c'eut été le cas. Cependant, la façon d'effectuer les travaux est souvent plus déterminante que les spécifications. L'étude menée par Christian Lutz en 2018 a révélé les nombreux éléments qui sont restés d'origine, et que l'agencement d'origine de l'instrument peut être reconstitué sans ambiguïté. Les transformations de Curt Schwenkedel n'étaient pas aussi irréversibles qu'on pouvait le craindre. [ConfCL] [Visite]

L'électrification a certes causé la perte des abrégés et des vergettes, mais on retrouve leur emplacement et leur géométrie. Les sommiers n'ont été que légèrement modifiés : il n'y a guère que les boursettes qui ont été remplacées par des passages en plomb. Du point de vue du tirage des jeux, certaines pièces ont été retirées, mais d'autres conservées, quand c'était possible. [ConfCL] [Visite]

Il y eut une réparation, par Curt Schwenkedel, en 1972. Malheureusement, l'instrument semble avoir été partiellement ré-harmonisé à cette occasion, dans le sens "néo-baroque" alors à la mode : des biseaux ont eu les dents grattées, et des bouches ont été abaissées. C'est peut-être à ce moment que le tremblant a été installé. (L'étiquette le repérant, faite à la "pince Dymo" est caractéristique du "soin" que l'on portait aux travaux sur les orgues à l'époque.) [HOIE] [ITOA] [Visite]

Le buffet

Détail du buffet de 1847.Détail du buffet de 1847.

Le buffet est à la fois caractéristique de la production de Valentin Rinkenbach et doté de détails spécifiques. Le dessin général est analogue à ceux de Kirchberg (1845) et Hagenthal-le-Bas (1846). Le grand buffet comporte 4 tourelles de hauteur égale (les deux intérieures sont moins larges), séparées par trois plates-faces identiques. Le petit buffet est constitué de deux tourelles encadrant une plate-face double. Le style général est apparu à Innenheim (1839) : places-faces en arcs plein-cintre, fortement marqués par des décors volontiers dorés. Un grand entablement est commun aux tourelles et aux plates-faces. L'ornementation comporte des claires-voies en draperies, et aussi des oculus dans lesquels s'inscrivent une croix, qui sont caractéristiques de Valentin Rinkenbach. On retrouve ce motif à Rustenhart (1835 ; ce buffet est aujourd'hui à Hettenschlag), Westhalten (1841, où il y en a trois), Kientzheim (1847, trois également), et les frères Rinckenbach l'ont fait évoluer en "mini-rosaces" à Heimersdorf en 1862. Il n'y en a ni à Kirchberg, ni à Hagenthal-le-Bas.

Mais des éléments particulièrement travaillés font penser que Valentin Rinkenbach a cherché à mettre en valeur cet instrument (tout proche de ses ateliers), sûrement pour lui donner un rôle de "vitrine". Cela nous rappelle que le voisinage d'Ammerschwihr est vraiment une terre de facteurs d'orgues, et cela lève un peu le voile sur la façon dont Rinkenbach conseillait ses clients.

Le buffet est ici en chêne (ce que la plupart des clients de Valentin Rinkenbach ne pouvaient s'offrir). Les culots des tourelles latérales sont spécifiques, et ornés triples volutes dorées.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2018
Grand-orgue, 56 n. (C-f''')
Façade de Berger
Façade de Berger
1959, remplace la Gambe 8'
1959, remplace la Flûte traverse 8'
Jeu de récup., placé en 1959 à la place du Dolce 4'
3 rangs à l'origine
Non coupée ; B+D à l'origine
Positif de dos, 56 n. (c'-f''')
(C-f''')
Etoffe ; cheminées
Etain sur pieds d'étoffe ; encoches d'accord
Grosse taille, biseaux à dents
Etain sur pieds d'étoffe ; encoches d'accord
1959, remplace la Flûte 8'
Récit expressif, 56 n. (C-f''')
(c-f''')
Remplace le Salicional
Chape du Cromorne
1959, remplace la Gembsquinte 3'
(c-f''')
Récup., 1959, remplace la Voix céleste de Lapresté
1959, chape du Flageolet
De l'orgue de la chapelle de pèlerinage, placé vers 1939 ? Chape du Hautbois
Pédale, 32 n. (C-g')
Jeu de récup., placé en 1959 à la place du Violoncelle 8'
Zinc, 1959, remplace l'Ophicléide 16' en bois
I/P
Avec accouplements
1972 ?
[Visite] [ConfCL] [PMSRHW] [ITOA]
Console:

La console d'origine était frontale, en fenêtre. Il en reste de nombreuses traces, comme les trous de passage pour les tirants.

La console de 1959 est indépendante, placée à droite et en avant du buffet, et tournée vers le positif de dos.

La console de 1959.La console de 1959.

Tirage de jeux par langues de chat disposées sur des panneaux latéraux inclinés. Claviers blancs. Joues rectangulaires simples. Appel des combinaisons par poussoirs placés sous le premier clavier. Commande des accouplements par pédales-cuillers à accrocher ; ils sont programmables dans la combinaison libre par de petits picots placés en haut à gauche de la console. Programmation de la combinaison libre par interrupteurs basculants. Commande du tremblant par interrupteur basculant, repéré... par une étiquette "pince Dymo". Voltmètre, gradué jusqu'à 15 Volts, placé au-dessus du d''' du troisième clavier.

Plaque d'adresse noire à lettres blanches, placée en haut et au centre, et disant :

C. SCHWENKEDEL
Maître Facteur d'Orgues
STRASBOURG-KOENIGSHOFFEN
1959
Transmission:

Electro-pneumatique (1959), pour les notes et la traction des jeux. Certains sabres et pilotes du tirage de jeux originel sont conservés.

Sommiers:
Cette vue du flanc droit de l'orgue permet de situer les éléments sur la tribune.
En bas à gauche, un coin supérieur de la console.
Plus haut, le positif de dos est ouvert.
Le petit buffet est moins profond qu'à l'origine.
Il contient le (dessus de) récit de Rinkenbach.
La console originelle était placée au pied du grand buffet, en face du positif.
A droite du grand buffet (contenant le grand-orgue), on distingue la tuyauterie de pédale.Cette vue du flanc droit de l'orgue permet de situer les éléments sur la tribune.
En bas à gauche, un coin supérieur de la console.
Plus haut, le positif de dos est ouvert.
Le petit buffet est moins profond qu'à l'origine.
Il contient le (dessus de) récit de Rinkenbach.
La console originelle était placée au pied du grand buffet, en face du positif.
A droite du grand buffet (contenant le grand-orgue), on distingue la tuyauterie de pédale.
Cette vue est orientée comme la précédente, mais décalée vers la droite.
Au centre, la pédale et ses compléments (il n'y avait que 18 notes à l'origine).
A droite, contre le mur, le récit de Lapresté, avec ses jalousies,
qui contient la tuyauterie du positif de dos de Rinkenbach.
Au plafond, un ancien porte-vent : la soufflerie originelle était logée au grenier.
On distingue les trois trous qui laissaient passer les cordes
actionnant les trois soufflets originels.
(Le réservoir principal est aujourd'hui sous le récit.)Cette vue est orientée comme la précédente, mais décalée vers la droite.
Au centre, la pédale et ses compléments (il n'y avait que 18 notes à l'origine).
A droite, contre le mur, le récit de Lapresté, avec ses jalousies,
qui contient la tuyauterie du positif de dos de Rinkenbach.
Au plafond, un ancien porte-vent : la soufflerie originelle était logée au grenier.
On distingue les trois trous qui laissaient passer les cordes
actionnant les trois soufflets originels.
(Le réservoir principal est aujourd'hui sous le récit.)

Les deux sommiers à gravures diatoniques (en "M") du grand-orgue, et ceux de la basse de la pédale (C-f, diatoniques en mitre) sont d'origine, à gravures. On remarque les tampons de laye fermés par des brides pivotantes (à l'aspect de rapporteur), caractéristiques de Valentin Rinkenbach.

Cette vue est prise dans le soubassement, sous un sommier du grand-orgue, vers l'avant.
On distingue trois fermetures "en rapporteur" de la laye, caractéristiques de Rinkenbach.
(La laye du grand orgue s'ouvre vers l'intérieur dans cet orgue.)
Dessous, la grande boite en bois alimentée par un tube flexible
est le système électro-pneumatique placé par Schwenkedel en 1959.
Il remplace l'abrégé et les vergettes du système mécanique originel.
C'est lui qui tire les soupapes dans le sommier, via des "esses" spécifiques.
A droite, on remarque que deux soupapes sont doubles.
Tout en haut, contre le "plafond" (qui est la base du sommier),
on voit les "tapettes à souris" placées par Schwenkedel pour éliminer
les problèmes d'emprunts entre les gravures.
Il s'agit d'un "expédient" qui pourra être supprimé après un relevage
en profondeur du sommier.
Tout en bas, vers le centre, trois trous carrés permettant le passage des tirants de registres.
La console en fenêtre était juste au revers du panneau en bois en bas à gauche.Cette vue est prise dans le soubassement, sous un sommier du grand-orgue, vers l'avant.
On distingue trois fermetures "en rapporteur" de la laye, caractéristiques de Rinkenbach.
(La laye du grand orgue s'ouvre vers l'intérieur dans cet orgue.)
Dessous, la grande boite en bois alimentée par un tube flexible
est le système électro-pneumatique placé par Schwenkedel en 1959.
Il remplace l'abrégé et les vergettes du système mécanique originel.
C'est lui qui tire les soupapes dans le sommier, via des "esses" spécifiques.
A droite, on remarque que deux soupapes sont doubles.
Tout en haut, contre le "plafond" (qui est la base du sommier),
on voit les "tapettes à souris" placées par Schwenkedel pour éliminer
les problèmes d'emprunts entre les gravures.
Il s'agit d'un "expédient" qui pourra être supprimé après un relevage
en profondeur du sommier.
Tout en bas, vers le centre, trois trous carrés permettant le passage des tirants de registres.
La console en fenêtre était juste au revers du panneau en bois en bas à gauche.
Cette vue est prise du même endroit que la précédente,
mais vers l'arrière de l'orgue. C'est un des sommiers de pédale, surmonté de sa tuyauterie.
A nouveau, 4 fermetures semi-circulaires (d'origine),
et le "module" électro-pneumatique (1959) remplaçant l'abrégé et les vergettes.
A droite du tube qui l'alimente en pression (ce vent n'est utilisé
qu'en tant qu'énergie pour tirer les soupapes ; il n'alimente pas les tuyaux)
il y a une inscription "Kientzheim".Cette vue est prise du même endroit que la précédente,
mais vers l'arrière de l'orgue. C'est un des sommiers de pédale, surmonté de sa tuyauterie.
A nouveau, 4 fermetures semi-circulaires (d'origine),
et le "module" électro-pneumatique (1959) remplaçant l'abrégé et les vergettes.
A droite du tube qui l'alimente en pression (ce vent n'est utilisé
qu'en tant qu'énergie pour tirer les soupapes ; il n'alimente pas les tuyaux)
il y a une inscription "Kientzheim".

Le récit expressif a des sommiers à cônes (Lapresté ?). Ils sont diatoniques en mitre. Le dessus de positif de dos est à membranes, et chromatique, et les basses du Bourdon 8' (qui est doté des deux octaves graves) sont sur un sommier spécifique.

Tuyauterie:

La tuyauterie est aujourd'hui assez hétérogène, et "tirée vers le bas" par les adjonctions de 1959, qui ne sont heureusement pas majoritaires. D'après l'étude de Christian Lutz, près de 80% de la tuyauterie est d'origine, même si une bonne partie a été modifiée, décalée ou réharmonisée (grattage des dents de biseaux, abaissement de bouches à la soudure). Une partie de cette ré-harmonisation pourrait dater de 1972.

La tuyauterie du positif actuel,
qui est l'ancien dessus de récit de Rinkenbach.
Seul le Bourdon 8' est complet, ses tuyaux graves étant logés sur les côtés.
Son "Discant" (partie aiguë) est ici au fond (c'est une Flûte à cheminée).
Devant lui, le Prestant, la belle Flûte 4', le Piccolo,
et enfin, tout à l'avant, la saugrenue Sesquialtera de 1959.La tuyauterie du positif actuel,
qui est l'ancien dessus de récit de Rinkenbach.
Seul le Bourdon 8' est complet, ses tuyaux graves étant logés sur les côtés.
Son "Discant" (partie aiguë) est ici au fond (c'est une Flûte à cheminée).
Devant lui, le Prestant, la belle Flûte 4', le Piccolo,
et enfin, tout à l'avant, la saugrenue Sesquialtera de 1959.

La tuyauterie de pédale comprend une autre spécificité : les pieds sur-élevant certains tuyaux en bois (pour dégager la bouche des autres) sont réalisés au tour, avec fantaisie. Cela constitue un ornement, totalement invisible, mais caractéristique du soin apporté au travail dans les années 1840. Il est probable qu'un des ouvriers des ateliers d'Ammerschwihr tenait à consacrer un peu de temps à ce détail. [ConfCL]

Décidément, l'orgue alsacien réserve régulièrement de belles surprises. Depuis longtemps, presque tout le monde de l'orgue pensait cet instrument "perdu", car tellement modifié qu'un retour à la configuration d'origine semblait inaccessible. Or, il s'agit de l'un des plus grands de Valentin Rinkenbach, sûrement le plus abouti, et il représente un témoin incontournable de la passion qu'ont eue les Alsaciens du 19ème siècle pour l'orgue. Son intérêt historique est considérable.

L'Association les Amis des Orgues Valentin Rinkenbach de Kientzheim (AAOK) a été créée, pour rénover, entretenir et promouvoir les orgues de l'église de Kientzheim. L'initiative a conduit à une étude préalable, menée par Christian Lutz, dont les conclusions (février 2018) sont extrêmement positives. Dans le fond, cet orgue n'a pas été si fortement modifié que ce que l'on craignait, et, surtout, beaucoup de modifications sont réversibles. L'instrument "perdu" peut être retrouvé.

Certes, dans sa configuration actuelle, inutilement compliquée et surprenante, empoussiéré, il n'est pas très engageant. Il est affublé d'une composition qui est à l'évidence le fruit d'épouvantables maux de tête de 1959, et de nombreux "tics" d'harmonisation des années 70 (1972 ?). Mais, l'étude récente, conséquence d'un fort engagement local en faveur du patrimoine, a révélé qu'il a conservé tout son potentiel : 80% de la tuyauterie d'origine est toujours là, et le reste est issu de techniques bien connues. Tous les indices contribuent à confirmer qu'il est parfaitement restaurable en son état de 1847, qu'il le mérite, et constituerait alors un instrument de très grande valeur.

Quand on connaît les performances musicales de ses "petits frères", et donc le talent de Valentin Rinkenbach, on peut imaginer ce que pourrait redevenir ce grand 3-claviers. On sait que l' "organier du peuple", installé à Ammerschwihr, s'était fait une spécialité de rendre l'orgue accessible à tous. Il a porté à cet instrument toute l'attention et tous les soins possibles : il devait vraiment le porter dans son cœur. D'autre part, pour aller de l'avant, et concevoir un vrai orgue du 21ème siècle, il est fondamental que les musiciens, les facteurs et surtout le public disposent de ces racines : elles expliquent pourquoi l'orgue est devenu populaire, et comment il a fait tant de chemin après le milieu du 19ème siècle jusqu'à ce que son élan ne soit brisé par la seconde guerre mondiale. Rendre au patrimoine alsacien cet instrument de musique constitue donc un des projets les plus enthousiasmants de l'orgue contemporain.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680164001P04
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