> Accueil du site
Les orgues de la région de Dannemarie
Balschwiller, St-Louis
Dernier orgue de la Maison RINCKENBACH, signé : "Manufacture de grandes orgues, Société anonyme, anciennement Rinckenbach"

C'est à Balschwiller que Joseph Rinckenbach posa son dernier instrument. Cet orgue est détenteur d'un héritage de plus de 200 ans, puisque les origines de la Manufacture d'orgues d'Ammerschwihr remontent à Martin BERGANTZEL et Valentin Rinkenbach. Ce dernier orgue de Joseph Rinckenbach est doté d'une composition conséquente (28 jeux), et son auteur, sachant la fin inéluctable, y a mis l'énergie du désespoir, en allant "pour la postérité" au-delà de ce que son entreprise ne pouvait se permettre.

---
L'orgue Jean Franz,
1809
---

Historique

Le premier orgue de Balschwiller a été placé après la Révolution, en 1809. Son orignine n'est pas connue, mais il est souvent attribué à Jean Franz (29/08/1769 à Liesberg – 21/11/1830 à Wolschwiller), car c'est lui que l'on appela pour un entretien en 1827. On connait par contre le nom de son organiste de 1815 à 1826 : l'instituteur Jean Adam Meyer. [IHOA] [PMSSUND1985]

---
L'orgue Claude-Ignace Callinet,
1859
---

Historique

L'instrument de 1809 fut remplacé dès 1859 par Claude-Ignace Callinet. Le traité date du 06/12/1857. [IHOA] [PMSCALL] [Barth] [PMSSUND1985]

L'instrument fut reçu le 27/09/1859 par Jean Chrysostome Dietrich (que l'on retrouve à Burnhaupt-le-Haut, Rimbach-Zell ou Zimmersheim). Vu son prix, il devait beaucoup ressembler à son quasi contemporain de Bitschwiller-lès-Thann (1861). [PMSCALL]

La vie musicale semble avoir été inténse à Balschwiller au 19ème sicècle : Joseph Vinot, natif de la commune, a étudié à l'école Niedermeyer (en même temps que Leon Boellmann !), puis est devenu organiste à la cathédrale de Narbonne. Son frère, Gustave Vinot, a eu un élève au piano qui devint célèbre : le jeune Eric Satie.

Un autre enfant de Balschwiller était le facteur d'orgues Zurbach (né le 05/02/1858), ouvrier chez Martin Rinckenbach, et assez souvent cité dans la vie de la maison d'Ammerschwihr. Il avait noté que son entreprise a reculé le buffet de l'orgue de Balschwiller de 75cm en 1889, et effectué des travaux de soufflerie. le patronyme a l'air répendu à Balschwiller, puisque le maire, en 1931, s'appelait également Zurbach. [PMSSUND1985]

En 1909, l'instrument souffrait d'un manque d'entretien : l'organiste se plaignit à l'évêché (!) que depuis 1905, son instrument n'avait pas été accordé, car le curé de l'époque avec chassé le facteur. [PMSSUND1985]

L'église (de 1849) a été détruite, par faits de guerre, le 22/06/1915. Des photos prises après le conflit montrent l'édifice sans toit ni fenêtre. [IHOA]

L'église, reconstruite, a été rendue au culte en 1926. Quatre statues, une de la Vierge, une de St-Etienne, une de St-Laurent et une quatrième, représentant un martyre (puisqu'il porte une palme) non identifié, ont été sauvées des flammes. Elles datent du début du 16ème, et faisaient partie d'un ensemble plus grand, dont le reste a été perdu, et qui est attribué à Elles sont attribuées à Dominique Guntersumer, de Bâle. Dès le 10/11/1922, l'édifice fut doté d'un autre élément antérieur à 1915 : une cloche, venant d'Ostwald, et qui avait là-bas été épargnée par la réquisition.

De 1926 à 1931, on se servit d'un harmonium, qui ne devait pas donner satisfaction : le curé Wucher refusait d'en payer le solde au fournisseur de l'instrument, un certain Gloess (Mulhouse), et l'affaire finit en procès. [PMSSUND1985]

Le 15/09/1930, le conseil de fabrique examina trois devis : [PMSSUND1985]

- l'un d'Edmond-Alexandre Roetinger, qui détenait alors la position de leader de l'orgue alsacien,

- un autre de Joseph Rinckenbach (qui ne pouvait plus utiliser son nom, la raison sociale ayant été rachetée par Jean Lapresté), constituant le choix de la fidélité à la tradition,

- et le dernier de Georges Schwenkedel, jeune facteur motivé et doué, dont les créations étaient originales.

Roethinger était 6% plus cher que Rinckenbach, qui lui-même était 8% plus cher que Schwenkedel (pour des instruments de taille comparables, de 28 jeux chacun. Joseph Rinckenbach; placé "au milieu" en prix, l'emporta, avec un instrument dont le style est caractéristique du post-romantisme alsacien, alors parvenu à totale maturité.

A noter, parmi les derniers instruments de Joseph Rinckenbach, celui de Raon-l'Etape (88), St-Luc. Il est presque contemporain de celui de Balschwiller, mais dispose de 3 claviers et pas moins de 45 jeux. Là-bas, il s'agissait de remplacer le chef d'oeuvre de Jean-Nicolas Jeanpierre, anéanti lors de la guerre. Joseph Rinckenbach avait remporté le marché face à Cavaillé-Coll-Convers, François Didier, et surtout Théodore Jacquot... (Pour qui l'affaire semblait impossible à perdre.) L'explication était fort simple : un des conseillers avait entendu l'orgue de la Collégiale de Thann ! L'Opus 186 de Rinckenbach fut apprécié... et les concurrents fort préoccupés : Louis Thirion écrivit "La morale de tout ceci, c'est qu'il nous faut craindre la concurrence alsacienne". Après avoir subi quelques dégâts en 1944, l'orgue Rinckenbach de Raon fut expertisé par Jean Lapresté, qui conclut à l'excellence de l'instrument. Réparé par la maison Roethinger (console neuve) en 1955, cet instrument a été relevé par Michel Gaillard en 1982 et 1991. Il fait aujourd'hui la fierté du département des Vosges.

---
---

Historique

En 1931, Joseph Rinckenbach construit pour Balschwiller son dernier orgue, l'opus 203 de la grande maison d'Ammerschwihr, pour laquelle ce fut le chant du cygne. [IHOA] [PMSCALL] [Barth]

Notons que si cet orgue est bien le dernier des Rinckenbach, ce ne fut pas le dernier à être posé : on trouve à l'ancienne chapelle de l'alumnat de Miribel-les-Echelles (Isère), un instrument qui peut correspondre à celui figurant sur le "dépliant Lapresté", au numéro 203. Il a probablement été placé là-bas par Jean Lapresté, et ne figure pas dans la grande plaquette récapituant les orgues Rinckenbach. L'orgue Lapresté de l'hôpital Pasteur de Colmar (1937) comprend aussi des éléments Rinckenbach. [DepliantLapreste]

L'attribution par F.X. Matthias à Edmond-Aexandre Roethinger ("Mémoire...") est une erreur, tout comme la date de 1937. [Barth]

Le buffet

Le buffet, de style éclectique, est presque certainement l'oeuvre des ateliers Rudmann et Guthmann de Logelbach. Camille Rudmann et Justin Guthmann ont en effet réalisé le mobilier de l'élise après sa reconstruction. Lors de la reconstruction de l'édifice, des éléments néo-classiques ont pu être conservés, et ont visiblement servi d'inspiration pour le buffet.

Ainsi, l'élément central est constitué d'un fronton, soutenu par des colonnes corinthiens cannelées, qui fait clairement écho au porche de l'édifice. Il est encadré de grandes plates-faces, presque carrées, puis de deux tourelles rondes à châpiteaux circulaires. Le ornementation est consitutée de claires-voies (pour les touchelles talérales), de couronnements (pour les plates-faces), de frises scupltées, et aussi de jouées. La façade est entièrement écussonnée.

Caractéristiques instrumentales

Culture Activités culturelles :

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

© 1999-2018. Tous droits réservés, textes et illustrations, qui restent la propriété des auteurs. Si vous recopiez des éléments ou des photos de cette page (pour des articles, plaquettes, sites internet, etc...) merci de bien vouloir demander l'autorisation et citer vos sources (y-compris cette page!). D'abord par simple honnêteté intellectuelle, mais aussi pour pouvoir pister d'éventuelles erreurs. Les données ici présentées peuvent contenir des erreurs. N'en faire aucune utilisation pouvant porter à conséquence.
Immatriculation de l'orgue actuel : F680018001P03
Pour l'intégrer à des plaquettes ou des affichettes, et donner accès à cette page, vous pouvez imprimer l'image suivante (cliquer pour en obtenir de version grand-format) :
Code-barre pour téléphone
                                portable