Issenheim, le 08/07/2000.Cet orgue est un des instruments les plus marquants d'Alsace. Par son histoire, son côté "représentatif", et par son usage, puisqu'il a été pendant de nombreuses années le cœur de l'Académie d'orgue d'Issenheim. Posé par Joseph Callinet en 1834-35, c'était un don privé. Il a par la suite été fortement modifié, à plusieurs reprises, et ne peut donc pas être considéré comme authentique. Mais sa reconstruction en 1995 a été un succès incontestable. Comme le résume la plaquette éditée en 1996 pour son inauguration : "L'orgue a subi des transformations, des restaurations, des guerres, a accompagné les fidèles dans leurs joies et leurs peines, a donné des satisfactions aux organistes, a aussi vu les crues de la Lauch..." D'ailleurs, les rivières non plus ne sont pas authentiques, puisque leur contenu est constamment renouvelé ; et pourtant...
Historique
Le premier orgue d'Issenheim a été construit en 1753 par Nicolas Boulay. [IHOA]
L'instrument fut réparé une première fois en 1765 par Christian Langes, de Uffholtz. [IHOA] [Issenheim1996]
Puis une deuxième fois, à nouveau par Christian Langes, en 1772. [IHOA] [Issenheim1996]
En 1791, c'est Joachim Henry qui est intervenu. [IHOA]
Et en 1802, un certain Tomas Mary. [IHOA]
Historique
En 1834, Issenheim reçut un orgue construit par Joseph Callinet. [IHOA] [Issenheim1996]
C'était un don privé, qui ne laissa donc pas beaucoup de traces dans les archives. L'industriel (et musicien) Thiébaut Zimmermann, entra au conseil de fabrique en 1833, et peu après, offrit cet orgue. C'est Carl Kientzl qui en témoigne dans sa "Musikalische Geschichte der Stadt Gebweiler" : "Herr Zimmermann Stellte in die neuerbaute Kirche eine gute, große Orgeln die er selbst spielte." ("Monsieur Zimmermann a fait poser dans la nouvelle église un bel et grand orgue, qu'il jouait lui même.") [Issenheim1996]
Jean Thiébaut Zimmermann avait déjà offert le terrain sur lequel a été construit l'église actuelle. C'est avec son frère Aloïse qu'il fonda l'hôpital qui porte leur nom. Zimmermann laissa aussi un legs destiné à l'entretien de l'instrument, et à encourager la pratique de l'orgue. [Issenheim1996]
La composition d'origine n'est pas connue, même si des hypothèses solides ont été formulées. Elle devait être très proche de l'actuelle. On a parfois évoqué une provenance Franc-Comtoise pour cet instrument. Il y a évidemment une convergence de styles, vu l'origine de François Callinet, le père de Joseph. Mais rien ne permet vraiment d'affirmer qu'il n'a pas été construit à Rouffach. C'est peut-être quand on a établi que le positif a toujours été logé dans le soubassement (et qu'il n'y a jamais eu de positif de dos), qu'on s'est dit qu'il n'était "pas comme les autres".
Les travaux de J.A. Berger
En 1896, Joseph Antoine Berger fit des travaux. Mais contrairement à ce qu'on peut lire parfois, il n'a pas supprimé le positif de dos : cet instrument n'en a jamais eu. [IHOA]
La tradition du mécénat ne s'était pas perdue à la mort de Thiébaut Zimmermann (1869) : d'autres prirent le relais, comme les familles Carpentier et Spetz. L'orgue de 1834 nécessitait des travaux, et la portée de l'intervention de 1896 a été largement sur-estimée. Tout d'abord, vu qu'on ne connaît pas la composition d'origine, il est difficile d'établir les changements de jeux. Il est probable qu'une ou deux Mutations ont été supprimées. Mais objectivement, le résultat des travaux de 1896 était très bénéfique : le grand-orgue était enfin doté d'une Flûte 4' (dont il était apparemment dépourvu à l'origine), la pédale a été complétée à 27 notes et a reçu un Violoncelle 8', jeu emblématique de l'orgue alsacien. [Issenheim1996] [PMSCALL]
Le reste relève de l'hypothèse (ou de la devinette), car les travaux de 1896 n'ont pas laissé de trace d'archives. L'une de ces devinettes - la suppression d'un positif de dos qui n'a jamais existé - s'est avérée totalement fausse. L'opération de 1896 était donc surtout un entretien assorti de petites modifications parfaitement raisonnables et justifiables, qui ont ajouté de la valeur à l'instrument.
Mais dans son ouvrage sur les Callinet (plutôt une hagiographie, d'ailleurs), Pie Meyer-Siat n'y va pas par quatre chemins, et accuse les décideurs de 1896 de crime de lèse-Callinet : "[Le Conseil de Fabrique] décide de prélever une certaine somme sur leur legs, en vue de la destruction de leur œuvre." Même après avoir admis qu'il "ne reste aucun document au sujet de ce travail", il affirme que le positif de dos a été supprimé, et fournit des détails "probables" ayant abouti à la "destruction" de l'orgue Callinet. [PMSCALL]
Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités le 27/03/1917. [PMSCALL]
C'est Joseph Rinckenbach qui procéda au remplacement de la façade, le 09/12/1921. [PMSCALL]
L'orgue a été longtemps été doté d'une belle façade de Rinckenbach. Malheureusement, celle-ci - qui avait pourtant assurément déjà sa part d'histoire - a été supprimée en 1996. Pourquoi ? Parce qu'elle était en zinc. Et qu'à la fin du 20ème siècle, on ne se souciait pas de la façon dont un jeu sonne : seul comptait en quoi il est fait ! Pourtant, quand on utilise ses oreilles au lieu de croire systématiquement les fadaises des "experts", on se rend compte que beaucoup de façades en zinc sonnent beaucoup mieux que celles "comme il faut" en étain. (Sûrement parce que l'étain, ça brille, et qu'il y a un biais perceptif : "tuyaux qui brillent = son brillant".)
L'intervention de Besserer
En 1925, les travaux furent beaucoup plus conséquents : Jules Besserer reconstruisit l'instrument. [IHOA] [PMSCALL]
Là aussi, ces travaux ont été fort mal interprétés. Voici le commentaire (ou plutôt la charge) de Pie Meyer-Siat, toujours dans le même article : "Mais le martyre de l'orgue d'Issenhei n'était pas achevé." Evidemment, Besserer dota l'instrument d'une transmission pneumatique. Et évidemment, il plaça dans l'instrument les jeux demandés par la registration de l'époque : un Dolce pour le grand-orgue, et, pour le récit, un Quintaton 8', une Aeoline, et (surtout !) une Voix céleste. Et évidemment, il le fit en remplaçant les jeux qui n'étaient pas utilisés par les organistes de l'époque, comme le Cromorne.
En quoi l'instrument aurait-il été "martyrisé" ? Il a bien sûr été transformé, mais il n'était pas "moins bon" après : il était juste différent. Quelqu'un peut-il affirmer que la configuration de 1834 (qui n'est d'ailleurs pas connue en détail) était parfaite ? Notons que cette version, soigneusement honnie par les commentateurs, mérite pourtant un peu d'attention. Son côté néo-classique assumé, par exemple, car un Nasard a été ajouté. En fait, avec le matériel de 1834 complété avec des jeux romantiques, c'était en quelque sorte un orgue néo-classique "par héritage".
L'instrument était cohérent, assurément plein de possibilités, et doté d'une console indépendante. (Snobisme mis à part, quel organiste peut affirmer préférer jouer avec la tête plongée dans une armoire ?) Pendant 35 ans (le temps où on le laissa tranquille), il fonctionna très bien, avec sa transmission pneumatique. [Issenheim1996]
Laquelle, une fois de plus, ne présenta pas les inconvénients fantasmés par les VRP du mécanique, mais offrait bel et bien ses avantages... évidemment soigneusement passés sous silence plus tard, quand, après guerre, en raison d'une regrettable perte de compétence des facteurs d'orgues, plus aucun ne savait les entretenir. Et ce d'autant plus qu'il était beaucoup plus juteux de proposer de remplacer la traction pneumatique par un autre système. (Electrique, électropneumatique, et plus tard mécanique.)
Voici donc l'orgue Besserer de 1924, qu'il était de bon ton de vouer aux Gémonies il y a encore quelques années :
C'était quand même pas mal : plutôt que de le vouer à quoi que ce soit, nous serions aujourd'hui nombreux à en demander la clé !
Le projet raté de 1958
En 1958, Curt Schwenkedel électrifia la traction. [IHOA]
Lorsqu'il visita l'orgue avant les travaux, Curt Schwenkedel nota la composition ci-dessus, mais aussi que les tuyaux du Clairon de pédale avaient disparu, et que les tuyaux de la Flûte 16' et de la Bombarde étaient vermoulus, tout comme les pieds de la Trompette de pédale. [SchwenkedelDO]
De façon fort peu surprenante, Curt Schwenkedel proposa d'électrifier la traction (donc de la rendre électro-pneumatique), et de changer plusieurs jeux, pour accentuer le côté néo-classique :
- au grand-orgue, remplacement de la Flûte traverse 4' par un Cor de nuit 2' et du Dolce par une Tierce, et échange de la Gambe avec le Salicional du récit,
- au récit, remplacement du Quintaton par une Doublette (!), de l'Aeoline par un Larigot, du Basson-Hautbois par un Hautbois simple, et échange du Salicional contre la Gambe du grand-orgue,
- à la pédale, le Clairon avait déjà disparu, et, on a vu, les autres anches n'étaient pas en bon état. [Issenheim1996]
Visiblement, cette opération est restée inachevée : les anches de pédale n'ont pas été réparées, et la Tierce et la Trompette du grand-orgue n'ont probablement plus fonctionné après 1958. [Issenheim1996]
1958, c'est l'année de la mort de Georges Schwenkedel, le fondateur de la maison. Une maison qui dota l'Alsace de nombreux orgues extraordinaires, a contribué à définir un style néo-classique local, et, pour sûr, nous avait habitués à mieux que cette transformation qui, on le comprend, ne satisfaisait personne. Georges n'était plus là, et Curt n'avait pas encore pris le virage du "néo-baroque" où il trouva réellement sa motivation. L'orgue Callinet de 1834 avait son style ; celui de Besser en 1925 aussi. Mais là, il faut bien avouer qu'on ne comprend plus trop la logique, avec ces Mutations au grand-orgue et surtout ce Larigot au récit, qui arrive un peu comme un anchois sur une crème brûlée :
Et la pédale avait perdu son Violoncelle, remplacé par une Flûte 4' (alors qu'il y a les deux tirasses). Si on avait voulu faire perdre son "côté alsacien" à cet instrument, on n'aurait pas procédé autrement. Et outre ces choix esthétiques très contestables, l'instrument s'avéra peu fiable. En 1980, il fonctionnait fort mal. En fait, il n'a probablement jamais bien fonctionné : la bonne transmission pneumatique avait été ruinée par une électrification aussi coûteuse que nuisible. Dire qu'il aurait probablement suffit de bien la régler...
En 1986, l'inventaire technique des orgues d'Alsace trouva un instrument vraiment peu reluisant. Il était clair qu'il fallait faire quelque chose. Plusieurs solutions ont été envisagées : relevage, démontage et vente, orgue neuf, orgue de chœur, et bien sûr un machin électronique... A peu près tout, donc, sauf un retour à l'orgue de 1924 : dans les années 1990, baignant dans les "retours aux sources" et surtout les clichés sur la période post-romantique, c'était totalement hors de question, pour des raisons quasiment "idéologiques". Une reconstruction de l'orgue dans l'esprit Callinet était alors évidemment la meilleure chose à faire. Mais il ne s'agit pas d'une restauration, car on ne connaît pas la configuration initiale. [ITOA] [Issenheim1996]
La reconstruction de 1995
L'orgue a été reconstruit en mécanique en 1995 par Gaston Kern. [IHOA]
Apaiser la controverse
Rétrospectivement, quand on connaît le succès de cette opération, on peut se dire que c'était évident. Mais c'était loin d'être le cas : l'image de l'orgue d'Issenheim avait été brouillée par l'ouvrage de référence sur les Callinet. Comme le rappelle la plaquette de 1996, cet article affirme, au sujet de la transformation de 1896, qu' "on se servit du legs du fondateur pour le (l'orgue) tuer. Les hommes n'estiment que ce qu'ils paient : comme cet orgue ne lui avait rien coûté - même pas un merci - la paroisse d'Issenheim n'hésita pas : l'orgue d'Issenheim est un des chapitres les plus lamentables de l'histoire Callinet." La chose était entendue : l'instrument d'Issenheim était un orgue "mort". [PMSCALL] [Issenheim1996]
Ingratitude ?
On imagine l'impact de ces propos. La paroisse n'a vraiment pas le bon rôle dans ce récit ! Un récit un peu douteux, d'ailleurs, car "même pas un merci" semble difficile à étayer : toute manifestation de reconnaissance ne se fait pas forcément sur la place publique. Et on ne peut vraiment pas dire qu'Issenheim ait été ingrate vis à vis de Zimmermann. Ses dons étaient certes représentatifs d'un certain paternalisme habituel à l'époque pour les notables, mais c'était quand même leur façon de "redistribuer", et de faire de la philanthropie. Car, oui, les orgues, la population aimait ça. On se demande donc sur quoi on peut s'appuyer pour affirmer que la paroisse n'était pas reconnaissante.
Malfrats et vandales ?
Pie Meyer-Siat reproche à la paroisse d'Isenheim d'avoir écrit "un des chapitres les plus lamentables de l'histoire Callinet". Rien moins. Et en plus, dans un ouvrage qui se voulait "académique". La paroisse se devait quand même de répondre... ce qui fut fait dans la plaquette de 1996 : "Les membres du Conseil et les paroissiens étaient-ils pour autant des malfrats, des vandales ? Il s'agissait tout simplement d'honnêtes personnes qui, soucieuses de maintenir le patrimoine qui leur avait été légué, souhaitent le transmettre aux générations futures dans un parfait état."
La plaquette de 1996 commente ainsi l'intervention de 1996 : "Ces modifications étaient-elles dictées par une sournoise intention de détruire ? Le Conseil accorde simplement sa confiance à l'artisan qui apporte sa touche personnelle, guidé par un souci d'amélioration, d'évolution, par le souhait de mettre l'orgue au "goût du jour". Ces intentions sont légitimes."
C'est particulièrement pertinent, et rappelle que les orgues ne sont pas des pièces de musée destinées à satisfaire deux ou trois experts, mais vivent avec leur communauté. La réelle menace qui pèse sur les orgues, c'est le désintérêt, qui conduit à l'oubli et, irrémédiablement, à la destruction. Il y a fort à parier que si cet orgue n'avait pas été modifié en 1896 et 1925 pour devenir plus attrayant pour son public et ses organistes, il n'existerait tout simplement plus. Transmettre un élément de patrimoine aux générations futures, ce n'est pas le mettre dans le formol... Il est quand même temps de comprendre qu'à la fois en 1896, en 1925 et en 1996, on a fait exactement ce qu'il fallait ! Et donc arrêter de présenter l'histoire des orgues entre 1870 et 1939 comme un psychodrame marqué par l'incompétence et l'incurie des générations qui nous ont précédées. Si une catastrophe patrimoniale a eu lieu en Alsace, c'est bien celle qui a commencé en 1960, et qui a visé à la destruction systématique des orgues symphoniques et post-symphoniques par la vague "néo-baroque". Elle a conduit à la perte de centaines d'instruments de grande valeur, envoyés à la chaudière sous prétexte qu'ils étaient "pneumatiques", sous les applaudissements de commentateurs bien formatés. Et ces pertes sont irréversibles : c'est ce qui fait la différence.
Les travaux de 1996 ont été pertinents, parce que le public et les organistes des années 2000 voulaient et aimaient des orgues comme ça. Aujourd'hui, ce serait sûrement différent. Dans 30 ans - à supposer qu'il y ait encore des orgues et des gens pour s'en occuper - ce sera encore différent. C'est la différence entre un patrimoine vivant et une obligation mémorielle.
Une inauguration festive
L'instrument a été inauguré le 22/09/1996 par Eric Lebrun, avec les chorales "Echo de la Vallée" (St-Amarin) et "Concordia" (Issenheim). Au programme :
- J.S. Bach (le concerto en La m BWV593, et 3 chorals Schübler)
- Joseph Haydn ("Komm holder Lenz!")
- Louis Claude Daquin (Noël en grand-jeu, Noël sur les Flûtes)
- Gotthilf Fischer (Vater unser)
- Antonio Mestres (marche pour les "Clarines")
- Antoine Calvière (Pièce en Mi m)
- Chares Gounod (Gloria de la Messe Brève)
- J.-F. Boëly (Fantaisie sur le "Judex crederis")
- Maurice Duruflé (Scherso)
- G. F. Haenel (Alleluia du "Messie")
- Jehan Alain ("Litanies")
Suite à cette inauguration, l'instrument a connu une activité culturelle intense, avec de nombreux récitals, et l'organisation, dans les années 2000 de l'académie d'orgue d'Issenheim. C'est assurément un des plus belles réussites de l'orgue alsacien à la fin du 20ème siècle.
Caractéristiques instrumentales
Console en fenêtre frontale, de Kern (1995). Tirants de jeux de section carrée disposés en deux fois deux colonnes de part et d'autre des claviers. Claviers noirs. Les pommeaux des tirants du positif sont sombres, et les autres clairs.
Ordre des tirants à la console :
Mécanique suspendue.
Sommiers à gravures.
Webographie :
Activités culturelles :
Sources et bibliographie :
Articles de Michel Haering et Paul-Philippe Meyer. ADHR 4 0 119 et E dépôt 9
Caecilia semble ici en "service minimum". Quatre lignes, et une composition à laquelle il manque l'étendue des claviers, et où le positif se voit gratifié d'une Trompette 8'.
ISSENHEIM, Kt. Sulz, O. -E. - O. von Boulay, 1753. MATHIAS 71. - Von der Callinet-O., 1833/34, ist nur noch das Gehäuse vorhanden. Umbau 1896, J. A. Berger v. Rufach, 2.600 M. ; pneumatisch umgebaut 1932 von Besserer in Leymen; 1959 Schwenkedel, elektr., Reg. 27. Mittlg von Pf. Leon Schrapf. Siehe auch MEYER-SIAT 154-156; wo 48 u. pl. 22 O.-Gehäuse in Abb.
345. Issenheim {S B I}, Boulay 1753, Jules Besserer, Leymen, 28 Jeux, 2 Clav., Péd., sommier à coulisses, traction méc. et pneu., soufflerie électr.
im68003819
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