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Les orgues de la région de Hirsingue
Largitzen, St-Georges
Orgue entièrement authentique.
Largitzen, l'orgue Schwenkedel, le 26/08/2015.Largitzen, l'orgue Schwenkedel, le 26/08/2015.

La charmante église St-Georges de Largitzen date de 1924. De style néo-baroque, elle a gardé toute son authenticité, tout comme son orgue qui est en totale harmonie avec l'édifice et son ameublement. Musicalement, cet instrument est un parfait exemple du post-romantisme : Georges Schwenkedel, son auteur, était fidèle à l'esprit de la "belle-époque", même après la Guerre mondiale. Même si les ateliers de Schwenkedel étaient situés à Strasbourg (Cronenbourg), donc à plus de 100km de là, ce facteur connut un grand succès dans le Sundgau. Il y a d'ailleurs posé son premier orgue neuf, à Aspach, en 1924. Puis il y eut Walheim, posé en 1927 (mais malheureusement démoli en 1972). Celui de Largitzen, daté de 1928, est son troisième orgue sundgauvien. De nombreuses autres localités des environs voulurent ensuite des orgues Schwenkedel, ce qui atteste de leur popularité et de leur succès : on peut citer Bisel (1930), Seppois-le-Bas (1930), Manspach (1931), Grentzingen (1931), Durlinsdorf (1932), Spechbach-le-Bas (1932), Luemschwiller (1933), Courtavon (1933). Soit deux par an au début des années 30 dans l'immédiat voisinage ; cela continua pratiquement jusqu'à la guerre : Hirtzbach (1934), Ligsdorf (1937).

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L'orgue de facteur inconnu (1825)
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Historique

Un orgue est attesté à Largitzen en 1825 par la présence d'un organiste (Joseph Kech). A priori, il n'y avait pas d'orgue avant 1810. [IHOA]

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L'orgue Louis-François Callinet,
1885
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Historique

En 1885, Louis-François Callinet, alors déjà installé à Vesoul, construisit pour Largitzen un instrument neuf (assez petit d'après son prix). [IHOA] [PMSCALL] [Barth]

La localité de Largitzen fut très affectée par le conflit mondial. L'orgue a été détruit en 1916 par faits de guerre, avec son édifice. Une nouvelle église a été bâtie en 1919, et achevée quelques années plus tard. [IHOA]

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Historique

C'est de 1928 que date l'opus 12 de Georges Schwenkedel. [IHOA] [Barth]

L'instrument devait être identique à celui d'Aspach-le-Haut (près de Thann, l'opus 16 de Schwenkedel). [IHOA]

On l'a vu, Largitzen est le troisième orgue sundgauvien de Schwenkedel, et, à en juger les nombreux marchés conclus par la suite avec des localités voisines, il fut très apprécié. Cet instrument post-romantique est directement inspiré des instruments de la fin du 19ème siècle, parfois appelés "symphoniques", qui excellent dans un répertoire très riche allant de Lemmens à Gigout, et de Mendelssohn à Max Reger. Les jeux et la soufflerie sont résolument romantiques. Par contre, les techniques et matériaux du 20ème siècle sont utilisés efficacement, pour rendre l'instrument accessible même aux petites communautés. Et aussi pour doter la console d'un confort incomparable pour l'organiste. De plus, leur conception résiste à la mode "néo-classique" de l'époque, qui tendait à transformer l'orgue en machine à tout jouer en y ajoutant des "petits jeux" aigus.

On retrouve presque la même disposition qu'à Aspach (le premier orgue Schwenkedel). Mais ici, au récit, on a préféré le fondement sur 16 pieds au deuxième jeu d'anche.

L'orgue a été relevé en 1998 par Christian Guerrier, de Willer. [IHOA]

Cet instrument est absolument authentique. C'est une très belle machine disposant de jeux de détails particulièrement bien harmonisés et d'une dynamique étonnante. La Montre (entièrement écussonnée et de très belle facture) est impressionnante, et soutient par sa fondamentale vigoureuse un plein-jeu du récit qui peut être démultiplié grâce à l'accouplement à l'octave. Ni la composition ni même l'harmonisation n'ont été retouchées, et c'est un précieux témoin de la facture pratiquée par la maison Schwenkedel dès ses débuts. C'est en effet aujourd'hui le seul survivant jouable de la production de Schwenkedel entre 1926 et Metzeral (opus 21) : deux autres existent encore mais sont muets ; tous les autres ont été victimes soit des guerres soit de la mode "néo-baroque" (ou de la désinformation qui sévissait au sujet des transmissions pneumatiques).

Le buffet

Le buffet de l'orgue Schwenkedel constitue un ensemble cohérent avec le reste du mobilier de l'édifice, où l'on remarque un maître-autel (orné d'un tableau de Martin Feuerstein représentant St-Georges terrassant le dragon) et une chaire.

L'espace disponible en hauteur étant compté, le buffet se déploie horizontalement. La partie centrale est une sorte de grande tourelle plate, tri-partite en "chapeau de gendarme". Elle fait penser (et trouve y probablement son origine) aux tourelles centrales tri-lobées du 18ème. Les deux tourelles latérales sont très classiques de structure et d'ornementation (entablements, claires-voies, culots, jouées). C'est encore une référence au 18ème. Les plates-faces intermédiaires sont moins "classiques", puisqu'elles ont la même hauteur que le reste. Elles sont directement terminées, en haut, par des claires-voies très élaborées, qui figurent des anges jouant de la trompette. L'ornementation est néo-classique, avec des motifs végétaux pour l'essentiel. La façade est en étain (d'origine).

Caractéristiques instrumentales

Console:
La console frontale accolée.Avec sa
                    petite armoire.La console frontale accolée.
Avec sa petite armoire.

Console accolée frontale, dos à la nef, fermée par un rideau coulissant. Derrière le porte-partitions, elle dispose d'une petite armoire de rangement. Tirage des jeux par dominos disposés en ligne au-dessus des claviers, munis de porcelaines de couleur permettant d'identifier le plan sonore du jeu : blanc pour le grand-orgue, rose pour le récit, et jaune pour la pédale. Les tirasses et accouplements (sauf le I/I 4') sont bicolores : "Man. II-I" (II/I), "Ped. I" (I/P), "Ped. II" (II/P), "Sub II-I" (II/I 16'), "Super II-I" (II/I 4'), "Super I" (I/I 4'). Claviers blancs. Joues de claviers galbées. Sélection de la combinaison libre par picots blancs basculants, situés au-dessus de leur domino respectif (les accouplements et tirasses sont donc programmables). Commande des aides à la registration par pistons blancs situés sous le premier clavier, repérés par des porcelaines blanches. De gauche à droite : les combinaisons fixes ("P.", "MF.", "F." "TT."), l'appel "jeux à main" (qui rend les dominos actifs avec la combinaison libre), l'appel de la combinaison libre ("Comb. libre"), l'annulateur (porcelaine toute blanche), et, un peu plus loin, l'annulateur des d'anches ("Anches"). Commande du crescendo et de l'expression du récit par pédales basculantes (dans cet ordre de gauche à droite, ce qui est un peu contraire aux habitudes), placées très à droite de la console. Indicateur de crescendo en bakélite blanche, gradué de 0 à 12 par étapes de 3 , avec une aiguille se déplaçant horizontalement. Banc constitué de deux essences de bois (le plateau est plus clair). Plaque d'adresse en bakélite blanche, située en haut et à droite de la console :

Georges Schwenkedel
Facteur d'Orgues
Strasbourg - Cronenbourg
1928 Opus12
La plaque d'adresse de l'opus 12 de
                    Schwenkedel.La plaque d'adresse de l'opus 12 de Schwenkedel.

Contenu des combinaisons fixes :" [MFoisset]

P.

GO: II/I Salicional 8
Rec: Flûte harmonique 8
Ped: I/P II/P

MF.

GO: II/I Salicional 8 Flûte 8 Bourdon 8
Rec: Flûte harmonique 8 Gambe 8 Flûte 4 Octavin 2
Ped: I/P II/P Flûte 8

F.

GO: II/I Salicional 8 Flûte 8 Bourdon 8 Montre 8
Rec: Flûte harmonique 8 Gambe 8 Flûte 4 Octavin 2 Quintaton 16 Fugara 4 Plein-jeu
Ped: I/P II/P Tutti

TT.

Tutti

Transmission: Pneumatique tubulaire.
Sommiers: à membranes. La pédale est logée sur le côté droit, juste à côté de la soufflerie, et se prolonge derrière le buffet. Le grand-orgue est chromatique, placé derrière la façade, et le récit est juste derrière, et au même niveau.
Soufflerie: un grand réservoir à plis parallèles, à droite de l'orgue, sous la fenêtre. Le système de pompage à pied (deux pédales et poulie) a été conservé.

Edouard Schloesslen

L'orgue Schwenkedel de Largitzen a longtemps été joué par Edouard Schloesslen, qui faisait partie des nombreux organistes "amateurs" qui se sont mis à la musique et à l'accompagnement "parce qu'il en fallait bien un", puis qui persévéré en s'appuyant essentiellement sur leur expérience et leur motivation. Edouard Schloesslen nous a quittés à l'automne 2013. [GUeberschlag]

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680176001P03
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