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Les orgues de la région de Lapoutroie
Fréland, église de l'Assomption de la B.V.M.
1917 degr > Dégâts
Fréland, l'orgue Louis-François Callinet, le
        01/09/2012.Fréland, l'orgue Louis-François Callinet, le 01/09/2012.

Appelée "Urbach" dans le passé, la localité de Fréland est à présent bien connue dans le monde de l'orgue alsacien, car elle abrite l'un des tous derniers instruments de la lignée des Callinet de Rouffach. L'orgue précédent, fourni par Joseph Chaxel en 1826, n'ayant visiblement pas donné satisfaction, on le vendit à peine 50 ans plus tard, et c'est à Louis-François Callinet que l'on commanda l'exceptionnel instrument que l'on peut voir aujourd'hui.

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L'orgue Joseph Chaxel,
1827
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Historique

En, 1826-1827 Joseph Chaxel posa le premier orgue de Fréland. [Barth] [IHOA] [ITOA] [HOIE]

Chaxel était en concurrence avec Rinkenbach et... la maison Callinet (alors tenue par François). Il était le moins cher, et son orgue (II/P 24r) a été reçu le 25/11/1827 par Von Esch (Colmar). [Barth] [PMSCALL]

L'orgue a été relevé par Antoine Herbuté en 1841. La réception eut lieu de 16/08/1841 par Martin Vogt (Colmar), et Jean Baptiste Thomas, qui était alors organiste à Fréland. [IHOA] [Barth] [HOIE] [PMSAEA69]

En 1877, François Antoine Berger déménagea l'instrument à St-Augustin de Bischwiller (on peut encore y voir le buffet, qui abrite plusieurs jeux de Chaxel). [IHOA] [ITOA] [Barth] [HOIE]

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L'orgue Louis-François Callinet,
1877 (instrument actuel)
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Historique

C'est en 1877 que Louis-François Callinet construisit le dernier "Callinet d'Alsace" encore visible aujourd'hui. [IHOA] [ITOA] [HOIE]

L'orgue de Fréland a failli être posé par les frères Wetzel, mais leur projet de 1873 (avec console latérale, mais plutôt conséquent : II/P 13+7+6j) n'a pas été réalisé. Le devis Callinet date du 17/02/1875 et l'accord du 01/05/1875 (le délai de réflexion a donc été plutôt long). [Barth] [PMSRHW]

Louis-François était déjà installé à Vesoul (depuis 1872 ; le devis est d'ailleurs signé de cette ville), mais les ateliers de Rouffach n'étaient pas désaffectés, puisque le contremaître de Claude-Ignace, François Antoine Berger, les avait repris. Ce dernier contribua probablement à la construction de l'orgue de Fréland, au moins en prêtant ses locaux. En tous cas, c'est lui qui s'occupa de déménager l'orgue Chaxel. Voici la composition prévue par le devis (le récit expressif est appelé "positif") : [PMSCALL]

L'orgue fut reçu le 08/09/1877 par G. Kern (Colmar) et Eugène Thomas (Fréland, 06/11/1841 - Ste-Marie-aux-Mines, 11/10/1918, alors organiste à Ste-Marie-aux-Mines). [Barth] [PMSCALL]

En 1903, Martin Rinckenbach procéda à ce qui devait à l'origine être un relevage. Mais trois devis furent rédigés (28/06/1903), dont au moins deux correspondant à des transformations. C'est le troisième qui fut retenu. [ITOA] [Barth] [HOIE] [PMSCALL]

Ces travaux incluaient une modification de la Mixture pour en faire une Mixture-tierce progressive romantique, grave (2'2/3) et sans reprises (un rang de 4' commençant à c, les rangs de 2'2/3, 2' et 1'3/5 complets, et une quinte 1'1/3 apparaissant sur f). La pédale étant dépourvue de Soubasse 16', il fut décidé d'y remédier, ceci nécessitant de sacrifier le Clairon. Si la tirasse n'existait pas déjà, elle fut ajoutée à ce moment. Au grand-orgue, il fut décidé d'enrichir les fonds, en remplaçant la Doublette par un Dolce 8'. Le tout était accompagné d'une garantie de 10 ans. [ITOA] [Barth] [HOIE] [PMSCALL]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités le 26/05/1917. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [PMSCALL]

La maison Edmond-Alexandre Roethinger fit un relevage, et plaça une nouvelle façade en 1927. Un ventilateur électrique fut aussi placé à cette occasion. (Cela n'avait pas été fait plutôt, parce que l'électricité était souvent coupée le dimanche...) [ITOA] [Barth] [HOIE] [PMSCALL]

Le 06/06/1944, Georges Schwenkedel fit une réparation. [IHOA] [Barth]

En 1966, on demanda à Curt Schwenkedel une nouvelle intervention, qui faillit être une transformation d'envergure, mais fut finalement assez limitée : un Clairon 4 a été posé au récit expressif à la place de la Clarinette à anches libres (Callinet), le Dolce de Rinckenbach fut remplacé par une Doublette. La Soubasse fut conservée. [IHOA] [ITOA] [GBois]

De fait, l'orgue avait été démonté dès 1959, à l'occasion de travaux à l'édifice, et il était prévu de le faire reconstruire en "néo-classique". L'instrument resta en cet état plusieurs années. Malheureusement, le plafond de l'édifice fut abaissé lors des travaux (en oubliant totalement des conséquences sur l'orgue, qu'elles soient acoustiques ou simplement géométriques). Au remontage, il ne fut plus possible de placer les couronnements de grandes tourelles. [PMSCALL]

L'orgue a été relevé en 1990-2001 par Antoine Bois. Il y eut une "pré-inauguration" par Maurice Moerlen, le 25/11/1990 (avant la réception, qui n'eut lieu que le 09/08/2001). [IHOA] [Caecilia]

La Clarinette, qui avait été remplacée par un Clairon en 1966, a été reconstruite : les corps sont en étain 75%, anches à larmes pour les 25 premiers tuyaux, puis anches cylindriques. [GBois]

Ce très bel instrument, particulièrement authentique, est l'un des rares témoins de la facture de Louis-François Callinet. C'est le seul et unique en Alsace.

Le buffet

Le buffet en chêne, de 5,80 m de haut sur 5m de large d'après le devis, est caractéristique de la production des Callinet d'Alsace : 4 tourelles, les deux du centre étant légèrement plus petites. Les trois plates-faces dessinent des arcs. Les culots des tourelles s'ornent de feuilles d'acanthe, et la ceinture du buffet est parcourue d'une frise de dards. Une galerie ajoutée à motifs floraux marque le haut des plates-faces et coïncide avec les claires-voies des petites tourelles. Ce sont aussi des fleurs qui ornent les coins supérieurs des plates-faces, tandis que des frises à oves soulignent les arcs. Pas d'angelot. Par l'élégance des proportions et la qualité de l'ornementation (qui ne tombe pas dans les excès), c'est un des plus beaux buffets d'orgue d'Alsace. Malheureusement, les couronnements des grandes tourelles n'ont pu être remontés après le démontage de 1959 en raison d'une incroyable bévue de l'architecte.

Caractéristiques instrumentales

Sites La fin des Callinet d'Alsace

Après avoir construit l'instrument de Fréland, Louis-François disparaît peu à peu du monde de l'orgue : on le reverra travailler en 1877 à St-Amarin (sur l'orgue Dubois), en 1879 à Mulhouse, Ste-Marie-Auxiliatrice (sur l'orgue de son oncle), et en 1882 à Guewenheim. Il était encore installé à Vesoul en 1884 : il en revint pour construire son orgue de Largitzen (1884), dont il ne reste rien, l'église ayant été détruite pendant la guerre de 1914-18.

En 1885, Louis-François fit paraître une publicité dans la revue Caecilia. Il revint encore en 1886 pour accorder l'orgue de Mollau, et une dernière fois en 1887 pour toucher la "caution de garantie" de Guewenheim.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680097001P02
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