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Les orgues de la région de St-Amarin
St-Amarin, Sts-Projet-et-Amarin
avant 1760 atte > Orgue attesté
25/11/1895 dest > Destruction
2012 rele > Relevage
Orgue entièrement authentique (sauf peut-être 1 jeu), y-compris la façade.
Saint-Amarin, le 09/08/2003.Saint-Amarin, le 09/08/2003.

Le superbe buffet néo-classique de Saint-Amarin abrite bien un orgue post-romantique, en accord parfait avec cette esthétique. L'ensemble, qui s'explique, on le verra, par l'histoire, a presque 10 ou 15 d'avance sur l'évolution des styles, très rapide à l'articulation des deux siècles. Après une grande partie du 19ème siècle souvent passée à respecter scrupuleusement les traditions héritées des années 1820-1830, la facture d'orgue alsacienne d'après 1875 trouve un souffle nouveau. Cet épanouissement nous a légué plusieurs instrument remarquables, dont celui de Saint-Amarin fait assurément partie.

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L'orgue de facteur inconnu (avant 1760)
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Historique

La présence d'un premier orgue est attestée avant 1760 : c'était un cadeau du prince-abbé de Murbach. [IHOA] [MSDUBOIS]

L'orgue a été repris vers 1760 par Louis Dubois, et disparut par la suite. [IHOA] [MSDUBOIS]

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L'orgue Louis Dubois,
1760
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Historique

Un nouvel instrument a été construit en 1760 par Louis Dubois. [IHOA] [ITOA] [MSDUBOIS]

Originaire de Cerniévillers (Jura Suisse), Dubois ne trouva pas seulement à Saint-Amarin un travail conséquent : il y rencontra aussi son épouse, Marie Anne Rudler. L'orgue Dubois a été très bien accueilli : il a été reçu par Jean Michel Frey (Masevaux), et qualifié de "solides, très propres, harmonieuses, bien faites et exécutées selon le plan et devis". [MSDUBOIS]

L'attribution à Rabiny (jusqu'en 1974) était fausse (l'erreur venait probablement de Hamel). Comme beaucoup de choses que l'on avait cru savoir sur Rabiny.

Ces erreurs ont toutefois la vie dure. En 2008, une publication locale affirmait encore : "Malheureusement, le chef-d'œuvre de Maître Rabiny a été détruit par un incendie qui s’était déclaré dans la nuit du 25 novembre 1895." On se demande sur la base de quel témoignage on peut qualifier cet orgue de "chef-d'œuvre", et pourquoi on se met à donner du "Maître" à Rabiny. Quels sont exactement les ouvrages conservés de ce facteur, qui permettraient d'évaluer la qualité de ses réalisations ? Le bon sens consisterait pourtant à reconnaître que si on a pas conservé grand chose de ce facteur, c'est sûrement parce qu'il n'y avait pas grand chose à garder. De plus, il a été prouvé en 1974 que l'orgue de St-Amarin n'a jamais été un Rabiny. La mythologie du "chef d'œuvre du 18ème", sûrement liée à celle de "l'âge d'or révolu" est toujours bien tenace (et un peu déprimante). Elle a longtemps "obligé" les détenteurs d'orgues actuels de qualité exceptionnelle à faire la louange d'hypothétiques "chef-d'œuvres" disparus : ne vaudrait-il pas mieux juste s'enthousiasmer pour ce que l'on a ?

On connaît le nom de l'organiste en 1810 et 1825 : Nicolas Burgunder. [IHOA]

L'orgue a été reconstruit en 1840 par les frères Callinet. L'instrument avait alors 30 jeux, et était doté de 3 manuels. [IHOA] [PMSCALL] [Barth]

Ces travaux n'ont pas donné satisfaction : on regretta cet agrandissement essentiellement "quantitatif" et en particulier les "wertloser Zungenregister" ("jeux à anches sans valeur"). [Barth]

Cela causa un épisode cocasse de l'organologie alsacienne du 20ème siècle. Barth a osé publier cette fameuse citation indiquant que les anches Callinet - au moins ici - n'ont pas été appréciées du tout. Cela suscita l'ire de Pie Meyer-Siat, qui déclare : "Barth (p. 320) se donne un air de connaisseur en critiquant les anches Callinet" "gemein une wertlos". On ne badinait pas avec le crime de lèse-Callinet !

Dès 1876, il fallut procéder à des réparations significatives (soufflerie), menées par Louis François Callinet (dont l'atelier était alors installé à Vesoul, et non plus à Rouffach). [PMSCALL]

Il y eut une autre réparation avant 1895, par Joseph Antoine Berger. [PMSCALL]

L'instrument a été détruit (sauf le buffet de positif) par incendie, le 25/11/1895 (ou le 08/12, selon les sources). [Barth] [PMSCALL] [IHOA]

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Historique

En 1897, Martin Rinckenbach construisit un orgue neuf, son opus 51, logé dans un buffet de la maison Klem qui intégrait le positif de 1760, en s'harmonisant avec ce dernier. [LR1907] [IHOA] [Barth] [ITOA]

L'orgue a figuré à l'exposition de Strasbourg en 1894 : tout comme Cavaillé-Coll ou Merklin, Rinckenbach utilisait aussi ce moyen pour mettre en valeur ses réalisations. A la même exposition en 1895, Martin Rinckenbach obtint un 1er prix. [IHOA] [RinckenbachLichtle]

Il faut noter que les tuyaux de montre n'ont pas été réquisitionnés en 1917, et qu'il s'agit d'une des seules façades de Martin Rinckenbach qui nous soit parvenue intacte.

En 1944, l'orgue a été réparé par Joseph Rinckenbach, fils de Martin, qui avait participé à sa création. Ce fut un des derniers travaux de Joseph Rinckenbach. [ITOA]

Il y aurait eu un relevage, en 2012. [JNStrasser]

Le buffet

Le buffet de positif de Louis Dubois.Le buffet de positif de Louis Dubois.

Le buffet de positif ne contient évidemment pas de tuyaux sonores (dans un orgue romantique, il est purement décoratif). Il a été épargné par l'incendie de 1895, et provient de l'orgue Dubois de 1760. (Dans ce dernier instrument, il abritait des jeux.) Dubois était réellement un ébéniste exceptionnel. A la différence d'autres facteurs d'orgues du 18ème (André ou Jean-André Silbermann par exemple), il ne sous-traitait pas la réalisation de ses buffets. En cela, Martin Bergäntzel est vraiment son héritier.

Lors de la construction de l'orgue neuf, en 1896, il fut donc décidé de le préserver et de le mettre en valeur. C'est un acte délibéré, puisque, on l'a, vu, il ne sert pas du point de vue instrumental. La démarche a été plus ambitieuse : le style de ce petit buffet a servi d'inspiration pour réaliser un grand ensemble cohérent. En aucun cas une imitation, mais une création originale partant des éléments du 18ème. Le grand buffet est l'œuvre de la maison Klem, de Colmar. Le langage ornemental (entablements et culots des tourelles, jouées, rinceaux, claire-voies) est bien du 18ème, mais l'architecture globale du grand buffet est clairement du 19ème. (Par exemple, les trois plates faces centrales consécutives, ou la largeur constante entre le soubassement et les superstructures.) Les guirlandes et les motifs floraux sont directement issues de la tradition des buffets de Haute-Alsace du 19ème, et ne sont donc pas présentes dans le petit buffet, plus "rocaille".

On peut voir à Sentheim un autre buffet inscrit dans cette mouvance néo-classique. Il abrite d'ailleurs aussi un orgue Rinckenbach, et date de 1909. Celui de Saint-Amarin a-t-il été un précurseur ? En tous cas, le buffet de Dubois semble être "tombé à pic" dans le contexte de l'époque. En accord avec les nouvelles sensibilités artistiques on peut dire qu'il a servi d'inspiration. Le buffet de Saint-Amarin a bien 15 ans d'avance sur son temps. L' "âge d'or" de l'orgue alsacien se situe ici. Le plus bel orgue de St-Amarin n'a nullement brûlé en 1895 ; il se trouve juste sous nos yeux.

La façade est d'origine. Tous les tuyaux sont écussonnés, et les lignes de bouches sont en V, même dans les plates-faces, ce qui est atypique chez Rinckenbach (mais pas surprenant dans ce contexte).

Caractéristiques instrumentales

Console:

Console indépendante face à la nef.

Transmission:

mécanique à équerres.

Sommiers:

à gravures.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680292001P03
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