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  Schiltigheim
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Credits
An2000
An2001
Photo
~ Les orgues de la région de Schiltigheim ~

Schiltigheim, Ste Famille
Max ROETHINGER, 1968

Dernier orgue neuf de la maison ROETHINGER.


Avant... ROETHINGER

Composition
Positif de couronne
56 notes
Grand-orgue
56 notes
Positif de poitrine
56 notes
Pédale
32 notes
Bourdon à cheminée 8' Quintade 16' Flûte conique 8' Principal 16'
Montre 4' Montre 8' Unda maris 8' Soubasse 16'
Flûte à cheminée 4' Bourdon 8' Flûte à fuseau 4' Gemshorn 8'
Doublette 2' Prestant 4' Quarte de nasard 2' Principal 4'
Larigot 1'1/3 Nasard 2'2/3 Sifflet 1' Nachthorn 2'
Cymbale 3 rgs Gemshorn 2' Sesquialtera 2 rgs Mixture 5-6 rgs
Cromorne 8' Tierce 1'3/5 Cymbale 3 rgs Bombarde 16'
  Mixture 4-5 rgs Régale 8' Trompette 8'
  Tertian 2 rgs   Clairon 4'
  Trompette 8'   II/P
  Clairon 4'   III/P
  Chalumeau 4' (Chamade)    
  I/II    
  III/II    

     P. Meyer-Siat, dans "Stiehr-Mockers", rapporte que "caché, seul, derrière l'orgue, Max ROETHINGER, âgé de 70 ans, pleura durant tout le concert d'inauguration". Celle-ci, qui eut lieu le 24 novembre 1968, fut la dernière de la Maison Roethinger.

Schiltigheim, Ste-Famille, le 10/03/2002.

     Il faut avouer que, contrairement à beaucoup de facteurs, Roethinger finit en beauté. Cet instrument est tout-à-fait remarquable. D'excellente facture (la Bombarde est en cuivre), présentant une synthèse originale de plusieurs styles, c'est sûrement le plus réussi de la maison Roethinger, qui avait été fondée en 1893 par Edmond-Alexandre (1866-1953).

Edmond-Alexandre avait appris le métier chez Heinrich KOULEN, pour lequel travaillait aussi son père Sigismond (1837-1926). Il alla se perfectionner chez MÄRTZ à Munich, mais aussi à Paris. C'est à Schiltigheim et non à Strasbourg que la Maison Roethinger fut fondée. Max Roethinger, né en 1897, poursuivit l'oeuvre de son père en affirmant encore plus son goût pour le retour au Classicisme, et pour les tractions mécaniques (voir Strasbourg, Ste-Madeleine).

Placé dans le choeur de l'église (il était dans le transept à l'origine), encadré par ses deux tourelles de pédale aux tuyaux en cuivre, la conception de cet orgue s'inspire de plusieurs esthétiques. La disposition des claviers rappelle l'Orgue classique nordique et flamand. Les deux Cornets, la Batterie d'Anches et le Cromorne du Positif de couronne sont très "classique français".

L'ensemble est situé à même le sol, une situation acoustiquement très favorable. Les trois Buffets encadrent la Console. Les deux tourelles latérales, contenant bien-sûr la Pédale, sont assez profondes, avancées, et montrent les tuyaux du Principal 16', en cuivre flambé, sur le devant, mais aussi sur le côté. Au centre, le grand Buffet renferme, de haut en bas :


L'harmonisation originelle avait été confiée à Jean DANIELLOT (qui harmonisa les orgues de Strasbourg, Ste-Madeleine, Strasbourg, St-Pierre-le-Vieux, mais aussi de la cathédrale d'Arras et de l'oratoire du Louvre à Paris)

L'instrument a été inauguré le 24/11/1968 par Robert PFRIMMER, qui avait beaucoup participé à sa conception. La Composition est due à Michel CHAPUIS.

La Maison Roethinger était née à Schiltigheim, et y finit aussi. Max et André, son fils, y déménagèrent à nouveau les ateliers. Mais, rencontrant de plus en plus de difficultés, Max prit sa retraite et André ne put ou ne voulut plus continuer à diriger la Maison Roethinger, qui disparut après avoir légué à Schiltigheim ce magnifique chant du cygne. L'orgue d'Anould (Vosges), daté de 1968-1969, est contemporain de celui de Schiltigheim.
Max Roethinger mourut en 1981.

Le Grand-orgue avec ses Chamades.
Le Brustwerk. On distingue la Régale 8' en cuivre.

     L'orgue de Schiltigheim a été réharmonisé en 1984 par Alfred KERN.


La Console, entourée par les trois Buffets..

Mécanique : à Equerres (console indépendante tournée vers l'orgue). Sommiers à Gravures.
Il y a une Combinaison libre (tirage des jeux électro-pneumatique), les Appels d'Anches et de Mixtures, et un appel du Tutti.
Tuyauterie métallique à alliages riches, tuyaux en bois en acajou, chêne et poirier.


L'orgue Roethinger de la Cathédrale St-Vaast d'Arras

L'orgue de la Cathédrale d'Arras, le 24/09/2005.
Photo de Lucas AMMANN.

     On ne peut pas parler de la fin de la Maison Roethinger sans évoquer la construction de l'Orgue de la Cathédrale d'Arras.

Edmond-Alexandre gagna l'affaire en ...1937. Il s'agissait le remplacer, à la tribune, l'orgue MERKLIN détruit en Juillet 1915. Mais la seconde guerre mondiale fut fatale à ce projet. Le matériel (mal) entreposé à Arras (environ 2/3 du nouvel orgue) n'était plus utilisable après guerre. Et l'affaire traîna. L'orgue fut achevé en 1962 par André Roethinger. L'harmonisation a été confiée à Jean DANIELLOT. Bien sûr, l'époque retint le nombre de tuyaux (5097) et de Combinaisons ajustables (3 groupes de 6).

La Composition de cet orgue est due à Joseph BONNET, et l'inauguration eut lieu le 24/06/1962, avec, aux Claviers, Maurice et Marie-Madeleine DURUFLE. L'instrument souffrit de nombreux problèmes de jeunesse jusqu'en 1968, année où put enfin avoir lieu la Réception définitive. La Composition et l'harmonisation ont été légèrement modifiées en 1970 par Jean-Marie TRICOTEAUX (au Grand-orgue, la Gambe 8' est devenue une Grosse tierce 3'1/5, et à la Pédale, la Mixture 4 rgs est devenue une Sesquialtera, et une Doublette a été ajoutée). Voici la Composition originale (sans les Accouplements et Tirasses) :

Composition, 1962
Positif
61 notes
Grand-Orgue
61 notes
Récit expressif
61 notes
Solo
61 notes
Pédale
32 notes
Montre 8' Montre 16' Quintaton 16' Bourdon 16' Principal 32'
Bourdon 8' Bourdon 16' Diapason 8' Gros principal 8' Principal 16' (ext.)
Flûte ouverte 8' Montre 8' Flûte traversière 8' Quintaton 8' Grosse flûte 16'
Salicional 8' Flûte harmonique 8' Gambe 8' Prestant 4' Soubasse 16'
Flûte douce 4' Gambe 8' Voix céleste 8' Doublette 2' Grosse quinte 10'2/3
Prestant 4' Bourdon 8' Flûte triangulaire 4' Plein-jeu 4 rgs Principal 8'
Nasard 2'2/3 Flûte à cheminée 4' Prestant 4' Cornet 3-5 rgs Flûte 8'
Quarte de nasard 2' Prestant 4' Plein-jeu 4 rgs Bombarde 16' Bourdon 8'
Tierce 1'3/5 Nasard 2'2/3 Cymbale 4 rgs Trompette 8' Grosse flûte 4'
Larigot 1'1/3 Quarte de nasard 2' Cornet 5 rgs (D) Clairon 4' Principal 4'
Plein-jeu 4 rgs Doublette 2' Bombarde 16' ~ Grosse fourniture 6 rgs
Cymbale 4 rgs Tierce 1'3/5 Trompette 8' ~ Mixture 4 rgs
Cromorne 8' Plein-jeu 4-6 rgs Clairon 4' ~ Bombarde 32'
Trompette 8' Cymbale 4 rgs Basson/Hautbois 8' ~ Bombarde 16' (ext.)
Clairon 4' Bombarde 16' Voix humaine 8' ~ Basson 16'
~ Trompette 8' Trémolo ~ Trompette 8'
~ Clairon 4' ~ ~ Clairon 4'

Sources :
  • Michel LOUVET, "L'inauguration du grand Orgue de l'église de la Sainte-Famille, à Schiltigheim", dans "L'Orgue - Histoire, technique, esthétique" N°129, 01-03/1969.
  • Dom M. VANMACKELBERG, "Les Orgues de la Cathédrale d'Arras (2)", dans "L'Orgue - Histoire, technique, esthétique" N°105, 01-03/1963.
  • Philippe CICCHERO, "Les Orgues des Cathédrales de France", EMA edit.
  • Remerciements à Benoît CLAVIER.

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Dernière mise à jour : 31/10/2011 11:10:31

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