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Les orgues de la région de Mulhouse
Dornach, St-Barthélemy
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Mulhouse-Dornach, l'orgue Roethinger dans son buffet Boehm.
Les photos sont de Martin Foisset, 17/09/2022.Mulhouse-Dornach, l'orgue Roethinger dans son buffet Boehm.
Les photos sont de Martin Foisset, 17/09/2022.

Ce grand instrument absolument caractéristique du style néo-classique alsacien a été construit par Edmond-Alexandre Roethinger en 1932. Il est à comparer avec celui de Bischheim, St-Laurent, qui fut achevé un an plus tard. Au programme, une palette sonore très étendue, un grand nombre de jeux de mutation, un magnifique côté symphonique encore très affirmé... et un Fernwerk !

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L'orgue Johann Jacob Brosi,
1788
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Historique

En 1835 fut déménagé ici l'orgue de Mulhouse, Ste-Marie-Auxiliatrice que Johann Jacob Brosi avait construit en 1788. [IHOA] [Mudobart2005]

L'instrument était donc installé dans l'ancienne église de Dornach (celle qui avait été achevée en 1785, et qui avait été pratiquement pillée à la Révolution). Le déménagement a été effectué par Valentin Rinkenbach, qui ajouta (ou modifia) deux jeux. [Mudobart2005]

L'orgue a été démonté en 1855 à l'occasion des travaux d'agrandissement de l'église. [Mudobart2005]

C'est la maison Callinet qui effectua le démontage, mais l'instrument a été remonté par un certain Martely. [Mudobart2005]

En 1861, l'orgue Brosi fut démonté pour laisser sa place à l'instrument suivant. [IHOA]

On a longtemps cru qu'il était parti pour Schweighouse-près-Thann. [IHOA]

En fait, à moins qu'il n'y ait une erreur de dates, ce ne peut pas être le cas, puisque l'orgue Brosi a été déménagé à Erschwil (CH, Soleure) dès 1861. Reconstruit en 2011 par la maison Metzler, cet instrument est aujourd'hui fort bien mis en valeur : c'est un précieux témoin de la synthèse entre les styles d'orgues parisien (Thierry, Silbermann) et suisse. [OESP] [Metzler]

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Historique

En 1862, pour remplacer l'ancien instrument venant de Ste-Marie, l'église de Dornach fut dotée d'un orgue de Georges et Nicolas Verschneider (Remering). [IHOA] [Mudobart2005]

Cet instrument avait 28 jeux (II/P 28j). Il fut reçu le 11/12/1862 par Joseph Heyberger (Mulhouse) et Jean-Chrisostome Dietrich (curé à Zimmersheim, que l'on retrouve réceptionnant des orgues à Balschwiller, Burnhaupt-le-Haut, Rimbach-Zell, Eglingen, Saint-Bernard et bien sûr Zimmersheim). Le buffet, à trois tourelles avec entablements (la grande au milieu) était tout à fait semblable (à l'ornementation près) à celui de Geishouse. Il est probable que les statues apparaissant sur les photos ultérieures n'étaient pas d'origine, bien qu'elles soient présentes sur le dessin. [Mudobart2005]

Une réparation fut nécessaire dès 1872, et a été menée par Jean Fickinger. [Mudobart2005]

Lors de la construction de la nouvelle église (1898), il fallut démonter l'orgue, puis le remonter en 1900. Ce fut fait par Joseph Antoine Berger. [Mudobart2005]

L'orgue Verschneider était avant son démontage décrit comme "défectueux". Lors de l'opération, l'organiste Steiger rédigea un rapport destiné au curé Pesseux, proposant d'acquérir un orgue neuf construit par Martin et Joseph Rinckenbach au lieu de remonter l'ancien orgue dans la nouvelle église. La suite de l'histoire lui donnera raison, mais, malheureusement, le curé cherchait à faire des économies, et il fit remonter l'ancien orgue. Le 15/05/1900, on finira - bien sûr - lors de la réception, par féliciter Berger d'avoir "su faire d'un objet défectueux un instrument magnifique". Cette réception fut menée par Joseph Victori (Zillisheim, préfet du petit séminaire), Alphonse Lutz (curé de Kingersheim) et l'abbé Wurtz (curé de Richwiller). Des ornements semblent avoir été ajoutés au buffet à ce moment. (Peut-être les statues ?) [Mudobart2005] [IHOA] [OBruay] [Mudobart2005]

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en 1917. [IHOA]

Il est fait état de la réquisition de "3 registres complets soit 37 tuyaux", ce qui incohérent, vu que 37 tuyaux ne représentent même pas un jeu complet. Cela correspond plutôt à la façade seulement (mais qui a toutefois pu affecter plus d'un jeu, par exemple la Montre 8' et le Prestant). [Mudobart2005]

Dès la fin de la guerre, l'idée de remplacer l'ancien orgue (conçu pour l'ancienne église) refit son chemin. Le curé Stamm en parla à la chorale en 1924, et en août 1925, l'acquisition d'un nouvel orgue était à l'ordre du jour d'une réunion du conseil de fabrique. La décision fut unanime, surtout que l'ancien instrument - qui ne donnait à l'évidence pas satisfaction - nécessitait encore des réparations. Le 16/03/1926, le conseil de fabrique invita Joseph Rinckenbach pour savoir s'il valait mieux acquérir un orgue entièrement neuf ou modifier l'existant. C'est probablement en raison des fortes tensions politiques résultant des manœuvres d'Edouart Herriot (hostile au Concordat) que le projet fut mis de côté : on préféra doter l'ancien orgue d'une soufflerie électrique en attendant. Ce fut fait par Joseph Rinckenbach fin 1927. L'année suivante il fallut agrandir la tribune, tellement il y avait de choristes, et aussi parce qu'un orchestre accompagnait régulièrement la chorale. [Mudobart2005]

Démonté en 1931, lors de la construction du nouvel orgue, l'ancien instrument fut repris par la maison Roethinger. [OBruay]

Certains de ses tuyaux ont probablement été intégrés par Roethinger à l'orgue de Walbourg. Son buffet a été utilisé pour abriter l'orgue Roethinger de Bruay-la-Buissière (à l'époque Bruay-en-Artois), commandé par le chanoine Evrard. Cet instrument fut inauguré le 22/10/1933. Il fut endommagé pendant la seconde Guerre mondiale. Réparé en 1952 sur dommages de guerre, il joua pour la dernière fois le jour de Pâques 1990 (15/04/1990).
C'est toujours le buffet Verschneider qui abrite l'orgue actuel, construit en 1990, dans un style... Flamand ! Il est vraiment regrettable que cette boiserie (inscrite à l'inventaire supplémentaire le 07/09/1987 et qui a vaillamment survécu à deux guerres) abrite du coup une partie instrumentale dont l'esthétique sonore est complètement étrangère à son esthétique visuelle. Mais cela fait partie des nombreuses bizarreries léguées par le 20ème siècle finissant. [OBruay]

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Historique

En 1932, Edmond-Alexandre Roethinger posa à Dornach un grand instrument (IV/P 58j), doté à la fois d'une forte composante néo-classique et d'une solide base post-symphonique. [IHOA] [Barth] [Mudobart2005]

Le projet d'acquisition d'un orgue neuf entra dans sa phase finale en janvier 1929 par une annonce dans le bulletin paroissial. En 1931, on demanda des devis à plusieurs maisons majeures : Joseph Rinckenbach (Ammerschwihr), Frédéric Haerpfer (Boulay), Georges Schwenkedel (Strasbourg-Koenigshoffen), et bien sûr Roethinger. Le contrat avec la maison strasbourgeoise fut signé le 29/05/1931. [Mudobart2005]

Edmond-Alexandre Roethinger
(dans les années 30)Edmond-Alexandre Roethinger
(dans les années 30)

Le Fernwerk

C'est le 23/07/1932 qu'Edmond-Alexandre Roethinger proposa d'ajouter un quatrième clavier à la console, pour donner la possibilité d'installer un Fernwerk. L'idée n'était pas de disposer les jeux de ce plan sonore dans un buffet accroché dans le transept, mais de les placer dans les combles, avec un conduit laissant passer le son dans la nef. Roethinger tenait beaucoup à cette idée : le prix était très réduit, et il a "quelque peu harcelé" le curé Stamm (qui assurait donc la maîtrise d'ouvrage) pour obtenir son approbation. Le 05/01/1932, Roethinger propose un devis pour réaliser le Fernwerk lui-même, et cette fois en "nid d'hirondelle". La crise économique retarda un peu le projet, mais le Fernwerk fut finalement commandé le 25/08/1932. [Mudobart2005]

Le Fernwerk de Dornach.Le Fernwerk de Dornach.

Bénédiction, inauguration et réception

L'orgue a été béni le dimanche 23/10/1932, avec René Horny aux claviers, la chorale chantant la messe "Dona nobis pacem" de Marie-Joseph Erb. L'instrument a été présenté au public à partir de 14h30, par Urbain Vogt (Mulhouse), Marcel Muller (curé d'Aspach) et Joseph Gloess, avec des pièces de J.S. Bach, A. Hesse, Ch. M. Widor, mais aussi Massenet, Fauré et le "Panis angelicus" de Franck. [Mudobart2005] [NouvelAlsacien]

Le 26/10, un article du Nouvel Alsacien est consacré à l'événement. Il n'est pas avare de données techniques (qui, à l'époque, n'étaient pas censées ennuyer le lecteur) : 4 manuels et pédale, 60 registres, traction électrique. L'auteur de l'article est visiblement conquis par les qualités du nouvel orgue, et en particulier par son harmonisation. Comme il était d'usage, certains jeux sont cités explicitement : la Flûte 8' (I), le "Cor de daim" (en Français dans le texte allemand) et la Clarinette (II), le Basson-Hautbois et la Trompette harmonique (III), et, (bien sûr !) la Voix humaine du Fernwerk. [NouvelAlsacien]

Les festivités continuèrent le 10/11/1932 par une présentation offerte par Roethinger "au monde musical". On dit que la Voix humaine et la Harpe céleste (tous deux du Fernwerk) ont été particulièrement appréciés. Roethinger conduisit ses invités à l'Hôtel du Parc à Mulhouse. [Mudobart2005]

Il ne fait guère de doute que la réalisation de Dornach contribua au choix de Roethinger pour le marché de reconstruction du grand-orgue de la cathédrale de Strasbourg (1934). De fait, on est là à l'apogée de la maison Roethinger.

Marcel Dupré (en 1938).Marcel Dupré (en 1938).

Restait la réception officielle. Celle-ci eut lieu le jeudi 17/11/1932. Etaient invités Marcel Dupré, Charles-Marie Widor (qui ne put pas venir), et A. Rueher (Strasbourg, St-Louis).

Notons que Widor fit le déplacement 2 ans plus tard pour l'orgue de la Cathédrale.

Cette fois, l'article-annonce du Nouvel Alsacien est bilingue. Il est précisé que le concert du 17 sera suivi d'une prestation de l'ensemble vocal "Leontina", sous la direction du chanoine Mathias. Et, pour la partie en Français : [NouvelAlsacien]

Programme de l'expertise et de la présentation des nouvelles orgues E. A. Roethinger de l'Eglise paroissiale.
10 et 14 heures : Examen détaillé de l'instrument.
17 heures : Présentation de l'instrument par M. Le Chanoine Mathias, professeur du cours libre de musique sacrée à l'Université de Strasbourg, Président de la Société Internationale d'orgue; M. Marcel Dupré, grand prix de Rome, professeur d'orgue au Conservatoire National, organiste à "St-Sulpice" à Paris; M. A. Rueher, professeur d'orgue et de piano, organiste à "St-Louis" à Strasbourg; avec le concours d'un double quintette du Chœur académique "Léontina" de Strasbourg.
Entrée libre ! - Une quête sera faite pendant le salut pour couvrir les frais des nouvelles orgues.

L'expertise dura de 10h à 17h (!), heure à laquelle commença le concert. (On se demande si une conséquente pause-déjeuner n'a pas été incluse dans cette expertise...) Le 24/11, Marcel Dupré rédigea une note, qui se trouve aujourd'hui encore reproduite à la tribune : [Mudobart2005] [NouvelAlsacien]

"Cher Monsieur, c'est un plaisir pour moi de vous donner mon appréciation sur votre nouvel orgue de l'église paroissiale de Mulhouse-Dornach. J'ai eu grand plaisir à le jouer et à l'examiner : la construction est extrêmement soignée, et les matériaux employés, bois, métal, de qualité supérieure. Et l'harmonisation en est pleine, brillante et parfaitement équilibrée. De tout cœur je vous renouvelle mes meilleures félicitations avec l'assurance de mes meilleurs sentiments. Votre dévoué Marcel Dupré Paris le 24 novembre 1932." [Visite]

Les spécificités de l'instrument

Il y a cinq plans sonores : 4 manuels et la pédale. En effet, le 3ème clavier permet de jouer, en plus du récit expressif, deux jeux d'orgue et un jeu de "Célesta" logés dans un Fernwerk situé dans le transept droit.
C'est directement à rapprocher avec ce que Joseph Rinckenbach avait fait à Colmar dès 1911. Roethinger posa aussi un Fernwerk à Bischheim, St-Laurent (1933, donc pratiquement contemporain mais postérieur) et à Strasbourg, St-Pierre-le-Vieux en 1934. A Bischheim, le Fernwerk est muni d'une Gambe 4' et une Flûte 2' (cela précise l'esprit dans lequel la chose a été conçue à Dornach). Parmi les spécificités de l'orgue de Dornach figurent un grand Cornet complet (il commence dès le premier Do), et une grande Fourniture à 5 rangs, qui, fondée sur 2', n'est pas si néo-classique que ça. Mais aussi l'Octavin 4'. Le positif (curieusement fondé sur 16' alors que le grand-orgue n'a pas de 16' ouvert) abrite la partie réellement néo-classique, avec son "Jeu de tierce" et sa Fourniture aiguë. Si le récit est muni d'une Trompette et d'un Clairon harmoniques très "romantiques français", ils sont adossés à un Basson 16'. Il y a trois Tierces 1'3/5 indépendantes (en plus de celle du Cornet). Et la panoplie des Mutations se trouve complétée d'une Septième. La pédale permet de constituer un 32' "acoustique", par apparition de la fondamentale (battement) en associant la Grosse quinte 10'2/3 avec la Flûte 16'.

Il y a aussi, à la pédale, un très original Hautbois en 2'. On pourrait le croire issu d'une des nombreuses élucubrations des années 1960 (il y avait un "Zinck" 2' à la pédale de l'orgue Schwenkedel de l'ancien conservatoire de Strasbourg.) Mais il semble tout à fait d'origine, bien qu'il ne figure pas aux inventaires. Autant un Hautbois en 4' manuel est vraiment une idée saugrenue, autant cette anche permettant un solo de pédale au soprano est vraiment intéressante. [Visite]

Le Hautbois 2' (sic) sur la 1ère chape de pédale.Le Hautbois 2' (sic) sur la 1ère chape de pédale.

C'est l'un des rares instruments d'Alsace à disposer de claviers de 5 octaves :
Les III/P sont les suivants (ils sont tous dans le Haut-Rhin) : Colmar (St-Joseph), Huningue, Bourtzwiller (St-Antoine), Dornach (St-Barthélemy ; IV/P en structure, 3 claviers à la console), Mulhouse (St-Fridolin) et Munster (St-Léger).
Les II/P : Colmar (hôpital Pasteur), Colmar (Ste-Marie), Fellering (cath.), Gueberschwihr (St-Pantaléon), Neudorf (école normale) et Wingen-sur-Moder.
Il y a aussi trois cas particuliers fort spécifiques : un seul manuel de 5 octaves (pour jouer en basse+dessus avec plus d'amplitude) : Lingolsheim, Mittelhausbergen.
Enfin, il y a le cas, anecdotique, de Rammersmatt.

L'orgue n'a nécessité qu'un entretien de routine jusqu'en 1965. En 1963, c'est curieusement la maison Muhleisen qui fut chargée de travaux. Puis Curt Schwenkedel proposa de remplacer la console par une neuve. [Mudobart2005]

Une partie des fresques d'origine de l'édifice est conservée dans l'orgue,
là où le badigeon blanc n'a pas pu sévir.
Des volutes de motifs floraux polychromes ornaient des textes.
On reconnaît ici un extrait du Credo en Allemand :
"Von dannen er [kommen wird, zu richten]
die Lebendigen [und die Toten]"
("...d'où il viendra juger les vivants et les morts").
A gauche, les basses du Bourdon 16' et de la Flûte harmonique 8' du grand-orgue,
et à droite, devant l'inscription, les basses de la Trompette 8'.Une partie des fresques d'origine de l'édifice est conservée dans l'orgue,
là où le badigeon blanc n'a pas pu sévir.
Des volutes de motifs floraux polychromes ornaient des textes.
On reconnaît ici un extrait du Credo en Allemand :
"Von dannen er [kommen wird, zu richten]
die Lebendigen [und die Toten]"
("...d'où il viendra juger les vivants et les morts").
A gauche, les basses du Bourdon 16' et de la Flûte harmonique 8' du grand-orgue,
et à droite, devant l'inscription, les basses de la Trompette 8'.

En 1974, une console de série (fournie par la maison Eisenschmid) fut malheureusement posée par les frères Steinmetz ("successeurs" de Curt Schwenkedel). En 1994, ils firent un autre devis, qui est resté sans suite. [IHOA] [Mudobart2005] [ITOA]

A Bischheim, la console a été remplacée aussi, mais l'ancienne a été conservée sur place.

En plus de cet absurde remplacement (l'originale était déjà électrique, cela ne peut s'expliquer que par la volonté de faire les choses "au rabais"... et en y laissant un manuel en plus...), l'expression du positif a été supprimée (!) De plus, les frères se mirent en tête (sûrement fort mal conseillés) de réharmoniser quelques jeux, d'une façon qui a par la suite unanimement été qualifiée de "maladroite". Heureusement de façon réversible. Mais il y a pire : la Flûte 4' du positif a été transformée en un absurde Principal 4'. (Vu que cela enlève une partie du capital symphonique de l'instrument, et prouve une fois de plus qu'à cette époque, on n'avait souvent aucune idée de ce qu'on faisait. Il y avait un manque criant de compétences dans le monde de l'orgue des années 1960-1970.) A l'exception de la console, ces errements ont heureusement été corrigés par la suite. [Mudobart2005]

L'orgue a été relevé en 2005 par la maison Koenig, de Sarre-Union. L'inauguration a eu lieu le 27/11/2005. [AHeim]

Le positif a retrouvé son expression et sa Flûte 4'. Les jeux dés-harmonisés en 1974 ont été ré-harmonisés. La transmission électrique a été munie de diodes de décharge ("de roue libre"), qui sont indispensables pour piloter la charge inductive (électro-aimants), mais dont la forme à semi-conducteur n'est devenue disponible qu'après 1945.

Le concert d'inauguration a eu lieu le 27/11/2005, avec Marc Weiss à l'orgue, et la chorale "Jubilate", dirigée par Marie-Dominique Bailly. Pour la partie instrumentale, il y avait au programme César Franck (la Pièce héroïque et la Pastorale), Maurice Duruflé (Prélude), Charles-Marie Widor (Final de la 2ème symphonie). Le tout s'est conclu par l'Alleluia du Messie de Haendel. [Mudobart2005]

Le buffet

Le médaillon représentant Sainte-Odile à l'orgue.
Il y a un bouquet de lys sur ses genoux.Le médaillon représentant Sainte-Odile à l'orgue.
Il y a un bouquet de lys sur ses genoux.

Le buffet, Modern-style, est de la maison Boehm. Il est signé au pied de son flanc gauche :

BOEHM FRÈRES MULHOUSE 1932

Il est surmonté d'une représentation de Sainte-Cécile, et de deux statues d'anges ailés. Le fait que les tuyaux dépassent la ceinture supérieure est caractéristique des années 1930-40. Les tourelles latérales, peu marquées car pas plus hautes que le reste, sont prismatiques (base en demi-hexagone).

L'ange (de droite) a l'air plutôt triste.
(A l'évidence à cause de la console...)
"O Mensch, bewein' dein' Sünde groß" ?L'ange (de droite) a l'air plutôt triste.
(A l'évidence à cause de la console...)
"O Mensch, bewein' dein' Sünde groß" ?
Sainte-Cécile à Mutzig.Sainte-Cécile à Mutzig.

La Patronne des musiciens est représentée avec à peu près la même composition à la tribune de l'orgue de Mutzig. C'est donc une sorte de représentation "canonique".

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2021
Grand-orgue, 61 n. (C-c'''')
(C-c'''')
Complet, repris sur c'
2'
Réelles (récit à 73 notes)
Positif, 61 n. (C-c'''')
1'1/3
Récit expressif, 61 n. (C-c''''')
Grosse taille
(c-c'''')
(C-c'''')
(C-c'''')
(C-c'''')
(C-c'''')
Jeu réel
Clavier partagé ; annulateur IV
Fernwerk, 61 n. (C-c'''')
Harpe céleste
Jeu de percussions
Pédale, 32 n. (C-g')
Emprunt du I
2', sic ; d'origine
I/P
Avec annulateur à pied ; cadran circulaire
Activation des dominos ; voyant lumineux
[Visite] [ITOA]
Console:
La console d'origine.
Photo de l' "Album Roethinger" de 1935, colorisée par palette.fmLa console d'origine.
Photo de l' "Album Roethinger" de 1935, colorisée par palette.fm

Console d'origine

La console d'origine a malheureusement été remplacée en 1974. Elle a presque totalement disparu : il n'en reste que les bloc-dominos, qui avaient été conservés à l'intérieur de l'orgue.

Console indépendante dos à la nef, fermée par un rideau coulissant. Tirage des jeux par dominos de couleur "caramel" (comme à Wasselonne) disposés en deux fois trois lignes, de part et d'autre des claviers. Quatre claviers blancs (Grand-orgue, positif, récit, Fernwerk), de 61 touches. Pédalier de 32 notes.

Programmation de la combinaison libre par picots à tirer, blancs, situés au-dessus des dominos. Au-dessus du 4ème clavier se trouvaient de gauche à droite : le voltmètre, les boutons commandant la soufflerie, la plaque d'adresse, et 6 voyants analogues à ceux de Wasselonne. Commande des aides à la registrations par poussoirs, situés sous le premier clavier. Les commandes d'accouplements étaient doublées au pied : 13 pédales-cuillers du côté gauche, puis les 4 grandes pédales basculantes (expressions et crescendo), et, tout à droite, la pédale-cuiller commandant vraisemblablement le trémolo du récit. La plaque d'adresse était disposée en haut au centre, et du même type que celle de Bischheim. Ces deux consoles se ressemblaient beaucoup. Les photos attestent que la plaque disait :

E.A. Roethinger
Strasbourg

Il y a aussi (comme à Wassselone mais pas comme à Bischeim), une plaque d'opus, placée à droite du 4ème clavier, et disant :

Opus 140

Console 'Eisenschmid'

La console actuelle a été fournie par la maison L. Eisenschmid de Andechs (Munich) en 1974 ; elle fonctionne sur la traction d'origine. Le récit et le Fernwerk partagent le même clavier (III).

Console indépendante dos à la nef, fermée par un rideau coulissant. Tirage des jeux par dominos blancs, disposés en deux fois deux lignes de part et d'autre des claviers (grand-orgue en haut à gauche, pédale en bas à gauche, récit en haut à droite, et positif en bas à droite), et en deux blocs au-dessus du 3ème clavier, à gauche et à droite (respectivement les dominos contrôlant les accouplements et ceux du Fernwerk). Trois claviers blancs (Grand-orgue, positif, récit + Fernwerk), de 61 touches.

Programmation de la combinaison libre par paillettes basculantes, blanches, situés au-dessus des dominos.

Les pédales-cuillers à accrocher sont placées sur deux niveaux de part et d'autre des trois pédales basculantes, commandant - de gauche à droite - le crescendo, l'expression du positif et l'expression commune du récit et de l' "écho" (Fernwerk) : en haut à gauche, "Comb.Libre", "Jeu à main", "Ann.Cresc" ; en bas à gauche : III/P, II/P, I/P, III/I Sup., III/I, III/II, II/I ; en haut à droite : "Annul. Grand-Orgue" et "Pédale automatique" ; en bas à droite : "Appel anches Pédale", "Appel anches et mixt. Grand-Orgue", "Appel anches et mixt. Récit".

La planche supérieure centrale, au-dessus du 3ème clavier, porte de gauche à droite : les dominos des accouplements, le voltmètre (gradué de 0 à 20V), l'indicateur circulaire du crescendo (gradué de 0 à 19 avec subdivisions), puis les commandes du Fernwerk : l'interrupteur à clé pour sa soufflerie, et ses dominos, incluant un annulateur et son trémolo.

Transmission:

Electro-pneumatique (notes et jeux), d'origine (seule la console a été changée en 1974).

Sommiers:

Sommiers à cônes. ("Vrai" Roethinger oblige !)

La pédale est située à l'avant, dans le soubassement.

Le grand-orgue est à droite, à hauteur de la façade, avec une partie dépassant le buffet, derrière la cloison à droite de l'orgue. Le positif est placé symétriquement.

Deux fois deux sommiers diatoniques pour le récit, disposés en "M" (basses aux extrémités).

Tuyauterie:

Les jeux à bouche semblent tous avoir été réalisés par les tuyautiers de la maison Roethinger. Les jeux d'anche ont bien évidemment été fournis par un spécialiste (a priori Laukhuff, car ceux-ci sont clairement de facture germanique). L'ensemble est de très belle qualité, intègre et en excellent état.

Une vue sur la tuyauterie du grand-orgue.
En haut à gauche, le réservoir.
Un espace de la largeur d'une chape sépare les sommiers avant et arrière.
De gauche à droite : sommier de gauche (avant) :
la Trompette, la Fourniture 5 rangs, le Cornet 5 rangs, la Tierce,
la Doublette, la Flûte à cheminée 4' et la Quinte 2'2/3.
Sommier du fond :
l'octavin 4', le Bourdon 8', le Dolce 8', le Principal 8',
la Gambe, la Flûte harmonique 8', et le Bourdon 16'.Une vue sur la tuyauterie du grand-orgue.
En haut à gauche, le réservoir.
Un espace de la largeur d'une chape sépare les sommiers avant et arrière.
De gauche à droite : sommier de gauche (avant) :
la Trompette, la Fourniture 5 rangs, le Cornet 5 rangs, la Tierce,
la Doublette, la Flûte à cheminée 4' et la Quinte 2'2/3.
Sommier du fond :
l'octavin 4', le Bourdon 8', le Dolce 8', le Principal 8',
la Gambe, la Flûte harmonique 8', et le Bourdon 16'.
Une vue sur la tuyauterie du positif.
A gauche, la Clarinette, l'anche de prédilection pour un positif romantique.
Puis le Plein-jeu de 4 rangs, la Flûte pastorale 4', le Bourdon 8',
le Salicional, le Principal 8', le Bourdon 16', le Gemshorn,
la Flûte 8', le Principal 4', le Nasard, le Flageolet et la Tierce.
Les petits jeux sont donc côté jalousies.Une vue sur la tuyauterie du positif.
A gauche, la Clarinette, l'anche de prédilection pour un positif romantique.
Puis le Plein-jeu de 4 rangs, la Flûte pastorale 4', le Bourdon 8',
le Salicional, le Principal 8', le Bourdon 16', le Gemshorn,
la Flûte 8', le Principal 4', le Nasard, le Flageolet et la Tierce.
Les petits jeux sont donc côté jalousies.
Une vue sur l'impressionnante tuyauterie du récit. (17 chapes !)
Le mur du fond est à gauche (non visible), et les jalousies de la boîte
(fermées) en haut à droite (à côté de la porte ouverte).
De gauche (fond et accès arrière) à droite (avant, porte et jalousies) :
le Clairon harmonique, le Hautbois, le Plein-jeu 4 rangs, la Quinte,
la Flûte octaviante 4', la Flûte harmonique 8', la Voix céleste,
le Quintaton 16', la séparation entre les deux sommiers,
le Geigenprincipal 8', l'Aéoline, le Cor de nuit 8', la Flûte à cheminée 4',
l'Octavin 2', la Tierce, la Septième, le Basson 16' et la Trompette harmonique 8'.Une vue sur l'impressionnante tuyauterie du récit. (17 chapes !)
Le mur du fond est à gauche (non visible), et les jalousies de la boîte
(fermées) en haut à droite (à côté de la porte ouverte).
De gauche (fond et accès arrière) à droite (avant, porte et jalousies) :
le Clairon harmonique, le Hautbois, le Plein-jeu 4 rangs, la Quinte,
la Flûte octaviante 4', la Flûte harmonique 8', la Voix céleste,
le Quintaton 16', la séparation entre les deux sommiers,
le Geigenprincipal 8', l'Aéoline, le Cor de nuit 8', la Flûte à cheminée 4',
l'Octavin 2', la Tierce, la Septième, le Basson 16' et la Trompette harmonique 8'.
Une vue plongeante sur la tuyauterie de pédale.
La tuyauterie est disposée dans le soubassement, à l'avant.
On distingue le revers de la façade à droite.
A gauche, la Flûte 16' (ouverte), puis le Bourdon 8' (bouché),
la Flûte 4' (ouverte) et la Trompette 8'.
Les autres jeux ne sont pas visibles ici.Une vue plongeante sur la tuyauterie de pédale.
La tuyauterie est disposée dans le soubassement, à l'avant.
On distingue le revers de la façade à droite.
A gauche, la Flûte 16' (ouverte), puis le Bourdon 8' (bouché),
la Flûte 4' (ouverte) et la Trompette 8'.
Les autres jeux ne sont pas visibles ici.

C'est l'un des trois "très grands" Roethinger (avec ceux d'Erstein, 1914, et de Bischheim - qui est presque son contemporain). C'est l'un des deux orgues d'Alsace muni d'un Fernwerk survivants (sur les 5 qui ont été construits avec un tel plan sonore).

Au sujet de cet orgue, les commentateurs ont invoqué la "Réforme alsacienne de l'orgue", et les "grands noms" qu'on ne manque pas d'y associer. Mais en fait, ces orgues ne suivent pas un modèle : ils SONT le modèle. Il procèdent d'une dynamique spécifique, et constituent un style qui n'a rien d'une "synthèse", mais qui représente tout simplement l'orgue alsacien, populaire et vivant qui a atteint son apogée entre 1880 et 1939.

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680903001P03
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