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Les orgues de la région de Strasbourg
Strasbourg, cathédrale Notre-Dame (Choeur)
L'orgue de choeur de la cathédrale, le 26/05/2006.A
        gauche, la façade avant (côté choeur), à droite la façade arrière (côté transept
        nord).L'orgue de choeur de la cathédrale, le 26/05/2006.
A gauche, la façade avant (côté choeur), à droite la façade arrière (côté transept nord).

L'histoire des orgues "de choeur" de la Cathédrale est presque aussi riche que celle du préstigieux instrument accroché en nid d'hirondelle dans la nef . Et le choeur de la cathédrale, rénové dans les années 2000, restructuré et surtout plus ouvert sur la nef, mérite que s'attarde sur son orgue. Il occupe, de façon beaucoup plus discrète que son glorieux grand-frère, l'espace entre deux piliers, sur le côté nord. Qui pourrait s'imaginer, en voyant son allure plutôt austère, qu'il a déchaîné, au cours de son histoire, tant de passion ?

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L'orgue de facteur inconnu (1352)
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Historique

Le premier orgue de choeur est simplement cité par Joseph Gass (d'après les mémoires de Seblad Bühler ?). L'instrument, dit "des trois rois" aurait été présent à la cathédrale dès 1352 (peut-être achevé seulement en 1354), et il serait resté au moins jusqu'en 1363, et fort probablement jusqu'en 1400. [EncyclpedieAlsace]

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L'orgue de facteur inconnu (1402)
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Historique

En 1399, il y avait un "petit orgue", parce qu'un souffleur reçut un salaire pour l'avoir alimenté pendant un trimestre. C'était peut-être encore celui de 1352. Vogeleis rapporte la construction d'un orgue de choeur neuf entre 1400 et 1402. Cet instrument pourrait avoir été placé par Thierry d'Erfurt (Dietrich von Erfurt) dans la chapelle du Saint-Sépulcre. Pour l'abbé grandidier, le petit orgue fourni par Thierry d'Erfurt (prébendier du grand-choeur) était destiné à servir les samedis, à la grand-messe de la Sainte Vierge, et il était posé dans la chapelle Ste-Catherine. Il rapporte (en 1782) qu'on le voyait encore "à la fin du siècle dernier" (donc fin 17ème), ce qui est... fort peu probable. [Vogeleis] [Grandidier]

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L'orgue Frédéric Krebs,
1478
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Historique

On sait que Frédéric Krebs (Krebser), d'Ansbach (Mittelfranken), plaça en 1491 l'orgue en nid d'hirondelle de la nef (instrument dont il reste le buffet actuel, d'où les pinces de crabe (Krebs=crabe) qui font partie de son ornementation). Mais ce facteur avait également posé en 1478 un orgue de choeur. Le petit orgue semble avoir disparu à l'établissement de la Réforme à la cathédrale. [EncyclpedieAlsace]

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L'orgue Mathias Tretzscher,
1660
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Historique

En 1660, Mathias Tretzscher. (Troestler, Tretscher, Tretzscher), de Culmbach, construisit pour les Luthériens deux orgues : il reconstruisit l'orgue en nid d'hirondelle, et réalisa également un orgue "de choeur" (en fait, placé sur un jubé). Il acheva son travail le 12/04/1660. Cet instrument avait 3 tourelles et pouvait être fermé par les volets. [EncyclpedieAlsace] [Vogeleis] [Barth]

L'orgue du jubé fut déménagé en 1681 (quand la cathédrale redevint Catholique) au au Temple Neuf de Strasbourg, où Friedrich Ring le reprit vers 1702 au moment de poser son grand orgue qui se trouve aujourd'hui à Ribeauvillé. [EncyclpedieAlsace] [Vogeleis]

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L'orgue de facteur inconnu (1694)
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Historique

Ce n'est donc pas l'orgue de Tretzscher, mais un autre instrument, de provenance inconnue, qui fut réparé en 1694 sur instruction de Sébastien de Brossard. De plus, en Octobre 1681, Louis XIV fut reçu au son de *deux* orgues. Cela laisse supposer que l'instrument déménagé a été remplacé dès son départ, et que l'instrument a probablement été fourni à l'occasion de la visite royale. [EncyclpedieAlsace]

C'est Joseph Waltrin qui reprit cet instrument, en 1712. [EncyclpedieAlsace]

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L'orgue Joseph Waltrin,
1712
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Historique

L'organiste Michel Joseph Rauch, en poste depuis 1710 voulut renouveler l'orgue de choeur, et fit construire par Joseph Waltrin un petit instrument (8 registres probablement), qui a été reçu le 15/08/1712. Waltrin répara son orgue à plusieurs reprises : en 1716 et 1717 (il manquait des tuyaux ; il semble que le facteur ait été payé en nature, avec la Régale (petit orgue à anches) dont on connait l'existence car elle avait été accordée en 1656 par Baldner), 1722 et 1723. En fait, l'orgue était soit de mauvaise qualité (le plus probable), soit très intensément utilisé. L'entretien passa en 1727 à Georg Friedrich Merckel, et c'est probablement à cette date que l'orgue fut déplacé du jubé vers le choeur proprement dit. Le petit instrument disparut lors de la Révolution. [EncyclpedieAlsace]

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Le projet de Martin Wetzel (vers 1830)
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Historique

La période sans orgue de choeur

Entre la Révolution et 1878, il semble ne pas y avoir eu d'orgue de choeur. Toutefois, vers 1830, un projet vit le jour. On passa commande, auprès de Martin Wetzel, d'un orgue de choeur neuf, qu'il réalisa en 1832. L'instrument étant conçu pour s'harmoniser avec l'intérieur de la Cathédrale, le buffet est le plus ancien de style néo-gothique en Alsace. Mais l'Oeuvre Notre-Dame annula sa commande. []

Le malheureux Wetzel, pris au dépourvu, ne parvint à placer son orgue à Walbourg qu'en 1835. Mais à quelque chose malheur est bon : à Walbourg, son orgue fut plutôt bien conservé (et vient d'être superbement restauré). C'est un témoin essentiel de la facture pré-romantique, qui ne serait probablement plus là s'il avait effectivement été placé à la Cathédrale. Les orgues "de ville", exposés aux organistes influents ont en effet une espérance de vie fort limitée...

En 1819, commença l'ère de Joseph Wackenthaler : celui-ci fut organiste et maître de chapelle à la Cathédrale de 1833 à 1869, et s'était pratiquement installé une résidence secondaire dans la salle des soufflets du nid d'hirondelle (on dit qu'il y a 280 marches ; et il y avait au minimum deux offices par jour). Wackenthaler demanda un orgue de choeur, mais cela lui fut refusé. A sa mort, en 1869, son épouse prit sa suite jusqu'en 1871, puis ce fut Frantz Stockhausen, et l'on se remit à parler d'un orgue de choeur. Stockhausen fut Maître de chapelle à partir de 1869, et la succession de Mme Wackenthaler a été assurée par Edouard Becker, ancien organiste de la cathédrale de Chartres, originaire d'Alsace. Ce n'est donc pas - au moins selon la tradition - un argument musical qui décida la construction d'un orgue de choeur, mais l' argument "logistique" de la prohibitive montée des escaliers.

En 1872, l'architecte Gustave Klotz rendit un rapport au maire, dans le quel il "se pose la question de savoir s'il [le grand-orgue] sera réparé et restitué au point de vue historique et archéologique, ou si on mettra à profit tous les progrès de l'art moderne". Lesdits progrès allaient être employés pour un orgue de choeur neuf.

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L'orgue Joseph Merklin,
1878
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Historique

A Strasbourg, Joseph Merklin était un personnage en vue. Il jouissait du prestige lié à la construction de plusieurs instruments en Alsace, et surtout de la promotion opérée par des organistes prestigieux (et parisiens). Merklin, c'était, quelque part, l'instituteur-organiste qui laissait sa place aux Hommes de l'Art... Les premiers échanges entre Merklin et la Cathédrale datait de 1868. Merklin, tout comme Cavaillé-Coll, avait à l'origine pris contact pour rénover le grand orgue. merklin était déjà "introduit", car son cousin, l'abbé J. B. Schwach était d'origine strasbourgeoise et avait travaillé avec Joseph Wackenthaler. Le devis définitif est daté du 19/10/1874 (avec la convention). C'est Franz Stockhausen qui avait recommandé Merklin, probablement fort satisfait du projet pour le Temple-Neuf. La commande fut passée par l'Oeuvre Notre-Dame le 07/02/1875. L'orgue de Joseph Merklin fut reçu en deux fois (le 20/08/1878 et le 17/10/1878), et par une commission incluant Alexandre Guilmant, Franz Stockhausen (maître de chapelle), Théophile Stern (organiste au Temple-Neuf et expert choisi par Merklin), Max Schladenholtz (pour la ville et l'Oeuvre Notre-Dame) et l'abbé François Schaeffer (organiste, et pour le Chapitre). Marie-Alphonse Schaeffer et Friedrich-Wilhelm Sering ("directeur de la musique" à Strasbourg) étaient aussi de la partie. Le fait que Guilmant fut présent physiquement à Strasbourg pour la réception est toutefois remis en question par des témoignages ultérieurs (et le fait que la presse ne relate pas se présence). [YMParisAlsace] [IHOA] [ITOA] [Barth] [MerklinJurine] [cathedrale1935] [VWeller]

Les deux orgues de la Cathédrale et du Temple-Neuf étaient donc des projets parallèles, même si ce dernier fut achevé en premier (1877). Au moment de l'inauguration, le prestige de Merklin était à son comble, et le public déjà conquis. D'une certaine façon, l'orgue de choeur sauva le nid d'hirondelle (ou au moins son buffet). En effet, un projet de transformation du Silbermann avait été estimé à 60 000 Frs. Klotz choisit de laisser le nid d'hirondelle en l'état, et de mettre 35 000 Frs dans l'achat d'un orgue de choeur neuf, dont il avait déjà déterminé l'emplacement : à l'intersection du choeur et du transept nord, entre la colonne du milieu et le grand pilier de la nef. []

L'orgue fut donc livré par la "Manufacture de grandes orgues d'Églises J.MERKLIN Lyon-Paris", comme était sa raison sociale entre 1872 et 1879. Il a été construit dans les ateliers de la rue Vendôme à Lyon. d'ailleurs, dans son article paru dans le journal "L'Alsace" le 19/10/1878, François Schwab présente Merklin comme un éminent facteur "de Lyon". [MerklinJurine] [VWeller] [YMParisAlsace]

C'est Jean-François Vogt, harmoniste chez Merklin, qui fut chargé de l'harmonisation. C'est aussi lui qui fut chargé de celle de l'orgue d'Obernai. [MerklinJurine]

Avec 22 jeux, deux manuels de 56 notes, pédale de 30, sa machine Barker et les "pédales de combinaisons" qu'il fallait, c'était vraiment un orgue romantique "parisien". Mais on note les anches de batterie au grand-orgue, et pas au récit. Ce dernier plan sonore hésite d'ailleurs entre un vrai récit expressif et un positif expressif (Clarinette, deux Flûtes 8', pas de Principal). D'ailleurs, dans la version prévue pour le devis, une Salicional était prévu au grand-orgue, mais sera finalement remplacé par une Unda-Maris au récit. c'est pourquoi on trouve au second clavier à la fois l'ondulant du récit (la Voix céleste) et celui d'un positif "virtuel". [VWeller]

Vu le volume à remplir, les "tailles" (ici : dimensions intrinsèques des tuyaux, indépendamment du rapport largeur bouche / diamètre) étaient impressionnantes. L'instrument était donc conçu pour "parler fort" (ce qui n'est pas courant en soit pour un Merklin). La Soubasse 16', avec ces dimensions, était qualifié d' "unique". [Rupp]

Il semble que la cause de la double réception se situe dans une soufflerie un peu juste. (Peut-être en raison des tailles généreuses des jeux, le vent avait été un peu sous-dimentionné ?) En effet, en 1937, François-Xavier Mathias trouve que "La soufflerie n'est suffisante que par un ventilateur électrique". (On comprend donc qu'à son époque, avce le tutti, le vent ne "tient" que par le moteur tourant à fond, le réservoir étant presque vide.) Il ajoute que l'abbé Shaeffer a "sauvé le renom de la maison Merklin, au moment de l'expertise, le 20 août 1878, en ne prenant le grand-jeu que pour une minute au maximum." Mathias commet une erreur de date (presque 60 ans plus tard, il est vrai), mais semble avoir eu une source sûre. [YMParisAlsace]

La cause des soucis en alimentation peut se trouver ailleurs : la plaquette de 1935 rapporte que, par rapport au plan inital, il y avait eu une "amélioration" : Merklin avait plscé les soufflets au sous-sol. Les porte-vent étaient peut-être trop longs, ou trop coudés. [Cathedrale1935]

Quant au délai plutôt long (1875-1878), il s'explique par le fait que des travaux étaient en cours dans le choeur. Klotz avait mis à profit le délai pour faire des recherches sur la forme des orgues du XIIème siècle. En 1935, on jugeit qu'elles n'avaient "certainement pas été poussées à fond". Avec le recul, on comprend pourquoi... [Cathedrale1935]

La console était latérale à l'origine (sur le côté gauche, donc côté nef). La traction, mécanique, se faisait avec une machine Barker (disposant d'un annulateur). Et il y avait, bien-entendu, les appels des "jeux de combinaisons" (identifiés par une étoile dans la composition), destinés à enrichir la dynamique de l'instrument. L'expression était "à cuiller", c'est à dire à deux positions seulement (boîte ouverte ou fermée). L'instrument fut apprécié pour sa puissance et pour sa généreuse Soubasse, un modèle du genre, avec des tailles exceptionnelles. François-Xavier Matthias complimente la qualité des jeux, mais regrette l'inadéquation de la Composition au répertoire, et surtout la faiblesse de la soufflerie. Dans la réédition de l'ouvrage "Les orgues de la cathédrale de Strasbourg à travers les siècles" (1925), l'article sur l'orgue de choeur s'achève par : "Le jugement des experts a été ratifié par l'opinion publique et l'orgue Merklin est encore regardé de nos jours comme un instrument d'une sonorité remarquable".

On raconte que le Rossignol n'a chanté que le jour de l'inauguration, et qu'il est muet depuis. Mais - surtout dans une cathédrale - les légendes font partie de l'ambiance. A rapprocher de celle du lion de l'horloge astronomique, qui aurait cessé de rugir (sûrement vexé par le chant du Rossignol).

C'est Edmond-Alexandre Roethinger (probablement en tant que "successeur naturel" de Koulen qui fit des travaux en 1909 [EncyclpedieAlsace]

Malheureusement, lors qu'en 1958, l'orgue eut à nouveau besoin d'un entretien, le monde de l'orgue était en plein crise "néo-classique". Les transformations, menés par Max Roethinger consistèrent officiellement à ajouter des Mixtures (Fourniture et Cymbale au grand-orgue), composées "selon Dom Bedos". Il semble que ces modifications aient été beaucoup plus importantes que ce qui généralement rapporté : le Jeu de Tierce du "récit" ne datait pas de 1976, et il y était donc avant... [] [ITOA]

C'est le Chanoine Raymond Gérédis (alors expert Diocésain) qui a composé les pleins-jeux selon l'esprit de Dom Bedos. [VWeller]

Mais le pire était ailleurs : pour opérer les changements "à la mode", il était de bon ton de dénigrer les orgues romantiques : la tuyauterie était "trop fine", les anches avaient tendance "à se plier". Il faut se souvenir des mots acides que Pie Meyer-Siat déverse sur Merklin (au sujet du devis de Wintzenheim, certes, ans tous ses articles, on retrouve le même parti-pris), pour lequel, à l'évidence, il n'a aucun respect : "il est sans doute inutile de recopier in extenso les cinq pages de verbiage destiné à "faire l'article" [...] ; le lecteur qui tiendrait à connaître les boniments prétentieux de Merklin, retrouvera ce devis aux archives". C'est ainsi que l'on parlait de ce grand facteur qu'était Joseph merklin dans les années 70-80... pour faire un génie de n'importe quel bricoleur qui avait assemblé quelques tuyaux au 18ème. Il en résultat un grand "déficit d'image" pour les orgues romantique, et toute altération était non seulement adoubée, mais encouragée.

Passage à 3 claviers

C'est dans ce contexte peu favorable que fut initié la transformation de 1976. Il s'agissait de passer à trois manuels et de disposer la Console sur la face avant. Le troisième manuel est un clavier dit "de Résonance" (une idée somme toute pas récente), servant de "réservoir de jeux" pour les autres. Les travaux furent confiés à Jean-Georges Koenig. Des jeux neufs furent posés : le Dessus de Cornet et la Trompette de grand-orgue, et le Cromorne du récit. La boîte du récit fut supprimée, et tous les sommiers déplacés. Mais surtout, l'harmonisation fut totalement refaite. Les Mixtures (de 1958) furent évidemment recomposées, les errements des années 50 étant déjà insupportables aux oreilles de 1970. Elles ont été recomposés avec l'aide de Michel Chapuis (en 1976) afin d'aboutir à une progression plus homogène. Mais la machine Barker disparut, malheureusement. La réception eut lieu le 26/04/1976. [ITOA] [EncyclpedieAlsace] [VWeller]

Composition, 1976
Grand-Orgue, 56 n. (C-g''')
1976
1958, recomposée en 1976
1958, recomposée en 1976
étroite ; 1976
Récit, 56 n. (C-g''')
1976
Résonance, 56 n. (C-g''')
Pédale, 30 n. (C-f')
I/P

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(instrument actuel)
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Historique

Les modifications de 1989

En 1989, Daniel Kern opéra d'autres transformations. Le rayonnement apporté à la maison Kern par le succès du grand-orgue, superbement réalisé en 1981 (par un Alfred Kern juste avant sa retraite avec un engagement passionné et sans limite) pesa évidemment beaucoup dans la décision. Essentiellement, il fut décidé d'à nouveau réharmoniser l'instrument, et retourner vers un peu plus de Romantisme (boîte expressive, Voix céleste, suppression du Jeu de Tierce au deuxième clavier. L'architecture à trois claviers fut maintenue, ainsi que la position frontale de la console (une console latérale à 3 claviers n'est pas un problème simple, surtout dans un buffet existant). []

Quand on s'autorise une plongée dans les courriers et rapports de l'époque, on ne peut qu'être surpris par l'ambiance délétère qui sévissait dans le monde de l'orgue. Le conflit, plutôt que la musique, semblait être au centre de toutes les préoccupations. Mais cela ne doit pas occulter l'essentiel : c'est un instrument exceptionnel ! On souhaiterait juste y retrouver un peu plus de l'incomparable "ambiance Merklin".

Le buffet

Les couronnements, photo de Roland Lopes,
                16/09/2013.Les ornements, sombres, sont peu assez visibles depuis la nef. Mais
                plus on s'approche de l'instrument, plus il perd son caractère "austère". A
                l'origine, on avait prévu "l'or et les peintures [qui] s'y ajouteront pour le mettre
                en accord avec le grand orgue de nef".Les couronnements, photo de Roland Lopes, 16/09/2013.
Les ornements, sombres, sont peu assez visibles depuis la nef. Mais plus on s'approche de l'instrument, plus il perd son caractère "austère". A l'origine, on avait prévu "l'or et les peintures [qui] s'y ajouteront pour le mettre en accord avec le grand orgue de nef".

Le buffet est en chêne, et a 9m65 de haut. Il à été dessiné par les architectes de la cathédrale : Gustave Klotz et J.Knauth dans un style historisant et exécuté par la maison Klem, de Colmar. [YMParisAlsace]

Ce n'est pas étonnant. D'abord parce que la maison Klem est "leader" en Alsace, à l'époque, dans le mobilier religieux. Elle travailla avec les plus grands, dont Martin Rinckenbach. Mais aussi, Marie Joseph Constantine Rosalie, la fille ainé de Joseph Merklin, a épousé Alphonse Klem (alors ébéniste et sculpteur installé à Nancy). Bien qu'allier de cette façon à la branche nacéenne de la famille, Merklin travailla beaucoup avec les ateliers de Colmar. Michel jurine souligne que les buffet des orgues Merklin de Willer-sur-Thur, Ranspach, Le Bonhomme et Obernai sont, en plus de celui de la cathédrale, issus des ateliers Klem. [MerklinJurine] [VWeller]

Du point de vue esthétique, on voulait réagir "contre une tendance moderne en opposition flagrante avec les artistiques traditions du siècle passé", comme le souligne Schwab dans son article, qui ajoute : "M. Klotz a voulu que ce buffet fut, non pas une construction imitant la pierre, une maison en quelque sorte, mais bien un meuble servant de cadre à un instrument". La suite est plus surprenante, car on y aprend qu'il était prévu "plus tard, l'or et les peintures [qui] s'y ajouteront pour le mettre en accord avec le grand orgue de nef." [YMParisAlsace]

Le côté "austère" de l'orgue de choeur de la cathédrale n'était donc pas du tout voulu. Au contraire, on le voulait rouge et or. Une fois que l'on sait cela, on ne peut s'empêcher de l'imaginer en "troubadour" !

Sur la base d'une photo de Roland Lopes, l'orgue
                polychrome.Sur la base d'une photo de Roland Lopes, l'orgue polychrome.

Le buffet dispose de deux façades (l'une du côté choeur, et l'autre du côté nord). Voici ce qu'on en disait à l'époque de sa construction : le plan a été "tracé par le savant architecte de la cathédrale [...] réagissant contre une tendance moderne en opposition flagrante avec les artistiques traditions du siècle passé, M. Klotz a voulu que ce buffet fût, non pas une construction imitant la pierre, une maison en quelque sorte, mais bien un meuble servant de cadre à un instrument" (François Schwab). []

Des panneaux de motifs végétaux en entrelacs constituent l'essentiel de l'ornementation, avec de petits bulbes en couronnements. L'inspiration générale est néo-renaissance, avec des formes rectangulaires. Il y a 3 "tourelles" rectangulaires et plates, de même taille, ais la centrale est surmontée d'un élément faisant "Kronwerk". Des "boutons" ornementaux sont placés aux intersections des montants. Trois frises d'entrelacs figurent sur la ceinture du buffet, et le soubassement est un peu plus étroit que les superstructures (ce qui éloigne encore un peu plus l'allure générale des standards du 19ème, et renforce son caractère "historisant".

Caractéristiques instrumentales

Console:
La console, photo d'Alexis Platz, vers
                    2000.La console, photo d'Alexis Platz, vers 2000.

Console en fenêtre frontale (latérale à l'origine). Il ne semple plus y avoir d'éléments Merklin.

Ordre des pédales-cuillers à accrocher : Rossignol, I/P, II/P, III/P, III/I, II/I. Expression du récit par pédale basculante (pas d'origine), située complètement à gauche.

Les tirants de jeux, photo de Victor Weller,
                    24/01/2015.Ils font plus "début 19ème" que Merklin ; mais il faut se
                    souvenir que la console n'est pas d'origine.Les tirants de jeux, photo de Victor Weller, 24/01/2015.
Ils font plus "début 19ème" que Merklin ; mais il faut se souvenir que la console n'est pas d'origine.
 
Soubasse
Octavebasse
Bombarde
Tremb.Réci
Gd.Bourdon
Montre
Prestant
Doublette
Fourniture
Cymbale
Trompette
Bourdon
Principal
Salicional
Bd à cheminée
Voix céleste
Prestant
Fl. à chem
Flageolet
Carillon
Basson/Hautbois
 

Fl.Harm.
Fl.d'octave
Trompette
Clairon
[APlatz]
Transmission:
Sommiers: à gravures, de Merklin pour le grand-orgue, le positif et la pédale.
Tuyauterie:

Il y a un Rossignol (un des quatre d'Alsace, avec Rosenwiller, St-Paul () et Bourtzwiller.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670482008C09
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