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Les orgues de la région de Geispolsheim
Geispolsheim, Ste-Marguerite
vers 1730 deme > Démontage
1885 proj > Projet
1917 degr > Dégâts
Geispolsheim, l'orgue Martin Rinckenbach, le
        01/05/2004.Geispolsheim, l'orgue Martin Rinckenbach, le 01/05/2004.

Geispolsheim possède un instrument d'exception, construit par Martin Rinckenbach en 1888. Et l'histoire de ses orgues assez peu commune : au début du 18ème siècle, alors que toute l'Alsace rêvait d'orgues, alors que même les plus petits villages pensaient à en acquérir un, et que l'on considérait partout que l'instrument à tuyaux était "indispensable" à un culte de qualité, Geispolsheim fit, au moins un temps, exception. Cet épisode est toutefois depuis longtemps oublié !

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L'orgue Georg Friederich Merckel,
vers 1730
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Historique

C'est vers 1730 qu'un petit orgue construit par Georg Friederich Merckel fut fort froidement accueilli par la population, constituant ainsi l' "exception culturelle Geispolsheimoise" (au moins en matière d'orgues...) [IHOA] [PMSWEG]

Le curé Rauch était arrivé à Geispolsheim en 1721. Croyant bien faire, il commanda un petit orgue à Merckel.

Composition, vers 1730
Manuel, 48 n. (CD-c''')
Bois
Bois
[PMSWEG]
[PMSWEG]

Le jour de l'inauguration, 300 paroissiens protestèrent : ils estimaient que cet instrument allait les empêcher de prier ! Les relations entre le curé et ses ouailles semblent avoir été très mauvaises. [PMSWEG]

Le curé Rauch céda rapidement : il fit démonter et entreposer le petit orgue vers 1730. [PMSWEG]

L'homme d'église ne survécût pas longtemps à cette situation conflictuelle : mourut en 1732. Le petit orgue Merckel fut cédé à un musicien de Mutzig, puis à Dürrbach, l'organiste de Barr en 1739. Ce dernier fit effectivement remonter le petit orgue, par Jean-André Silbermann (quand celui-ci travaillait à Barr). Un peu plus tard, le petit orgue fut revendu à un village du Brisgau, et disparut. [PMSWEG]

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L'orgue de facteur inconnu (1790)
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Historique

Cela avait radicalement changé après la construction de l'église neuve, en 1770. En 1790, donc au début de la Révolution, on y trouvait un grand 3-claviers de 37 registres. Mais se provenance est inconnue. [IHOA]

Cet instrument reste un mystère : il a laissé fort peu de traces dans les archives; Or, faire construire un tel instrument était un projet conséquent, impliquant toujours de nombreuses discussions et tractations. Car cet orgue était neuf : la municipalité avait été autorisée à faire affaire le 31/12/1789 (!) Pie Meyer-Siat cite plusieurs facteurs qui aurait pu avoir construit ce grand orgue : (Michel) Stiehr Sauer Krämer et Geib. L'instrument était muni d'une petite pédale (15 notes seulement). [PMSWEG]

L'organiste en 1825 s'appelait François-Joseph Schafner, et l'orgue mystérieux a été réparé en 1837 par George Wegmann. [IHOA]

Une autre réparation eut lieu en 1861, par Henn. [IHOA]

Et une dernière réparation eut lieu vers 1875, par Emile Wetzel. [IHOA]

Dix ans plus tard (1885), Charles Wetzel élabora deux projets d'orgue neuf, laissés sans suite. [IHOA]

Ce qui est assez extraordinaire, c'est que le second de ces projets concernait un 3-claviers (grand-orgue de 14 registres, récit expressif de 6 registres, pédale de 5 registres et positif de 8 registres). Comme il était prévu deux buffets, c'est que Wetzel comptait réellement construire un positif de dos en 1885 ! [PMSRHW]

Puis, en 1886 c'est la maison Louis Mockers de Seltz qui fit un projet. Mais, probablement, le style là aussi "trop conservateur" de la maison Stiehr alors agonisante ne convenait pas non plus à Geispolsheim. Le projet était toutefois doté d'une séduisante composition romantique, avec Clarinette, Voix humaine, mais aussi une Fourniture 4 rangs au grand-orgue. Pour la maison Stiehr, et jusque à la fin, un orgue romantique était un orgue classique... muni en plus de jeux romantiques. [IHOA] [PMSSTIEHR]

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Historique

En 1888, c'est Martin Rinckenbach, d'Ammerschwihr, qui construisit un orgue romantique pour Geispolsheim. [IHOA]

L'instrument était presque aussi grand que celui de l'ancien régime : 34 jeux sur 3 manuels et pédale. Le tout logé dans un somptueux buffet construit le plus "en vue" des créateurs de mobilier religieux : Théophile Klem, de Colmar (qui travaillait souvent avec Rinckenbach). [IHOA] [ITOA]

Ce fut l'Opus 18 de la Maison d'Ammerschwihr, contemporain du l'orgue de légende qui fut construit pour Thann (qui fut victime de la 1ère guerre mondiale). Avec son Principal 16' manuel et sa machine Barker, c'est une des "star" de l'orgue alsacien !

Les tuyaux de façade ont été réquisitionnés par les autorités en juin 1917. [IHOA]

En 1925, la maison Kriess posa un ventilateur électrique, mais ne remplaça pas la façade réquisitionnée. [ITOA]

On demanda à Edmond-Alexandre Roethinger de remplacer cette façade en 1933. [IHOA] [ITOA]

Il y eut un entretien par la maison Muhleisen en 1959. [IHOA]

Ensuite, l'entretien passa à Jean-Georges Koenig en 1971, qui plaça une façade en étain (l'actuelle). La mécanique du récit a dû être refaite. [IHOA] [ITOA]

Il y eut un nettoyage, par Yves Koenig en 1994. [IHOA]

Et un relevage, en 2001, à nouveau par Yves Koenig. [IHOA]

L'orgue est resté très authentique : a part un fort malheureux échange des deux premiers claviers (le grand-orgue est en ce moment au milieu, et le positif en bas, ce qui est absurde pour une orgue romantique), il n'y a que la Mixture, et la Trompette du grand-orgue, ainsi que les anches de pédale qui ont été modifiés (ou dû être restaurés). Tout le reste est d'origine.

Le buffet

Le buffet, néo-classique, a été construit par la maison Klem de Colmar. Il a 5m de large et près de 7m de haut. Le grand corps, cintré, est constitué de trois tourelles, la plus grande au centre, plate, et dessinant un arc néo-roman, encadrant deux plates-faces. Les tourelles latérales sont de structure "classique" (rondes, à culot et entablement), mais présentent 7 tuyaux au lieu de 5. Les plates-faces, gémellées, sont aussi néo-romanes. Le grand-orgue est muni d'un plafond. Le positif de dos est bien-entendu uniquement décoratif. Il est constitué de deux tourelles encadrant une plate-face double, elle aussi néo-romane. [Palissy]

Les ornements du buffet sont d'une grande
                élégance.Les ornements du buffet sont d'une grande élégance.

L'ornementation est très riche : les claires-voies du grand corps sont constituées de guirlandes finement ciselées. Il y a des rinceaux en motifs de rocaille, des jouées et des couronnements très élaborés et ajourés. Les tourelles latérales (des deux corps) sont surmontées de vases à anses, et la centrale - jouxtée de deux pilastres un peu "empire" - d'un trophée contenant une lyre, puis d'une croix. La balustrade est ornée d'instruments de musique.

Sous le positif, et sur un côté, il y a une curiosité : un cartouche peint figurant deux vues d'un château ruiné (tour carrée et deux bâtiments).

Caractéristiques instrumentales

Console:
La console indépendante, photo de Martin
                    Foisset,01/02/2015, comme toutes les suivantes de la page.Noter les
                    porte-bougies.La console indépendante, photo de Martin Foisset,
01/02/2015, comme toutes les suivantes de la page.
Noter les porte-bougies.

Console indépendante face à la nef, surélevée pour permettre de vois par-dessus le positif, fermée par un couvercle basculant. Tirants de jeux de section ronde à pommeaux tournés munis de porcelaines, disposés en trois gradins de part et d'autre des claviers. Le nom des jeux est écrit en noir pour le grand-orgue (gradin du milieu), rouge pour le positif intérieur (gradin inférieur), vert pour le récit (gradin supérieur droit, sauf le Prestant) expressif, et bleu pour la pédale (gradin supérieur gauche). Claviers blancs. Commande des accouplements par pédales-cuillers à accrocher, repérées par des porcelaines rectangulaires blanches. L'ordre des deux premiers claviers a malheureusement été inversé : "I" à la console désigne donc le grand-orgue (ce qui est normal), mais le deuxième clavier (!). Ordre des pédales, de gauche à droite : "Kopel III. an das Pédale." (partie gauche effacée), "Kopel II. an das III.M." (I/P, sic), "Pneumatique I.M." (II/II, sic). Puis vient la pédale d'expression, aujourd'hui à bascule, mais qui, à l'origine, devait être à cran. Sa porcelaine dit "Expression". Puis viennent les trois autres pédales, dont les porcelaines sont d'une autre facture : "Positif Grand Orgue", "Récit Grand Orgue" et "Tirasse Grand Orgue".

La plaque d'adresse est d'un modèle peu
                    commun.La plaque d'adresse est d'un modèle peu commun.

Plaque d'adresse incrustée directement dans la console, sur un fond de même essence de bois que le reste, avec des lettres en laiton, tout en Français :

Martin Rinckenbach
Facteur d'Orgues
AMMERSCHWIHR

Il y a des porte-bougies en fer forgé, fixés au revers des joues du deuxième clavier. La porcelaine "Prestant 4'" n'est pas de même facture que les autres.

Transmission:
L'impressionnante machine Barker qui facilite
                    les accouplements au grand-orgue. Les soufflets sont de l'autre côté.L'impressionnante machine Barker qui facilite les accouplements au grand-orgue. Les soufflets sont de l'autre côté.

Mécanique à équerres. Accouplements au grand-orgue assistés par machine Barker. Cette dernière est logée dans le soubassement, en avant, et la mécanique d'accouplements et placée plus au fond.

Sommiers:

A gravures, d'origine.

Le grand-orgue occupe le grand buffet, les sommiers étant logés derrière la ceinture du buffet (à la place habituelle). Le positif est placé au-dessus (en "oberwerk"). La pédale se situe à l'arrière du grand buffet, anches vers l'avant.

Le récit est placé en hauteur, en position centrale, tout à l'arrière, mais pas plaqué contre le mur postérieur (il y a un espace de presque 1m). La pédale est donc entre le récit et le grand orgue.

Soufflerie:

Système d'alimentation par les pieds conservé, situé sur le flanc gauche de l'orgue au niveau du récit. Les réservoirs principaux (deux, superposés) sont logés à l'arrière, sous le récit.

Tuyauterie:
Une partie de la tuyauterie du
                    grand-orgue.De droite (façade) à gauche (accès), on distingue les
                    Principaux, le Bourdon 16', l'Octavin,le Bourdon 8', la Flûte harmonique
                    4', la Gambe 8'... La Trompette, la Fourniture et la Flûte majeure sont hors
                    champ.Une partie de la tuyauterie du grand-orgue.
De droite (façade) à gauche (accès), on distingue les Principaux, le Bourdon 16', l'Octavin,
le Bourdon 8', la Flûte harmonique 4', la Gambe 8'... La Trompette, la Fourniture et la Flûte majeure sont hors champ.

La tuyauterie est de très grande qualité (étain, sapin...), et munie des entailles en forme de trou de serrure caractéristiques de Martin Rinckenbach.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670152001P03
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