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Les orgues de la région de Ribeauvillé
St-Hippolyte, St-Hippolyte
1917 degr > Dégâts
Buffet classé Monument Historique, 09/11/1976.
Le buffet de l'orgue de St-Hippolyte est l'un des plus
        beaux d'Alsace.Il contient aussi l'un des plus beaux orgues d'Alsace,même s'il a
        été gravement altéré en 1984.Photo du 08/12/2014.Le buffet de l'orgue de St-Hippolyte est l'un des plus beaux d'Alsace.
Il contient aussi l'un des plus beaux orgues d'Alsace,
même s'il a été gravement altéré en 1984.
Photo du 08/12/2014.

Le somptueux buffet de l'orgue de St-Hippolyte abrite un instrument d'une immense valeur, mais qui reste mal connu du public. C'est sûrement parce que son historique a été publié trop tôt, en l'absence de pièces essentielles, puis de façon dispersée dans de nombreuses publications savantes. Il est temps de considérer l'orgue de St-Hippolyte avec un regard neuf, en abandonnant les idées préconçues.

Pour commencer, il ne faut pas aller chercher "du Silbermann" à St-Hippolyte. Il y en a ailleurs, en grande quantité, et le fait que 99% des gens ne connaissent que ce facteur d'orgues ne rend pas les réalisations des autres moins bonnes. L'orgue Jean-André Silbermann de Marbach (dont on peut contempler le buffet à St-Hippolyte) avait été conçu pour Marbach, et il faut être lucide : il n'est jamais vraiment arrivé à St-Hippolyte. La localité s'est retrouvée dans la même situation que les autres communes qui ont acquis des biens confisqués par la Révolution : l'instrument avait été endommagé, mal déménagé. Il était pratiquement impossible à entretenir, et surtout totalement inadapté à son nouvel usage. Un orgue n'est pas un assemblage de bois et de métal, mais le fruit des efforts qu'une collectivité a développés pour l'imaginer, le concevoir et le concrétiser. Les éléments construits par Jean-André Silbermann (rappelons qu'il sous-traitait ses buffets) ont tous été remplacés par différents facteurs entre 1791 et 1908, à l'exception des tuyaux de façade. Lesquels ont été réquisitionnés par les autorités en 1917.

C'est en 1908 que St-Hippolyte reçut "son" orgue. Son vrai orgue, défini et adapté à son usage local. C'est Martin Rinckenbach, le plus grand facteur d'orgues alsacien - n'en déplaise à ceux qui n'en connaissent qu'un - qui l'a construit, assisté de son fils Joseph, en logeant la partie instrumentale dans le buffet Silbermann. On ira voir et écouter les orgues de Martin et Joseph Rinckenbach construits au début du 20ème siècle (qui ont été préservés et bien entretenus) pour se faire une opinion. L'orgue de St-Hippolyte a donc été construit à l'apogée de la facture d'orgues "post-romantique", par les plus doués des facteurs de la "belle époque". Elle fut, en facture d'orgues comme dans d'autres domaines, une des plus fécondes qui soient.

L'église, consacrée à Saint-Hippolyte, remonte pour partie du 14ème siècle : certains éléments (comme le choeur) sont authentiquement gothiques. D'autre éléments, en particulier du mobilier, sont baroques : tableaux (dont "l'ascension de St-Hippolyte", 1786), statutaire (dont deux statues processionnelles du 18ème), ainsi que les trois autels.

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L'orgue Hans Jacob Aebi,
1660
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Historique

Un premier orgue fut construit en 1660, par Hans Jacob Aebi. [IHOA] [HOIE]

Cet instrument a été réparé par (Jean-)Daniel Cräner en 1747 (l'année de sa mort). [IHOA] [HOIE] [PMSAS1975]

Il est probable que ce fut une grosse réparation, car les orgues du 16ème n'étaient pas vraiment faits pour affronter les siècles. Mais c'est apparemment cet instrument qui était encore en usage au début de la Révolution.

L'orgue était utilisé (le service des organistes - l'un d'eux s'appelait Samuel Ludwig - est attesté) sans arrêt entre 1789 et 1793. [IHOA]

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Historique

En 1791, Mathias Thirion, le maire de St-Hippolyte, procéda pour sa commune à l'acquisition de l'orgue Jean-André Silbermann, 1739 d'Obermorschwihr, Abbaye de Marbach. [IHOA] [IHOA] [HOIE] [Barth]

Cet orgue Silbermann était doté de 23 jeux (ce n'était donc pas un très grand instrument), sur trois manuels. [IHOA] [HOIE] [ITOA]

Le grand buffet "en 8 pieds" s'inspire de celui dessiné par André Silbermann pour Ebersmunster (lui-même inspiré par celui de St-Germain-des-Prés à Paris). Mais le positif de dos était muni de la fameuse "signature" visuelle de Jean-André : la tourelle centrale tri-lobée. Fait unique : le buffet est "signé" (monogramme de JAS sur le cartouche surmontant la tourelle centrale du positif). La composition (qu'on peut trouver sur la page consacrée à l'abbaye de Marbach) était sans surprise (on pourra la comparer à celles des derniers instruments d'André, par exemple celui de Rosheim) : Silbermann brillait décidément plus par la qualité de ses réalisations que par son imagination ou son sens de l'innovation.

Le buffet de cet orgue, et un émouvant narthex roman resté debout sur place, sont tout ce qui reste de la prestigieuse abbaye de Marbach après le passage du cortège de profiteurs et de spéculateurs adoubés par la Révolution.

Il n'y a que très peu d'exemples relatant le succès de rachats d'orgues confisqués aux congrégations religieuses à la Révolution. (Peut-être celui de Pairis racheté par Turckheim ?) Ces ventes étaient censées être des "bonnes affaires", mais les faits ont démotré le contraire : il y a une grande quantité d'exemples de "reventes" qui se soldèrent par la disparition immédiate de l'instrument (Augustins de Wissembourg, oratoire des Jésuites à Molsheim, Chanoinesses d'Ottmarsheim, Lauterbourg (Notre-Dame du Bon Secours), Franciscaines d'Ensisheim... et de nombreux autres). La cause la plus probable était que ces instruments avaient été démontés de telle façon que leur remontage n'était tout simplement plus possible.

Car ces déménagements ont souvent été réalisés par des spéculateurs n'ayant pratiquement aucune compétence en facture d'orgues (ou qui les ont "oubliées" par appât du gain) : Lucelle (par le fameux Stephan Flum), Dominicaines (Unterlinden) de Colmar, Franciscains de Kaysersberg (par Henry, coutumier de la "vente par appartements"), tout comme l'orgue des Dominicaines (Engelpforten) de Guebwiller ou celui des Clarisses d'Alspach, ou encore de l'abbaye de Neubourg, du couvent de Luppach, etc... partout, les tracas commencèrent rapidement, et la plupart de ces instruments ont dû être totalement rénovés. Ce qui entraîna de grosses dépsenses (souvent équivalents à l'acquisition d'un orgue neuf). Ensuite, à la fin du 20ème siècle, comble de l'ironie, on accusa ces communes d'avoir démoli des orgues historiques !

Pour en revenir à St-Hippolyte, l'inventaire des orgues d'Alsace (1986) rappelle sobrement les faits : "1793 : l'orgue de MARBACH est transféré à SAINT-HlPPOLYTE, après avoir subi les outrages de la Révolution (l'acte d'achat date de 1791)." [ITOA]

St-Hippolyte ne fit pas exception : une réparation fut nécessaire dès 1803, menée par François Callinet. [IHOA]

Une autre réparation eut lieu l'année suivante, en 1804, à nouveau confiée à François Callinet. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [Barth]

Dans une lettre du 04/06/1805, le maire laisse un témoignage éloquent sur l'état de l'orgue, et le travail de François Callinet : les "mécanismes étaient tellement dérangés qu'il a dû y travailler bien au-delà de ce qu'il avait cru nécessaire".

Nouvelle intervention de François Callinet en 1818 (mais c'était peut-être un simple accord). [HOIE]

En 1821 s'achevèrent d'importants travaux à l'édifice (le clocher et la façade datent de cette époque). On avait évidemment démonté l'orgue. En 1822, un certain Johann Baptist Krembser remonta ce qui restait de l'orgue Silbermann dans l'église rénovée. Mais l'instrument ne donnait toujours pas satisfaction : en 1837 fut élaboré un nouveau projet de réparation, qui traina ; aboutit en 1843 à un simple nettoyage. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [Barth] [RLopes]

Il fallut procéder à une nouvelle réparation, en 1855, par Valentin Rinkenbach, qui travailla à St-Hippolyte du 16 avril au 1er juin. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [Barth]

Il posa un Bourdon de 16 pieds (sans octave grave) et une Gambe neufs, et supprima la Tierce 1'3/5, ainsi que la Cymbale du Grand-orgue. Une Bombarde de Pédale avait été ajoutée, mais on ne sait pas quand ni par qui.

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L'orgue Wetzel,
1868
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Historique

Après avoir considéré la liste des événements survenus jusque là, on peut être certain que l"esprit Silbermann" s'était depuis longtemps envolé en 1867, et que l'orgue avait été déjà été totalement réharmonisé et transformé. On a longtemps qualifiée de "désastreuse" la transformation menée par les frères Wetzel en 1868. De fait, l'instrument fut presque totalement reconstruit. [IHOA] [ITOA] [HOIE]

L'inventaire de 1986 est clair à ce sujet : "1868 : nouvel orgue WETZEL" [ITOA]

Un premier devis des frères Wetzel est daté de fin 1867. Il consistait :

[PMSRHW] [PMSAS1975]

Le traité d'octobre 1867 propose d'autres travaux à réaliser :


...et ce devis fut complété d'un remplacement de la pédale, analogue au premier devis (sommiers neufs et surélevés, Violoncelle, Flûte 4', nouvelle Trompette, Clairon) mais allant plus loin : Soubasse et Flûte devaient être renouvelées (les nouvelles étant dotées de tailles plus larges). Remplacement du pédalier. [PMSRHW] [PMSAS1975]

Sur le papier, on pourrait croire que les frères Wetzel ont "tué le Silbermann". Mais à y regarder de plus près, leurs travaux étaient probablement la seule chose raisonnable à faire, surtout dans le contexte de l'époque : on voulait tout simplement un orgue qui fonctionne, et sur lequel on puisse jouer le répertoire de l'époque.

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Historique

En 1908, Martin et Joseph Rinckenbach construisirent pour St-Hippolyte leur opus 108. [IHOA] [ITOA] [HOIE] [Barth]

L'orgue avait 34 jeux sur trois claviers et pédale (récit et positif expressifs), et il avait été conçu dans le cadre d'un grand projet paroissial mené par le curé Kolb. Deux combinaisons libres, crescendo (qu'un bouton permettait de piloter depuis la pédale d'expression du positif !) : l'orgue avait tout pour plaire aux commentateurs de l'époque. Mais c'est surtout l'harmonisation qui était la plus louée, en particulier celle des anches, pour lesquelles, bien après 1870, l'Alsace continuait d'apprécier la "French touch". La réception eut lieu le lundi de Pentecôte (08/06/1908). Le rapport de François Xavier Matthias et Joseph Erb est daté du 22/06, et admire la qualité de harmonisation "Ganz besondere Bewunderung aber erregte die herrliche Intonation des Werkes, speziell der Zungenstimmen, durch die sich Rinckenbach ebenbürtig neben die französischen Intonateure stellt". "Simon", qui signe l'article de "Caecilia" en 1908 reprend la même phrase. [Caecilia1908] [Barth]

En 1917, les autorités réquisitionnèrent les tuyaux de façade, qui étaient les derniers éléments Silbermann de l'orgue. [IHOA] [ITOA]

A partir de là, un ensemble de querelles partisanes dont le mondes de l'orgue est familier s'emparèrent de l'histoire de l'orgue de St-Hippolyte, et force est de constater que la "littérature" concernant ces évènements confère au grand n'importe-quoi. Propos outranciers, termes exagérés, concours de superlatifs... C'est d'autant plus regrettable qu'à cause de toutes ces querelles, on a fini par oublier l'essentiel : l'exceptionnelle qualité de l'Opus 108 de la maison d'Ammerschwihr.

En 1924, on demanda une expertise à E. Andlauer (Sélestat, St. Georges) et G. Schmidlin (Colmar, St-Martin). Suite à cela, Edmond-Alexandre Roethinger procéda au remplacement de la façade et des membranes de la transmission. L'orgue donnait encore totale satisfaction, et faisait l'objet de nombreux compliments. [RLopes]

Sans les années 60, la transmission accusait des retards, qui pourraient bien trouver leur origine dans ces travaux de 1924. Les orgues dotés de sommiers à membranes nécessitent le remplacement de ces dernières, environ tous les 30 ans. Il s'agit de pièces d'usure. En 1984, elles avaient... 60 ans. Mais au lieu de noter la longévité d'une traction pneumatique, et de procéder aux travaux utiles, on ne pensait à l'époque qu'à dégrader ces instruments, pour en faire du "simili-baroque".

C'est de 1984 que date la regrettable transformation qui a malheureusement défiguré l'orgue de St-Hippolyte. [ITOA]

Pour certains "experts" de 20ème siècle, tout était simple : "Avant 1870=Génie. Après=Décadence". Et vu la confusion apportée par la littérature organistique de l'époque, et la "pensée unique" pro-baroque qui sévissait, il ne faut pas s'étonner que des erreurs dramatiques aient été commises. Evidemment, il se trouva même une poignée d'extrémistes du tout-baroque pour proposer la reconstruction d'un simili-Silbermann dans ce buffet... Cela ne les aurait pas du tout dérangés d'envoyer à la chaudière l'orgue historique de St-Hippolyte, sans même essayer de savoir ce qu'il valait. Heureusement, l'argent manqua ! (La pauvreté est la meilleure amie des orgues.) Le bilan fut tout de même lourd, et coûtera cher à réparer : 7 jeux altérés ou disparus, et surtout remplacés par d'autres n'ayant absolument rien à voir avec l'esthétique romantique de l'orgue.

[RLopes]

...pas étonnant que cette transformation fut qualifiée de "regrettable" par l'inventaire des orgues de 1986. A peine deux ans plus tard. Deux ans trop tard. Le libellé du devis fait d'ailleurs froid dans le dos : "Modification des jeux et de l'harmonie par décalage et recoupe des tuyaux : modification des fournitures pour obtenir des plein-jeux plus brillants. Le détail des travaux sera à définir plus précisément avec les responsables."

Maurice Moerlen procéda à la réception des travaux et signa le procès verbal le 17 novembre 1984. L'orgue a été inauguré le 06/01/1985 par Maurice Moerlen (J.S. Bach, mais aussi... Daquin et Pachelbel ! - cela ne s'invente pas...) et Michel Gaillard. [RLopes]

Un rapport d'expertise, mené par Marc Baumann et Robert Pfrimmer est daté du 09/01/2004. Il clarifie heureusement la situation, redonne de l'espoir, en confirmant la qualité de l'orgue Rinckenbach, en "détourant" l'intervention de 1984, et mettant définitivement un terme (on l'espère) aux élucubrations absurdes, genre "Oh! et si on reconstruisait un Silbermann dans le buffet ?!" : "L'instrument fonctionne bien et ne nécessite aucune transformation majeure, bien au contraire. Pour préserver l'instrument et lui assurer le meilleur fonctionnement dans le futur, il y a lieu de conserver l'ensemble tel qu'il nous est parvenu. Les éléments de transmissions ainsi que la tuyauterie sont sains. Toute intervention serait inutile et causerait plus d'ennuis qu'elle apporterait d'améliorations."
Il expose aussi l'état fort préoccupant de la soufflerie.

10 ans ont passé. Heureusement, sûrement grâce à l'expertise de 2004, rien d'irréparable n'a été commis. Mais le temps a continué son oeuvre, et l'instrument nécessiterait un bon relevage, et, surtout, la réparation des dégâts causés par l'absurde opération de 1984.

Le buffet

Les couronnements du grand buffet ont été éliminés, par manque de hauteur sous plafond, en 1791, mais le reste y est, caractéristique du style rocaille, à son apogée dans le dernier tiers du 18ème.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 2004
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
Dulciane 8' 'découpée' en 1984 !
Altérée en 1984 ; 3 ou 4 rgs et 2'2/3 à l'origine
Positif non expressif, 56 n. (C-g''')
(c-g''')
1908
Récup. ; 1984 ; chape du Gemshorn 4'
Fourniture
Altérée en 1984 ; Progressio Harmonica 3 rgs 2' à l'origine
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
(c-g''')
Gemshorn 4' déplacé du positif au récit et transformé en 'Flûte' en 1984, chape du BH
Aeoline 'découpée' en 1984 !
Le Basson/Hautbois de cet orgue a été déplacé à Wittenheim, Ste-Barbe, dans un Gonzalez !
Pédale à accrocher
Pédale, 27 n. (C-d')
Gedecktbass 16', 'décalé' en 1984
I/P
Accouplement général ("Collectiv Koppel")
2 poussoirs + pédale de l'expression du positif
pédale d'enregistrement à cran
[ITOA] [RLopes]
Console:
La console indépendante, assurément l'une des
                    plus belles et originales du genre.La console indépendante, assurément l'une des plus belles et originales du genre.

Console indépendante dos à la nef. Tirage des jeux par dominos placés en 3 gradins, de part et d'autre des claviers. Les dominos sont munis de porcelaines à fond coloré identifiant le plan sonore : blanc pour le grand-orgue, rose pour le positif, bleu pour le récit et vert pour la pédale. Claviers blancs.

Commande des combinaisons et du crescendo par poussoirs blancs, situés en ligne sous le premier clavier, et repérés par de petites porcelaines rondes placés entre le premier et le deuxième clavier : "PP.", "P", "MF", "F", [effacée], [effacée], "0" ; suit un espace, 4 effacées, "0", puis un espace, "Crescd" et "0.". Commande des accouplements et tirasses par pédales-cuillers à accrocher, en fer, repérées par des porcelaines rondes avec le code de couleur des plans sonores : de gauche à droite : "Collectiv koppel", "Pedal koppel III", "Pedal koppel II", "Pedal koppel I", "Koppel III à II", "Koppel III à I", "Manual Koppel II à I", "Suboctav III à I", "Super octav II à I". La dernière porcelaine a disparu et a été remplacée par un rond en papier manuscrit figurant "ANNUL. COMB.". A l'origine, il y avait deux pédales d'expression : celle du récit, et celle du positif, qui pouvait aussi contrôler le crescendo. Aujourd'hui, la pédale basculante de gauche commande le crescendo et celle de droite l'expression du récit ; on relève les traces du coin en bois qui supportait la porcelaine (disparue) de l'ancien repérage.

Large plaque d'adresse (1 octave et demi du clavier) sur fond noir à lettres en laiton, située au-dessus du troisième clavier :

M.& J. Rinckenbach
AMMERSCHWEIER i.ELS.OP 108

La progression du crescendo est visualisée par des étiquettes carrés qui montent quand le jeu est appelé. Voici un relevé du crescendo (certains détails sont à vérifier), avec les noms des jeux originaux, dans l'ordre des étiquettes remontantes :

Jeu/étape 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
III à P X X X X X X X X X X X X X X
II à P X X X X X X X X X X X X X
I à P X X X X X X X X X X X X
III à II X X X
III à I X X X X X X X X X X X X X X X
II à I X X X X X X X X X X X X X
suboct III à I X X
superoct II à I X X X
I
Dulciane 8'?
Mixtur 2 2/3' X X X X
Clairon 4' X
Octav 2' X X X X X
Rohrflöte 4' X X X X X X X
Flûte harmonique 8' X X X X X X X X
Octav 4' X X X X X X X
Gedeckt 8' X X X X X X X X X X X X X X X X
Viola di Gamba 8' X X X X X X X X X
Bourdon 16' X
Principal 8' X X X X X X X X X
Trompette 8' X X X X
II
Unda maris 8'?
Salicional 8' X X X X X X X X X X X X
Principal 8' X X X X X X X X X X X
Lieblich Gedeckt X X X X X X X X X X X X X X X
Quintaton 16' X X X
Travers flöte 4' X X X X X X X X X X
Flageolet 2' X X X X X X
Gemshorn 4' X X X X X
Progressiv harmonica 2' X X X X
Clarinette 8' X X
III
Basson-Hautbois 8' X X X X X X X X
Voix céleste 8'?
Concert flöte 8' X X X X X X X X X X X
Trompette solo 8' X X X X
Aeoline 8' X X X X X X X
Viola 8' X X X X X X X X X X X X
P
Subbass 16' X X X X X X X X X X X X X X
Gedecktbass 16' X X X X X X X X X X
Contrabass 16' X X X X X X X
Cello 8' X X X X X X
Flötbass 4' X X X
Bombarde 16' X X

Transmission: pneumatique tubulaire, pas d'origine : elle a été transformée en 1924 par la maison Roethinger, ainsi qu'en 1984 et dans les années suivantes.
Sommiers: à membranes, d'origine (1908) (sauf les membranes).

Sites Conclusion

En guise de conclusion, que l'on espère très temporaire, on peut dire qu'on trouve à St-Hippolyte un des plus beaux buffets d'orgue d'Alsace, abritant un des plus beaux orgues d'Alsace, construit par Martin et Joseph Rinckenbach en 1908, et malheureusement dénaturé en 1984. Il est aujourd'hui en assez mauvais état, et le manque de vent rend le comportement des accessoires parfois un peu aléatoire.

Mais, une fois à la console (très confortable) et après un petit temps d'adaptation, s'impose l'incroyable potentiel de cette fabuleuse machine. L'Opus 108 est aux orgues ce que le Nautilus est aux sous-marins... sauf qu'il est réel. Cet instrument est l'un des plus attachants qui soient ; un orgue qui fait aimer les orgues.

Espérons de tout coeur qu'à l'occasion d'un prochain entretien, il sera restauré dans son état de 1908, et qu'on lui rende ses jeux altérés en 1984 : il le mérite plus que tout autre.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F680296001P04
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