L'orgue de St-Pierre-Bois vu depuis la tribune.Nous sommes ici dans la jolie vallée qui sert de cadre aux spectacles "Rêve d'une nuit d'été". L'église St-Gilles du Hohwarth est donc très célèbre, et a acquis un statut d'église "iconique" des collines sous-vosgiennes. Elle date pour partie du 18ème siècle, et ses éléments en grès contribuent beaucoup à son identité visuelle. Depuis très longtemps, le Kirchberg est un lieu de pèlerinage consacré à Saint Gilles. L'histoire de ses orgues commence au 19ème siècle, et permet d'évoquer un facteur assez méconnu : Joseph Chaxel. Mais l'instrument actuel est beaucoup plus prestigieux, puis qu'il a été construit par Martin et Joseph Rinckenbach : c'est l'opus 134 de la grande maison d'Ammerschwihr. Malgré les graves altérations qu'il a subies dans les années 1960, il métrite l'attention, car c'était assurément un instrument de très grande valeur. Il faut de tout cœur souhaiter que ces mutilations soient un jour réparées. C'est assurément un instrument doté d'un très fort potentiel, même si celui-ci est aujourd'hui bien dissimulé.
Historique
Le facteur qui a construit le buffet de cet instrument en 1823 n'est pas très connu : il s'agit de Joseph Chaxel. [IHOA] [PMSSHVV79] [ITOA]
Chaxel (nommé ici "Jacksel") fit par la suite une proposition pour Barr (en 1825), mais à l'évidence il ne "faisait pas de poids" face à la maison Stiehr de Seltz. Fait significatif : pour évaluer les prestations de Chaxel, les édiles de Barr vinrent écouter l'orgue de St-Pierre-Bois. Et ils choisirent Stiehr. [PMSSTIEHR]
Blaise Chaxel (1765-1843), le père de Joseph, est venu de Fraize en passant par le Pays de Bade, où son nom s'orthographiait "Schaxel". Il s'installa à Herboltzheim (avec une succursale à Benfeld). Son fils (François) Joseph (1797-1858) devint lui aussi facteur d'orgues, et travailla à Benfeld entre 1820 et 1829. Bernd Sultzmann pense que c'est lui qui initia Antoine Herbuté à la facture d'orgues. En Alsace, les travaux des Chaxel se situent entre 1801 (Kertzfeld) et 1829 (Achenheim). Voici une liste non exhaustive de travaux Chaxel ; y figurent 4 orgues neufs : [PMSSTIEHR]
- Kertzfeld, 1801 (travail sur l'orgue Daniel Cräner ?).
- Peut-être un travail à Schwobsheim.
- Bolsenheim, 1811 (où Chaxel installe l'orgue André Silbermann d'Altenheim (D)).
- Reichstett, 1821 (travail sur l'orgue Michel Stiehr de 1792).
- St-Pierre-Bois, 1823 (orgue neuf).
- Baldenheim, 1826 (travail sur l'orgue Joseph Bergäntzel de 1813).
- Andlau, 1825 (réparation de l'orgue Jean Nicolas Toussaint de 1780).
- Fréland, 1826 (orgue neuf ; en 1877, François Antoine Berger le déménagea à Bischwiller, où il se trouve encore).
- Friesen, 1827 (remplacé par Martin et Joseph Rinckenbach en 1902).
- Altenach, 1827 (orgue neuf, sûrement le mieux conservé des Chaxel d'Alsace).
- Achenheim, 1829 (remontage d'un orgue d'origine inconnue, acheté en 1851 par le vicaire Ignace Gander).
La signature de Joseph Chaxel, facteur à Benfeld.Il ne reste donc pas grand-chose des travaux de ces facteurs, qui ont évolué dans le contexte peu favorable de l'après-Révolution. Le devis de Chaxel pour l'orgue de St-Pierre-Bois date de 1822. Il concerne un orgue "de 4 pieds" en Montre, sur 2 claviers et pédale, avec le dessus d'écho donné pour 42 notes : on comprend qu'il lui manquait l'octave grave, et que son étendue était c-f'''. Le clavier principal avait donc certainement 54 notes (C-f''').
A son achèvement, le buffet était vraisemblablement plus près du bord de la tribune qu'aujourd'hui. Traditionnellement, les dessus d'écho sont logés dans le grand buffet : le "positif de dos" a donc probablement toujours été postiche. Mais ce n'est pas formellement établi.
En septembre 1868, les frères Wetzel firent un devis pour une réparation des sommiers, puis proposèrent un orgue neuf avec un seul manuel (I/P 9+4j) : visiblement, l'instrument ne donnait pas satisfaction. Mais se résoudre à le remplacer en perdant un clavier au passage devait être difficile à accepter : on préféra attendre. [PMSRHW] [PMSSHVV79]
La situation dura encore 30 ans. Cette fois, on ne s'adressa pas à un outsider, mais au plus grand facteur d'orgues disponible : Martin Rinckenbach. Dans un premier devis, datant du 02/08/1898, il était prévu de refaire la soufflerie, reconstruire les sommiers de la pédale, remplacer le Nasard par une Flûte à cheminée 8', la Flûte 4' de Pédale par une Soubasse, et de poser un récit neuf : [PMSSHVV79]
Dans ce premier devis, Rinckenbach a noté la nouvelle composition en regard de l'ancienne. Lors de sa visite de 1898, il trouva un Salicional au grand-orgue, ce qui laisse croire qu'il y a eu une intervention entre 1868 et 1898. On peut supposer que ce Salicional a été placé par les frères Wetzel, mais il était peut-être d'origine.
Des travaux plutôt conséquents, donc, pour un résultat vraiment peu enthousiasmant. Ce qui doit expliquer le projet plus ambitieux élaboré par la suite.
Historique
Finalement, ce n'est qu'en 1907 que Martin et Joseph Rinckenbach construisirent l'orgue de St-Pierre-Bois. [IHOA] [PMSSHVV79] [Barth] [ITOA]
Un orgue de la Belle époque
L'entête des devis de la maison d'Ammerschwihr précise "Martin Rinckenbach Orgel bauer Ammerschweier Ober-Elsass / Industrie & Gewerbe - Austellung Strassburg 1895 : I. Preis", rappelant l'importance cruciale qu'avaient ces expositions dans la vie économique. Elles étaient structurées par domaines. En 1895 à l'Orangerie (Strasbourg), la facture d'orgues faisait partie du domaine numéro XX : "Moderne kirchliche Kunst" (avec les cloches). Un titre qu'on peut traduire par "Art d'église d'aujourd'hui" (pour éviter la connotation de "moderne" ou "contemporain"). C'est significatif de l'esprit dans lequel étaient élaborés ces projets : pas d' "historicisme", pas de snobisme du "plus c'est ancien, mieux c'est" ; la Belle époque assumait et était fière de ses accomplissements. Il faut dire qu'il y avait de quoi.
Tout à fait dans cette logique, le 20/04/1900, le deuxième devis propose une transformation plus profonde - en fait un orgue instrumentalement neuf - avec des sommiers et une console neufs : [PMSSHVV79]
| C | g |
| - | 4' |
| 2'2/3 | 2'2/3 |
| 2' | 2' |
| 1'3/5 | 1'3/5 |
C'est Adolphe Gessner qui intervint comme conseiller lors de ces travaux. On l'a connu plus inspiré : ici, ses commentaires, apparaissant dans une lettre du 06/09/1901, se bornent surtout à des conseils de matière d'harmonisation et à des corrections orthographiques sur les noms des jeux. Pour Martin Rinckenbach et son fils Joseph, harmonistes hors pair, ces conseils Gessner étaient parfaitement inutiles. La tentative de "normaliser" les noms de jeux est encore plus surprenante, puisqu'il demande en particulier "Lieblich Gedekt 8'" au lieu de "Lieblich Gedeckt 8'", "Flauto amabilé" au lieu de "Flauto amabile 4'" ou "Oktavebass" au lieu de "Oktavbass"... La seule contribution de Gessner semble avoir été un accouplement des claviers à l'octave grave (II/I 16'). En fait, il n'y avait pas grand-chose à améliorer à ce projet, déjà très abouti.
Sept ans de réflexion
Lorsque l'affaire fut enfin conclue et l'orgue neuf achevé en 1907, il avait la belle composition suivante :
Cela devait être un magnifique petit instrument ! De plus doté d'une belle console ergonomique et fonctionnelle. Dans la liste de travaux Rinckenbach publiée dans Caecilia par François-Xavier Mathias en 1907, l'orgue de St-Pierre-Bois apparaît - logiquement - en dernier : "102 St. Petersholz 12". Il y a bien 12 jeux. De façon un peu surprenante, cet instrument ne porte pas le numéro 102 sur la plaque d'adresse, mais partage le 134 avec celui de Villé, pourtant bien plus tardif (1913) : les numéros d'opus ne sont pas une science exacte. [Caecilia1907]
Un orgue symphonique
C'est un orgue d'esthétique symphonique. Pour une composition de cette taille (12 jeux), il n'y a bien sûr pas de 2' (car leur côté "cru et explicite" écraserait le délicat édifice d'harmoniques des fonds). Et pas encore de place pour un jeu d'anche : on n'est pas à Paris ! La première anche aurait été un Hautbois pour le récit (sûrement avant même une Trompette pour le grand-orgue). Mais pour un Hautbois, il faut un orgue d'au moins 14 ou 15 jeux. Toutefois, l'indispensable y est : la Voix céleste et son Salicional, et, au grand-orgue le couple Gambe / Flûte 8' ouverte, à l'origine de ces sons "orchestraux" tant recherchés.
Spécificités alsaciennes
Une des spécificités de cet instrument, c'est qu'il est doté de deux 16' de pédale. Ce n'est pas tant une question de timbre que d'intensité : l'orgue alsacien est très soucieux de bien doser le volume de ses basses. Les deux 16' étant d'intensités différentes, on dispose de trois niveaux pour l'accompagnement en 16' : Echobass seule, Soubasse seule, et les deux ensemble. On devait y attacher une grande importance, puisque pour ça, il fallait renoncer à la Flûte 8' de pédale. Mais ces instruments étant conçus pour être toujours joués avec au moins une tirasse active, le 8' allait venir du clavier accouplé, et ce n'était donc pas un si grand sacrifice.
Il faut noter que le jeu d'"Echobass" consistait normalement à se servir des mêmes tuyaux que la Soubasse, en les alimentant différemment. C'était une pratique assez courante (voir Le Hohwald ou Russ, ainsi que les anciens orgues Rinckenbach d'Allenwiller ou de Gildwiller). Sont conçus de la même façon le "Gedacktbass" Walcker de Lapoutroie / Hachimette, ou le "Lieblichgedecktbass" Gebrüder Link de Furchhausen, et beaucoup de Bourdons 16' de Roethinger (comme par exemple à Petit-Landau). Toutefois, ici, le jeu d'Echobass avait ses propres tuyaux : cela sera confirmé plus tard.
Où peut-on se faire une idée de la façon donc il sonnait ?
L'orgue de St-Pierre-Bois est contemporain de ceux de Waldighoffen ou de Horbourg-Wihr, deux instruments extrêmement enthousiasmants où on peut aller pour se faire une idée de la façon dont il sonnait en 1907. Celui de Waldighoffen est certes plus grand, mais on peut y entendre tous les jeux qui constituaient l'orgue de St-Pierre-Bois, à l'exception de la Flauto amabile 4' et de l'Echobass. Cette Flauto amabile est également une spécificité, car à l'époque, le 4' des récits de quatre jeux était plus volontiers un Gemshorn 4', plus coloré. Mais ici, des tuyaux de Flûte 4' étaient disponibles, venant de l'ancien instrument. Cette Flauto amabile n'est pas du tout étrangère à la tradition Rinckenbach : elle était présente dans le fameux - et somptueux - "opus 100" de la maison d'Ammerschwihr, à Ribeauvillé (1907 aussi). C'était un des jeux préférés de Martin Rinckenbach au 19ème, qu'il plaçait surtout au grand-orgue. On en trouve une au récit à Fouchy, Chavannes-sur-l'Etang Hipsheim, mais elles sont un peu plus anciennes (1896 - 1899). Et il y en a une (magnifique !) à Ensisheim (1897).
L'orgue Rinckenbach de Horbourg est encore plus représentatif de ce qu'a été celui de St-Pierre-Bois, en raison de sa taille analogue (II/P 12j). On pourra consulter sur la page consacrée aux compositions des orgues Martin et Joseph Rinckenbach de 1899 à 1917 les principes directeurs liés à cette esthétique, profondément alsacienne.
En 1932, il y eut une réparation par Edmond-Alexandre Roethinger. [PMSSHVV79] [IHOA] [Barth] [Mathias]
L'arrivée des années noires
En 1964, comme pratiquement plus personne ne savait régler une traction pneumatique, Robert Kriess, de Molsheim, proposa de l'électrifier. Alfred Kern, lui, voulait construire une traction mécanique et revenir (à peu de choses près) à la composition Chaxel. (Nul doute qu'on aurait appelé ça une "restauration"...) Mais cette inutile mécanisation ne fut heureusement pas commise. L'argent manquait. Sinon, l'orgue de 1907 aurait été complètement anéanti : détruire les sommiers et la belle console aurait été totalement irréversible ! [PMSSHVV79]
Finalement, c'est Curt Schwenkedel, toujours en 1964, qui fit les réparations qui s'imposaient. Malheureusement, il "recomposa" radicalement l'instrument, dans un sens "néo-baroque" : [IHOA] [PMSSHVV79] [ITOA]
Schwenkedel a noté la composition qu'il a trouvée, sur une page non datée, mais qui a dû être rédigée en septembre ou octobre 1959. C'est celle de 1907, mais il a oublié l'Echobass. Les seuls travaux envisagés étaient une révision des relais et un traitement du bois : l'instrument pneumatique de Martin et Joseph Rinckenbach a donc fait preuve d'une excellente fiabilité ! [SchwenkedelDO]
Ce qu'il faut noter, c'est que cette transmission pneumatique, que Kriess avait projeté l'électrifier, et Kern de mécaniser, nécessitait juste un petit entretien. Le problème, on le sait depuis, n'était absolument pas de nature technique, mais venait d'un manque de compétence de la plupart des facteurs, ou de leur tendance à vouloir "placer" de dispendieux devis pour des transformations profondes de transmission.
Mais hélas, avec l'argent économisé grâce à la qualité de la transmission, on envisagea d'inutiles transformations. Deux autres pages des notes de Schwenkedel, qu'on peut dater de 1962, témoignent de la première élaboration du projet. Cette fois, l'Echobass n'est pas oublié : ses tuyaux étaient d'ailleurs attaqués par le ver à bois. Les choses se gâtent avec l'irruption de jeux à la mode au début des années 1960, avec l'inévitable Sesquialtera ("nordique", comme on disait), assortie d'un 2', et 3 jeux de pédale (16, 8', 4'). [SchwenkedelDO]
Bien qu'il ait commis ces modifications dénaturant considérablement l'orgue de 1907, Schwenkedel, faisant preuve d'un grand sens de l'éthique, conserva la plaque d'adresse Rinckenbach. (Il ajouta aussi la sienne, en haut à droite.) Malheureusement, l'instrument, à ce point défiguré et baroquisé, n'avait plus grand intérêt. Et bien sûr, ce n'était toujours pas l'idéal pour jouer Couperin... En fait, on se demande bien quel était le répertoire visé. Il est probable qu'il n'y en avait pas : la vague "néo-baroque" était un mouvement de pure idéologie et de partis-pris, enfermé dans sa propre logique fumeuse. Comme il n'y a que deux chapes à la pédale, et qu'il "fallait" absolument cet absurde Chalumeau 4', ce jeu a été placé alors qu'il n'y a pas de 8' de pédale... or, là, cette fois, il était indispensable !
En 2005, la maison Steinmetz procéda à une autre modification, tout aussi désastreuse : le Quintaton 4' a été transformé en Flûte à cheminée, et le Sifflet en Larigot 1'1/3 (par décalage). Mais le pire, c'est que la boîte expressive a été démolie (!), et depuis, le récit n'est depuis plus expressif... Les mutilations ont donc continué, en dépit de tout bon sens, alourdissant encore la facture pour une future remise en état. [JDolle]
Suite ces altérations calamiteuses, cet orgue n'est évidemment plus que l'ombre de ce qu'il a été. Espérons que dans l'avenir il se trouvera une dynamique pour le restaurer dans son état de 1907...
Un orgue aujourd'hui sauvegardé
En 2021, l'orgue a été relevé par Hubert Brayé, sous la maîtrise d'œuvre de Marc Baumann et la maîtrise d'ouvrage de la commune. [SiteBraye] [MBaumann]
Malheureusement, une restauration dans l'état de 1907 n'a pas été possible. C'est donc un relevage qui a été mené, dans le but d'assurer sa fiabilité. (Et donc de lui éviter à terme un abandon complet.) Le travail, confié à Hubert Brayé, a consisté en une dépose de la tuyauterie, des réparations de la transmission dans la console, le remplacement de toutes les membranes, le remplacement des soufflets de tirage des jeux, la réparation du soufflet, de la boîte régulatrice, et la remise en état des porte-vent. La composition est restée inchangée. [MBaumann]
Grâce à ce relevage, l'instrument a au moins retrouvé sa fiabilité, peut continuer à être utilisé, et rend possible une future restauration, qui permettra de le débarrasser de ses absurdités actuelles (Sesquialtera, Larigot, Chalumeau 4'...) et lui redonnera l'incomparable charme des orgues alsaciens du début du 20ème siècle. Ce sera, on l'espère, pour une prochaine fois. Il s'agit après tout d'une des églises les plus célèbres d'Alsace !
Le buffet
Le buffet, de style néo-classique, comporte 3 tourelles munies de chevrons, la plus petite au centre, avec de larges pilastres cannelés. Il est apparenté à celui d'Altenach (mais là-bas, la tourelle centrale se termine horizontalement. Les deux plates-faces (plutôt petites en proportion) qui font la jonction entre ces tourelles comportent des rinceaux et des claires-voies sculptés. Le buffet de l'orgue Chaxel de Fréland (1827), qui se trouve aujourd'hui à Bischwiller, St-Augustin a lui aussi des tourelles latérales munies de chevrons.
Le "positif de dos" est postiche. C'est en fait une simple échancrure dans la balustrade, munie de tuyaux muets.
Caractéristiques instrumentales
| C | A | f | c' | c'' | f'' |
| 2/3' | 1' | 1'1/3 | 2' | 2' | 4' |
| 1/2' | 2/3' | 1' | 1'1/3 | 2' | 2'2/3 |
| 1/3' | 1/2' | 2/3' | 1'1/3 | 1'1/3 | 2'2/3 |
| - | - | - | 1' | 1' | 2' |
La console indépendante. Photo de Julie Dollé, 19/01/2007.Console indépendante dos à la nef, de Martin et Joseph Rinckenbach (1907), fermée par un rideau coulissant. Tirage des jeux par dominos blancs crème, placés en ligne au-dessus du second clavier. Le nom des jeux figurait à l'origine sur des porcelaines placées sur les dominos (certainement à fond blanc pour le grand-orgue, rose pour le récit, et bleu pour la pédale), mais elles ont été remplacées par des pastilles en plastique bon marché. Claviers blancs, à frontons galbés et non biseautés. Commande des combinaisons fixes par pistons blancs, placés sous le premier clavier, et repérés par de petites porcelaines rondes, disposées entre les deux claviers : "P.", "F." et l'annulateur (retour à la registration par dominos) "0".
Commande des tirasses et accouplements par pédales à accrocher.
Cette console est du même type que celles de Horbourg-Wihr, Oberschaeffolsheim (à l'exception des dominos), ou la merveille de Waldighoffen. Les montants de la console étant tous galbés, la plaque d'adresse est placée sur la table de la console, à plat (horizontalement), contre le flanc gauche, occupant tout l'espace jusqu'à la joue du premier clavier. Elle omet la date de construction. Les lettres et le cadre sont en laiton incrusté dans un bois sombre, et disent :
Transmission : pneumatique tubulaire (1907).
Sommiers à membranes. La boîte expressive a malheureusement été démolie en 2005.
La tuyauterie a bien sûr énormément souffert des modifications et bricolages de 1964 et 2005. Mais heureusement, les modèles de jeux Rinckenbach vers 1907 sont accessibles, et elle pourrait être restaurée.
La tuyauterie du grand-orgue. Photo de Marc Baumann.
Webographie :
Sources et bibliographie :
Photos et données sur les travaux de 2021.
A signaler, dans le même numéro de cette publication, un article "généraliste" sur l'orgue, par Louis Gaunand (p. 139)
SAINT-PIERRE-BOIS (St. Petersholz), Kt. Villé. - 1840, Liste, mit O. - Ebenfalls mit O., nach Visit.-Bericht von 1892. - Neue O. von Rinckenbach, 1907, mit 12 Reg., 2 Clav. Wiltberger Nr. 102, u. Liste Rinckenbach. - Nach MATHIAS 53 : Roethinger, 13 Reg., 2 Clav., Ped., wohl nur Rep. - Ebenda 54 nochmals St. Pierre-Bois: O. von Rinckenbach, 12 Reg. (ohne Datum).
400. Saint-Pierre-Bois Rinckenbach, 12 Jeux., Roethinger, 13 Jeux, 2 Clav. Péd., traction à vergettes avec levier.
Localisation :