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Les orgues de la région de Sélestat
Selestat, Ste-Foy (Tribune)
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Sélestat, Ste-Foy, le 20/09/2003.Sélestat, Ste-Foy, le 20/09/2003.

Il y a, à Sélestat, deux églises toutes proches. L'une est gothique (St-Georges) et l'autre, Ste-Foy, est romane (du 12 ème siècle). Toutes deux contiennent des orgues Rinckenbach, d'Ammerschwihr. Mais ces instruments sont fort différents. Martin Rinckenbach a d'abord construit un premier orgue à l'église protestante en 1881, puis à Ste-Foy en 1894. Quatre ans plus tard, il revint pour poser un grand instrument symphonique à St-Georges. En 1910, probablement pour proposer aux Sélestadiens une plus vaste palette musicale, on voulut disposer d'autres couleurs sonores à Ste-Foy. On rappela donc Martin Rinckenbach, qui était cette fois secondé par son fils Joseph. Ce dernier était très au fait des dernières évolutions en matière de facture et de répertoire. Il aimait proposer des instruments résolument novateurs, sûrement pour faire écho aux idées d'Albert Schweitzer ou d'Emile Rupp, qui "agitaient" les milieux culturels dans le sens de plus de diversité.

Nul doute que le pari de 1910 ait été réussi. Cependant, aujourd'hui, l'orgue de Ste-Foy est muet, et ce depuis longtemps : en 1991, on n'a rien trouvé de mieux que d'arracher sa console afin de le réduire pour longtemps au silence, et placer un éphémère "orgue" électronique. Il faut donc, pour redécouvrir ce patrimoine exceptionnel, s'engager dans un effort de reconstitution, en se servant de son imagination et des nombreux éléments laissés par l'histoire. Cela commence au 17ème siècle, de façon un peu chaotique, et, on le verra, avec beaucoup de tâtonnements successifs : Rome ne s'est pas faite en un jour.

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L'orgue de facteur inconnu (avant 1698)
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Historique

Un premier orgue est attesté avant 1698. On ne sait pas qui en était l'auteur. [IHOA]

En fait, la seule trace qu'il a laissé dans l'histoire de Sélestat est celle de son départ à St-Georges de Marckolsheim, en 1698. [IHOA] [PMSAS1973]

Il semble être resté là-bas jusqu'en 1748, date à laquelle on s'intéressa à un autre instrument d'occasion, qui venait d'Hermolsheim, où Johann Georg Rohrer construisait un orgue neuf. [IHOA]

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L'orgue le frère lai d'Ebersmunster,
1698
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Historique

Le deuxième orgue datait de 1698, et a été construit par le frère lai d'Ebersmunster. [IHOA] [PMSAS1973]

Probablement nommé Joseph Bender, ce frère est resté célèbre, car il a été l'un des seuls facteurs à recevoir les éloges de Silbermann !

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L'orgue de facteur inconnu (1758)
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Historique

Vint ensuite un troisième instrument, dont on ne sait à nouveau à peu près rien : il a été posé en 1758, et à probablement disparu à la révolution, comme tant d'autres. Ce qui est sûr, c'est que quand le culte fut rétabli à Sélestat, il n'y avait plus d'orgue à Ste-Foy. [IHOA] [PMSAS1973] [PMSAS1974]

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L'orgue Joseph Rabiny,
1808
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Historique

En 1808, puisqu'il fallait bien trouver un orgue, on s'adressa à Joseph Rabiny, facteur dont l'organologie a beaucoup parlé en le présentant comme le "prédécesseur" des Callinet, et qui est censé avoir eu une excellente réputation. [IHOA] [PMSAS1974]

...ce qui ne le rend pas meilleur pour autant dans les faits. Comme ailleurs, l'instrument a probablement été réalisé par son beau-fils François Callinet, qui travaillait pour lui. Vu le prix, c'était un petit orgue, estimé à un clavier/pédale. Et, comme le fait remarquer Pie Meyer-Siat dans son article paru en 1974, Joseph Rabiny et François Callinet se sont surtout cantonnés aux réparations. Entre la révolution et 1817, il ne répertorie qu'un seul orgue neuf de Rabiny/Callinet (Willer). On peut d'ailleurs sérieusement douter du fait que Rabiny a réellement pu être l'auteur du grand instrument de Guebwiller, Notre-Dame, pour lequel a été construit le monumental buffet actuel. De toutes façons, à Sélestat, comme en de nombreux autres endroits, on ne tarda pas à remplacer l'orgue Rabiny/Callinet.

De fait, dans une séance du conseil de fabrique qui eut lieu le 18/05/1841, l'instrument de Joseph Rabiny et François Callinet était évalué bien bas, et on en rappelait l'histoire : "[Du rapport il résulte que] ...plusieurs habitants se cotisèrent pour payer un acompte de mille Frs sur le prix du modeste instrument qu'elle possède et qui a été confectionné en 1808 par le Sr Callinet père pour la modique somme de 3.000 Frs ; que cet orgue n'a éprouvé jusqu'à présent aucune réparation ; que son jeu discordant contraste d'une manière choquante avec la restauration... des autels et de la chaire qui sont d'un style remarquable."

L'orgue a été repris par les frères Callinet pour 2.000 Francs (c'est très cher), et a disparu ensuite. [PMSAS1974]

Pourquoi les frères Callinet ont-ils racheté un petit orgue aussi cher et dans un pareil état pour ne rien en faire ? Bien sûr, le bon sens paraît indiquer un "geste commercial" dans le cadre de l'offre pour le nouvel orgue. Mais l'organologie alsacienne du 20ème siècle, toute acquise à son hagiographie de l'orgue "d'avant 1870", chercha avec fébrilité le "Callinet manquant". Un moment, émergea l'hypothèse que cet instrument a été déménagé à Muespach-le-Haut. L'allure du buffet semblait confirmer une origine Callinet, ainsi qu'un déplacement de Joseph à Muespach. Mais si semble bien que le buffet que l'on trouve là bas soit l'œuvre de Valentin Rinkenbach et date de 1852.

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L'orgue Callinet,
1843
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Historique

Dès 1842, Sélestat signa pour acquérir un nouvel orgue. Et les frères Callinet livrèrent un instrument qui fut reçu le 01/09/1843. [IHOA] [PMSAS1974]

L'histoire de cet instrument (dont il ne reste rien) s'étale sur pages et des pages dans les articles consacrés aux orgues de Sélestat. Cela serait presque amusant, si la conséquence directe n'avait pas été d' "oublier" l'orgue existant... Aujourd'hui, le plus sage serait probablement d'ignorer cet épisode d'histoire gravement lacunaire et incohérent, pour passer directement aux événements qui ont apporté quelque chose au patrimoine actuel. Toutefois, il faut quand même l'aborder, car il rappelle à quel point l'organologie alsacienne de la seconde moitié du 20ème siècle était obnubilée par ses parti-pris et ses préjugés. En gros, tout était bon pour "vendre" au lecteur le dogme selon lequel tous les orgues construits avant 1870 étaient des chef d'œuvres, et tout ceux construits après n'ont aucun intérêt. Cela a causé, directement ou indirectement, de nombreuses catastrophes qui ont entraîné la destruction d'orgues romantiques au profit de "simili-restaurations".

Quels sont les faits ?

- Hamel rapporte qu'entre 1837 et 1843, les frères Callinet ont construit pour Ste-Foy un orgue de 44 registres sur 3 claviers/pédale pour 15.000 Frs. Mais Hamel n'est pas une "source primaire".

- Les frères Callinet ont rédigé un premier devis (perdu), s'élevant à 12.000 Frs, moins 2.000 Frs de reprise de l'ancien orgue, soit 10.000 Frs, qui fut accepté accepté le 18/04/1841 par le conseil de fabrique, qui nota qu'il sera nécessaire d'installer l'instrument "dans la tribune supérieure", et non sur "la tribune occupée par l'orgue actuel et qui couvre l'entrée de l'église". 2.000 Frs pour la "reprise", c'était considérable : le buffet (neuf) projeté pour le nouvel orgue ne représentait que 1.600 Frs. [PMSAS1974]

- Il y eut un avenant à ce devis le 31/07/1842, faisant passer le prix à 15.195 Frs, ramenés à 15.000 après négociation, et accepté le 18/08/1842. Il consistait à installer plus de jeux "qui seraient d'une absolue nécessité, afin de ne pas être obligé d'y revenir plus tard, ce qui occasionnerait des frais plus considérables que le placement immédiat", à faire réaliser un buffet différent de celui proposé par les Callinet (qui n'était "pas en rapport avec le style de l'édifice"), et à installer un balcon pour les chantres.

Le fameux dessin du buffet a été conservé... et il est réellement très surprenant : il montre un orgue inscrit dans un demi disque, avec les tuyaux de façade disposés en éventail (ceux du bas étant donc horizontaux). L'ensemble ressemblait un peu à un rapporteur. Le tout était complété d'un demi-cercle de "claires-voies" figurant des nuages, et devait reposer sur un soubassement doté de quatre des fameux angelots, caractéristiques des frères Callinet. Nul doute qu'à l'examen de cette proposition très "avant-gardiste" des frères Callinet (sûrement Claude-Ignace, Joseph étant connu pour être très conservateur) a dû faire lever quelques sourcils aux édiles de Sélestat... Pas étonnant qu'ils aient souhaité quelque chose de "différent".

Le devis précisait que l'ancien orgue ne pourra être démonté qu'après l'installation du nouveau. Avec la reprise, l'orgue devait revenir à 13.000 Frs. [PMSAS1974]

- 2.000 Frs devaient être payés dès l'approbation par le préfet ; il y eut en tout 3 acomptes jusqu'au 23/04/1843, donc avant la pose de l'orgue.

- Un orgue fut reçu le 01/09/1843. En avril 1844, les souffleurs ont reçu une augmentation (de 50%...) "leur tâche étant plus pénible, vu l'importance des nouvelles orgues sur les anciennes". C'est bien un orgue plus grand qui a été posé le 01/09. [PMSAS1974]

- Les devis n'ont jamais été retrouvés. [RLopes] [PMSAS1974]

- Le registre du conseil de fabrique ne fait aucune autre référence à cet orgue en dehors de son acquisition. Nul n'explique sa "disparition en catimini". [PMSAS1974]

- Le solde du payement eut lieu le 30/03/1845. On ne comprend pas bien si c'est 11.000 Frs ou 13.000 Frs (de capital) qui ont finalement été payés.

- On n'entend plus parler de l'orgue de 1845 à 1877.

Déjà avant 1870, l'architecte Ringeisen avait proposé de gratter les murs de l'église que les Jésuites avaient fait blanchir et peindre en bleu en 1724. Le projet fut retardé pour les raisons que l'on imagine, et finalement réalisé en 1877. Il fallut enlever 5 couches de peinture ! Une partie de l'ornementation romane fut découverte (rien de figuratif: des spirales et des rinceaux bleu et rouges), et de ce point de vue, ce fut un succès. Malheureusement, la poussière dégagée fut très malsaine pour les ouvriers... ainsi que pour le mobilier et l'orgue. Le nettoyage "complet" de l'orgue fut confié à Matthaeus Moessmer en 1879. Il coûta 730 Marks, à comparer aux 424 Marks pour le reste du mobilier. Certains ont vu dans ce coût la preuve que l'orgue était de grande taille. Mais c'est aussi, même pour un petit orgue, un travail très délicat si la mécanique et la tuyauterie ont été empoussiérés, ce que semble indiquer l'adjectif "complet". [AS1972] [PMSAS1973]

En fait, ce n'était sûrement pas si cher que ça, et on peut se demander si c'est bien un "3 claviers" des Callinet qui était à Ste-Foy à ce moment là. On imagine également assez mal, si l'orgue avait été de l'ampleur et de la valeur annoncée (âgé seulement d'une trentaine d'années), que l'on aie pas cherché à le protéger d'avantage.

Il ne reste donc comme trace du "Callinet fantôme"... que des montants et des dates de payement. Pourtant, il était censé être le deuxième, en importance, de toute la production des ateliers de Rouffach, juste après celui de Masevaux, qui a fait couler tellement d'encre ! Un pareil instrument à Sélestat aurait dû avoir un retentissement considérable. Et cet orgue monumental aurait été abandonné dans la poussière des travaux de 1877 ? Et réparé par Moessmer pour seulement 1,7 fois le prix du nettoyage du mobilier ? Pour ajouter à cette liste d'incohérences, l'instrument aurait disparu sans laisser aucune trace, en 1891. Or, un 3-claviers et pédale de 44 jeux, ça ne se carapate pas comme ça. On s'attend à trouver, pour un orgue de valeur, une proposition de reprise, ou plusieurs offres d'acquéreurs : les Callinet avaient bien repris pour un montant considérable un "modeste" instrument au "jeu discordant"...

Dans son ouvrage sur les Callinet, Pie Meyer-Siat n'a pas l'air de beaucoup apprécier Sélestat : "Le climat de Sélestat en général, et les conditions atmosphériques des 2 grandes églises en particulier, ne semblent pas, aux dires de M. le Curé-Doyen, favorable aux orgues [...] Bref, un terrain particulièrement ingrat, où les facteurs d'orgues récoltent plus d'argent que de gloire". Le factuel semble totalement s'effacer pour tenter de discréditer Sélestat, coupable d'avoir fait le choix d'orgues romantiques et de ne pas avoir gardé ses orgues "anciens". Du coup, il vaut mieux prendre le reste avec prudence.

L'histoire établie du Callinet de Ste-Foy est donc fort difficile à croire. Si on écoute le bon sens, il n'y a en gros que deux solutions : soit les données sont largement fausses suite à une confusion, soit le Callinet de 1843 a bel et bien existé, mais n'a pas du tout donné satisfaction, et n'a suscité que le désintérêt. On s'était trompé, on a évité d'en faire trop de publicité, et on a cherché à le remplacer dès que possible, par exemple en le laissant s'empoussiérer lors des travaux de 1877. Suite aux importants travaux à l'édifice (1889-1893), le renouvellement de l'orgue tombait sous le sens.

On peut revenir sur les frères Moessmer, installés à Sélestat. Ils n'ont probablement construit qu'un seul orgue neuf, mais celui-ci existe encore : ils l'avaient placé aux Dominicaines de Sylo (ancien hôpital St-Quirin) (à la chapelle de l'hôpital). Ce petit orgue a été sauvé de la destruction en 2002. Il a été reconstruit par Richard Dott, et placé... dans le chœur de l'église Ste-Foy (bien que son style néo-gothique ne soit pas du tout en harmonie avec l'architecture de Ste-Foy). Cela ne semblait pas être une mauvaise idée. La suite a montré le contraire.

Dans un premier temps, on envisagea de réparer et compléter l'orgue Callinet. Un premier devis de Martin Rinckenbach, non réalisé, fut rédigé dans ce sens. On apprend que le récit n'avait que 35 notes, que la pédale était de taille réduite (car le devis prévoit de la compléter à 27 notes). Comme il était prévu d'ajouter les accouplements et tirasses habituels, il est probable qu'ils n'étaient pas présents (comme souvent) dans l'orgue Callinet. Finalement, on renonça à conserver cet instrument. [RLopes]

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Historique

En 1894, l'église Ste-Foy reçut l'opus 37 de Martin Rinckenbach, un instrument de 24 jeux sur deux claviers et pédale. Il fut joué pour la première fois le 19/03/1894, reçu le 08/05/1894 par E. Andlauer, Joseph Eberling, Joseph Gerber (curé de Kaysersberg) et Emile Rapp (curé de Kirchheim). Il a été béni par Mgr Fritzen le 20/07/1894 à l'occasion des Confirmations. [RLopes] [IHOA] [ITOA] [PMSAS1973]

Ce n'est pas le premier orgue Rinckenbach de Sélestat : en 1881, Martin avait posé son opus 3 à l'église protestante. Dans une lettre au pasteur, datée du 25/07/1892, Martin Rinckenbach propose de procéder à un nettoyage complet de l'orgue de l'église protestante l'année suivante, car à cette occasion ses ouvriers seront à Sélestat pour poser l'orgue de Ste-Foy, ce qui permettrait de réduire les frais de déplacement. Cela indique que l'orgue de Ste-Foy a dû avoir un peu de retard par rapport à ce qui était prévu en 1892. [LettreMR1892_07_25] [RLopes]

Après les longues pages pleines de détails ennuyeux consacrées aux petits orgues et au "Callinet fantôme" de Ste-Foy, on ne peut être que frappé par l'indigence des données historiques publiées sur l'orgue actuel. On sait qu'il a été construit en deux étapes : d'abord en 1894 par Martin, puis en 1910, surtout par Joseph. Il faut les considérer comme deux orgues différents, bien que la base soit commune, tout comme le buffet. L'orgue de 1894 était donc inscrit dans la tradition des petits bijoux de Kingersheim (1891), Lauw (1893), ou Mussig (1894). Ils sont plus petits (14 à 18 jeux) que l'orgue de Ste-Foy. Le plus proche en taille est celui de Niederbronn-les-Bains (opus 44, 27 jeux dont Principal 16' au grand-orgue), et c'est celui qui doit donner la meilleure idée de ce qu'en pouvait entendre à Ste-Foy en 1892 : un instrument symphonique, directement issu de la tradition de l'orgue romantique français, et doté d'une pédale très fournie. Cet orgue a été apprécié, puisqu'en 1896, on fit confiance à Martin Rinckenbach pour en construire un (beaucoup) plus grand à St-Georges.

La composition est connue grâce au devis : [RLopes]

Composition, 1894
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
ou Dolce
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
ou Salicional
Peut-être Flageolet 2' à la réalisation
Pédale, 27 n. (C-d')
Tuyaux de Callinet ; probablement non intégré
I/P
[RLopes]

Toutefois, plus tard, le devis 1909 (rappelant la composition "avant travaux") donnera 22 jeux seulement pour l'orgue Martin Rinckenbach. Certains ont pu être oubliés, ces compositions "pour mémoire" n'étant pas de la plus haute importance. Mais on note l'absence du Principal 8' de Pédale (jeux qui devait être réalisé avec des tuyaux Callinet). Le Dolce et le Salicional sont échangés entre les manuels, un Flageolet 2' figure au récit à la place de la Fugara, et il n'y n'avait pas de Voix céleste (ce qui confirme qu'il s'agit probablement d'un oubli). [RLopes]

L'examen du buffet en dit toujours long sur l'orgue auquel il est destiné. Personne ne développerait un buffet somptueux pour un orgue quelconque, et le soin porté aux boiseries est souvent du même niveau que celui qu'a pu consacrer le facteur à la partie instrumentale. L'ensemble est en effet issu d'une même dynamique : l'architecte, les organistes, le facteur, les animateurs de la vie musicale, les décideurs locaux, parfois le clergé... tous constituaient une équipe, qui, lorsqu'elle gagnait, le faisait sur tous les plans.

En suivant cette logique, on peut dire que, comme son buffet, l'orgue de Ste-Foy était un instrument romantique, populaire, entièrement conçu pour plaire à son public. La démarche des années 1880-1914 était en totale rupture avec l'orgue de l'époque classique, "élitiste" dans le sens qu'il était avant tout conçu pour le plaisir d'un petit nombre de gens très cultivés. Avec son décor théâtral, ses jeux colorés et leur disposition conçue pour offrir une grande dynamique alternant les pianissimo et les fortissimo, c'est bien un orgue "pour tous", destiné à émerveiller les petits et étonner les grands. Un bien 100% collectif, comme un stade ou une fontaine, où l'on peut se retrouver pour chanter ou jouer, même si on ne le fait pas très bien. La démarche artistique de Sélestat, à l'époque, semble donc claire, même face à ce magnifique instrument aujourd'hui muet : c'est celle de Jules Verne (1828-1905) ou de son ami Alexandre Dumas fils (1824-1895). Rêver, rester proche des gens, surprendre et s'interdire d'être ennuyeux !

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Historique

En 1910, Martin et Joseph Rinckenbach reconstruisirent l'orgue de Martin, en le dotant d'une nouvelle transmission et de 7 nouveaux jeux. [RLopes] [IHOA] [ITOA]

La composition prévue était la même que celle retrouvée en 1961 (ci-dessous), mais avec une Unda maris à la place de la Voix céleste, et une Viole de Gambe à la place de la Quinte. Outre les accouplements plus nombreux et les accessoires à la console, les différences, du point de vue de la composition, sont les suivantes : [RLopes]

- Concertflöte au grand-orgue, à la place de la Flûte majeure, disparition de la Trompette et de la Mixture (qui passent au récit en étant renouvelées au passage). Ajout d'une Quinte 2'2/3. La Gambe du grand orgue passe aussi au récit. Ces transferts au récit ont probablement été décidés dans le but de profiter des accouplements à l'octave, et donc de la possibilité de les "tripler".

- Quintaton 16' et Octavin 2' au récit, ainsi qu'une Unda-maris, une Trompette solo, et une Mixture progressive 3-4 rangs, 2'2/3 + 2' + 1'1/3 à C, et passant à 4 rangs (+ 4') dès Fis.

- Contrebasse 16' à la pédale (donc deux fonds de 16') à la place du Violoncelle, et Basson 16' à la place de la Bombarde.

Voici donc un récit beaucoup plus fourni (13 jeux), fondé sur 16', et recevant la Trompette (dans la tradition française). Comme souvent dans les grands 2-claviers de Joseph Rinckenbach, c'est un récit qui a "mangé son positif expressif". De nombreux traits sont caractéristiques du néo-classicisme naissant (ou de la Réforme alsacienne de l'orgue) : une Mutation (Quinte) au grand-orgue, un Octavin et une Mixture au récit. Et l'ondulant devait être une Unda-Maris, préférée à la Voix céleste (mais cela n'a sûrement pas été réalisé). La pédale confirme sa spécialisation dans les fondamentales (trois 16' sur 4 jeux), puisque les jeux manuels sont accessible par les tirasses.

La question, de grande importance pour la compréhension du patrimoine actuel, est la suivante : pourquoi avoir reconstruit un orgue 18 ans seulement après son acquisition, et par la même maison qui a réalisé le premier ? Puisqu'on avait à nouveau décidé de faire confiance à Rinckenbach, il est évident que l'on était content de ses prestations. La qualité intrinsèque de l'orgue de 1894 n'était donc pas en cause. Plusieurs hypothèses se présentent :

- L'orgue a pu être endommagé.

- On avait acquis un instrument "première tranche" dans le but de le faire évoluer.

- Le milieu musical Sélestadien souhaitait en 1905-1910 faire évoluer l'instrument pour explorer d'autres voies artistiques. Il s'agissait alors d'une décision esthétique fortement argumentée, et soutenue par les décideurs locaux. Cela démontrerait une exceptionnelle vitalité du tissus culturel local.

La première hypothèse (dégâts ayant nécessité une réparation), est peu probable, car ce type d'événement était loin de passer inaperçu à l'époque. On peut de plus difficilement imaginer que seul l'orgue aurait été concerné sans l'édifice. Elle ne peut toutefois pas être écartée totalement. La deuxième l'est aussi : l'orgue de 1894 était "complet", et dans le cas d'une telle démarche, on préfère doter l'orgue de "chapes vides" permettant d'ajouter facilement des jeux plus tard.

Il faut donc à nouveau revenir aux faits :

- 1881 : Martin Rinckenbach posa son premier orgue pour Sélestat à l'église protestante. Bien qu'ayant repris des ateliers déjà fort anciens à Ammerschwihr, il était alors un "jeune facteur" : c'était son 3ème orgue neuf.

- 1894 : construction de l'orgue de Ste-Foy. La liste des travaux Rinckenbach parue dans "Caecilia" en 1924 fait figurer cet instrument au numéro 37, entre Mussig et Lauw (1892-1893), et le note à 24 jeux et 2 manuels. L'orgue de l'église protestante avait donc permis à Rinckenbach de se construire une bonne réputation à Sélestat.

- 1894 : probablement à l'occasion de réparations, Rinckenbach apporta quelques modifications à son orgue de l'église protestante : renforcement des fonds pour leur donner plus de diversité : Geigenprincipal, Dolce. Il a aussi placé une Voix céleste et une expression au récit, mais ceci consistait seulement à remédier aux concessions faites en 1881.

- 1896 : achèvement de l'orgue de St-Georges, le plus grand construit par Martin Rinckenbach. Il apparaît sur cette même liste au numéro 47, entre Mulhouse (Ste-Geneviève) et St-Louis-Bourgfelden. Geigenprincipal et Dolce sont au programme.

- Le second orgue Rinckenbach pour Ste-Foy (25 jeux) apparaît au numéro 118, entre Brumath et Colmar. Ces deux derniers instruments ont connu un sort funeste, mais l'orgue de Ste-Foy était donc pratiquement contemporain du chef d'œuvre (resté authentique) de Sentheim. Avec 20 jeux (II/P 20j), il est un peu plus petit que celui de Ste-Foy, mais permet de se faire une excellente idée de l'orgue de Sélestat.

Tout cela cela semble indiquer qu'entre 1905 et 1910, le projet était de différentier l'orgue de Ste-Foy (donc le plus ancien) de celui de St-Georges, en lui conférant certaines des caractéristiques que l'on trouve à Sentheim ou sur ses contemporains. Ces caractéristiques sont :

- des accouplements plus nombreux, avec en particulier leur version "à l'octave", permettant d'étoffer les performances sonores et donnant à un instrument de taille moyenne (20-25 jeux) un rendu digne de plus grands instruments. Bénéficier de cet atout impliquait le passage à une transmission moderne (pneumatique) ou une "machine Barker" (coûteuse !), car la mécanique et les sommiers à gravures nécessitent trop d'efforts lors de l'enfoncement des touches pour que ces accouplements soient utilisables en pratique.

- des sommiers d'un type totalement différents. Ceux de 1894 étaient à gravures, un système hérité de l'orgue classique. Mais depuis la fin du 19ème, les sommiers à membranes (pneumatiques), certes difficiles à bien réaliser au début, se sont imposés comme une réelle avancée dans la facture d'orgue : ils permettent une plus grande souplesse dans l'harmonisation, parce que tous les jeux d'une même note ne partagent pas une alimentation commune (la gravure), et n'influent donc pas les uns sur les autres. Pour explorer d'autres couleurs sonores, et particulièrement d'autres attaques, les harmonistes du début du 20ème, comme Joseph Rinckenbach, le fils de Martin, avaient besoin de sommiers performants.

- On a assisté au retour de jeux aigus (en proportion limitée) : Doublette, ou Octavin de récit, ou Plein-jeu au récit (en boîte expressive). Certains ont voulu rattacher cette évolution au mouvement néo-classique. Elle fait sûrement partie de la même tendance générale, mais elle est plus ancienne, et doit beaucoup aux travaux d'Albert Schweitzer et à l'influence d'Emile Rupp et de sa "Réforme alsacienne de l'orgue", et ne doit pas être exagérée. Les orgues de Joseph Rinckenbach (tout comme ceux de Georges Schwenkedel) n'ont jamais été des "néo-classiques" selon la définition "parisienne". Leur approche spécifique était surtout motivée par un élargissement de la palette sonore, et centrée autour des accouplements à l'octave (II/I 4', II/I 16', I/I 4'). De plus, il est fort peu probable que Sélestat ait voulu, en 1905-1910 simplement "suivre les grands théoriciens de Strasbourg" comme Rupp.

- Les consoles ont énormément évolué : l'orgue est mis au service de l'organiste (et non le contraire), et sa console propose des fonctions permettant de faciliter le jeu et se concentrer sur la musique : registrations préparées dans des combinaisons et appelables par un simple piston, crescendos. L'influence du répertoire (Reger par exemple) est évidente, et l'organiste de 1905-1910 était en droit de pouvoir se passer d'un assistant (ou deux) pour tirer les registres.

Que retirer de tout cela ? L'essentiel de la reconstruction de 1910-1913 a concerné les sommiers, la transmission et la console. Donc la *façon de jouer* l'instrument. C'est donc bien des motivations artistiques qui semblent être à l'origine des travaux : on voulait à Ste-Foy un "vrai" post-romantique (bien qu'évidemment personne ne les appelait comme ça à l'époque), très différent de celui de St-Georges. Plus Vierne que Franck, plus Reger que Mendelssohn.

Par la suite, l'histoire n'a pas été tendre avec cet instrument. Comprendre comment un orgue de la trempe de celui de Sentheim, donc un des plus beaux d'Alsace, a pu être totalement réduit au silence à la fin du 20ème est un exercice douloureux mais nécessaire si l'on veut éviter à l'avenir de poursuivre cet appauvrissement du patrimoine.

Les tuyaux de façade de ce somptueux buffet ont été réquisitionnés par les autorités le 21/03/1917. [IHOA]

Pour les remplacer, on appela Edmond-Alexandre Roethinger en 1922-1923 (alors que Joseph Rinckenbach était toujours en activité). [IHOA] [ITOA]

Un entretien de la transmission en 1938 (le renouvellement des relais pneumatiques) indique que l'orgue avait 8 jeux au grand-orgue, 13 au récit et 4 à la pédale. [IHOA] [ITOA]

En 1954, comme à St-Georges, on demanda à Georges Schwenkedel de remplacer la Gambe (alors située au récit) par une Quinte 2'2/3. Il est probable que c'est Schwenkedel qui a électrifié la transmission et le tirage des jeux. [IHOA] [ITOA]

On pourra comparer à l'histoire de l'orgue de St-Georges. Notons que si l'opération de 1910 avait réussi à différentier ces deux instruments, en leur confèrent une personnalité propre, celle des années 1950 chercha au contraire à les "uniformiser". L'erreur originelle se situe probablement là, quand on commence à vouloir effacer la diversité au profit de "standards" dictés pas les modes. Le milieu des années 50 est également l'époque où la compétence des facteurs en matière de transmissions pneumatiques commença à tendre vers zéro. Evidemment, plutôt que de reconnaître leurs lacunes (et investir dans le domaine), les facteurs préféraient accuser ces transmissions pneumatiques de n'être pas assez fiables... Cela a malheureusement longtemps continué.

Dans son ouvrage sur les Callinet, Pie Meyer-Siat fait figurer la composition en 1961. (Pour conclure par l'affirmation "il ne reste rien des Callinet en cet orgue"...) De plus, un élément essentiel a été oublié : les accouplements à l'octave, qui donnent tout son sens à la composition (ici ajoutés, comme les combinaisons, qui devaient évidemment déjà y être) :

Composition, 1961
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
1894
1894, façade de Roethinger, 1923
1894
1910
Gambe de 1894 ? Disparue en 1977
1894
1894 (Flauto amabile)
1910
I/I
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
1910
1894
1894
1894
1894
1910 ?, disparue en 1977?
1910
1894
1954 ? Gambe G.O. de 1894 recoupée ?
1910
1910
C Fis
2'/3 4'
2' 2'/3
1'1/3 2'
- 1'1/3
1910
1894
Pédale, 30 n. (C-f')
1910
1894
1894
1910
I/P
1910
1910
[RLopes] [PMSCALL] [ITOA]

En 1977, il y eut une légère transformation, menée par Christian Guerrier. Une Doublette et un Sifflet sont apparus au grand-orgue, et la grande Flûte de concert 8' a malheureusement été décalée en 4' (cela implique la perte de l'octave grave). [ITOA]

Il est possible que les volets de la boîte expressive aient été démontés en 1977, car l'inventaire de 1986 les trouva déposés (et l'orgue en mauvais état). [ITOA]

La Doublette n'est pas si étrangère que ça à l'esthétique : Joseph Rinckenbach en posera dès les années 20. Par contre, le Sifflet est complètement déplacé dans cette composition. Malheureusement, la Dulciane, et l'octave grave de la Flûte de concert, encore présentes en 1961, ont été supprimées.

Il n'en demeure pas moins que la composition actuelle, à deux jeux et un décalage près, est la même que celle de 1910.

Enfin, en 1991, survint un événement honteux et heureusement rarissime dans l'histoire de l'orgue alsacien : la console a été littéralement arrachée, et mise à la décharge, au bénéfice d'une chose électronique. Cet acte totalement irresponsable a privé Sélestat d'un élément majeur de son patrimoine. Depuis, évidemment, l'orgue Rinckenbach, comptant probablement parmi les plus beaux d'Alsace, est totalement muet et abandonné. [FJaegler] [Visite]

En 2002 (et vu qu'un simple orage avait réglé son compte à la chose électronique), on décida d'installer dans le chœur l'ancien orgue (Moessmer) de St-Quirin.

Malheureusement, cette solution pragmatique ne tarda pas à amener la question "à quoi bon restaurer le Rinckenbach ?". Autant demander à quoi rime de restaurer une Bugatti quand on a déjà un cyclomoteur... Aujourd'hui (2018), le Rinckenbach reste donc désespérément muet.

Le buffet

Le buffet, en chêne, est absolument exceptionnel, et en totale harmonie avec le style instrumental de l'orgue. Il a été construit (comme celui de St-Georges) par la maison Klem, et a été dessiné par le "Baurat" (architecte d'arrondissement) Charles Winkler qui mena les travaux à l'édifice à la fin du 19ème. [Barth] [PMSAS1973] [ITOA]

Les grandes tourelles centrales ont souvent été un élément caractéristiques de buffets des orgues de la fin du 19ème. Ici, dans une déclinaison "néo-romane", l'idée directrice était de concevoir un buffet avec des tourelles *latérales* très larges. Elles occupent chacune un tiers de la largeur, laissant le dernier tiers à la plate-face centrale. Prismatiques, ces tourelles permettent de placer quatre statues d'anges aux angles. Cette disposition de sculpture "interrompant" la façade est une idée novatrice. La grande plate-face n'occupe que les deux tiers supérieurs de la superstructure, le reste étant occupé par une plate-face triple.

Les couronnement des tourelles, très élaborés, sont constitués de clochetons et des petites galeries, rappelant un peu les ambiances des futures gravures de paysages de M.C. Escher. Charles Winkler, lui aussi, aimait explorer les frontières entre le figuratif et le géométrique, ainsi que les effets de perspective.

Le buffet est complété par un "positif de dos" (évidemment muet) destiné à cacher la console et a ré-équilibrer le dessin en inscrivant le tout dans un losange. Ce petit buffet est muni de deux tourelles latérales, aux couronnements en mitre à galeries, très élaborés, qui encadrent une plate-face triple, faisant écho à celle du grand-orgue. La partie centrale est couronnée d'un chevron portant en trophée un ange aux ailes déployées (auquel il manque le bras gauche : on se demande s'il ne portait pas une trompette.

Caractéristiques instrumentales

Composition, 1986
Grand-orgue, 56 n. (C-g''')
Montre de Roethinger, 1923
Décalée en 1977 ?
1977 ; chape de la Gambe ?
1977 ; chape de la Dulciane ?
Récit expressif, 56 n. (C-g''')
Pédale, 30 n. (C-f')
I/P
Picots et 2 pistons
2 pistons et pédale basculante partagée avec l'expression
Incluait probablement II/I en 16' et 4'
[ITOA] [JLThomas]
Console:
La console de 1910, qui a été supprimée en 1991,
puis envoyée à la décharge.
Photo de Raymond Ziegler, 1991.La console de 1910, qui a été supprimée en 1991,
puis envoyée à la décharge.
Photo de Raymond Ziegler, 1991.

La console a été arrachée 1991, puis détruite, pour faire place à un "orgue" électronique qui cessa de fonctionner quelques années plus tard. Elle était du même type qu'à Bourg-Bruche ou Horbourg-Wihr, mais disposait de picots pour la combinaison libre, du même type qu'à Scherwiller. [JLThomas] [FJaegler] [RLopes]

Console indépendante dos à la nef, fermée par un rideau coulissant. Tirage des jeux par dominos placés en ligne au-dessus du second clavier, avec des porcelaines à fond blanc pour le grand-orgue, rose pour le récit, et bleu clair pour la pédale. Claviers blancs, joues légèrement galbées.

Commande des combinaisons fixes par 6 pistons situés sous le premier clavier, un peu vers la gauche, et repérés par de petites porcelaines rondes entre les deux claviers : les 5 appels de combinaisons et l'annulateur. Quand la console a été arrachée, la combinaison "p" était sélectionnée. Commande du crescendo et de la combinaison libre par deux fois deux pistons, du même type que ceux des combinaisons fixes, et placés plus à droite. A chaque fois, il y a l'appel et l'annulateur.

Le repérage des commandes à pied a été refait en 1954, car les plaquettes en plastique noir à lettre blanches étaient couramment utilisées par Schwenkedel (avec le même graphisme : voir Bischoffsheim, couvent des Rédemporistes). De gauche à droite : "Accpl Gén", "II/Péd. 8'", "I/Péd. 8'", "II/I 8'", "II/I 16'", "II/I 8'", "II/I 4'". Comme à Sentheim, une seule pédale basculante commande l'expression du récit et le crescendo général, quand celui-ci est sélectionné.

Transmission:

Notes : pneumatique ou électro-pneumatique, selon les sources. Jeux : électrifiée en 1953 par Schwenkedel.

Sommiers:

A membranes.

Tuyauterie:

Avec entailles de timbre et d'accord (donc a priori non "baroquisée"). Seulement trois jeux semblent avoir été modifiés.

Références Sources et bibliographie :

Carte Localisation :

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Immatriculation de l'orgue actuel : F670462002P07
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