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An2000
An2001
Photo
~ Les orgues de la région de Kaysersberg ~

Ingersheim, St Barthélemy
Joseph RINCKENBACH, 1919

Orgue authentique


Avant... RINKENBACH Après...

Composition, 1997
Grand-Orgue
56 notes
Récit expressif
56 notes
Pédale
30 notes
Bourdon 16' Quintaton 16' Contrebasse 16'
Montre 8' Principal 8' Soubasse 16'
Flûte de concert 8' Flûte harmonique 8' Bourdon 16'
Salicional 8' Viola 8' Basse 8'
Bourdon 8' Cor de chamois 8' Violoncelle 8'
Viole de Gambe 8' Bourdon 8' Bombarde 16'
Prestant 4' Voix céleste 8' I/P
Flûte à cheminée 4' Fugara 4' II/P
Nasard 2'2/3 Flûte octaviante 4'  
Doublette 2' Octavin 2'  
Cornet 5 rgs Plein-jeu 3-4 rgs  
Trompette 8' Trompette solo 8'  
I/I (4') Basson/Hautbois 8'  
II/I (16', 8', 4') Voix humaine 8'  
  Trémolo  
     Le 22 Août 1914, l'église d'Ingersheim a été bombardée. Certains disent que c'était le fait de l'artillerie allemande, d'autres qu'il s'agissait de l'artillerie des Chasseurs Alpins. Quoi qu'il en soit, l'ancien orgue du 18 ème siècle (de provenance inconnue) a été détruit ce jour-là. Joseph RINCKENBACH, récupéra ce qui était récupérable, et fit un devis pour un orgue neuf de 30 Jeux placé dans le transept. Mais le facteur d'orgues fut incorporé en 1915, et, en attendant son retour, on plaça à l'église l'harmonium de l'instituteur.

Orgue Rinckenbach d'Ingersheim

Ingersheim, le 09/04/2005

L'orgue est visuellement très proche de celui du Hohwald.

     En 1919, l'affaire fut signée sur la base d'un nouveau devis, daté du 12/01/1919 (1946 tuyaux). Il propose la Composition actuelle, à la seule exception de la Fourniture, qui était annoncée de 4 à 5 rangs.

Consulté comme expert par le curé BRINISSEN, F.X. MATHIAS, organiste de la cathédrale, trouve de façon assez condescendante le projet un peu grand "pour un orgue de campagne". Il propose de faire supprimer Bourdon 8', Flûte 4' et Doublette du Grand-orgue, Bourdon, Fugara et Voix humaine du Récit, et de ne conserver qu'un 16 pieds et un 8 pieds à la Pédale.
Pour la Voix humaine, Mathias commente que c'est "un objet de luxe, ou bien on s'en sert trop souvent, alors ce registre devient ridicule."

Ce qui paraît le plus chagriner Mathias, c'est que cet instrument serait plus grand que l'orgue de choeur de la Cathédrale, vers lequel il essaye d'orienter la Composition.

     L'orgue est muni d'une transmission pneumatique et de Sommiers à Membranes, car Joseph Rinckenbach, harmoniste de tout premier plan, n'était pas très à l'aise avec les mécaniques. Aucun instrument mécanique n'est sorti des ateliers Rinckenbach après 1899.

L'instrument est réparti en deux buffets (Grand-orgue à gauche, Récit et Pédale à droite), dégageant ainsi la fenêtre, et la console est au milieu. Il y avait à l'origine un Positif de Dos postiche, destiné à masquer la Console. Il est très probable qu'il s'agissait de la façade du positif de dos de l'instrument détruit en 1914.

En décembre 1944, il y eut de nouveaux dommages de guerre. Le souffle d'une explosion détruisit portes et fenêtres, et l'orgue fut victime d'infiltrations d'eau. C'est le menuisier Eugène FARCHON qui fit quelques réparations, puis l'orgue fut confié à Pierre HUGUIN de Champ-le-Duc, vers 1950. Entre temps, la tribune ayant été agrandie, le Positif de Dos, seul témoin de l'orgue du 18 ème siècle, fut supprimé.

L'instrument a été expertisé le 18/08/1994 par René KIENTZI. Il constate que le matériel sonore est de premier choix, mais qu'un relevage d'envergure est à assurer d'urgence.

     L'orgue a été restauré par Christian GUERRIER de Willer en 1996 (Maurice MOERLEN et René KIENTZI experts).
Le choix a été fait de conserver la traction pneumatique : l'orgue est en effet entièrement authentique, et il aurait été dommageable et coûteux de le "mécaniser" (Console indépendante, Buffets séparés), et encore plus contestable du point de vue historique d'électrifier la traction.

L'instrument a été inauguré le 09/03/1997 par Henri SATTLER, ainsi que la Soprano Nicole SCHZERER et trois trompettistes.

Transmission : Pneumatique, Sommiers à Membranes.
Il y a six Combinaisons fixes (Pianissimo, Piano, Mezzo Forte, Forte, Fortissimo, Tutti), et une pédale de Crescendo.
Le tirage des Jeux est pneumatique, et commandé par des dominos, tous alignés au-dessus des claviers.

L'ancien orgue d'Ingersheim

     L'orgue du 18 ème siècle qui a précédé cet instrument reste un mystère. Il a probablement été construit 1709, mais la preuve n'en est qu'indirecte, car elle repose sur la facture du forgeron qui a fourni les clous nécessaires à la construction du Buffet. Le montage de ce Buffet a été assuré par Guillaume KETZY, menuisier. Comme on posa une porte à la tribune la même année, il y a tout lieu de penser qu'il n'y avait pas d'orgue avant cela.

En 1773, on installa un orgue dans la nouvelle église construite en 1766 (les plans l'attestent). Mais on ne sait pas s'il s'agissait de l'instrument de 1709 ou d'un neuf.

Il y eut une réparation en 1824 par un "facteur d'orgues qui se trouve sur les lieux".

En 1831, on demanda à CALLINET et Rinckenbach des devis pour réparer et agrandir l'orgue.
Du devis Rinckenbach, on apprend que l'orgue du 18 ème avait une Pédale de 13 notes avec 3 Jeux. Il est proposé de réparer la Soufflerie, remettre en état les Sommiers et la Mécanique, élargir la Pédale à 18 notes, poser une Bombarde neuve et réaliser une réharmonisation complète, en particulier des Jeux d'Anches, qui étaient au nombre de 5. Le devis ne fut jamais mis à exécution.

C'est Joseph Callinet qui répara l'instrument en 1831.

L'église, devenue trop petite pour la population d'Ingersheim, fut agrandie en 1886.

     L'orgue fut complètement détruit par faits de guerre le 28/08/1914. La Maison Martin et Joseph Rinckenbach procéda en septembre au "démontage, emballage et transport de l'orgue endommagé par tir d'artillerie".
Seule la soufflerie avait été épargnée (elle était située sous les Sommiers). L'instrument était de fait irréparable.

Mais... cela n'empêcha pas en 1917 les autorités de réquisitionner les tuyaux de façade (alors probablement entreposés chez Rinckenbach). Ni aux Etablissements Edgard WETZEL de produire un devis portant sur le remplacement de cette façade...

Sources :

  • Numéro spécial des "Chroniques d'Ingersheim", consacré à l'orgue de l'église Saint-Barthélemy, publiée par la Société d'Histoire et de Culture, 1997. Dépliant en couleurs présentant l'orgue et la Composition (fac-similé du devis de 1919).
  • Caecilia 1997-3

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Dernière mise à jour : 17/04/2005 15:42:52

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