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An2000
An2001
Photo
~ Les orgues de la région de Lapoutroie ~

Le Bonhomme, St Nicolas
Joseph RINCKENBACH, 1928


Avant... RINKENBACH Après...

Composition, 1986
Grand-orgue
56 notes
Récit expressif
56 notes
Pédale
30 notes
Bourdon 16' Quintaton 16' Contrebasse 16'
Montre 8' Principal 8' Soubasse 16'
Bourdon 8' Cor de nuit 8' Flûte 8'
Salicional 8' Viole de gambe 8' Basson 16'
Flûte de concert 8' Voix céleste 8' I/P
Prestant 4' Flûte octaviante 4' II/P
Nasard 2'2/3 Octavin 2'  
Doublette 2' Plein-jeu 2-4 rgs  
Tierce 1'3/5 Trompette 8'  
I/I Clairon 4'  
II/I (16', 8', 4') Basson/Hautbois 8'  
  Voix humaine 8'  
  Trémolo  
  II/II (16', 4')  

     Joseph RINCKENBACH plaça son Opus 177 au Bonhomme en 1928, pour remplacer l'orgue qu'il avait construit avec son père juste avant la guerre.

Orgue du Bonhomme

Toutes les photos de la page sont de Hervé SCHLUPP, Octobre 2007.

     Le Bonhomme s'appelait "Diedolshausen" en Allemand.

     L'instrument actuel est déjà le quatrième orgue du Bonhomme.

     Le premier datait de 1842, et avait été construit par Valentin RINKENBACH. L'instrument devait beaucoup ressembler à celui de Soppe-le-Bas. Il disposait, dans sa Console indépendante, d'un Jeu de Physharmonica. Ce Jeu, pour lequel il est précisé au devis que les langues et languettes seront en laiton, était plus cher qu'une Trompette, plus cher que la Montre, même : 450 Frs au lieu de 350 pour la Montre, quand un Bourdon 8' valait 120 Frs.
C'était donc très probablement le premier orgue d'Alsace a disposer d'une Console indépendante.

L'instrument fut reçu le 08/11/1842.

Le jour de la Fête-Dieu 1858 (06/06/1858) un pétard mit le feu à un toit en chaume, et un grand incendie ravagea le centre du Bonhomme, réduisant en cendres l'église et l'orgue.

     Le deuxième orgue du Bonhomme est sorti des ateliers de Joseph MERKLIN. Il fut commandé le 14/09/1860, mais un supplément fut ajouté le 30/08/1862 :

Les Jeux ajoutés dans la deuxième version étaient la Flûte harmonique du Grand-orgue, la Voix céleste et... tous les Jeux de Pédale, le pédalier de la première version étant simplement en Tirasse permanente.
Il y avait aussi un Tremblant doux. Le marché ne prévoyait pas de Buffet : celui-ci fut construit par Jean-Baptiste KLEM (le père de Théophile) de Colmar.
L'orgue Merklin fut reçu le 08/01/1863.

     Force est de constater que cet instrument ne donna pas toute satisfaction : il a bel et bien été remplacé (et non détruit par fait de guerre), et ce dès 1913, par Martin et Joseph Rinckenbach, qui placèrent ici un orgue de 20 ou 22 registres. C'est ce dernier instrument qui fut endommagé pendant la première guerre mondiale. En 1917, on en réquisitionna tous les tuyaux métalliques.

L'orgue de Joseph Rinckenbach fut reçu en mai 1928. Cet instrument est un magnifique exemple de facture Néo-classique, une esthétique qui a été tant décriée dans les années 1970-1980, mais que l'on apprécie enfin à nouveau à sa juste valeur.

     Hervé SCHLUPP nous convie à une visite photographique de cet orgue dont la facture est caractéristique des années 30 :



Buffet vu de la tribune

Le Buffet vu de la tribune, avec sa Tourelle latérale.



Console du Bonhomme

La Console, indépendante, est pneumatique.
Un "must" pour l'époque, car l'avantage est de pouvoir la placer où on veut.

Dominos Rinckenbach

Les Dominos commandant les Jeux. Ceux de la Pédale (au premier plan) ont une pastille bleue.
Ceux du Grand-orgue ont des pastilles blanches, et ceux du Récit ont des pastilles roses.

Relais pneumatiques et tubulures

Voici des relais pneumatiques, et les tubulures conduisant l'air sous pression effectuant la transmission depuis la Console jusqu'aux Sommiers. Cet air n'alimente pas les tuyaux : il ne fait qu'ouvrir et fermer les soupapes des Sommiers à Membranes. C'est d'ailleurs lorsque ces tubulures ne sont pas sous pression (car la touche est enfoncée) que les tuyaux correspondants parlent.
Sous les relais, on peut voir un réservoir à plis parallèles.

Bourdon à calottes mobiles

Les Bourdons métalliques sont caractéristiques de la facture de cette époque, et dits "à Calotte mobile". Plutôt que bouchés par un disque soudé, ces tuyaux sont munis d'un cylindre bouché coulissant, permettant l'accord. Remonter la Calotte rend le tuyau plus grave.

Porte-vent et tuyauterie en bois.

Un gros porte-vent conduisant l'air alimentant les tuyaux depuis la soufflerie jusqu'aux Sommiers.
Les tuyaux en bois ouverts sont accordés au moyen de la planchette coulissante qui occulte plus ou moins une entaille pratiquée au haut du tuyau. L'orgue Néo-classique a hérité de l'époque Romantique une habitude consistant à exagérer la profondeur de ces entailles, et donc la surlongueur des tuyaux. La partie entaillée n'agit pas sur la hauteur du son, mais beaucoup sur le timbre.
On distingue aussi des tuyaux en bois bouchés. Comme les Bourdons en métal, ils sont bouchés par un dispositif mobile. Mais ici, il s'agit d'un tampon de section carrée, logé à l'intérieur du tuyau. Une tige de bois (on en distingue deux au centre droit de l'image) permet de monter ou de descendre le tampon.

Plaque du Bonhome

La Plaque d'adresse de Joseph Rinckenbach, portant le numéro d'Opus 177.

Transmission : pneumatique (Console indépendante). Sommiers à Membranes.
Les Basses sont en zinc.
Il y a trois Combinaisons fixes commandées par pistons manuels au-dessus de la serrure : Piano (pastille disparue), Forte ("F"), Tutti (T), avec Annulateur ("O"), un Appel du Grand-orgue et une pédale de Crescendo. Le Trémolo est commandé par pédale, comme les Accouplements. Ordre des Pédales : "Octaves Aiguës II" (II/II 4'), "Octaves graves II" (II/II 16'), "II-P", "I-P", "II-I", GO (Appel Grand-orgue).

Sources :

  • P. MEYER-SIAT "Rinkenbach, Hérisé, Wetzel" ISTRA, 1979
  • M. BARTH, "Elsass, 'Das Land der Orgeln' im 19. Jahrhundert", AEA XV (1965-66)

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Dernière mise à jour : 01/11/2011 08:57:09

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